L’Internet des Objets (IoT) au secours de la médecine !

Pour l’instant, l’IoT est souvent perçu comme une affaire lointaine. Cependant les technologies se mettent en place plus rapidement que prévues, les unes après les autres, de manière constante et inéluctable.

En effet, si l’on commence à associer dans une seule chaîne de la valeur le deep learning de type Watson d’IBM, les Big Data et les dernières technologies d’analyse de ces dernières, les nouveaux capteurs portables et l’Internet des Objets, alors on voit bien se dessiner un futur chamboulé.

Une chaîne continue de diagnostics, de traitements et de suivis omniprésents : la médecine demain sera invisible, automatisée, toujours active et ceci quelques soient les lieux de notre présence.

Quelques exemples actuellement développés ou en développement sont là pour nous en convaincre:

  • Des capsules intelligentes et connectées capables de diffuser dans le corps la bonne quantité de médicament souhaitable et cela pendant plusieurs jours,
  • Des puces NFC ou RFID implantées dans le corps pourraient fournir des informations fiables sur le patient pendant le temps d’hospitalisation réduisant ainsi par exemple, les risques d’erreurs.
  • D’autres idées, dans le même champ d’investigation passent par les tatouages de tags de reconnaissance.
  • Plusieurs produits sont apparus dans le domaine de la télésurveillance comme par exemple, le doudou “Tedi”, l’ourson connecté en peluche. Divers capteurs placés à l’intérieur du nounours : thermomètre, enregistrement de la voix, cardio fréquencemètre, haut-parleur pour émettre des bruits blancs ainsi qu’un capteur de poignée. Il fonctionne lorsque l’enfant le serre contre lui. Connecté à une application mobile dédiée qui va permettre de suivre l’enfant.
  • Les lunettes connectées de Google pour une télé-médecine efficace notamment en intervention d’urgence. La lunette permettant de diffuser à distance des images du blessé et les médecins restés à l’hôpital pourront prodiguer des soins via les ambulanciers sur le terrain.
  • Les bracelets connectés de Fitbit, mesure des grandeurs de l’activité physique mais la montre connectée d’Apple pourraient allez beaucoup plus loin et par exemple contenir demain carrément le dossier médical protégé par la technologie du blockchain.
  • Les capteurs intégrés dans des accessoires vestimentaires comme des boucles d’oreilles connectées enregistrant les données biométriques des patients La perruque connectée de Sony, la Smart Wig, pour surveiller le rythme cardiaque ou les ondes cérébrales. Le T-shirt signé OMSignal, qui surveille le pouls et la respiration mais aussi mesure l’humidité et température de la peau. La ceinture Lumoback dotée d’un capteur intelligent qui enregistre tous vos mouvements et vibre lorsqu’on adopte une mauvaise position.
  • Des capteurs se logeant sous la peau destinés à mesurer en temps réel la présence de cinq protéines et acides organiques dans l’organisme. Ce projet mené par des chercheurs de l’EPFL devrait permettre un suivi et une analyse plus précis des réactions de l’organisme. Pour le faire fonctionner : cinq capteurs, un émetteur radio et un système de distribution d’électricité. La batterie est rechargée à travers la peau du patient grâce à un patch. L’appareil émet des ondes radio sur une fréquence ne présentant aucun risque, le même patch récupère alors les données qu’il transmet via bluetooth à un téléphone mobile qui les transmet à son tour au médecin via le réseau cellulaire. Les chercheurs espèrent commercialiser cet implant d’ici 4 ans.
  • La dent connectée est une autre source d’exploration qui pourrait faire d’autres analyses notamment avec la salive et fournir de précieuses données.
  • Les lentilles connectées développées par Google et Novartis en vue de mesurer la glycémie dans le liquide lacrymal. Les diabétiques pourraient bénéficier de cette technique au lieu de devoir se piquer plusieurs fois par jour.
  • Nokia a repris les activités connectées de l’entreprise française Withings et à travers l’application “Health Mate” Nokia va proposer un panneau résumant les principaux indicateurs santé à prendre en compte. C’est un grand progrès par rapport aux objets connectés qui en général s’articulaient autour d’un flux de mesures souvent beaucoup trop important en données pour comprendre quoi que ce soit. Le partage le médecin sera facilité et un « coach » intégré assistera l’utilisateur dans la réalisation de ses objectifs.
  • Une gélule connectée pour suivre en temps réel la température des patients est testée lors d’opération chirurgicale. C’est une donnée clé mais souvent encombrante à prendre en salle d’opération,
  • Le CSEM (Centre de Recherche à Neuchâtel) et le CHUV (Hôpitaux vaudois) viennent d’expérimenter un appareil de mesure intégrant plusieurs capteurs connectés aux appareils de visionnement dans un bloc opératoire. Cet appareil de type multifonctionnalité est capable de remplacer beaucoup d’autres limitant ainsi l’encombrement d’une salle d’opération.
  • Une diversité nouvelle sous la forme de balance intelligente proposée par Withings/Nokia. Le pèse-personne Wifi qui enregistre les données et les traduit sous forme de courbes pouvant communiquer avec Microsoft HealthVault, ou bien son tensiomètre qui permet d’avoir une lecture de sa tension artérielle et de la communiquer directement à son médecin traitant.
  • Les smartphones sont à la base de l’Internet des Objets. Ils fournissent déjà aujourd’hui énormément de données à notre insu comme par exemple, celles liées à la géolocalisation. Ainsi Apple a une application santé pour smartphone qui aujourd’hui ne représente que l’embryon de ce que la compagnie de Cupertino prépare son entrée probable pour accentuer sa présence dans le monde médical.
  • La montre connectée est sans doute l’objet le plus emblématique du futur de l’Internet des Objets. Occupant une place privilégiée sur le poignet, lieu privilégié pour la mesure du poult, la montre connectée peut faire davantage. Les recherches actuelles montrent que grâce à cette position, on va pouvoir effectuer toutes sortes de mesures clés pour certaines maladies allant des troubles cardio-vasculaires au diabète, etc.

