Les Blockchains au chevet de la Santé?

Avec l’avènement des Blockchains, tous les intermédiaires ont du souci à se faire: les Notaires, les Avocats, les Banquiers, les Commerçants, etc. mais aussi les Médecins, les Pharmaciens et autres métiers de la Santé car à l’avenir la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être challengée par les blockchains.

Voici en résumé le développement de ce point de vue.

Comme tout le monde le sait maintenant, les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.

Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création. Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’absence d’intermédiaire. Imaginez-vous une société sans intermédiaire … une société purement directe à l’instar du protestantisme! On peut l’appeler de diverses façons: révolution numérique, révolution 4.0, etc. mais cela va bien au-delà, c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.

Personne ne semble prendre véritablement la mesure d’une telle Réforme. Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine pharmaceutique, il traitera immédiatement avec les fabricants et de même l’usine via l’Internet des Objets et les contrats de type blockchain n’auront plus besoin d’ “intermédiation”.

Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour le domaine de la Santé. Celui-ci va évoluer vers des pratiques digitales nouvelles et moins coûteuses. L’idée ici est que des actes médicaux de toute sorte vont être chaînés dans les blockchains.

Donc on aura d’une part, une meilleure prise en compte des actes médicaux par l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de la santé, ce qui permettra d’en diminuer les erreurs (poste inavoué mais très coûteux) mais aussi de supprimer les doublons (bonjour les économies) et enfin de diminuer les intermédiaires donc, le personnel (en Suisse en 10 ans, on a engagé 100’000 personnes dans le domaine de la Santé pour un coût de 10 milliards -pas besoin de chercher ailleurs la dérive des coûts) et ceci tout en améliorant la qualité des soins et d’autre part, permettrait une plus grande transparence des interventions.

Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des actes médicaux.

Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montres connectées).

Les “blockchains-santés” du futur, ce sont donc à la fois des actes médicaux, des données actives provenant des capteurs, et des appréciations patients (self quantified) le tout dans un grand registre historique entièrement informatisé, transparent, sécurisé et distribué.

En tous les cas demain, la donnée-patient sera au cœur du processus santé, qui lui même sera enchaîné dans des blocks !

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Dans les années 70/80, Xavier Comtesse est le co-créateur de trois start-ups à Genève: les éditions Zoé, la radio locale Tonic et «Le Concept Moderne». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank «Avenir Suisse» comme Directeur Romand. En 2015 il lance avec quelques experts «HEALTH@LARGE», un nouveau Think Tank sur la santé numérique. Il est mathématicien et docteur en informatique.

2 réponses à “Les Blockchains au chevet de la Santé?

  1. La grande question est tout simplement de savoir si on aura encore le choix, le choix de ne pas se laisser pister par IoT, le choix de choisir une médecine alternative, une médecine de prévention et responsable.

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