WATSON pourrait révolutionner la santé en investissant le cloud!

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

Selon une études américaines d’une association de recherche clinique les données médicales doubleront tous les 73 jours d’ici 2020. De ce fait, seuls les super-computer pourront analyser de telles quantités de données et encore s’ils seront aidés par des logiciels d’intelligence artificielle. Par ailleurs, IBM a calculé qu’une personne génèrerait une quantité écrasante d’information au cours de sa vie ( env. 1 million de gigaoctets de données – ce qui, en termes de copie papier, équivaut à plus de 300 millions de livres).

Cette croissance de données est alimentée par l’utilisation de capteurs d’activités physiques, d’appareils médicaux connectés, et d’implants, qui permettent de suivre et de capturer des informations en temps réel.

Actuellement, il est difficile de connecter toutes ces données aux data-bases existantes et très fragmentées du système de santé qui ne sont pas facilement partagées, tels que le dossier médical, la recherche clinique et les génomes individuels.

Aujourd’hui IBM possède avec Watson les capacités cognitives avancées et peut rassembler le vaste écosystème de partenaires, de praticiens et de chercheurs nécessaires au changement, tout en fournissant la plate-forme ouverte, sécurisée et évolutive nécessaire pour rendre tout cela possible.

La qualité avant la quantité

En médecine, la qualité prime sur la quantité.

Les data-bases sont polluées d’informations de faible qualité scientifique ou influencées par des fournisseurs. Le défi sera d’éviter l’effet GIGO (« garbage in, garbage out » ou si les entrées sont mauvaises, les sorties le seront aussi). L’IA devra sélectionner les données de qualité. Les algorithmes devront tenir compte du niveau de qualité des données probantes. S’appuient-elles sur des essais cliniques contrôlés ? Combien d’essais ? Sont-ils randomisés ? (p.m. une étude randomisée est une étude dans laquelle le traitement est comparé à un autre ou à l’absence de traitement ou à un placebo). Des informations exactes et fiables, des informations pertinentes qui répondent à l’objectif, des informations actuelles sont des critères incontournables pour un diagnostic et le choix d’un traitement de qualité. La performance du deep learning en médecine va augmenter de pair avec la taille des data-bases mais aussi avec la qualité de l’étiquetage des données probantes.

Watson Health investit le Cloud

IBM a jeté les bases de sa plateforme « Cloud » conçue pour aider les fournisseurs de soins de santé à prendre des décisions opportunes et fondées sur des preuves concernant les problèmes de santé. Watson Health Cloud a pour objectif de fournir aux médecins, aux chercheurs, aux assureurs et aux entreprises de soins de santé une plate-forme sécurisée et ouverte leur permettant d’avoir un aperçu plus complet des facteurs pouvant affecter la santé des personnes.Pour les personnes à qui ces données sont enregistrées, le système promet l’anonymat en retirant leurs identités des informations.

Avant de confier ses données patients à un Cloud, le prestataire de soins devra néanmoins toujours procéder à une évaluation des enjeux juridiques, organisationnels et techniques. Il devra fixer au mandataire propriétaire du Cloud des exigences précises et exercer des contrôles. L’hôpital ou le médecin restera finalement responsable du respect des prescriptions légales en matière de protection des données. Il doit veiller au traitement des données patient de leur transfert à leur effacement.

Un potentiel transformationnel des soins de santé 

Ce n’est pas la première approche de Watson dans la santé. Le système informatique avancé, en faisant appel notamment à l’IA, est utilisé depuis un certain temps dans les services de santé de bon nombre d’hôpitaux, mais aussi par les sociétés pharmaceutiques dans leur quête de nouveaux médicaments, à donner des conseils fondés sur des données mondiales aux médecins locaux et même à leur enseigner de nouvelles compétences. IBM a déposé plus de 1300 brevets dans les domaines de la santé, des sciences de la vie et des dispositifs médicaux pour asseoir son autorité en la matière. Dans cette perspective, IBM est bien placé pour combiner la technologie cloud, les capacités de l’intelligence artificielle et l’interopérabilité des systèmes de santé locaux pour aider les professionnels à prendre des décisions plus éclairées et à mieux répondre aux besoins des patients.

Ainsi la plateforme de Watson Health pourrait être vraiment un agent transformateur du système de santé partout dans le monde.

IBM, Amazon, Apple, Google, mais aussi la Migros (en Suisse) vont ainsi créer les conditions d’une rude concurrence. Espérons que le patient soit le vainqueur !

 

 

 

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

Une réponse à “WATSON pourrait révolutionner la santé en investissant le cloud!

  1. watson/ibm est un des acteurs privé de l’intelligence artificielle. Néanmoins, l’IA est issue du monde universitaire et évolue sur un mode communautaire, espérons que cela continuera pour le bien commun et en particulier la santé.

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