L’économie se dématérialise au profit de l’IA !

avec Philippe Grize, Directeur du domaine Industrie He-Arc

Depuis la première révolution industrielle la machine a pris une part importante dans la création de richesse de nos économies avancées. Le train, la voiture, l’avion mais aussi les machines à laver, à café, la photocopieuse, le fax puis l’ordinateur, avant l’avènement du téléphone mobile, etc. l’évolution de notre société est ponctuée par l’apparition de nouvelles machines et objets dédiés à notre confort et à l’efficacité du travail. Avec la révolution numérique les choses vont encore changer drastiquement car la plupart des « machines » seront virtuelles. En effet, avec l’intelligence artificielle (IA) on aura avant tout à faire avec des algorithmes de type auto-apprenants qu’on appelle curieusement « machine learning ».

Cette appellation n’est en fait pas usurpée car ce sont de véritables machines dont les rouages sont fait d’algorithmes.

Tout se passe -symboliquement- avec des données comme matière première, comme l’acier peut l’être dans l’industrie, qui sont transformées, assemblées, packagées et valorisées sous forme de produits commercialisables. L’économie se dématérialise en quelque sorte mais les services et la création de valeur restent bien réels.

Et le plus important changement tient dans l’autonomie de la machine. Par exemple la voiture autonome, les drones sans pilote, etc. Mais attention ne pas confondre autonomie et indépendance, car ces «machines» restent pour l’instant dépendantes de l’homme en ce qui concerne leur conception, leur mise en fonction ou leur approvisionnement en énergie (l’homme pouvant heureusement toujours tirer la prise…).

Mais la machine après avoir été longtemps sous l’emprise de l’homme s’émancipe.

C’est le«marqueur» de notre époque.

Les conséquences économiques que cela peut représenter sont encore à venir mais des gains en compétitivité et en productivité vont surgir de l’application de l’IA dans l’industrie et de nouveaux produits vont voir le jour, connectant directement les clients avec les fabricants qui sauront tout de leurs habitudes, comme Google sait tout de nos déplacements et de nos centres d’intérêts. Par exemple les nouvelles machines-outils auto-apprenantes vont remplacer celles à commande numérique et planifieront leur besoin en maintenance avant que ne survienne une panne et un arrêt de production.

On change de génération !

Et les aspects économiques sont tout simplement énormes, les gains dans l’industrie sont estimés à plus de 10’000 Milliards. Il est clair que seul les industriels qui sauront maîtriser les compétences en IoT (Internet des Objets), en Big Data et en IA, donc en machine learning, seront les vainqueurs de la 4èmerévolution industrielle.

Restent encore la question de la valorisation par de nouveaux business models industriels. Ils vont aussi devoirchangerdeparadigmesàl’instardumodèle « Software as a Service », les fournisseurs seront rétribués lorsque leurs machines aura fabriqué les bonnes pièces au bon moment, ce sera l’avènement du « Machine as a Service ». En effet, les chaines de valeurs digitales et le cloud computing von également dématérialiser les modèles d’exploitation actuels. Les entreprises établies de longue date devront procéder à d’importants changements et imaginer de nouvelles façons de générer des profits basés sur les données valorisées en services. Comme les sociétés Airbnb et Uber qui ont transformé des«services traditionnels»en industries reposant sur des applications dématérialisées sur le cloud.

Il est temps que les entreprises industrielles traditionnelles fassent de même avant qu’un «nouveau parvenu» ne les déloge!

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

Une réponse à “L’économie se dématérialise au profit de l’IA !

  1. Passionnante cette évolution que vous décrivez et en particulier ce futur de « machine as a Service ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette évolution incontournable qui va supprimer des métiers, des emplois donc, ne s’accompagnera certainement pas de chômage durable. Comme cela a été le cas avec l’irruption de l’informatique à la fin du XXème siècle, il y aura la création de très nombreux nouveaux métiers, donc de formations à créer et à mettre en place. J’imagine que cela se couplera aussi sans difficultés avec les exigences et contraintes du nouveau mix énergétique à venir.

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