Apple Watch mise sur la Santé …

La santé, en dépit d’être l’un des secteurs les plus réglementés, n’empêche pas les GAFA d’y être très actifs. Amazon s’associe avec JPMorgan et Berkshire Hathaway pour révolutionner le monde de l’assurance. Alphabet’s Verily se lance aussi dans l’assurance maladie. Le géant de la santé traditionnel Cigna a annoncé qu’il achète des prestations pharmaceutiques à la firme Express Scripts… les acteurs économiques redessinent le paysage de la santé. Deux facteurs sont clés dans cette guerre : les plateformes de sur-traitance et la montre connectée d’Apple.

Démonstration.

Les règles de la sur-traitance économique s’applique aussi au domaine de la santé pour la domination des plateformes à savoir (1) effets des réseaux (2) maîtrise des Big Data et (3) développement des algorithmes de l’intelligence artificielle. Mais seul Apple dispose en plus d’un dispositif de suivi de santé (collecte et analyse des données) largement réparti : L’Apple Watch.

Un rapport suggère même que Apple a vendu plus de montres au dernier trimestre que Rolex, Omega et Swatch combinés. Et ce n’est qu’un début, les smartwatches seront portées par des centaines de millions de personnes.

À la fin du mois de février 2018, Apple a obtenu un brevet pour un boîtier de recharge de style Airpod pouvant contenir une montre mais aussi un certain nombre de bracelets. Ce n’est pas seulement un accessoire de mode ; les bracelets en question sont des « smart bands », des appareils électroniques à part entière. La raison pour laquelle Apple pourrait fabriquer la prochaine génération de dispositifs médicaux sera de pouvoir effectuer plus d’une mesure physiologique – comme la tension artérielle, les battements du cœur et la glycémie pour gérer par exemple le diabète, les crises cardiaques ou l’intolérance au lactose. Mesurer ces signaux corporels n’est pas possible avec seulement la montre. Cette idée n’est pas irréaliste : AliveCor, une entreprise américaine propose déjà le premier lecteur d’électrocardiogramme approuvé par la FDA pour l’iPhone, appelé Kardia.

L’année dernière, Apple a également obtenu un brevet pour une manière très intelligente de mesurer la tension artérielle avec une montre où vous pouvez tenir la montre contre votre poitrine et un contrôleur est configuré pour traiter les signaux de sortie d’un accéléromètre. Il détecte le moment où votre pouls se propage à partir du ventricule gauche de votre cœur, détecte quand il arrive à votre poignet, puis calcule un temps de transit d’impulsions qui est ensuite utilisé pour calculer votre tension artérielle. L’accéléromètre est mis au milieu de la bande, pas dans le corps de la montre. Cela nous fait penser qu’il n’y a pas grand-chose d’autre dans ce groupe, sauf peut-être une batterie et peut-être quelques lumières colorées. Apple a besoin de la montre pour gagner les guerres des plateformes de santé. Ils savent que vous voulez préserver votre vie privée en étant en mesure de dissimuler ce que vous souhaitez. Ils savent que vous voulez pouvoir facilement stocker et fournir toutes les données à votre médecin. Ils savent que vous ne voulez pas vendre vos données et qu’on en fasse un bon usage pour améliorer votre santé ou celle des autres. Cela est particulièrement vrai pour les patients qui se concentreront sur l’efficacité et la sécurité beaucoup plus que sur le prix. Si Apple apparaît comme l’achat sécurisé pour les acheteurs, la montre pourrait être la prochaine grande chose que les consommateurs rechercheront avec leur iPhone et l’Apple Watch.

Autant dire qu’il n’y aura peut être plus de place sur le poignet pour une montre suisse, déjà que les jeunes ne savent plus lire l’heure analogique !

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

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