Vers une médecine connectée pilotée par les patients!

La médecine soigne les maladies et s'occupe des blessés mais s'intéresse finalement peu au "bien-être". La santé est pourtant bien composée de tout ces éléments.

Patience! La montée en force des connexions permanentes du corps et des algorithmes analytiques, prédictives et auto-apprenantes vont changer la donne.

Apple l'a bien compris en déposant le Vendredi 12 mars dernier un brevet qui pourrait permettre à une montre connectée de détecter les urgences médicales a été déposé. En plus du tracking et des mesures de santé plutôt classiques…voilà qu'Apple s'intéresse maintenant aux urgences… Cela change tout

 

Nombreuses possibilités

L'analyse de ces données pourrait donner l'alerte dans les situations exigeant l'intervention de médecins, pompiers ou forces de l'ordre: par exemple, un brusque mouvement, détecté par un accéléromètre, combiné à une perte de mesure du pouls pourrait être interprété comme un arrêt cardiaque.

Selon les capteurs en place, cette fonctionnalité pourrait détecter des accidents de voiture, des incendies ou encore des avalanches.

Les «appareils» mentionnés dans le brevet font sans aucun doute référence à l'Apple Watch: la montre «incorpore non seulement des senseurs et des logiciels avancés capables de contrôler ces données, mais possède en plus les fonctionnalités de communication permettant de transmettre ces notifications».

 

Un risque d'erreur à éviter

L'entreprise californienne est consciente du risque de fausse alerte et le brevet décrit des moyens de les prévenir en demandant par exemple, un signe de vie de l'utilisateur.

Rien ne permet à ce stade de conclure que la marque parviendra à commercialiser une telle application sans devoir faire valider tous les procédés auprès de la FDA (Food and Drug Administration): le régulateur tout puissant de la santé.

Mais si Apple y parvient … alors la montre connectée deviendra non plus une option d'achat mais une obligation… et on entrera dans un autre monde… Ce n'est qu'une question de temps … avant que le monde bascule en faveur du pouvoir des objets connectés…

 

Le pouvoir de la médecine connectée: c'est pour les patients!

La profession médicale le dit : l’analyse en continu n’est pas utile dans la très grande majorité des cas. Or il se produit avec la santé ce qu’il se produit avec les individus dans leurs relations à la vie: les outils de la médecine ne sont pas ceux du citoyen, comme le smartphone ou la smart watch qu’ils utilisent est un dispositif d'abord pour eux, pour leur santé avant tout!

Apple Watch, Fitbit ou Withings ne vont pas transformer la médecine: connaître son poids en permanence ou le nombre de pas effectués par  jour, ne va pas aider à développer une meilleure médecine.

Mais comme cela s'opère dans la plupart des industries, l'avenir de la médecine repose déjà sur les données et en particulier, les Big Data que plus personne ne peut analyser sans les algorithmes de nouvelles générations. Tous nos parcours de soins sont tracés, enregistrés, conservés. Quand on arrive à l’hôpital, on nous remet des étiquettes de code-barres pour signifie que l'on intègre un système. Le système de soin est aussi une usine qui se robotise, s’optimise, s’analyse, dans une tension permanente entre la médecine et sa gestion.

Le numérique est le lieu où s’exprime cette tension entre le système de santé et les soins, entre la gestion de votre parcours de santé et les soins dont vous avez bénéficiés. L’informatique est le réceptacle de cette ambivalence entre le médical et l’économique, entre le scientifique et le social. 

La révolution du système de santé ne passera donc certainement pas par un utilisateur/patient plus autonome et chargé de se surveiller lui-même afin que collectivement les coûts de santé soient mieux maîtrisés … non cela sera simplement une conséquence de ce processus mais pas une cause.

Les nouveaux outils bourrés de capteurs nous informeront d'abord de notre propre état de santé mais surtout ces instruments seront au service de l'ensemble des professionnels de santé … si le patient le désire … car pour la première fois de toute l'histoire de la santé… c'est lui qui détiendra de manière exclusive ses propres données…

Même si la plupart des capteurs inspirent encore un peu de méfiance aux spécialistes qui utilisent des appareillages toujours plus puissants et précis ainsi que des protocoles spécifiques reposant sur la qualité du matériel, la rigueur des expériences scientifiques, les statistiques créées à partir d'échantillonnages, etc, malgré tout cela ces derniers finiront aussi par y venir car c'est le client/patient qui prendra l'initiative de se mesurer… pas le médecin!

Il faut bien le reconnaitre, ces protocoles actuels sont bien loin de l’empowerment et de l’émancipation des patients auquel rêve aujourd'hui Apple.

Mais même si ces modèles sont encore bien faibles à mesurer le bien-être … ils vont finir par s'en approcher grâce au grand nombre des Big Data…

 

Xavier Comtesse

Xavier Comtesse

Dans les années 70/80, Xavier Comtesse est le co-créateur de trois start-ups à Genève: les éditions Zoé, la radio locale Tonic et «Le Concept Moderne». Il est ensuite haut fonctionnaire à Berne auprès du Secrétaire d'État à la Science avant de rejoindre l'Ambassade Suisse à Washington comme diplomate. En 2000, il crée la première Swissnex à Boston puis rejoint le Think Tank «Avenir Suisse». En 2015 il lance avec quelques experts «HEALTH@LARGE», un nouveau Think Tank sur la santé numérique. Il est mathématicien et docteur en informatique.

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