Politiciens : réveillez-vous, la santé est malade !

Les primes prennent encore et toujours l’ascenseur.

Cela devient pénible pour beaucoup de gens et surtout les familles..Mais pour certains cela devient insupportable et ils cessent de payer.

En 2014, 7’300 suisses ne payaient plus leur primes … ils ont été plus de 30’000, selon “santésuisse” en 2016 . C’est une croissance de 300%. Et cette année ils vont sans doute être plus de 60’000 *.

Des manifestations – en Romandie – ont encore une fois sonné l’alarme car le système de la santé va en Suisse droit dans le mur.

Car au niveau du pays, cela menace d’affecter les équilibres politiques et sociaux comme aux Etats Unis. Mais quel est exactement le problème ? Et qui va arrêter cette croissance vertigineuse des dépenses ?

Qui va venir au secours des familles ?

Contrairement à ce que dit le monde politique (et avec eux, certains acteurs du domaine de la santé) le problème n’est pas du tout complexe car la solution est très simple : Il suffit de contrôler l’emploi. En effet, Il faut savoir que celui-ci est responsable de près de 80% des coûts totaux et que l’embauche du personnel dans la santé s’est envolée ces dernières années : +100’000 emplois en dix ans. Cela correspond à 10 milliards de charges en plus pour le système et les assurances individuelles ont été ajustées en conséquence. On a simplement payé. Voilà la réalité crue. Le domaine de la santé semble échapper à toute rationalité et à toute recherche de productivité. Si l’on a un projet ou un problème nouveau, alors on embauche. Incroyable ! C’est ainsi que l’on fonctionne. Personne ne s’en inquiète puisqu’à la fin, c’est l’assuré qui paye !

Alors la question qu’il faudrait désormais se poser est la suivante : Qui va pouvoir contrôler les coûts en réduisant le personnel ? En tout cas, pas les politiques qui proposent la caisse unique. Pas les pharmas qui cherchent de l’argent pour la recherche. Pas les assurances qui essaient de reconstituer leurs réserves. Pas les hôpitaux qui multiplient l’offre notamment en ambulatoire. Pas les médecins qui cherchent à compenser les effets négatifs du TARMED sur leur salaire. Donc, il va falloir chercher ailleurs.

Devinez où ?

Eh bien, comme toujours ce sont les entreprises orientées Internet comme les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM, Microsoft) qui vont faire le boulot. On sait comment elles vont procéder. Regardez ce qui s’est passé avec les librairies, les médias, le tourisme, etc. Ils ont été à chaque fois capables de faire effondrer les prix tout en empochant de jolies marges et en sortant la concurrence du marché. C’est exactement ce qui va arriver dans le domaine de la santé. Watson d’IBM va être notre oncologue ou notre médecin de référence. Apple, notre cardiologue (Apple Watch). Google, notre opticien (lunette augmentée). Facebook, notre réalité virtuelle. Amazon, notre cloud pour le dossier médical. Microsoft, notre analyseur de Big Data, etc., etc.

Bref, la maîtrise de la santé change de main. Et les nouveaux partenaires santé sauront sans doute faire ce que personne ne veut faire aujourd’hui : baisser les primes.

Il ne faudra pas ensuite se plaindre de leur domination, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les politiciens ?

* Caritas a déclaré hier : ” Les ménages à faibles revenus ne peuvent plus payer des primes d’assurance-maladie sans cesse en augmentation. Ces primes poussent ces personnes dans la pauvreté, et beaucoup de familles sont impuissantes à faire face à cette évolution. Cette situation est intenable d’un point de vue politique et social, et extrêmement lourde pour les personnes concernées. En quatre déclarations, Caritas Suisse prend position à ce sujet et montre ce qu’il faut faire pour que les primes d’assurance-maladie ne soient pas un piège”.

Xavier Comtesse est l’auteur du livre : Santé 4.0, le tsunami du numérique, Georg, Genève, 2017 et co-auteur de “Médecine augmentée”, 2018 avec Daniel Walch.

