AMAZON tisse sa toile dans la santé (la suite)

Lorsque Amazon bouge dans un nouveau secteur économique, les acteurs traditionnels tremblent. Souvenons-nous ici du livre, puis de la hi-fi et du commerce en général mais aussi des services internet comme le Cloud Computing. Amazon sait comment devenir numéro 1.

Qu’en est-il du domaine de la santé ?

Ainsi la firme de Jeff Bezos a mis en œuvre une stratégie très envahissante que l’on peut résumer ici en sept points :

1.- Fort de 400M clients et de 100M de client Prime, Amazon se doit de leur vendre autre chose que des livres. Et le secteur à fort marge est celui de la santé. C’est donc très logiquement qu’il propose diverses offres dans cette direction notamment sur leur plateforme de eCommerce.

2.- En achetant l’année dernière l’entreprise PILLPACK, la firme de Washington State est entrée plus profondément dans le ePharma, c’est-à-dire dans la vente en ligne de produit pharmaceutique, de santé ou de bien-être.

3.- En formant avec JPMorgan et Berkshire un nouveau type d’assurance, ils vont changer les règles des assureurs. Dans un premier temps, ils vont couvrir les besoins d’assurance maladie de leurs propres employés (1,2M) puis dans un second temps ils ouvriront, au marché concurrentiel de l’assurance leur offre. Cette assurance s’appelle HAVEN et se propose d’attaquer le secteur américain des assurances avant peut-être de s’attaquer au monde. Elle a engagé de grosses pointures du domaine comme Atul Gawande ou Sandhya Rao.

4.- Whole Foods Medical& Wellness Center   a été récemment acheté par Amazon. Cette chaîne d’épicerie de haute gamme se lance dans la santé – au sens large –. Amazon inaugure ainsi une présence physique dans le monde des « walk-in clinic ». Cela inquiète tout le monde sauf eux bien sûr.

5.- Une autre acquisition d’Amazon doit nous interroger quant à leur stratégie à long terme, c’est la compagnie GRAIL spécialisée dans la recherche d’informations médicales (Big Data) avec un point fort dans la détection avancée de certains cancers. Mais rassurez-vous. Cela a du sens car cette acquisition va dans la direction de la maîtrise du « Digital Health » à savoir la maîtrise des données fines et pertinentes dans le domaine de la santé.

6.- Avec AWS (Amazon World Service), qui se positionne comme le leader mondial du Cloud Computing, Amazon possède déjà une grande compétence dans les infrastructures de données mais maintenant la firme va dans deux nouvelles directions : la maîtrise des savoir-faire des données (le sens) et les algorithmes d’intelligence artificielle (les procédures ou protocoles si l’on parle médecine).

7.- Pour finir : Alexa. C’est peut-être à l’avenir l’objet le plus intéressant pour Amazon dans cette stratégie santé. En effet, Alexa est une enceinte intelligente installée dans le salon des gens et qui parle. Par exemple, Amazon propose une application (on parle de skill) de « premier secours » développée par la Mayo Clinic (numéro un mondial du monde médical). Avec Alexa, Amazon est en lien direct avec les patients sans intermédiaire et grâce à une enceinte très intelligente, elle couvre désormais presque tout le secteur. On voit qu’Amazon a beaucoup appris sur la toile (le Web) et surtout la firme a su tisser sa propre toile pour créer son propre écosystème.

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

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