Politiciens : réveillez-vous, la santé est malade !

Les primes prennent encore et toujours l’ascenseur.

Cela devient pénible pour beaucoup de gens et surtout les familles..Mais pour certains cela devient insupportable et ils cessent de payer.

En 2014, 7’300 suisses ne payaient plus leur primes … ils ont été plus de 30’000, selon “santésuisse” en 2016 . C’est une croissance de 300%. Et cette année ils vont sans doute être plus de 60’000 *.

Des manifestations – en Romandie – ont encore une fois sonné l’alarme car le système de la santé va en Suisse droit dans le mur.

Car au niveau du pays, cela menace d’affecter les équilibres politiques et sociaux comme aux Etats Unis. Mais quel est exactement le problème ? Et qui va arrêter cette croissance vertigineuse des dépenses ?

Qui va venir au secours des familles ?

Contrairement à ce que dit le monde politique (et avec eux, certains acteurs du domaine de la santé) le problème n’est pas du tout complexe car la solution est très simple : Il suffit de contrôler l’emploi. En effet, Il faut savoir que celui-ci est responsable de près de 80% des coûts totaux et que l’embauche du personnel dans la santé s’est envolée ces dernières années : +100’000 emplois en dix ans. Cela correspond à 10 milliards de charges en plus pour le système et les assurances individuelles ont été ajustées en conséquence. On a simplement payé. Voilà la réalité crue. Le domaine de la santé semble échapper à toute rationalité et à toute recherche de productivité. Si l’on a un projet ou un problème nouveau, alors on embauche. Incroyable ! C’est ainsi que l’on fonctionne. Personne ne s’en inquiète puisqu’à la fin, c’est l’assuré qui paye !

Alors la question qu’il faudrait désormais se poser est la suivante : Qui va pouvoir contrôler les coûts en réduisant le personnel ? En tout cas, pas les politiques qui proposent la caisse unique. Pas les pharmas qui cherchent de l’argent pour la recherche. Pas les assurances qui essaient de reconstituer leurs réserves. Pas les hôpitaux qui multiplient l’offre notamment en ambulatoire. Pas les médecins qui cherchent à compenser les effets négatifs du TARMED sur leur salaire. Donc, il va falloir chercher ailleurs.

Devinez où ?

Eh bien, comme toujours ce sont les entreprises orientées Internet comme les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM, Microsoft) qui vont faire le boulot. On sait comment elles vont procéder. Regardez ce qui s’est passé avec les librairies, les médias, le tourisme, etc. Ils ont été à chaque fois capables de faire effondrer les prix tout en empochant de jolies marges et en sortant la concurrence du marché. C’est exactement ce qui va arriver dans le domaine de la santé. Watson d’IBM va être notre oncologue ou notre médecin de référence. Apple, notre cardiologue (Apple Watch). Google, notre opticien (lunette augmentée). Facebook, notre réalité virtuelle. Amazon, notre cloud pour le dossier médical. Microsoft, notre analyseur de Big Data, etc., etc.

Bref, la maîtrise de la santé change de main. Et les nouveaux partenaires santé sauront sans doute faire ce que personne ne veut faire aujourd’hui : baisser les primes.

Il ne faudra pas ensuite se plaindre de leur domination, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les politiciens ?

* Caritas a déclaré hier : ” Les ménages à faibles revenus ne peuvent plus payer des primes d’assurance-maladie sans cesse en augmentation. Ces primes poussent ces personnes dans la pauvreté, et beaucoup de familles sont impuissantes à faire face à cette évolution. Cette situation est intenable d’un point de vue politique et social, et extrêmement lourde pour les personnes concernées. En quatre déclarations, Caritas Suisse prend position à ce sujet et montre ce qu’il faut faire pour que les primes d’assurance-maladie ne soient pas un piège”.

Xavier Comtesse est l’auteur du livre : Santé 4.0, le tsunami du numérique, Georg, Genève, 2017 et co-auteur de “Médecine augmentée”, 2018 avec Daniel Walch.

La SUVA économise 60 millions grâce à l’IA !

La Suva a économisé plus de 5% du total des frais de traitement en 2017 en vérifiant systématiquement les factures des médecins et des hôpitaux de ses assurés à l’aide de logiciels issus de l’IA.

Cela représente plus de 60 millions de francs d’économies.

Les contrôles s’améliorent chaque jour, grâce à l’utilisation de systèmes d’apprentissage automatique (IA) a indiqué récemment la Suva.

En 2017, l’assurance a reçu 2,5 millions de factures. Elle en a corrigé ou refusé 160’000, en légère augmentation par rapport à l’année précédente.

Le système informatique identifie automatiquement environ 10% des erreurs. Dans 90% des cas restants, il signale un problème qui nécessite l’intervention des spécialistes des frais de traitement de la Suva. Le logiciel apprend des décisions prises par les spécialistes et s’améliore ainsi de jour en jour.

En 2017, les frais de traitement totaux se sont élevés à environ 1,2 milliard de francs. Sur les 60 millions de francs économisés par la Suva, 60% sont le résultat du contrôle des factures émises par des hôpitaux et 40% du contrôle des factures établies par des médecins.

En suivant ce modèle de logiciels IA et en le généralisant on pourrait économiser plusieurs milliards de francs dans le système suisse de la santé soit 5% du total.

C’est exactement ce qu’il faudrait faire: n’est-ce pas Monsieur Berset!

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Des gains en productivité… pour une médecine au service des gens !

Dans le domaine de la santé, la loi de Baumol sur la croissance déséquilibrée (loi qui démontrait que des services tels que santé, éducation, spectacles vivant n’étaient pas susceptibles de dégager des gains de productivité) se trouve aujourd’hui remise en cause. En effet, l’Intelligence Artificielle peut produire un changement de paradigme (voir livre : Médecine Augmentée de Daniel Walch et Xavier Comtesse, éditions G d’Encre).

La santé connaîtra en particulier des gains de productivité. Ainsi, les coûts croissants dans ce secteur ne relèvent plus de la fatalité. Conjuguer les technologies de l’information à l’IA, même si nous ne sommes pas encore sûrs de toutes les formes que prendront ces arrangements, ouvre pour la première fois la possibilité de gains de productivité massifs dans ce domaine.

Cependant un point risque de faire problème politiquement : celui de la mise en œuvre. Car il y a un très gros risque à éviter qui tient au fait que les acteurs actuels du système de santé ne sont pas motivés pour entreprendre quoi que ce soit.

Le système aujourd’hui convient grosso modo à tous. Seuls les patients, qui sont aussi des électeurs, voient leur situation se détériorer avec les augmentations systématiques et constantes de leurs primes.

C’est pourquoi nous pensons qu’effacer ce risque tient du devoir politique “au sens large”  .

Comment s’y prendre ?

Sans doute faut-il d’abord respecter les pouvoirs réels du Parlement, à savoir la capacité de légiférer d’une part, et d’attribuer des crédits d’autre part.

En restant strictement dans les compétences du Parlement fédéral, on peut piloter un changement en profondeur qui favorisera l’éclosion des technologies (matérielles et logicielles) pour développer un système de santé « soutenable ».

Pour bien faire, pensons-nous, il faudrait construire une action coordonnée sur quatre axes :

« La régulation (1), l’éducation (2), la recherche (3) et enfin l’innovation (4) »

La régulation d’abord : Les bases légales de SwissMedic pourraient valablement être révisés pour inclure dans le cahier des charges de cette institution la capacité de valider, d’autoriser l’usage de certains algorithmes de l’IA qui favorisent la baisse des coûts du système de santé. Il faut penser en termes de « durabilité » du système et pas seulement en termes de « sécurité ». Une thérapie, un médicament, un dispositif et un algorithme doivent à la fois être efficaces mais aussi acceptables au niveau des coûts pour ne pas mettre en péril tout le système. Cette vision pourrait donc être inscrite dans la loi.

Utopiste ? Pas forcément, car, comme on l’a vu, la très exigeante Food and Drug Administration américaine (FDA) a autorisé la mise sur le marché d’une IA capable de diagnostiquer une déficience visuelle liée au diabète.

L’éducation ensuite :  Introduire dans le « cursus » général de la formation médicale des connaissances et savoir-faire en matière de Big Data, d’IoT et d’IA. Des cours MOOC permettraient de rapidement former des milliers de médecins à ces techniques. De manière plus spécifique, la mise en place de véritables filières de « data scientists » médecins experts en IA devrait être développée. La formation est le premier pilier du changement. Les médecins doivent maîtriser le fonctionnement des technologies et les algorithmes auto-apprenants du futur.

Rappelons que le MOOC de l’Université de Stanford « Machine Learning: Master the Fundamentals » qui couvre entre autres le domaine de la santé, est le MOOC le plus suivi de l’histoire de l’éducation online (plus d’un million d’étudiants). Plus de 20% des meilleurs MOOC du moment aux Etats-Unis concernent l’IA.

La recherche: Par le biais du Fonds National Suisse de la Recherche (Division III), un programme de recherche pour l’amélioration des coûts de la santé utilisant les nouvelles technologies notamment par le recours à l’IA, devrait être lancé. Ce programme inciterait des jeunes chercheurs à s’engager dans une quête qui pourrait déboucher sur de nouvelles idées, voire de nouvelles applications. C’est la meilleure méthode pour créer autour d’une problématique une émulation fructueuse. Pas de plans nationaux (top-down), juste une incitation à la créativité (bottom-up). Pourquoi alors recourir au Fonds national de la recherche et ne pas commanditer directement une ou plusieurs entreprises ? Tout simplement parce que le problème risque d’être récurrent. En effet, de nouvelles pratiques apparaîtront avec le temps et il faudra à nouveau les corriger. Il va falloir donc adapter à nouveau la réponse en fonction de l’évolution des pratiques et ce champ d’investigation risque de devenir une économie en soi.

L’innovation pour finir : InnoSuisse, le fonds pour l’innovation suisse, pourrait aussi s’impliquer afin d’encourager le monde des start-ups et des PME aux enjeux de l’IA. Un grand réservoir d’innovation, notamment en IA, s’offre effectivement à ces entreprises et il faudrait pouvoir soutenir concrètement leurs efforts.

En esquissant rapidement ces quatre axes d’un projet politique qui devrait être national, on comprend comment on peut enclencher le changement. Bien sûr, nous sommes conscients que beaucoup de choses devront être fixées le long du parcours politique d’une telle proposition, mais nous sommes convaincus que la technologie et notamment l’IA, peuvent venir au secours d’un système de santé à bout de souffle et menacé.

 

 

Machine Learning… ces algorithmes qui apprennent par eux-mêmes !

avec Lev Kiwi, mathématicien et maître IA

Depuis une dizaine d’années, on assiste à un développement sans précédent de l’intelligence artificielle. Afin de comprendre comment de tels exploits sont possibles, il faut s’intéresser notamment aux algorithmes d’apprentissage automatique (machine learning).

L’approche classique consiste à préprogrammer tous les cas possibles en amont. On a ainsi une approche déterministe et un algorithme relativement compréhensible. Pour un même input, on aura toujours le même output. C’est en quelque sorte une mécanique digitalisée. Cette approche a été le standard dans le domaine. Bien que la puissance de calcul croissante des ordinateurs permette l’exécution d’algorithmes de plus en plus complexes, ce n’est que lorsque ces algorithmes sont enrichis de modèles statistiques que le vrai potentiel d’une intelligence artificielle est libéré. La programmation suit ainsi une approche probabiliste. Conséquemment, pour un même input, nous n’aurons plus forcément le même output. Il dépend du jeu de données utilisé pour l’apprentissage.

Aujourd’hui, il existe une quantité astronomique de modèles statistiques, chacun avec ses avantages et ses inconvénients. L’atout majeur d’une telle prolifération de modèles réside dans la possibilité de créer plusieurs représentations différentes d’un même problème. Évidemment, un modèle s’appliquant dans un contexte ne s’applique pas forcément dans un autre. L’art de la science de la donnée repose notamment dans la découverte de patterns favorisant l’utilisation d’un modèle plutôt qu’un autre.

Selon la fameuse définition de Mitchell (1997), on dit qu’un algorithme apprendde son expérience à une tâche lorsque sa performance à cette tâche s’améliore avec l’expérience. Pour de tels algorithmes, l’expérience prend en général la forme de données informatisées. Par ailleurs, un algorithme a besoin d’une mesure de sa performance pour apprendre. Cette mesure se traduit souvent par la minimisation d’un taux d’erreurs. Ainsi, pour une tâche donnée, ces algorithmes d’apprentissage automatique ou machine learning utilisent des données afin de minimiser de façon automatique et optimal leurs taux d’erreurs. Conséquemment, il n’y a pas vraiment d’intelligence ou d’apprentissage au sens biopsychologique du terme, mais uniquement un problème d’optimisation à résoudre.