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

2 réponses à “Politiciens : réveillez-vous, la santé est malade !

  1. NON, mais, arrêtez votre discours sur les GAFAMI… , vous n’avez rien compris aux entreprises commerciales . On pourrait croire que vous n’avez jamais utilisé le service boooking.com pour réserver une chambre d’hôtel ! depuis quand les hôtels sont meilleurs marché avec les réservations sur internet !
    Si les tarifs explosent, ce n’est que le fait de la pléthore de soins payés par la LAMAL et plus les tarifs augmentent , plus les gens ont tendance à consommer , le cercle vicieux est ainsi alimenté par cet emballement. + de primes –> + de médecins –> + de soins –> + de primes …, sans aucun contrôle sérieux des caisses maladies qui se contentent de répercuter les hausses et le conseil fédéral qui acquiesce chaque hausse sans broncher.
    La première décision serait de bloquer les hausse à maximum 2% pour toutes les primes, les assurances seraient donc forcées de vérifier les factures de manière beaucoup plus sérieuse et du coup freinerait cet engrenage infernal .

  2. @ MM. Xavier Comptesse et Hubert Giot.
    Désolé mais la tendance à consommer plus en raison de l’offre n’est qu’un facteur qui n’a pas le poids dominant que vous lui attribuez. Au début de l’assurance maladie obligatoire les consultations dites excessives n’étaient pas moins nombreuses en proportion, et les remboursements par l’assurance non-privée touchaient une bonne quantité de produits pharmaceutiques délivrés sans ordonnance ou simplement liés à la prévention. Les génériques à moindre coût n’existaient pas , le temps d’écoute du médecin était mieux rémunéré en rapport des autres prestations, sans compter la limitation actuelle de la consultation à 20 minutes. L’offre plus grande est proportionnelle aux progrès réalisés simplement pour prévenir, diagnostiquer, soigner, maintenir, soulager… Cela n’exclut pas que les pharmas tentent parfois consciemment de promouvoir un produit qui promet plus qu’il n’apporte, mais celui-ci est assez vite écarté des prescriptions car le médecin n’est tout de même pas un apprenti de cuisine qui ouvre un magazine pour s’orienter. Maintenant oui, il y a bien une économie mal ou bien calculée, selon les buts de santé humaine que l’on se fixe, que les caisses maladie ont accueilli volontiers : La médecine douce et son lot de spécialités parallèles qui s’oppose à la médecine nommée « traditionnelle ». La première n’est autre qu’une médecine d’il y a cent ans, associée à une pharmacologie où les remèdes étaient conservés au sec dans des pots, et leur composition accessible aujourd’hui par des personnes qui ont suivi une douce formation de trois mois, juste ce qui est suffisant en durée pour apprendre à faire la toilette d’un chien, ou savoir choisir les bons sacs où puiser la nourriture destinée au cheval. La médecine tout court, qui n’a cessé d’évoluer, s’appuyerait donc sur des traditions… En conclusion, la confiance en une médecine sérieuse, pratiquée et encore plus ou moins contrôlée par ceux qui ont obtenu leur diplôme universitaire et exercé leur pratique pour installer leur cabinet au plus tôt après douze ans, cette confiance s’effrite sous le savoir des donneurs de solutions visant la confiance en la nature ou la « rentabilité ». D’accord pour améliorer la production du poulet frais au bout de la chaîne, on ne tient pas à le conserver vivant pour lui assurer un bien-être jusqu’à sa mort naturelle. L’être humain c’est autre chose, et les multiples contradicitions dénoncées régulièrement dans le système de santé subsisteront toujours, elles sont inhérentes au désir de l’être humain de poursuivre sa vie dans les meilleures conditions de santé possible, indépendamment de ce que la nature a prévu pour lui. La médecine rentable existera peut-être un jour, la médecine humaine sera alors réservée à ceux qui en auront les moyens…

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