Comment l’IA peut réduire les coûts de la Santé ? – 8 ème piste : les nouveaux acteurs

en collaboration avec Daniel Walch, directeur général du GHOL

Les entreprises informatiques grandes spécialistes de l’IA entrent massivement dans le marché de la santé. Cela va changer la donne pour tous les acteurs historiques notamment parce qu’ils vont sans doute casser les prix pour se faire une place. Souvenez-vous des stratégies d’Amazon, de Booking ou Easyjet.com.

Les parts de marché s’achètent. La stratégie est souvent liée au prix. Il est fort à parier qu’Apple, Google, Microsoft, Tencent, Samsung, IBM et les autres tenteront d’en faire de même. En effet, dans le monde fermé des soins de santé, les entreprises fortes en IA commencent à peine à changer la façon dont les médecins voient, diagnostiquent, traitent et surveillent les patients. Le potentiel de sauver des vies et de l’argent est cependant énorme ; un rapport de McKinsey estime que les algorithmes IA destinées aux Big Data pourraient permettre à la médecine et au secteur pharmaceutique d’économiser jusqu’à 100 milliards de dollars par an grâce à l’efficacité de l’IA dans les essais cliniques, la recherche et la prise de décision au cabinet médical. C’est pourquoi les géants de technologie comme IBM, Microsoft, Google et Apple créent leurs propres projets d’assistants intelligents dédiés à aider les patients et les médecins. C’est pourquoi autant de start-up axées sur la santé se sont lancées simultanément dans la Silicon Valley mais aussi dans le monde et même en Suisse.

Tour d’horizon de ces nouveaux acteurs et de leurs stratégies :

D’abord, en tout honneur, IBM WATSON.Le logiciel Watson peut parcourir un dossier médical de 300 pages en une demi-seconde et extraire l’information désirée. Un interface intelligent en rend l’usage aisée. C’est utile pour la recherche, le diagnostic et demain sans doute pour le traitement. IBM a choisi d’installer un immense centre à Boston dédié à la Santé. L’IA se développe pour l’instant chez eux dans deux priorités diagnostiques et thérapeutiques : l’imagerie et l’oncologie. Mais à terme, on s’imagine bien que le traitement d’immenses bases de données par l’IA, servira à tous les domaines des sciences du vivant. IBM avec cette approche d’enregistrer un maximum de connaissances médicales a installé une position dominante. Les autres géants du Net cherchant plutôt à s’emparer des données des individus. C’est là, la particularité d’IBM qui veut maîtriser les données concernant les savoirs pour faire marcher les algorithmes de l’IA.

Apple, fort de ses millions de données santé, a ouvert une plateforme Research Kit à destination des chercheurs. Mais aussi avec son Apple Watch elle permet de monitorer de manière de plus en plus intelligente le rythme cardiaque en sauvant des vies grâce à un système IA d’alerte.

Microsoft Le projet Hanover de Microsoft en partenariat avec le Knight Cancer Institute de l’Oregon Health & Science University, analyse la recherche médicale afin de prédire les options thérapeutiques les plus efficaces pour les patients atteints de cancer. D’autres projets comprennent l’analyse d’images médicales de la progression tumorale et le développement de cellules programmables.  

Google La plateforme DeepMind de Google est utilisée par le National Health Service du Royaume-Uni pour détecter certains risques pour la santé grâce à des données collectées via une application mobile. Un deuxième projet avec le NHS implique l’analyse d’images médicales recueillies auprès des patients NHS afin de développer des algorithmes de vision par ordinateur pour détecter les tissus cancéreux.   

les Startups Predictive Medical Technologies utilise les données des unités de soins intensifs pour identifier les patients susceptibles de souffrir d’incidents cardiaques.  Ayasdi est une société de logiciels d’intelligence artificielle qui offre une plateforme logicielle et des applications aux organisations qui cherchent à analyser et à construire des modèles prédictifs en utilisant des ensembles de données volumineux ou très volumineux. Les organisations et les gouvernements ont déployé le logiciel. La société de Digital Health finlandaise Kaiku Health Oy, qui fournit un logiciel intelligent de surveillance des patients pour les prestataires de soins de santé à travers l’Europe, a démontré des résultats extrêmement positifs. Etc…

Sans oublier les asiatiques dont les chinois Alibaba ou moins connu, l’assureur le chinois Ping An ou alors le sud-coréen Samsung qui tous à leur manière préparent leurs réponses en IA médical.

Et les suisses … Les deux géants suisses Novartis et Roche ont beaucoup investi dans le rachat d’entreprises du Digital Heath notamment aux États-Unis. Sans vouloir citer toutes ces acquisitions, on voit bien que les deux pharmas suisses préparent l’avenir. D’abord avec les Data puis avec les Algorithmes. N’oublions pas qu’une thérapie se décline en fin de compte en algorithme alors pourquoi pas intelligente ? Debiopharm Innovation Fund, Membre de Debiopharm Group™ – groupe international dont le siège social se trouve en Suisse, est entre autres, un investisseur principal de la société de Digital Health Kaiku Health Oy. Ces investissements traduisent l’enthousiasme généré par les impacts que les technologies numériques auront demain sur le parcours des patients.

Et quelques start-up comme Sophia Genetics ont développé une technologie qui repose sur la génomique clinique et l’intelligence artificielle. La compagnie permet aux professionnels de la santé d’accéder à une base de données génétiques.

En conclusion, fait cela fait beaucoup de monde qui développe en même temps toutes sorte de technologies basées sur l’IA. De cette activité actuelle en effervescence sortira un courant majoritaire pour la médecine. Et après ce passage fulgurant de l’IA, le paysage des acteurs de santé en sera bouleversé et sera méconnaissable.

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

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