En règle générale, un algorithme a besoin de données d’entrainement pour apprendre. Ce n’est que dans un deuxième temps que le modèle est capable de faire des prédictions. Lors de la première phase, dite d’apprentissage, l’algorithme essaye de découvrir des patterns dans ces données d’entrainement afin de maximiser la probabilité de faire une prédiction correcte. C’est un raisonnement purement statistique et probabiliste. Pour un certain input, l’algorithme prédit un certain output car ce dernier est le plus fréquent dans les données d’entrainement. Evidemment, les associations input / output suivent différents patterns et là se trouve tout l’art de la science de la donnée.

Comment est-ce que l’industrie de la santé va utiliser ces composantes informatiques cognitives ?

à voir ici le graphe synthétique du machine learning IA_2018_InfoGra

Les logiciels IA font économiser 5% des frais médicaux : le patient va-t-il en profiter Monsieur Berset ?

La Suva a économisé plus de 5% du total des frais de traitement en 2017 en vérifiant systématiquement les factures des médecins et des hôpitaux de ses assurés. Cela représente plus de 60 millions de francs d’économies.

Les contrôles s’améliorent chaque jour, notamment grâce à l’utilisation de systèmes d’apprentissage automatique (machine learning) a indiqué aujourd’hui 16 octobre la Suva.

En 2017, l’assurance a reçu 2,5 millions de factures. Elle en a corrigé ou refusé 160’000.

Le système informatique identifie automatiquement environ 10% des erreurs.

Le logiciel apprend des décisions prises par les spécialistes et s’améliore ainsi de jour en jour.

En 2017, les frais de traitement totaux se sont élevés à environ 1,2 milliard de francs.

Sur les 60 millions de francs économisés par la Suva, 60% sont le résultat du contrôle des factures émises par des hôpitaux et cliniques tandis que les 40% restant provenaient des factures établies par des médecins !!!

(extrait/awp)

Dispute: vers un nouveau modèle économique de Santé en Suisse ?

Le système de santé en Suisse coûte cher. Il semble même être hors de contrôle. En effet, on assiste depuis plusieurs décennies à une augmentation vertigineuse de celui-ci : doublement des coûts en vingt ans !

Tous les acteurs du système tentent plus ou moins de mettre la faute sur les autres à travers des prises de position de leurs organisations à Berne : SantéSuisse (assureurs), H+ (Hôpitaux), FMH (médecins), Interpharma (industrie pharma), CTM (commission des tarifs), CDS (conseil des directeurs cantonaux de la Santé), association des patients, etc. Tout cela paraît un processus bien vain lorsque l’on constate les résultats : une hausse nettement supérieure à celle de l’inflation. Conséquence : le niveau de vie des citoyens suisses est année après année rogné par l’augmentation des primes d’assurance.

Comment alors arrêter une telle escalade ?

Une idée, qui n’est certainement pas la panacée serait de passer à un modèle de facturation basée sur le temps et pas l’acte.

Il faut savoir qu’aujourd’hui le calcul des remboursements est basé sur l’acte médical. Ainsi la Suisse a mis en place un système fédéral (2004) de tarification extrêmement précise : le TARMED qui décrit plus de 4’600 prestations médicales (ou actes médicaux). Donc le modèle est basé sur le calcul d’une prestation indépendamment de combien de temps prend réellement celle-ci à être exécutée. C’est là que le bât blesse.

En effet, il est facile dans ce modèle de trouver le moyen d’augmenter le nombre d’actes/de prestations. Tant qu’un système est ainsi calculé … il est impossible d’en maîtriser les coûts.

Donc, on devrait imaginer plutôt un système basé sur le temps, comme celui des avocats. La tarification horaire a l’avantage de restreindre fortement les exagérations … on peut par exemple restreindre le temps de facturation légalement admis pour le travail de tous les professionnels de la santé … il ne faut pas oublier que 75% des coûts totaux du système de santé sont liés aux salaires.

Bref un modèle comme celui du tarif horaire, même aménagé en fonction des spécialités et des métiers, freinerait immédiatement l’explosion des coûts de la santé voir même les réduirait…un peu !

Il est bien clair que par rapport à ce type de modèle beaucoup de freins au changement apparaîtrait et il faudrait les lever les uns après les autres.

Vers d’autres modèles ?

La révolution numérique pourrait grandement contribuer à imaginer d’autres modèles notamment par une nouvelle approche par l’IA (voir le livre : médecine augmentée de Daniel Walch et Xavier Comtesse, éditions G d’Encre).

Bien sûr, il y aurait encore d’autres modèles comme celui de l’abonnement mensuel qui vous lirait à un unique groupe médical alliant assurance, clinique, experts et soins palliatifs comme le propose désormais Amazon et JPMorgan à leurs employés.

Changer de modèle dépendrait aujourd’hui d’une décision politique qui serait évidemment très longue à prendre.

Sauf bien sûr si un jour, un acteur majeur décide de changer la donne… songez ici à Amazon, peut-être suivi par d’autres acteurs des GAFA.

Le sort de notre modèle économique de Santé n’a jamais été aussi près … de nous échapper complètement.

Un débat s’impose !

Alain BERSET a tort, on peut faire baisser les coûts de la santé en Suisse : démonstration

1.- Les coûts des systèmes de santé sont “drivés” par les actes médicaux.

2.- Les spécialistes estiment depuis longtemps qu’environ 20% des coûts des systèmes de santé dans les pays dits avancés comme les USA, la France, la Suisse, etc. seraient dus à des actes médicaux inutiles, mal-appropriés, en surconsommation ou en sur-traitement voire carrément abusifs.

3.- Si l’on réduit le nombre d’actes médicaux inutiles on fait baisser les coûts de la santé (jusqu’à 6 mia pour la Suisse). L’intelligence artificielle peut aussi nous y aider (voir développement ci-dessous).

CQFD Monsieur le Conseiller fédéral !

Développement:

C’est donc bien là que se cache le principal gisement potentiel d’économies du système de santé.

S’il était possible de réduire le nombre de ces actes, des économies importantes seraient réalisées. Aujourd’hui, on compte sur de nouvelles procédures médicales mais qui s’appuient toutes sur le bon vouloir des professionnels (cf. le Registre de Médecine Empirique RME mis en place en Suisse dès 1999)

Pourtant, il est possible de faire autrement.

L’IA pourrait en être la solution.

A l’image des programmes informatiques faisant appel à l’IA que les grandes assurances (AXA, Allianz) ont développé pour faire la chasse aux déclarations frauduleuses (10% des déclarations de sinistre en Suisse), on pourrait facilement imaginer des programmes de référence ayant comme mission principale de réduire les actes inutiles ou excessifs entraînant du gaspillage.

Aux USA, le marché très dynamique des start-ups a déjà commencé à explorer ce champ d’activité. Ainsi, HealthJoy (une start-up de Chicago) propose un service de conciergerie médicale basé sur l’IA, pour aider les patients à prendre de bonnes décisions concernant les actes médicaux (en évitant les inutiles) tout en cherchant à optimaliser les coûts, c’est-à-dire les plus bas en rapport avec la qualité des soins. Une sorte de Trivago de la médecine en quelque sorte. Ils ne sont pas les seuls. Des compétiteurs comme ADP Workforce Now, Zest Health, Kyruus, etc. démontrent la vigueur d’un marché technologique naissant. C’est sans doute par ce chemin qui favorise « l’aide à la décision intelligente » que vont venir les solutions pour améliorer ce système défaillant des actes inutiles.

Les principes technologiques derrière cette approche sont simples : il s’agit d’analyser des grandes bases d’information (Big Data) pour chercher des figures (features) montrant des anomalies. En quelque sorte, on cherche les cas d’abus en isolant les exceptions. Ce travail doit être automatisé car les données sont nombreuses et chaque anomalie est finalement assez rare. En d’autres termes, même si les actes médicaux sont globalement nombreux : 20% des actes, ils sont très différents les uns des autres. Il n’y a donc que peu de cas typiques, genre ablation de la thyroïde mais beaucoup de situations distinctes. C’est pourquoi sans des programmes informatiques d’IA, il est relativement difficile de faire face à ce problème. En tout cas, personne n’y est arrivé jusqu’à présent. C’est un mal connu sans remède pratique. Les technologies de l’IA font office aujourd’hui de dernier recours. Certes les pratiques du corps médical devront suivre et ce n’est pas gagné d’avance.

Plus concrètement, l’on parle ici de prescrire des traitements et médicaments ayant fait leurs preuves (evidence based medecine), d’éviter les doublons de prescriptions par des professionnels différents, d’éviter les chaînages de demandes d’analyses sans réflexion, d’éviter les examens de routine.

Les exemples sont légion dans nos hôpitaux et cliniques : radio du thorax avant une opération, surprescription d’inhibiteurs de la pompe à protons (prévention des ulcères), inflation de prescription d’antibiotiques, mise en place en routine de sondes urinaires, transfusions érythrocytaires inutiles, prises de sang quotidiennes sans justification et tant d’autres.

Le corps médical occidental en a pris conscience et le mouvement « Choosing Wisely » fait des émules dans les différentes spécialités. Les multiples publications médico-économiques autour du « Does Choosing Wisely Work ? » démontrent les bénéfices et économies générés par ces mesures. Les sociétés suisses de spécialistes ne sont pas en reste et produisent leurs propres recommandations : liste « Top  5 » de la Société suisse de médecine interne générale, « Top-9-liste » de la très dynamique Société suisse de médecine intensive, etc. L’IA couplée à la philosophie du « Choosing Wisely » est une piste d’économies pleine de promesses.

Les plateformes susmentionnées développées aux USA (par ex. HealthJoy) aident directement les patients à choisir un itinéraire médical moins coûteux. Nous pourrions développer en Suisse des logiciels d’IA d’aide à la décision et à la prescription pour les médecins avec une double mission : pédagogique et économique.

Le but est clair : challenger les pratiques et les routines, provoquer la réflexion. Les médecins ciblés seraient principalement les médecins en formation pré et post-grades dans nos hôpitaux.

L’IA ne remplacera pas le médecin, elle augmentera ses capacités. Et elle génèrera des économies en évitant les prescriptions d’actes et de médicaments inutiles.

Ce partenariat entre l’IA et le corps médical, pour être accepté, nécessite que l’IA devienne « explicable ». Le fonctionnement du Deep Learning, des réseaux neuronaux profonds, doit être transparent pour les médecins.

L’IA doit donc évoluer et pouvoir expliciter ses raisonnements. Ces derniers ne sont finalement que des développements sophistiqués de type statistique dont les médecins sont traditionnellement friands ! C’est à cette condition que l’IA, sorte de prothèse qui augmentera le médecin, pourra devenir une aide à la décision au quotidien et évitera les actes inutiles.

Quel gain espérer ?

150 milliards de dollars d’économies grâce à l’IA en 10 ans aux USA, 50 milliards d’euros d’actes inutiles par an en France, plus de 6 milliards de CHF d’actes inutiles par an en Suisse, les différentes études concordent. Il est permis d’envisager une meilleure productivité de notre système de santé.

 

 

WATSON pourrait révolutionner la santé en investissant le cloud!

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

Selon une études américaines d’une association de recherche clinique les données médicales doubleront tous les 73 jours d’ici 2020. De ce fait, seuls les super-computer pourront analyser de telles quantités de données et encore s’ils seront aidés par des logiciels d’intelligence artificielle. Par ailleurs, IBM a calculé qu’une personne génèrerait une quantité écrasante d’information au cours de sa vie ( env. 1 million de gigaoctets de données – ce qui, en termes de copie papier, équivaut à plus de 300 millions de livres).

Cette croissance de données est alimentée par l’utilisation de capteurs d’activités physiques, d’appareils médicaux connectés, et d’implants, qui permettent de suivre et de capturer des informations en temps réel.

Actuellement, il est difficile de connecter toutes ces données aux data-bases existantes et très fragmentées du système de santé qui ne sont pas facilement partagées, tels que le dossier médical, la recherche clinique et les génomes individuels.

Aujourd’hui IBM possède avec Watson les capacités cognitives avancées et peut rassembler le vaste écosystème de partenaires, de praticiens et de chercheurs nécessaires au changement, tout en fournissant la plate-forme ouverte, sécurisée et évolutive nécessaire pour rendre tout cela possible.

La qualité avant la quantité

En médecine, la qualité prime sur la quantité.

Les data-bases sont polluées d’informations de faible qualité scientifique ou influencées par des fournisseurs. Le défi sera d’éviter l’effet GIGO (« garbage in, garbage out » ou si les entrées sont mauvaises, les sorties le seront aussi). L’IA devra sélectionner les données de qualité. Les algorithmes devront tenir compte du niveau de qualité des données probantes. S’appuient-elles sur des essais cliniques contrôlés ? Combien d’essais ? Sont-ils randomisés ? (p.m. une étude randomisée est une étude dans laquelle le traitement est comparé à un autre ou à l’absence de traitement ou à un placebo). Des informations exactes et fiables, des informations pertinentes qui répondent à l’objectif, des informations actuelles sont des critères incontournables pour un diagnostic et le choix d’un traitement de qualité. La performance du deep learning en médecine va augmenter de pair avec la taille des data-bases mais aussi avec la qualité de l’étiquetage des données probantes.