Cette liste pourrait encore s’allonger sans difficulté … mais arrêtons-nous là pour laisser la place à la réflexion.

L’IoT va changer profondément notre rapport à la médecine en nous propulsant au centre du dispositif.

Demain, ce ne sera plus le médecin la personne clé du système de santé, mais bien nous !

 

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*Pour en savoir plus sur l’IoT à lire ce livre sur l’émancipation des objets.

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Mathématicien et docteur en informatique, il est dans les années 70/80 le co-créateur de trois start-ups à Genève : les éditions Zoé, la radio locale Tonic et « Le Concept Moderne ». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank Avenir Suisse. Dès 2014 il se lance comme spécialiste de la transformation numérique. Il accompagne ainsi des entreprises ou des organismes publiques comme SwissTopo ou les SITG (Services de l’Information du Territoire Genevois). Il publie plusieurs articles et blogs ainsi que 4 livres dans le domaine de la transformation numérique. Il est reconnu comme l'un des 100 digital « shapers » suisses par le journal BILANZ en 2016/17.

2 réponses à “L’Internet des Objets (IoT) au secours de la médecine !

  1. avant de truffer nos corps de capteurs, il conviendrait de comprendre les principaux risques de maladies dont on peut mourir . Les statistiques montrent que plus de la moitié sont causées par les problèmes cardiaques ou vasculaires cérébraux ainsi que les tumeurs.
    On peut évidemment mesurer la pression sanguine directement à l’intérieur du corps, mais cela ne va pas en réduire les causes, de même que connaitre le taux de cholestérol ne va pas miraculeusement soigner le patient.
    Et je ne vois pas comment on pourrait anticiper l’athérosclérose, principale cause des maladies cardio-vasculaires , qui peut apparaitre dans n’importe quel vaisseau sanguin, alors les Pharma préconisent juste à tout le monde d’avaler des médicaments sans chercher plus loin …. alors qu’une bonne hygiène de vie contribuerait à réduire les risques.
    On connait la même difficulté pour détecter les tumeurs naissantes qui se développent à l’intérieur des cellules … très nombreuses !
    Mais il semble qu’on puisse simplement détecter des maladies (tumeurs) grâce à l’odorat, ce qui offre un champ d’investigation basée sur les variations d’odeurs que dégage le corps. Il semble que cette piste permettrait de prévenir certains problèmes sans recourir à des IOT intrusifs et difficilement manipulables.
    Des recherches en cours proposent déjà des solutions basées sur l’analyse des molécules dégagées en cas de cancer:
    http://siliconwadi.fr/14713/le-cancer-du-poumon-peut-etre-detecte-par-son-odeur

    1. Monsieur Giot,
      Je comprends votre point de vue, toutefois, le premier paragraphe de ce texte dit :
      “Pour l’instant, l’IoT est souvent perçu comme une affaire lointaine. Cependant les technologies se mettent en place plus rapidement que prévues, les unes après les autres, de manière constante et inéluctable.”

      Donc non seulement nous ne ni échapperons pas mais nous y sommes déjà dedans, mais qu’au début, les balbutiements de l’IoT, mais demain ce sera le quotidien de chacune et de chacun d’entre nous…il faut donc nous y préparer. Ce que vous dites pour ce que ne font “pas encore” les capteurs, c’est aujourd’hui, mais demain ils feront tout ce que vous dites, c’est juste une question de temps, le temps ce n’est que l’espace de quelques années !

      Je le disais encore l’autre jour dans un commentaire LinkedIn, il faut ABSOLUMENT résoudre un autre problème très rapidement, la réglementation et la législation car sinon nous serons confrontés à des situations pénales ou civiles de zone grise qui permettront l’interprétation et la distanciation des responsables qui ont ou qui ont pu causer des tors à des personnes ou des entreprises ou même à l’Etat. Ce ne sera pas de leur responsabilité et à juste titre puisque la loi ne dit rien ou pas suffisamment !
      Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ou que nous ne l’avions pas vu venir ! Car aujourd’hui nous le savons que cela arrivera et que les IoT sont déjà là. Un exemple que tout le monde connaît et comprend très facilement et que nous connaissons depuis bientôt 10 ans et que rien n’a été fait, la voiture autonome annoncée pour 2018-2019, sans compter bien sûr Tesla qui est déjà sur nos routes !!!

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