Watson Health investit le Cloud

IBM a jeté les bases de sa plateforme « Cloud » conçue pour aider les fournisseurs de soins de santé à prendre des décisions opportunes et fondées sur des preuves concernant les problèmes de santé. Watson Health Cloud a pour objectif de fournir aux médecins, aux chercheurs, aux assureurs et aux entreprises de soins de santé une plate-forme sécurisée et ouverte leur permettant d’avoir un aperçu plus complet des facteurs pouvant affecter la santé des personnes.Pour les personnes à qui ces données sont enregistrées, le système promet l’anonymat en retirant leurs identités des informations.

Avant de confier ses données patients à un Cloud, le prestataire de soins devra néanmoins toujours procéder à une évaluation des enjeux juridiques, organisationnels et techniques. Il devra fixer au mandataire propriétaire du Cloud des exigences précises et exercer des contrôles. L’hôpital ou le médecin restera finalement responsable du respect des prescriptions légales en matière de protection des données. Il doit veiller au traitement des données patient de leur transfert à leur effacement.

Un potentiel transformationnel des soins de santé 

Ce n’est pas la première approche de Watson dans la santé. Le système informatique avancé, en faisant appel notamment à l’IA, est utilisé depuis un certain temps dans les services de santé de bon nombre d’hôpitaux, mais aussi par les sociétés pharmaceutiques dans leur quête de nouveaux médicaments, à donner des conseils fondés sur des données mondiales aux médecins locaux et même à leur enseigner de nouvelles compétences. IBM a déposé plus de 1300 brevets dans les domaines de la santé, des sciences de la vie et des dispositifs médicaux pour asseoir son autorité en la matière. Dans cette perspective, IBM est bien placé pour combiner la technologie cloud, les capacités de l’intelligence artificielle et l’interopérabilité des systèmes de santé locaux pour aider les professionnels à prendre des décisions plus éclairées et à mieux répondre aux besoins des patients.

Ainsi la plateforme de Watson Health pourrait être vraiment un agent transformateur du système de santé partout dans le monde.

IBM, Amazon, Apple, Google, mais aussi la Migros (en Suisse) vont ainsi créer les conditions d’une rude concurrence. Espérons que le patient soit le vainqueur !

 

 

 

 

MIGROS: un acteur majeur de la Santé ?

La Migros est entrée dans le domaine de la santé il y a plus de dix ans déjà. L’entreprise poursuit deux axes de développement dans ce secteur : les « walk-in clinic » avec MedBase et le on-line pharmaceutique ou para-pharmaceutique avec Zur Rote.

Avec près de 900 thérapeutes et médecins et plus d’un millier d’employés, l’activité MedBase est devenue pour Migros très importante. C’est le « fer de lance » de sa stratégie santé. Les « walk-in clinic » ouvre les unes après les autres. Après Genève, Lausanne et Vevey en Romandie, le réseau de clinique de proximité va s’étendre encore ces prochaines années. Migros devient ainsi petit à petit un acteur majeur du système de Santé en Suisse.

L’entreprise ambitionne même d’infléchir l’augmentation des coûts de la santé. Comment ? En visant d’abord des marges plus basses que les principaux acteurs puis en établissant des coopérations avec d’autres acteurs historiques de la santé. Marcel Napierala, CEO de Medbase, affirme :« Nous voulons travailler sur la qualité, coordonner le suivi des patients, éviter des soins inutiles et des gestes superflus, en nouant des accords avec les hôpitaux, les cabinets de radiologie, les laboratoires et aussi avec le réseau Delta (plus de 200 000 Romands sont affiliés au réseau Delta) ».

Deuxième axe la pharmacie avec Zur Rose.

Le leader suisse du commerce de détail accueille depuis cette année dans ses supermarchés des médicaments fournis par le distributeur de médicaments Zur Rose. Migros a pris une part dominante dans cette société on-line et tente maintenant des synergies avec ses propres magasins.

La stratégie de Migros est claire. Elle cherche la vraie proximité tout en utilisant le numérique (virtuel) pour abaisser les coût d’approvisionnement. Par ce double développement, la coopérative entre efficacement dans un système de santé qui souffre d’un manque de gains chroniques en productivité. Bien sûr les marges sont importantes dans le secteur mais pas la productivité. C’est d’ailleurs sur ce point précis que tous les acteurs historiques vont se retrouver en concurrence avec les nouveaux entrants : Apple, Amazon, Migros, Watson, etc.

APPLE prend votre pouls pour vous sauver la vie!

La traditionnelle conférence de presse de rentrée d’Apple se tenait hier soir au siège d’Apple, au coeur du Steve Jobs Theatre de Cupertino. La firme à la pomme a dévoilé sa quatrième génération d’Apple Watch.

La montre connectée série 4 d’Apple est devenue selon le big boss Tim Cook « la montre qui se vend le plus au monde. Selon IDC, Apple aurait augmenté de 30 % ses volumes de livraisons de montres connectées au second trimestre 2018 par rapport la même période de l’année précédente…

Plus grande, plus performante

Baptisée Séries 4, la quatrième génération de l’Apple Watch veut devenir le « gardien intelligent de notre vie », selon ses concepteurs. Derrière son écran 32 % ou 35 % plus large selon la version choisie, soit en 40 mm, soit en 44 mm (contre 38 mm et 42 mm pour la précédente version), la nouvelle Apple Watch ne veut plus se satisfaire de simples fonctions de capteur d’activité. Son design à peine remodelé dissimule des composants d’une puissance supérieure. Egalement à bord, des fonctionnalités accrues comme :

La détection de chutes 

Equipée d’un processeur double-coeur (64 bits) deux fois plus performant, l’Apple Watch Series 4 intègre aussi un nouvel accélérateur et un nouveau gyroscope. Entre autres nouveautés, elle détecte les chutes… et peut donner l’alerte si la montre se trouve être immobile durant plus d’une minute à l’issue d’une chute observée.

Mesurer le cœur en temps réel.

Nouveauté intéressante : la nouvelle Watch intègre désormais un capteur électrique de rythme cardiaque (ou électrocardiographe). But : permettre à son utilisateur de réaliser un véritable électrocardiogramme (ECG). Il lui suffira pour cela de toucher le bouton latéral de la montre pour que l’opération s’effectue en 30 secondes. Ses résultats pourront alors être transmis au médecin traitant. Cette fonctionnalité a reçu l’approbation de la FDA (Food and Drug Administration) qui fait de la montre un véritable instrument médical.

De plus  la montre alertera son utilisateur en cas de détection de trouble du rythme cardiaque (arythmie). L’ensemble de ses données resteront purement confidentielles et privées.

Ces deux innovations marquantes devraient pouvoir sauver quelques vies…

« L’Apple Watch devient le gardien intelligent de votre santé », a répété à plusieurs reprises Jeff Williams, le directeur opérationnel du groupe, à l’occasion de la présentation hier de la nouvelle montre.

Ainsi désormais se pose une unique question: qui va parmi nous se priver de cet avantage ? À terme, presque personne.. cela annonce sans doute la fin de la montre suisse …non?

Apple vient – incontestablement – de franchir un « pas  décisif» vers l’eldorado de la Santé.

AMAZON s’attaque à la santé : pour vaincre?

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

Amazon pourrait utiliser son expertise du e-commerce pour tout perturber dans le domaine de la Santé. De la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique à la gestion de l’assurance-maladie.

Amazon cherche à dominer ces nouveaux secteurs d’activités.

Le géant du commerce électronique est sérieux lorsqu’il s’agit d’entrer dans le secteur des soins de santé apportant avec lui un modèle commercial non traditionnel, une infrastructure en matière de logistique et d’informatique et une connaissance approfondie des clients.

Ce n’est pas la première tentative d’Amazon de transformer le secteur.Entre 1999 et 2000, la société a commencé à investir de l’argent dans Drugstore.com avec l’intention d’étendre son activité de commerce électronique à l’espace pharmaceutique. Il s’est finalement heurté au réseau existant d’intermédiaires, de régulateurs et autres, ce qui a mis un terme à ses ambitions.

Maintenant, Amazon essaie à nouveau. Au début de l’année, elle a annoncé la création d’une joint-venture avec JPMorgan Chase et Berkshire Hathaway.

Juste avant, Amazon a acquis la pharmacie en ligne PillPack pour près de 1 milliard de dollars.Mais ce n’est pas la seule entreprise des GAFA qui s’essaie dans le domaine de la santé.

Tous avancent leurs pions dans cet espace en jouant sur leurs atouts : la vision centrée sur le patient d’Apple qui privilégie les consommateurs avec notamment sa montre connectée, tandis que Google continue de développer des applications de l’IA avec des dispositifs médicaux. Microsoft développe la gestion des données de santé sur sa plateforme cloud Azure. Sans oublier IBM et son arme à tout faire : Watson.

Mais quelle stratégie utilise Amazon pour gagner à chaque fois ?

On peut la décomposer en quatre axes :

1.- Tout d’abord, Amazon introduit chaque nouveau produit de manière conviviale en favorisant une approche centrée sur une expérience client supérieure à celles de ses concurrents.

2.- Ensuite, Amazon utilise ses propres infrastructures informatiques afin de réaliser des économies d’échelle, des effets de réseau, un usage optimal de ses infrastructures informatiques et un effet de levier pour négocier avec d’autres parties (par exemple, des fournisseurs).

3.- Ensuite, il investit dans des coûts fixes initiaux qui lui permettent de mieux fonctionner et de fournir une version externalisée des services à ses clients. Nous avons vu cela avec Amazon Web Services (AWS), qui permet aux entreprises d’utiliser des services traditionnellement coûteux (entrepôts, centres de données, etc.) sur une base de location/propriétaire.

4.- Enfin, en attirant suffisamment d’utilisateurs sur une plateforme et en offrant ses propres services externalisés, Amazon peut alors normaliser les offres des fournisseurs sur sa plateforme. Cela lui permet de créer des marchés transparents et compétitifs pour les acheteurs et les fournisseurs. Au début Amazon perd toujours de l’argent mais gagne des parts de marché.

À partir de la 4ème étape Amazon commence enfin à réaliser des bénéfices … mais à ce stade la concurrence est déjà sur la défensive et commence à perdre de l’argent.

Dans le domaine de la Santé, l’embauche d’Atul Gawande pour diriger son entreprise conjointe avec JPM et Berkshire suggère la poursuite de cette stratégie. Gawande se concentre sur l’utilisation de la normalisation comme moyen de développer les soins de santé, en particulier pour les biens et services relativement banalisés. L’absence de standardisation et l’accent mis sur l’expérience des consommateurs ont abouti à un marché des soins de santé incroyablement fragmenté et opaque, ce qui rend les intermédiaires particulièrement vulnérables à l’entrée d’Amazon. Ceux-ci qui sont des extracteurs de valeur avec des marges bénéficiaires importantes vont d’abord perdent des parts de marchés avant peut-être disparaître.

Avec environ 6’500 médicaments différents et un chiffre d’affaires pharmaceutique en 2017 de 1’015 mia USD, le marché mondial du médicament est colossal. Les GAFA ne le laisseront pas leur échapper.Les pharmaciens, les médecins dispensants et les pharmacies hospitalières ou centrales pourront-ils faire la différence en offrant un service réellement différent ?Le but est bien entendu de prodiguer le bon médicament, de la bonne manière, au bon moment et au bon patient ! L’information est à la base de la bonne utilisation des médicaments.

Les GAFA et leur intelligence artificielle seront-ils à même de répondre à toutes les questions sur l’emploi des médicaments, sur leurs interactions, sur les équivalents, sur la stabilité et la conservation des préparations galéniques ?

Il y a fort à parier que oui !

Il reste quelques années peut-être encore aux acteurs actuels de la Santé …  mais pour eux la seule question ouverte pour une survie est celle du comportement des régulateurs : vont-ils bloquer l’entrée des GAFA dans la santé ?

(sources : CBInsights ; Interpharma sur la base des données d’IQVIA Suisse, 2018)

 

« L’intelligence artificielle ne remplacera pas les médecins. Mais les médecins qui utiliseront l’IA remplaceront ceux qui ne le feront pas » 

Avec la collaboration de Daniel Walch, directeur général du GHOL

À l’aube de la quatrième révolution industrielle, nombreux sont ceux qui craignent que les robots et l’automatisation ne prennent leur place de travail.

Ce type de craintes n’est pas nouveau : déjà au XIXe siècle, les membres du mouvement Luddite – ouvriers et tisserands – ont  même physiquement détruit leur appareil de production lors de la première révolution industrielle en Angleterre.

Aujourd’hui, les mêmes craintes apparaissent à propos de l’intelligence artificielle, y compris dans le secteur de la santé. Par exemple, avec l’IA qui prendrait la place des radiologues, des robots qui surpasseraient les compétences des chirurgiens, etc.

Des voix comme celle de Martin Ford (l’un des observateurs les plus avisés des mutations de la Silicon Valley) ne rassurent guère. Il a déclaré dans son récent livre : L’AVÈNEMENT DES MACHINES que les robots remplaceront 50% de tous les emplois au cours des prochaines décennies. Et qu’au niveau politique, la réponse la plus populaire est l’introduction d’un revenu de base universel qui donnerait à chacun juste assez d’argent pour vivre tout en incitant les individus à prendre des risques en créant une entreprise, en retournant à l’école ou en endossant une nouvelle carrière.

Alors que ces réponses aux défis de l’automatisation et des technologies numériques ne sont que des idées pour le moment – à l’exception de l’expérience entreprise de manière limitée en Finlande avec un revenu de base universel -, il est naturel que les gens s’inquiètent de ce changement fondamental.

En médecine aussi, des craintes se font déjà sentir alors que l’on peut s’imaginer que certaines de futures tâches assurées par l’IA libéreront du temps. Les professionnels restent souvent très sceptiques.

Pourtant il paraît inévitable qu’à l’avenir, la majorité des médecins diagnostiqueront, prescriront et suivront leurs patients grâce à l’IA avec la performance de l’acte médical augmenté par le matériel, les logiciels issus de ce dernier. C’est une situation comparable à celle du pilote en aviation. Le pilote automatique n’a pas remplacé les vrais pilotes, elle a juste augmenté leurs capacités. Sur les très longs vols, il est pratique d’allumer le pilote automatique mais totalement inutile lorsque vous avez besoin d’un jugement rapide. Ainsi, la combinaison des humains et des machines est la solution gagnante. Et ce sera la même chose dans le domaine des soins de santé.

Le GPS qui équipe nos voitures et nos téléphones portables est un autre exemple. Selon les estimations, le nombre de terminaux GPS opérationnels dans le monde est estimé autour de sept milliards. Qui souhaite encore aujourd’hui se passer de cette assistance ?

Nous n’acceptons pas une vision du monde qui s’apparenterait à une sorte de Platonisme de l’ère de l’IA ! Nous pensons erroné l’idée d’une double nature des choses : d’une part, des êtres naturels et d’autre part, des êtres artificiels. Voire une hiérarchie entre des êtres et des sous-êtres… L’IA doit être pensée comme une augmentation de l’intelligence.

Elle ne remplacera pas les médecins. Elle augmentera leur productivité et leurs performances. Elle permettra, nous l’espérons, d’augmenter le temps qu’ils consacrent aux patients en détresse pour les accueillir, les écouter et les soulager.  Hippocrate mais pas Platon !

Ainsi on peut affirmer que : « L’intelligence artificielle ne remplacera pas les médecins. Mais les médecins qui utiliseront l’IA remplaceront ceux qui ne le feront pas ».

les révolutions industrielles: l’enseignement & le “machine learning”

Les adolescents des pays développés passent plus de temps devant leurs écrans qu’en classe ! Certes, Ils ne consacrent pas ces quelques 1500 heures à suivre les MOOCs … cependant leurs manières d’échanger et d’apprendre, leur capacité à se concentrer et d’accéder au savoir, leurs activités intellectuelles et leurs rythmes cognitifs sont tout à fait remarquables

Les systèmes éducatifs d’aujourd’hui se sont développés sous l’impulsion directe des révolutions industrielles et en portent encore la marque. De la première, on a hérité d’enfants assis en rang qui doivent suivre les consignes, se montrer ponctuels et assidus, tout cela sous la houlette d’un (contre-)maître. L’éducation à grande échelle n’a pas été créée pour motiver les enfants ou pour former des savants, elle a été inventée pour former des adultes destinés à faire fonctionner un certain système productif. L’échelle était plus importante que la qualité, exactement comme dans le monde industriel d’alors. Ainsi l’insistance sur l’obéissance, la discipline et la ponctualité ne serait pas simplement un choix pédagogique mais la traduction d’enjeux sociaux et économiques reflétant les exigences de l’époque pour ordonner etorganiser les armées d’ouvriers qui allaient envahir les usines.

Dans la seconde révolution industrielle, on assiste à la naissance de « technologies éducatives », comme le test à choix multiples inventé en 1914 par Frederick J. Kelly, des outils caractéristiques de l’organisation à la chaîne du travail, propres à cette époque. La simplification et la décomposition du savoir permettent une optimisation des procédures de transmission du savoir-faire et créent des outils de mesure de l’activité. Remplir correctement des cases, telle était la performance attendue des écoliers lambda voués à devenir des travailleurs standards, avant de céder aux délices de la consommation de masse.

La troisième révolution industrielle verra éclore une pédagogie dite « nouvelle » et l’arrivée d’un cursus scolaire à option mettant en scène les apprenants. L’élève est désormais au centre des préoccupations, on va faire de lui le principal objet pédagogique en respectant ses souhaits et son rythme d’apprentissage. Il devient l’entrepreneur de son apprentissage. C’est en quelque sorte le règne de l’entrepreneuriat même à l’école ! La technologie scolaire évolue aussi surtout avec l’usage de l’ordinateur et des tutoriels automatisés. Les MOOC (Massive Online Open Courses) seront l’expression ultime de cette phase d’automatisation, c’est-à-dire de la 3èmede l’industrie.

Dans le nouveau monde émergeant de la 4èmerévolution industrielle, la rareté est remplacée par l’abondance – une abondance des données (Big Data), de l’informations (News and Fake News), des sources de connaissances (Books, Internet & Co.) et des réseaux sociaux mais aussi des interactions entre eux et surtout de l’Intelligence Artificielle (IA). On va vers une connaissance « augmentée ».

Il va falloir tout reconsidérer : aussi bien des notions fondamentales comme l’élève, l’enseignant, la classe, l’apprentissage, l’évaluation, les diplômes, etc. 

Cette abondance de la connaissance « augmentée » impose un nouveau rapport au savoir et redéfinit radicalement l’institution scolaire : on va donc abandonner petit à petit les systèmes éducatifs précédents pour adopter des outils beaucoup plus personnalisés et puissants qui nous permettront de produire une nouvelle génération de travailleurs.

L’école dans sa forme historique semble complètement datée et son avenir est compromis. Une refonte complète se profile. Tout est à réinventer !

Tentons de donner une première esquisse de cet avenir :

D’abord la forme de la connaissance va changer de nature dès lors qu’elle sera « augmentée ». Ce n’est plus une connaissance statique comme proposée par Wikipédia mais bien dynamique car on va lui attacher des procédures de « savoir-faire ». A toute connaissance, on associera un module de « machine learning » mais aussi un module de communication et de lien aux autres modules dans le même esprit de Wikipédia mais additionné d’une capacité d’auto-apprentissage propre aux « machines learning ».

Ensuite, la connaissance pourra être « packagée » sous une nouvelle forme. Anciennement elle était représentée par des concepts eux-mêmes véhiculés par des mots ou parfois un seul mot. On peut ainsi envisager à l’avenir que, grâce à l’IA, la connaissance sera éclatée en « knowledge capsule » autonome, auto programmée et s’auto-liant (création cognitive de liens entre capsules comme autant de synapses entre les neurones).

Conclusion : l’enseignement, l’apprentissage vont se transformer car le support de base de la connaissance est en train de muter. Cette transformation ressemblera plus à un tsunami qu’à une réforme ordinaire. Il faut s’attendre à un chambardement majeur. Il est donc plus que nécessaire d’y songer sérieusement.

 

Septembre annonce la hausse des primes maladies !

Comme chaque année: “les primes de l’assurance maladie prennent l’ascenseur”¨

Cela devient insupportable pour la plupart d’entre nous, car cela pèse lourdement dans nos dépenses mensuelles. Mais plus grave, au niveau de la nation, cela menace d’affecter les équilibres politiques et sociaux comme aux Etats Unis.

Mais quel est exactement le problème ?

Et qui va arrêter cette croissance vertigineuse des dépenses ?

Qui va venir au secours des familles ?

Contrairement à ce que dit le monde politique (et avec eux, certains acteurs du domaine de la santé) le problème n’est pas du tout complexe car la solution est très simple : Il suffit de contrôler l’emploi. En effet, Il faut savoir que celui-ci est responsable de près de 80% des coûts totaux et que l’embauche du personnel dans la santé s’est envolée ces dernières années : +100’000 emplois en dix ans. Cela correspond à 10 milliards de charges en plus pour le système et les assurances individuelles ont été ajustées en conséquence. On a simplement payé. Voilà la réalité crue. Le domaine de la santé semble échapper à toute rationalité et à toute recherche de productivité. Si l’on a un projet ou un problème nouveau, alors on embauche. Incroyable ! C’est ainsi que l’on fonctionne. Personne ne s’en inquiète puisqu’à la fin, c’est l’assuré qui paye !

Alors la question qu’il faudrait désormais se poser est la suivante : Qui va pouvoir contrôler les coûts en réduisant le personnel ? En tout cas, pas les politiques qui proposent la caisse unique. Pas les pharmas qui cherchent de l’argent pour la recherche. Pas les assurances qui essaient de reconstituer leurs réserves. Pas les hôpitaux qui multiplient l’offre notamment en ambulatoire. Pas les médecins qui cherchent à compenser les effets négatifs du TARMED sur leur salaire. Donc, il va falloir chercher ailleurs.

Devinez où ?

Eh bien, comme toujours ce sont les entreprises orientées Internet comme les GAFAIM (Google, Apple, Facebook, Amazon, IBM, Microsoft) qui vont faire le boulot. On sait comment elles vont procéder. Regardez ce qui s’est passé avec les librairies, les médias, le tourisme, etc. Ils ont été à chaque fois capables de faire effondrer les prix tout en empochant de jolies marges et en sortant la concurrence du marché. C’est exactement ce qui va arriver dans le domaine de la santé. Watson d’IBM va être notre oncologue ou notre médecin de référence. Apple, notre cardiologue (Apple Watch). Google, notre opticien (lunette augmentée). Facebook, notre réalité virtuelle. Amazon, notre cloud pour le dossier médical. Microsoft, notre analyseur de Big Data, etc., etc.

Bref, la maîtrise de la santé change de main. Et les nouveaux partenaires santé sauront sans doute faire ce que personne ne veut faire aujourd’hui : baisser les primes.

Il ne faudra pas ensuite se plaindre de leur domination, n’est-ce pas Mesdames et Messieurs les politiciens ?

* Xavier Comtesse est l’auteur du livre à succès : Santé 4.0, le tsunami du numérique, Georg, Genève

Monsieur Berset: un système de santé moins cher c’est possible grâce au numérique !

Les données du Big Data vont transformer la médecine plus sûrement qu’aucun règlement ne l’a jamais fait auparavant. De plus, on aura en prime une médecine meilleure et moins cher. Car il est temps d’améliorer le système tout en contenant l’explosion des coûts de la santé! C’est en tout cas la promesse d‘une nouvelle approche préventive, prédictive, personnalisée, participative et pro-active du corps (immunothérapie) qui débouchera enfin sur des progrès en productivité !

Explications:

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics, leurs traitements et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux. Ces informations étaient alors limitées en termes de quantité et de temps (durée de la prise des mesures). Aujourd’hui, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce aux “data analytic”, aux “data mining”, aux “machine learning”, etc. tout va changer… on entre dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

La Mayo Clinic qui est l’un des précurseurs en la matière, s’est lancée depuis quelques temps avec force dans le Big Data et les données non-structurées. Ces dernières sont devenues de plus en plus pertinentes avec l’interaction entre les sciences de la vie et de la mathématique algorithmique.

Maintenant on est capable d’associer de grandes quantités de données issues des moyens traditionnels avec celles produites par le flux d’information provenant d’objets connectés qui sont en train d’envahir notre quotidien. Ainsi, la médecine se tourne davantage vers le “pouvoir des données que celui des molécules”.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Demain, les données concernant la santé ne seront plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus continu destiné à mettre à jour une information médicale pertinente. Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde médical.

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithmique converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre. L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui ont à la fois, la vocation de combattre la maladie tout en aidant le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Le Big Data, c’est enfin la possibilité de prédire avant de prévenir. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable.

Mais surtout cela va remplacer bon nombre de postes de travail du système de santé et créer enfin les économies tant espérées par tous. Si l’on peut prédire alors on a moins d’urgences et d’erreurs à gérer pour plus de précision et de rapidité d’interventions, sans les doublons, ni les interventions inutiles… il y a moins de travail et donc moins besoin de personnel …

… dans un contexte de la politique de la santé suisse où l’on observe une perte totale du contrôle des coûts  -car une augmentation des primes d’assurance de 4% l’an équivaut à un doublement de celles-ci en 18 ans (1,04 puissance 18 = 2) -…  il y a mieux à faire.

Messieurs les politiciens bernois, il faut vous se ressaisir… des solutions existent!

(voir pour plus d’informations le livre: santé 4.0, éditions Georg, Genève)

 

Les Blockchains: un défi pour les systèmes de Santé ?

Avec l’avènement des Blockchains, tous les intermédiaires ont du souci à se faire: les Notaires, les Avocats, les Banquiers, les Commerçants, etc. mais aussi les Médecins, les Pharmaciens et autres métiers de la Santé car à l’avenir la question de leur contribution dans la chaîne de la valeur va être challengée par les blockchains.

Voici en résumé le développement de ce point de vue.

Comme tout le monde le sait maintenant, les blockchains sont des technologies informatiques destinées à suivre des contrats sécurisés, transparents et décentralisés et pas seulement ceux liés aux bitcoins.

Par extension, les blockchains constituent des bases de données qui contiennent l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis leur création. Ces bases de données sont sécurisées et distribuées : elles sont partagées par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, ce qui permet à chacun de vérifier la validité des données.

Ce qu’il faut surtout retenir, c’est l’absence d’intermédiaire. Imaginez-vous une société sans intermédiaire … une société purement directe à l’instar du protestantisme! On peut l’appeler de diverses façons: révolution numérique, révolution 4.0, etc. mais cela va bien au-delà, c’est la fin programmée ou codifiée des intermédiaires.

Personne ne semble prendre véritablement la mesure d’une telle Réforme. Et pourtant dans cette conception économique, le client parlera directement avec l’usine pharmaceutique, il traitera immédiatement avec les fabricants et de même l’usine via l’Internet des Objets et les contrats de type blockchain n’auront plus besoin d’ “intermédiation”.

Cela est vrai pour la finance, le commerce, l’industrie… mais aussi pour le domaine de la Santé. Celui-ci va évoluer vers des pratiques digitales nouvelles et moins coûteuses. L’idée ici est que des actes médicaux de toute sorte vont être chaînés dans les blockchains.

Donc on aura d’une part, une meilleure prise en compte des actes médicaux par l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de la santé, ce qui permettra d’en diminuer les erreurs (poste inavoué mais très coûteux) mais aussi de supprimer les doublons (bonjour les économies) et enfin de diminuer les intermédiaires donc, le personnel (en Suisse en 10 ans, on a engagé 100’000 personnes dans le domaine de la Santé pour un coût de 10 milliards -pas besoin de chercher ailleurs la dérive des coûts) et ceci tout en améliorant la qualité des soins et d’autre part, permettrait une plus grande transparence des interventions.

Le dossier médical serait alors une collection de plusieurs blockchains toutes liées à des actes médicaux.

Les “blockchains-santés” seraient notre historique médical sécurisé et accessible à tous les parties prenantes en temps réel et aussi connectées avec des capteurs incorporés (pacemakers) ou non (montres connectées).

Les “blockchains-santés” du futur, ce sont donc à la fois des actes médicaux, des données actives provenant des capteurs, et des appréciations patients (self quantified) le tout dans un grand registre historique entièrement informatisé, transparent, sécurisé et distribué.

En tous les cas demain, la donnée-patient sera au cœur du processus santé, qui lui même sera enchaîné dans des blocks !

 

La Santé est un processus … bientôt numérique?

La Santé se décline dynamiquement … c’est un véritable processus … qui sera comme tous les processus facilement transformé en “algorithme”.

Dire que : “La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social (…)*” comme l’a fait l’OMS (en 1946) paraît aujourd’hui bien réductrice … elle ne rend pas du tout compte du caractère dynamique et continu des processus de santé.

De nouvelles questions surgissent dès lors que l’on veut bien regarder les choses autrement:

Ainsi:

  • N’y aurait-il pas de nouvelles pratiques, de nouvelles visions à même de mieux exprimer ce qu’est en train d’advenir?
  • Que penser des mouvements populaires pour l’alimentation saine, les médecines alternatives, le sport, le quantified self ou encore de l’empowerment informationnel porté par Internet?
  • Que penser de “l’algorithmisation” de la société en général et de son impact sur la médecine en particulier?
  • Que penser des “apps” de nos téléphones mobile et montres connectées?

Toutes ces approches permettent de redéfinir le concept de santé dans des pratiques et processus quotidiens, donc en continu.

On quitte aujourd’hui l’usage des pratiques ponctuelles où, une fois de temps en temps, il convenait de faire un check-up.

Il s’agit à présent de se mesurer, se diagnostiquer et s’informer en temps réel. Un nouvel usage : celui du monitoring permanent de soi …

Ainsi une sorte de “quête” pour une santé nouvelle émerge.

  • Meilleure?
  • Différente?

C’est en tout les cas un changement de paradigme, comparable au passage de l’image photographique au cinéma.

On passe d’une image du corps prise sporadiquement à un film à 24 images/seconde…

C’est une approche si différente, que nous ne sommes pas certains qu’il s’agisse de la même chose.

Le système de soin et de santé ne sera plus jamais comme avant.

Une révolution ou un éclairage nouveau sur nos vies en continu, à la manière des frères Lumières en quelque sorte.

 

DEVELOPMENT

Dans un monde en permanence transformé par le digital, il faut renouveler la définition du mot santé, non seulement d’un point de vue médical, mais aussi sociétal, distinguer la santé du soin, dissocier la santé au sens large, de la santé au sens étroit, permet de dépasser les limites du simple système de soin. Soigner est un acte amorcé avec la détection d’un changement d’état signalant la maladie – on reste ici dans la définition de l’OMS – tandis que la santé engage une posture proactive, un processus de recherche, la quête de la bonne forme physique et psychique ainsi que de sa conservation. Ce n’est pas la même chose : le soin se définit de manière réactive, la santé se définit de manière proactive. L’un est occasionnel, l’autre est permanent.

Dès lors, on peut dire que la santé n’est plus un état mais qu’elle est devenue un processus.

Reste à comprendre quelles transformations ce changement de paradigmes va engager sur les comportements des personnes, des familles et des institutions qui gèrent les systèmes de santé publique et quelles anticipations les acteurs professionnels de la santé sont en mesure d’apporter. Il est clair pour chacun de nous, qui avons finalement pris l’habitude de vivre dans ces seuls deux états (en forme ou malade), que les choses vont changer profondément. Nous allons connaître à présent un rapport nouveau à la santé : une situation évolutive en temps réel, avec l’impression persistante de n’être ni vraiment malade, ni vraiment en bonne santé et donc toujours à surveiller. Notre tableau de bord de santé (si l’on peut le dire ainsi) montrera une situation toujours en fluctuation, avec des hauts et des bas qui s’exprimeront sous forme de glissements de courbe à la hausse ou à la baisse !

C’est un tout nouveau contexte, qui donnera un flux d’images hétéroclites sur les composants multiples de notre santé, auquel il va falloir s’habituer ; mais, plus encore, il va falloir le comprendre. En effet, recevoir de très grandes quantités d’informations sur notre corps est une chose, mais pouvoir interpréter correctement ce qui s’y passe, en est une autre. C’est également un changement de mœurs : nous allons nous prendre en charge davantage, sans recourir forcément au système de santé. Certes, cela va évoluer lentement (sans doute des décennies avant une généralisation), mais il faut bien prendre acte de ce changement déjà en marche. Il convient aussi d’imaginer qu’une éducation massive devra nécessairement accompagner ce mouvement de prise en charge de la santé par chacun, pour chacun : Internet ne suffira pas, ni même les bracelets de santé. Un réel apprentissage, plus personnel, devra commencer dès l’enfance et être poursuivi tout au long de la scolarité. C’est un bouleversement radical, un peu comme ce fut le cas avec l’alphabétisation ou, plus prosaïquement, avec l’hygiène et la nutrition après- guerre.

Le système global de la santé tel que nous le connaissons — focalisé davantage sur les soins que sur la santé-au sens large — n’avait prévu qu’un statut passif ou subordonné au patient. Ce n’est pas pour rien qu’il est justement désigné par le terme de patient ! Celui attend, en quelque sorte. que l’on vienne le guérir, qui attend que l’on s’occupe de lui. Objet du soin et non pas héros de son aventure, il n’est pas proactif face à ce qui lui arrive, ni même censé comprendre.

Changement de perspectives ? Pas seulement !

Cela nécessite encore quelques explications.

Aujourd’hui la santé est avant tout un processus nécessitant un ensemble de comportements appropriés (activités physiques et psychiques adéquates, consommations en quantité raisonnable de nourritures saines et adaptées, hygiène de vie, conditions sociales suffisamment harmonieuse, sans oublier, chaque fois que cela est nécessaire, des soins professionnels).

Le nouvel écosystème ne met plus le patient au centre d’un diagnostic, mais l’inclut comme l’une des parties prenantes d’un processus d’appréciation. Le patient est dans le cercle, et non plus au centre de celui-ci. Ce changement de statut est important car il ouvre la perspective de partenariat, donne une place prépondérante à chacun et désenclave le patient d’une relation de subordonné. Ainsi, le système va basculer d’un système orienté “soin” vers un système orienté “santé”. En donnant un rôle nouveau au patient, ce dernier devient acteur de sa santé et non plus simple consommateur de soins Il remonte en quelque sorte dans la chaîne de production de la santé. Tout le système en sera chamboulé !

Le médecin, le pharmacien, l’infirmière, le laborantin, le chercheur, l’assureur, l’hygiéniste, le nutritionniste, le physiothérapeute, etc. tous devront modifier leur posture… plus de blouse blanche… cette révolution en profondeur touchera aussi bien les rapports au sein de la société que les rapports humains… La santé sera l’affaire de tous et non plus de quelques-uns !

L’évolution vers une telle “horizontalité” de l’organisation du système de santé passera nécessairement par la redéfinition des tâches de chacun. Plus un système est “plat” plus il doit être participatif, collaboratif, en co-création en quelque sorte.

Il va donc falloir s’atteler maintenant à un changement organisationnel profond.

On voit ici comment un simple changement de définition : du discontinu vers le continu, peut entraîner un changement organisationnel du système de santé – et non plus de soin – en profondeur.

Le virage vers le continu – et donc le temps réel – n’est pas simplement un changement dans l’approche santé, mais une complète inversion de celle-ci. Jusqu’à présent, le système était totalement orienté vers l’urgence, l’action dans la crise, du “hard landing” en quelque sorte… Il fallait soigner vite, opérer vite pour guérir vite… Voilà le paradigme que l’on quitte, pour celui d’une prise en charge en continu, dans laquelle la prévention et l’anticipation vont faire baisser la pression de l’état d’urgence propre à l’ancien système. Dorénavant il faudra s’habituer à la vision d’une santé mesurée en “temps réel”.

La santé doit désormais être envisagée comme un système pris au sens large, incluant la forme physique et mentale, la nutrition et l’hygiène, le stress et les activités de repos, et y compris toutes les formes d’attention à soi et ceci dans un fonctionnement organisé en permanence.

Fini le temps “haché” vive le temps continu

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* Cette définition se trouve dans le Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé, tel qu’adopté par la Conférence internationale sur la Santé, New York, 19-22 juin 1946 ; signé le 22 juillet 1946 par les représentants de 61 Etats. (Actes officiels de l’Organisation mondiale de la Santé, n°. 2, p. 100, 1946). En1986, la charte d’Ottawa va compléter cette approche de la santé en la définissant comme une « ressource indispensable de la vie quotidienne » qui permet : d’une part de satisfaire ces besoins et de réaliser ses ambitions et d’autre part, de comprendre le monde qui change, d’évoluer et de s’adapter à celui-ci. 

Santé 4.0 – enfin le changement?

Voilà Six “bonnes” raisons pour l’arrivée d’un changement brutal dans le domaine de la santé (extraits du Livre Santé 4.0, édition Georg, qui paraît aujourd’hui) 

(1) La Santé coûte cher, trop cher: la faute à l’emploi ?

Pour comprendre l’évolution du système de santé suisse, rien ne vaut un détour par les Etats-Unis où le système est le plus cher et le moins productif au monde. Une mise en perspective de deux systèmes proches mais ayant quand même des caractéristiques propres, permet de voir ce qui va mal, très mal chez eux mais chez nous aussi. Donc, si les suisses consacrent beaucoup d’argent à leur système de santé, environ 11,5% du PIB c’est encore très peu par rapport à ce que les américains subissent (17,1%). C’est inquiétant surtout pour l’avenir de notre système qui a tendance en général à suivre l’Amérique, avec un léger délai !

Pourquoi cela coûte si cher et pourquoi cela ne cesse-t-il d’augmenter?

Pour ce faire, il faudrait se demander d’abord si l’un des acteurs du système (hôpitaux, médecins, pharma, assurances, etc.) abuse du système.

La distribution des coûts est la même entre les deux pays !

Mettre ensemble les chiffres des coûts de la santé n’est pas chose facile…  les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez regarder… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (CH) :

  • Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)
  • Les médecins représentent 28% (26%)
  • Les médicaments représentent 14% (18%)
  • Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)
  • Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)
  • Les frais administratifs 7% (5%)

En comparaison, les chiffres se ressemblent beaucoup et pourtant, ce sont bien deux systèmes différents dont la distinction fondamentale est à chercher dans l’intervention de l’Etat en tant que régulateur. Même ainsi la répartition des coûts – presque semblable – ne permet pas d’accuser l’un ou l’autre des partenaires du système de santé américain ou suisse d’exagérer. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient avant tout d’une embauche exagérée!

Personne n’ose l’avouer mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué depuis deux décennies au moins, la hausse des coûts. Les changements de la démographie ou de la technologie souvent évoqués, ont créé dans le secteur de la santé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là est tout le problème!

C’est vrai aux USA mais aussi en Suisse. Près de 15 millions de jobs santé aux USA et 450’000 en Suisse (soit près de 10% des emplois) ! C’est énorme surtout que le nombre de postes de travail dans la santé n’a cessé de croître depuis vingt ans et ceci même pendant la crise de 2009. C’est clair : il y a une corrélation parfaite entre création d’emplois et coûts de la santé!

Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: « la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause ». Messieurs les régulateurs, prenez donc l’initiative d’un gel de l’emploi dans la santé et vous verrez que tout ira mieux!

(2) Les « UBER » de la Santé existent déjà !

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est caduc, car essentiellement peu productif… il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche pour plus d’efficacité, de rapidité, de coaching par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), pour moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou à distance (télémédecine), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable…

Ainsi certainement tous les domaines de la Santé vont être touchés car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont présentes dans ce secteur économique précis: peu de productivité et des marges importantes.

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le « CO-OP Health Program »). Ainsi des sociétés comme « Oscar Health » ou « ZoomPlus » vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essayent de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans « OSCAR ».

2.- « PAGER »: c’est une plateforme internet et une « apps » qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir un chauffeur de taxi débarqué, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du « Healthcare Digital » se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière). Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de « PAGER ». On peut citer rapidement des entreprises comme: « Projet IO » pour des prothèses imprimées en 3D; « Medwand » qui offre une sorte de télé-médecine très simple; « CrowdMed » c’est un service pour apprendre avec les autres; « SkinVision » pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore « PillPac »k pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y ont investi massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore la « Apple Watch » pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

Aux USA: la révolution a débuté alors qu’en Suisse, on ne fait que parler … des hausses de prime. Il est grand temps de lancer des initiatives concrètes et arrêter de se palabrer.

(3) Dr Watson vous assistera personnellement, tout le temps !

Les algorithmes et donc l »intelligence artificielle au service du patient (ou des « biens portants ») pourraient révolutionner tout le système à eux seuls car ils auront les moyens de « bypasser » le médecin!

Aujourd’hui, le programme « Watson » du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le « Big Data » médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le « Massachussetts General Hospital » pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre « premier recours/secours » médical!

Comme SIRI (Apple), NOW (Google). CORTANA de Microsoft ou encore « M » de Facebook, WATSON sont capables de répondre très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le « Big Data » des réponses intelligentes.Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

Pourtant, en quelques décennies comme l’ont fait les banques (ATM, bancomat), les agences de voyage (TripAdvisor), les cartes routières (GPS), les vidéos (streaming et fin des magasins), la vente des tickets et les enregistrements (aéroport), les taxis (UBER), la location d’appartements (AirBnb), etc.

C’est donc une toute nouvelle médecine qui va évoluer devant nos yeux.

Seul véritable problème pour la Suisse: malgré une très forte présence du domaine en Suisse notamment au niveau de la recherche (50% de nos moyens y sont consacrés) … l’innovation algorithmique se passe comme d’habitude ailleurs principalement à Boston et San Francisco.

4) Walk-In Clinic : les bobos de proximité

La santé et particulièrement les soins ont toujours été une question d’urgence, à régler en quelque sorte dans l’instant. Pourquoi souffrir et attendre. Le système de santé est pourtant lent avec ses salles d’attentes et ses multiples intervenants organisés en rendez-vous successifs. Aujourd’hui, le patient est impatient. Au temps de l’Internet, il veut une réponse immédiate! Les « Walk-in Clinic » répondent à ces nouveaux besoins de la société contemporaine.

Le concept est simple. Sans rendez-vous, vous pouvez vous faire diagnostiquer, soigner ou conseiller rapidement auprès d’une infirmière ou d’un docteur. Fixer un petit bobo ou passer un examen rapidement peut vous éviter la lourdeur des urgences de l’hôpital ou la pénible liste d’attente du médecin. Disponible partout, ouvert tout le temps et rapide, tels sont les trois éléments de la recette qui apporte aujourd’hui une grande satisfaction aux usagers américains.

C’est un véritable bouleversement des habitudes et des pratiques car les « Walk-in Clinic » sont pour la plupart gérées et situées dans les pharmacies. Les trois principaux groupes possédant des chaînes de pharmacie sur sol américain sont devenus très actifs dans ce domaine des cliniques rapides. Chez CVS, on a développé le concept de « Minute Clinic », chez Rite Aid, on a acheté « RediClinic » et chez Walgreens, on parle de « Healthcare » mais grosso modo c’est la même chose. C’est du « all in one « : soin et médicament dans le même lieu. Cela répond à un fort besoin de la clientèle américaine toujours plus pressée. Le nombre de ces cliniques n’a cessé de croître. On en dénombre aujourd’hui plus de 10’000 et le nombre de celles qui sont localisées dans les pharmacies ne cesse lui aussi d’augmenter. CVS a lui seul en détient aujourd’hui environ 900. Il pense en gérer 1’500 d’ici 2017. Walgreens et Rite Aid ne sont pas en reste avec un millier de ces cliniques ouvertes récemment. Mais Walgreens ne s’arrête pas là. Il développe une présence permanente avec une « apps » testée depuis 2014 qui permet via un smartphone d’être instantanément en contact avec un pharmacien ou un docteur pour de petits « bobos » qui arrivent malheureusement quotidiennement.

A l’avenir, ce type d’offre va être central pour le système de la Santé en général car il est bon marché, facile d’usage et répond à un nombre important de situations médicales. Par ailleurs, l’effet de proximité combiné aux réseaux communautaires, en forte extension, créera les conditions propices à leur développement à très grande échelle.

En Suisse aussi les choses bougent d’abord avec l’ouverture à Bâle en 2010 de la première « Walk-in Clinic » au nom évocateur de  » MediX Toujours »; mais c’est surtout le rachat par le groupe Migros de SantéMed qui a frappé les esprits. Désormais Migros gère directement avec Medbase et SantéMed une centaine de docteurs pour une médecine ambulatoire de proximité.

Les temps changent vraiment et les acteurs économiques aussi. On est bien à la veille d’un bouleversement sans précédent!

(5) « The Patient Will See You Now »

Un livre fait fureur aux USA depuis le début 2015, il parle de la révolution médicale. « The Patient Will See You Now » (le patient va vous recevoir maintenant) a été écrit par le Docteur Eric Topol, l’un des meilleurs futuristes mondiaux du domaine. Le livre examine ce qu’il appelle « le moment Gutenberg de la médecine ». Tout comme l’imprimerie a libéré la connaissance du contrôle d’une classe d’élite religieuse, la nouvelle technologie des algorithmes médicaux est prête à démocratiser la médecine. Dans cette nouvelle ère, les patients pourront contrôler leurs propres données et s’émanciper d’un régime médical paternaliste dans lequel  » le médecin connaît toujours le mieux les choses.  »

Les téléphones mobiles, les montres connectées, les « apps » et les « sensors » dédiés seront en notre possession. Si bien que littéralement, nous porterons sur nous (dans nos poches, nos poignets ou même dans notre corps) toutes les capacités d’un laboratoire de diagnostic et d’unité de soins rapides.

Les algorithmes des ordinateurs remplaceront les médecins pour de nombreuses tâches de diagnostic par le biais d’énormes ensembles de données (Big Data) qui vont nous donner de nouveaux moyens pour aussi prendre en charge des maladies chroniques (diabète, zona, hypertension artérielle, etc.)

En dépit de tous ces avantages, la voie à suivre s’avère très compliquée car certains dans le système de santé et les établissements médicaux vont faire de la résistance. Ces changements de la médecine digitale soulèvent de sérieuses questions entourant notamment la vie privée et la capacité des gens ordinaires à se prendre en charge.

Néanmoins, les résultats escomptés pour une telle émancipation généralisée semblent être illimités. En effet, lequel d’entre nous voudrait se passer d’un système plus efficace, moins cher, plus démocratique et plus humain avec des soins de santé accessibles à tous!

Dans un livre antérieur déjà fort remarqué: « The Creative Destruction of Medicine » de 2012, Eric Topol était alors davantage concerné par l’effet économique de la transformation technologique. Mais dans son dernier livre, il prend vraiment le point de vue du patient qu’il met au centre de la révolution actuelle.

Que s’est-il passé en moins de trois ans pour qu’il affine pareillement son approche?

C’est l’arrivée d’UBER qu’il cite souvent comme une avancée notable des écosystèmes d’algorithmes (software) qui l’a marqué. Il voit dans cette plateforme, une capacité software à résoudre des problèmes quotidiens que la technologie hardware – en quelque sorte- n’arrivait pas à maîtriser et surtout le pouvoir de changer les régulations locales (principal problème de la sclérose du système). C’est au cœur de sa pensée actuelle. Il faut saisir à quel point le monde à basculer dans un autre univers comme ce fut le cas avec l’imprimerie de Gutenberg. Désormais, la médecine ne sera plus jamais la même!

C’est définitivement cette vague profonde des algorithmes venue principalement de San Francisco qu’il faut désormais comprendre et intégrer dans notre vision du futur.

La Suisse doit ainsi penser à enseigner davantage les mathématiques que les langues car la langue de demain sera l’algorithmie…

(6) Organic Food: le premier des médicaments !

La mutation alimentaire des américains a commencé. Les supermarchés consacrent désormais des allées entières aux produits organiques, les marchés fermiers de producteurs locaux se multiplient à l’approche des villes et les restaurants affichent la liste des fournisseurs et producteurs qui composent leurs menus. Les gens sont surtout devenus soupçonneux du commerce des « Big Food », un terme fourre-tout qui sert à désigner la chaîne alimentaire classique – que ce soit vrai ou faux, tout doit être organique.

Mais de manière plus authentique, il y a un vrai désir chez les consommateurs américains de transparence. Les gens veulent savoir ce qu’ils mangent et quels effets cela peut produire sur leur bien-être ou sur leur santé.

Beaucoup de start-ups se sont lancées depuis peu dans le business. La médiatisation est forte. Et la cause du -tout organique- a permis à des personnalités comme Melissa Fox, une star du domaine aux USA, de créer leurs propres entreprises. Son entreprise « M-Jo » vit de produits de substitutions pour les repas traditionnels avec des aliments uniquement à base de plantes et des ingrédients non-OGM. Les petites entreprises alimentaires purement organique sont nombreuses à l’image de « Earth’s Best » avec des produits essentiellement pour bébé ou encore d’Amy’s Kitchen, « Organic Valley »et « Green&Black’s » qui font tous partie de ce que l’on peut désormais considérer comme des classiques de l’organique. Mais l’innovation ne s’arrête pas là et des produits nouveaux émergent comme Soylent qui se veut être une boisson nutritionnelle conçue pour couvrir à elle seule, l’intégralité des besoins alimentaires quotidiens. Enfin, le capital venture est aussi présent avec « AccelFood » à New York qui a déjà investi plusieurs dizaines de millions dans 16 start-ups. Cela bouge dans les métiers de bouche!

Les « Big Food » cherchent, eux aussi à se maintenir à flot avec ce courant d’idées nouvelles. Ainsi General Mills a promis de retirer tous les colorants et arômes artificiels de ses céréales pour 2017. McDonald vend moins de sodas avec ses « Happy Meals ». Et de nombreuses grandes entreprises de la distribution ou de la production alimentaire se convertissent rapidement pour avoir aussi une offre santé. Par exemple, General Mills a dépensé 820 millions de dollars pour l’achat d’ »Annie », une compagnie leader dans la production de produits purement organiques et Campbell a dépensé 1,56 milliard de dollars pour « Bolthouse Farms », l’autre compagnie exemplaire dans la production écologique de nourriture.

En Suisse Romande, nous avons un des plus grands acteurs de la branche qui lui aussi a décidé d’investir sérieusement le domaine. Avec « Nestlé Health Science » l’approche est quasiment thérapeutique. Le centre installé sur les hauteurs de Lausanne vise plutôt les alicaments… mais quelque part c’est la même idée: « que l’aliment soit ton premier médicament », Hippocrate l’avait dit il y a 2450 ans environ!

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Xavier Comtesse auteur de Santé 4.0 aux éditions GEORG, août 2017 il est aussi l’auteur de l’étude: « La Santé de l’Innovation Suisse », nov. 2013, Avenir Suisse

 

Tous docteurs … ou presque !

Le digital est “le” changement radical de notre millénaire. 

La donnée est la brique de base de cette mutation. La nouvelle société qui émerge est “conduite” par les données … il en sera ainsi pour tous les domaines économiques… la santé n’y échappera pas !

Ainsi le patient va être à la fois la principale source de création des données, celui qui va les véhiculer mais aussi bien sûr celui qui les utilisera le plus !

Ainsi presque tout le monde, dans nos pays industrialisés, va avoir la possibilité de se mesurer seul, s’auto-diagnostiquer et se soigner en partie tout seul !

Aux USA ce courant s’appelle le: QUANTIFIED SELF

Il faut saisir l’importance historique du changement sociétal et technologique actuel notamment en termes du nombre de données créées et traitées, et, par conséquent, de la consommation de masse que cela représente, notamment pour la médecine traditionnelle:

– Internet, depuis sa mise en fonction publique en 1993, a connu une évolution foudroyante. On compte aujourd’hui 3 milliards d’utilisateurs (1), soit presque un habitant sur deux. De plus ils se sont tous mis à produire des données notamment médicale. Cela démontre à quel point cette technologie a pénétré le Monde et permet aujourd’hui de s’informer sur les meilleures pratiques médicales de la planète.

– Les smartphones (ou téléphones mobiles intelligents) ont connu une progression historique encore plus rapide, surtout depuis l’apparition de l’iPhone d’Apple en 2007. Il y aurait aujourd’hui 2 milliards d’utilisateurs (2) sur 5 milliards de téléphones mobiles (eh oui, encore seulement 40% sont intelligents!). Fait remarquable, puisque cela s’est produit en moins de 10 ans. Aujourd’hui des centaines de milliers d’applications (“Apps”) nous aident dans l’accomplissement de nos différentes tâches. Dans le domaine de la santé, c’est une véritable explosion. Tout se mesure, se diagnostique et se calcule, ou presque.

– Les montres connectées (SmartWatch) vont même mettre le médecin à portée de main, si l’on peut dire ainsi! Le smartphone était dans la main, mais la SmartWatch au poignet. Elle permet de mesurer et diagnostiquer en temps réel notre état de santé. Une consultation médicale permanente avec mon laboratoire d’analyses sur le poignet! Une révolution.

Mais sommes-nous capables d’entreprendre seuls une telle aventure de l’empowerment informationnel. Sûrement pas! Il va falloir être aidé! Et c’est à partir de nouvelles applications ou de sites internet que le changement va s’opérer. A l’image de TripAdvisor pour les voyages, vont apparaître des communautés du savoir-santé regroupées localement ou dans des réseaux sociaux plus vastes, avec, bien sûr, quelques professionnels de la santé de proximité, comme certains docteurs avertis ou pharmaciens de voisinage (si l’on regarde par exemple l’évolution des CVS Health aux USA).

 

DEVELOPMENT

Facebook, fondé en 2004, a aujourd’hui 1,49 milliards d’utilisateurs actifs mensuels (3) dont 1,31 sur smartphones. Cela situe le niveau des réseaux sociaux, en particulier sur les téléphones intelligents. Mais Facebook, c’est surtout un immense réseau conversationnel dans lequel les bonnes pratiques s’échangent instantanément, comme dans le domaine de la santé par exemple..

Apple Watch a vendu 2,5 millions de montres connectées en moins de 15 jours (4). Cet appareil personnel et intime (en permanence sur le poignet) va devenir le principal véhicule du changement du rapport à la santé et aux soins, en nous faisant entrer dans le monde de l’auto-diagnostic continu. Ses capteurs d’aujourd’hui, mais surtout de demain, seront capables de nous informer en temps réel de l’évolution des principaux paramètres de santé de notre corps. On saura anticiper une attaque cardiaque ou la limite dangereuse du taux de glycémie pour les diabétiques. Mesurer en permanence, depuis le poignet, l’intérieur de son corps, c’est possible. Cela n’est plus qu’une question de temps avant que cela ne se généralise…

Voilà comment de nouvelles technologies sont en train de bouleverser le système de “soins” au niveau mondial.

Il faut ensuite anticiper la quantité d’information phénoménale que ces nouveaux dispositifs de communications et d’informations vont produire et qu’il va bien falloir traiter. On sera sans aucun doute aidé par de nombreux d’algorithmes, qui prendront en charge des activités spécifiques, notamment de santé, pour nous assister. L’information et la connaissance véhiculées seront mises en scène par les algorithmes (“Apps”) et fourniront ainsi en masse des “savoir-faire” personnalisés et actifs en temps réel. Un véritable basculement vers des pratiques émergentes et encore largement inconnues.

Ces nouveaux systèmes d’informations collaboratifs (réseaux sociaux) et en crowdsourcing sont tout simplement massifs tant en termes de quantité que de qualité. Quantité, par le nombre d’informations et de connaissances produites, mais également par le nombre d’acteurs (en fait tous les utilisateurs potentiels de ces nouvelles technologies). Qualité, grâce aux algorithmes qui pourront calculer les procédures, les protocoles d’applications plus rapidement et plus sûrement qu’aucun médecin n’a jamais pu le faire.

Enfin, le changement majeur sera le rôle joué par le “patient”, qui deviendra très “impatient” puisqu’il aura accès à un système de santé en temps réel.

“Patient” c’était l’attitude adoptée dans les salles d’attente. Désormais les capteurs de sa montre l’alerteront en permanence sur son état et les modifications de son corps. Peut- être aura-t-il besoin d’aide pour gérer cela. Le “Patient” disposera de toutes les informations et connaissances utiles, mais reste à savoir ce qu’il en fera !

C’est là que réside le principal problème : “Car on le sait bien ce n’est ni une question de technologie, ni une question de temps… mais bien une question de comment on va s’approprier le changement!”

Sommes-nous prêts ? Certainement pas. Sommes-nous en marche vers ce nouveau système ? Peut-être bien. Nous allons certainement assister à la fin de la médecine traditionnelle!

Le principal mécanisme de relève de données

Le “Quantified Self”, c’est avant tout une pratique permettant de « se mesurer ». Ceci tant d’un point de vue de l’activité journalière (mouvement, marche, etc.), de la santé (pression sanguine, pulsations cardiaques, etc.) ou de la nourriture (matière grasse, sucre ingurgité, eau avalée, fruits, etc.). C’’est ensuite un mouvement qui regroupe localement des gens autour des principes, des outils et des méthodes permettant à chacun de mesurer ses données personnelles de santé-activité-nourriture, de les analyser et de les partager.

Les outils du “Quantified Self” peuvent être des objets connectés, des applications mobiles ou des applications web. Les méthodes sont celles du Big-Data offertes par les géants des technologies comme Google, Apple ou même Amazon. Enfin, les principes sont issus des précurseurs de San Francisco, mais ils évoluent vite selon les régions.

Pour bien comprendre les nombreux aspects de notre vie quotidienne concernés, regardons rapidement les champs de mesures possibles : récolte de données de santé et gestion du comportement (activité quotidienne), suivi de sa position dans l’espace (géolocalisation), auto-évaluation sportive, autodiagnostic santé, récolte de données de nutrition, récolte d’informations historiques ou encore génétiques personnelles, etc.

Pour en savoir plus, intéressons-nous d’abord à son démarrage.

Ainsi Wikipédia nous renseigne : le mouvement a débuté en Californie il y a quelques années :

“le mouvement a été lancé en 2007 en Californie par Gary Wolf et Kevin Kelly du magazine Wired, sous la forme de rencontres entre les utilisateurs et les fabricants des outils dédiés au suivi de ses données personnelles. Alors que les rencontres se poursuivent dans la baie de San Francisco, des antennes locales ont été créés dans plus de 100 villes dans le monde. En 2010, Gary Wolf présenta le “Quantified Self” lors d’une conférence TED. En mai 2011, la première conférence internationale du “Quantified Self” eut lieu à Mountain View en Californie”.

Ce qui montre à quel point tout cela est récent.
Il semble que quelques antennes existent en Suisse, c’est notamment le cas à Genève du

Meetup Quantified Self et les recherches du groupe Quality of Life de l’Institut de Sciences des Services (http://www.qol.unige.ch/). Pour l’heure, il est clair que les grands industriels des ICT tels qu’Apple, Google ou Samsung sont très intéressés par ce développement. Il y a du matériel à vendre mais surtout des données à récolter. Evidemment, le domaine de la santé attire du monde, tant les opportunités de se faire de l’argent sont grandes.

Cependant, on se trouve avec le “Quantified Self” à la frontière de plusieurs métiers, comme la médecine, la nutrition, l’informatique, les télécoms, le medtech, le big-data, etc… On a donc affaire à une sorte d’écosystème-santé d’un nouvel ordre, complètement différent du vieux concept de “Cluster”, qui regroupait principalement les acteurs d’un même domaine. Ici, le domaine et les alliances sont larges. A en juger par l’alliance Novartis et Google sur les lentilles, ou Novartis et Intel qui créent un “venture fond” dans le domaine de l’e-santé. On a dépassé les anciennes frontières. Les alliances se font entre géants. Les enjeux dépassent les nations. Tout est global.

L’individu est au centre de cette révolution! Il se mesure tout seul! Les outils à sa disposition sont nombreux aujourd’hui et deviendront plus importants demain. Le terrain est propice à cette évolution, car le désir a été exprimé par beaucoup un peu partout. Ainsi cette volonté de se prendre en charge devient mouvement. La rencontre de cette envie et des nouveaux moyens technologiques rend la chose possible. On va en direction d’un immense mouvement d’auto-mesure, d’autodiagnostic, d’autocontrôle et finalement d’auto-prescription.

Internet l’avait déjà démontré : donnez la possibilité aux gens de faire les choses par eux-mêmes et ils s’en emparent. Regardez Facebook, YouTube et les blogs qui ont permis aux utilisateurs de devenir des sources d’informations, des médias en quelque. Cela va être exactement la même chose avec le “Quantified Self”.

Il y aura toujours des sceptiques qui penseront que tout cela est dangereux, que toutes ces données vont servir, avant tout, aux grandes industries, que les données seront volées, etc. Il y aura certainement de nouveaux risques, mais il en a toujours été ainsi. Chaque nouvelle technologie fait face à de nouveaux dangers. Ce fut vrai avec la voiture ou Internet et cela le sera également avec le “Quantified Self”. Là n’est pas la question, car comme par le passé on trouvera des “parades” aux problèmes nouveaux.

La question à se poser est : pourquoi tout cela?

La réponse n’est pas simple. D’un côté, il y a des gens qui se sont déjà mobilisés en le faisant pour eux-mêmes et de l’autre, des entreprises qui proposent des solutions hardware et software répondant à ce besoin.

Mais que va-t-il advenir des personnes qui n’ont rien demandé. Allons-nous devoir nous y mettre? Serons-nous obligés par l’Etat, les assurances ou notre médecin à suivre ce mouvement?

Cela sera-t-il un mouvement marginal ou obligatoire?

Comme toujours avec les modes, la réponse n’est pas évidente. En effet, il faudra s’y mettre si le mouvement se généralise et non si cela reste cantonné à des groupes restreints.

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(1) 
Selon l’Union internationale des télécommunications (ITU)

(2) Selon eMarketer

(3) Selon Wikipédia

(4) Selon Slice Intelligence

En Suisse, dans les écoles de médecine: Il manque cruellement de formations de “data scientists” en santé!

La révolution actuelle du numérique se caractérise par l’importance des données et leur maîtrise par les Data Scientists et autres experts en Data Analytic ou Deep Learning. En Suisse, et notamment dans le domaine de la Santé, ils font massivement défaut contrairement aux USA.  Outre Atlantique, dans les facultés de médecine, on trouve des formations de master en “data scientist” … pas en Suisse!

Il aurait fallu écouter le Conseiller fédéral Scheider Ammann lorsqu’il a proposer d’investir 150 millions dans un programme d’impulsion numérique … même si, on le sait bien … il faudra à l’avenir beaucoup plus d’argent sur la durée … car tout le monde économique est en mutation pas seulement celui de la Santé…

Donc essayons de bien comprendre l’enjeu…. voici une courte introduction à la problématique:

Quelles soient structurées ou non, les données deviennent une grosse composante de toutes entités économiques, non seulement parce qu’elles sont créées en très grand nombre mais surtout parce que l’on dispose aujourd’hui d’outils permettant d’effectuer des analyses signifiantes en termes de qualités prédictives. En quelque sorte, les données commencent à “parler” et de plus, elles sont récoltées en grand nombre et sont “signifiantes”.

Pour bien comprendre ce phénomène, il est nécessaire de s’attarder quelques peu sur deux éléments forts qui ont fait changer notre rapport aux données: Le “Big Data” et le “Data Driven”.

1.- Le Big-Data, c’est ce déluge d’informations (de données non-structurées) dont parlait “the Economist” il y a déjà quelques années (25 février 2010). En peu de temps, nous avons collecté et stocké plus de 90% de l’ensemble des données jamais produites dans l’histoire humaine. Inimaginable. C’est ce que l’on appelle les Big-Data! Les On-line Data, les blogs, les tweets, les news, les notifications, les données de géolocalisation, de tracking d’activités, de diagnostic santé ou quantified-self, de e-commerce , etc. Cela est sans fin …on collecte tout et n’importe quoi. On produit toujours plus de données et nous sommes qu’au début du processus, car l’Internet des Objets va engendrer encore plus de données notamment celles qui seront produites entre robots, entre bots et autres algorithmes. Bref, comment tirer profit de cet amoncellement de données de base (raw data) ? Pouvons-nous apprendre quelque chose de ces données? Y a-t-il des caractéristiques intrinsèques (pattern) propres aux données qui pourraient servir la science, la gouvernance, la médecine, l’économie, etc. C’est ce que le Data Scientist, le Data Analytic ou le Data Mining essaient de découvrir.

Plus encore que le stock de données, c’est peut être dans la lecture du flot de données que des renseignements précieux vont nous parvenir! Si nous pouvions apprendre quelque chose sur l’avenir en lisant et interprétant le flot de données alors nous parviendrions à un nouveau niveau dans le calcul des prévisions.

2.- Le Data-Driven est justement cette démarche empirique et pragmatique qui se base sur les flots de données pour la gestion des systèmes d’information, des organismes étatiques, non-étatiques ou des entreprises. Ainsi la société digitale est d’abord caractérisée par les données puis par les algorithmes de traitement de celles-ci. Contrairement à la phase précédente d’automatisation et de robotisation des tâches humaines qui revenait à demander aux machines de réaliser automatiquement certaines travaux que l’homme effectuait auparavant… ici on évoque quelque chose de plus abstrait: la donnée. Quelles soient structurées ou non, les données doivent être collectées et surtout être traitées si possible en continu aussi!

Dès lors et même si ces dernières sont finalement stockées dans de grandes bases de données (Big Data), les données, tout comme les informations non structurées, vont composer une sorte de flux continu qu’il devrait être possible de comprendre instantanément à condition de disposer des outils adéquats.

Aujourd’hui, ces outils modernes d’analyses existent et permettent d’interpréter quasiment en temps réel ce flux de données ou d’informations en améliorant ainsi considérablement les processus décisionnels des entreprises ou des organismes étatiques. L’aide ainsi apportée par ces nouveaux outils concernent aussi d’autres domaines de l’activité humaine comme les processus de recherche (Google, Amazon, etc.) mais aussi de production, de marketing et de logistique pour ne citer que quelques domaines. Tout devient ainsi à flux tendu (ou continu) donnant au passage de nouvelles capacités prédictives aux structures dirigeantes qu’elles soient politiques, entrepreneuriales ou autres.

Regardons un instant ce qui est réellement en train de change.

D’abord, on voit bien que ce monde connecté va produire une quantité inimaginable de données, de renseignements et de connaissances nouvelles qu’il va bien falloir stocker, intégrer et analyser si possible – en temps réel – sinon cela ne servira pas à grand chose.

Le problème est dès lors bien posé: il suffirait d’appliquer une procédure de maîtrise des données!

Ceci passerait par la mise en place dans les entreprises et les organisations gouvernementales d’une méthodologie systématique qui aurait comme tâche de faire fonctionner correctement cette nouvelle approche.

 

Pour la plupart des entreprises suisses … il n’y a plus qu’à se lancer dans l’aventure du Big Data en engageant ou en formant des Data Scientist … car les entreprises de demain et celles de la Santé en particulier vivront de la récolte de donnée.

référence: Data Entrepreneurs publié aux éditions G d’Encre.

 

L’Internet des Objets au secours de la Santé

Selon un rapport de la firme CB Insights les ventures capitalistes américains s’intéressent de plus en plus aux start-ups de l’Internet des Objets du domaine médical.

Cela va de la prévention des maladies aux nombreux objets connectés pour le diagnostique quotidien en passant par l’observation des patients (ou futurs patients) !

La montre connectée va notamment jouer un rôle majeur dans cette course à l’équipement médical. Les horlogers suisses ont vraiment raté le virage! En effet la montre occupe le poignet qui est un lieu stratégique -depuis toujours- pour la médecin car on y mesure facilement toutes sortes de choses: le pouls, la pression sanguine bien sûr mais demain aussi différents composés  chimiques sanguins, etc.

Bref… la médecine va changer en profondeur par notamment un monitoring permanent, une médecine personnalisée et prédictive et par l’Internet des Objets qui va fournir des milliards de données propre à être analysées en temps réel.

C’est une toute autre médecine qui va ainsi émerger et on peut vraiment se demander qui vont être les acteurs dominant de demain: IBM, Google, Apple ou Novartis, Roche et Pfizer ….?

Est-ce que la Suisse aura encore une place dans le concert international ?… pas si sûr si l’on regarde comment les grands groupes horlogers ont réagit (ou plutôt pas réagit) à l’arrivée de la menace des montres connectées ou plus joliment dit les “smartwatches”…

En attendant… il faut plutôt s’attendre à l’arrivée d’un “smartcare” américain …une sorte de santé 4.0!

(à lire: Santé 4.0 aux éditions GEORG sortie début septembre et à pré-commander ici sur Amazon).

 

L’économie numérique est organisée en “sur-traitance” plus en sous-traitance … grosse différence !

On avait l’habitude d’un système de production économique organisé le long de la chaîne de la valeur… avec notamment les intermédiaires commerçants et la sous-traitance qui jouaient tout deux des rôles importants … eh bien désormais deux acteurs nouveaux vont accaparer l’essentiel de la valeur… ce sont les consom’acteurs et la sur-traitance

Dans la nouvelle chaine de la valeur de la production à la consommation, le client fait une entrée remarquée. Il devient consom’acteur !

Par son activité, par sa participation, sa mise à disposition de ses avoirs (logement, voiture, etc.) sa co-créativité, son co-financement, etc. le consommateur change de statut. Il est désormais l’agent économique le plus important.

IKEA l’avait transposé dans la chaine de la valeur en lui donnant la tâche de déménageur et de monteur. En effet, en achetant un meuble IKEA, le client devait non seulement transporter le meuble du magasin au domicile qui est la partie la plus coûteuse de tout transport (le dernier kilomètre) mais également le montage du meuble en suivant les instructions d’assemblage. IKEA empochait au passage de substantielles marges mise au profit du marketing et du design. Tout le do-it-your-self fonctionne sur ce principe de mettre le client en action dans la chaine de la valeur. Des formes différenciées du do-it existent également, pensons ici au tuning pour les voitures par exemple ou aux activités nombreuses des makers, sortent de bricoleurs de génie de l’électronique qui ont tout de même récemment été les précurseurs des “drones” et autres imprimantes 3D. Justement demain l’impression 3D ira un pas plus loin que le simple do-it, en offrant la création de certains objets carrément à domicile. On peut très bien imaginer que la vaisselle soit demain produite pour un repas spécifique genre baguette chinoise ou tasse de thé, puis simplement jetée après usage.

Airbnb, BlaBlaCar représentent une seconde vague des actions participatives possibles. Il y a cependant ici à nouveau un changement majeur puisque l’on à faire à la valorisation de biens de particuliers. La maison, le chalet, l’appartement, la voiture, des outils spécifiques peuvent être désormais loués facilement sur des plateformes internet de particulier à particulier. C’est donc bien une nouvelle forme de capitalisme qui émerge puis que des biens jusqu’ici considérés à usage purement personnel, deviennent des avoirs qui rapportent des revenus! Le consom’acteur agit ainsi en investisseur.

De nouvelles activités rétribuées mais hors économie traditionnelle, apparaissent sur les plateformes Internet, c’est celle du travail complémentaire voir partagé. Faire la cuisine et recevoir à domicile contre paiement des personnes qui ont réservé leur place via Internet, jouer au concierge d’achat pour des clients pressés, faire du maquillage à domicile, donner des cours de conduite entre pairs, faire du co-voiturage payé, etc. de nouveaux “petits” métiers se révèlent par milliers ainsi à côté de ceux plus traditionnels de garde d’enfants, de leçons privées à domicile, de ménage, etc.

La sur-traitance.

Plus important encore, il y a de nouveaux acteurs majeurs qui arrivent avec force dans le champ économique : les sur-traitants. Par opposition à la sous-traitance, les sur-traitants coiffent la chaine de la valeur en s’attribuant le maximum de marges. Ce sont les exemples de Google dans la publicité, d’Apple Store pour les Apps, de Uber pour les taxis, de Facebook dans les réseaux sociaux, de Watson dans la santé qui montrent le chemin. La sur-traitance c’est le positionnement d’une entreprise au cœur même de l’écosystème qu’ils créent généralement eux-mêmes. Tous les autres acteurs de l’écosystème vont dépendre d’eux. Ils dictent le jeu et récoltent les marges. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition des plateformes digitales. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l’économie : la téléphonie, les médias, la marketing, le commerce mais aussi la santé (digital health), la maison (domotique), l’usine (industrie 4.0), etc.

La sur-traitance est la grande nouveauté économique de cette dernière décennie. C’est surtout Apple et son Apple Store (2007) qui ont donné de la visibilité à ce phénomène. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’entreprises travaillent pour créer des apps vendues sur les plateforme d’Apple ou de Google voir Samsung. Ces trois compagnies sont des “sur-traitants” de la téléphonie et des applications liées à ces dernières.

La sur-traitance crée de fait une forte dépendance pour les autres acteurs, à l’exception peut-être du consom’acteur (car il lui reste en général le choix de changer de plateforme), sont devenus largement dépendants du sur-traitant. Tout le monde est en quelque sorte devenu sous-traitant de l’écosystème à l’exception de rares entreprises qui vont dominer les autres. Cette situation est totalement nouvelle. Il n’y a pas d’équivalent dans l’histoire économique.

Si bien que certains acteurs n’y ont vu que du feu. Par exemple, Tag Heuer a offert un terminal à Google, propriétaire de la plateforme Android. A la fin c’est Google qui décide des marges de chacun, pas Tag Heuer. C’est cette dépendance nouvelle sur les marges qu’il faut saisir car avant dans l’ancien mode économique, il y avait au mieux une dépendance sur les volumes que les réseaux de distribution (y compris Amazon) ou les grands producteurs (par exemple l’automobile) pouvaient dans certain cas imposer aux entreprises de la sous-traitance productrice. Dorénavant, tout le monde va être captif de la sur-traitance.

La sur-traitance est une réalité nouvelle et la guerre économique pour obtenir se statut dominant ne fait que commencer. Les “Fintechs” vont affronter la banque traditionnelle (ils ne veulent plus être des sous-traitants mais jouer le rôle de sur-traitant). Dans l’industrie c’est la lutte pour le 4.0. Question médias, Google a déjà pris le large. Reste encore une interrogation sur la santé : Watson d’IBM semble bien placé… mais que vont faire les Roche, Novartis, Pfizer et Co. ?

La sur-traitance est donc vraiment l’enjeu clé de la décennie à venir… pour tous!

Comme on vient de le voir ces deux entités/acteurs (le consom’acteur et le sur-traitant) sont désormais ceux qui vont faire l’économie de demain. Le développement des machines-learning va ainsi amplifier le pouvoir du consommateur en le rendant acteur de sa propre vie. L’exemple des “bots intelligents” qui demain par centaines de milliers seront le bras armé de cette nouvelle réalité. La sur-traitance va améliorer sa position grâce à des plateformes de plus en plus puissantes, précises, analytiques et évolutives rendant tous les producteurs (industrie et service) dépendants de ces derniers.

Revenons un instant sur un élément clé de ce changement économique concernant le système financier et la valorisation des avoirs jusqu’à aujourd’hui détenus/répartis par le système financier (banque, poste, assurance) quasi incontournables pour le négoce, commerce, la capitalisation, les prêts à la consommation, etc. Dorénavant, les plateformes digitales (sur-traitance) vont occuper tous les champs possibles du système financier en rapprochant les consommateurs des producteurs. Ainsi le crowdfunding de Pebble sur la plateforme Kickstarter.com évitera de faire appel au venture capital ou aux banques. De nouvelles plateformes de prêts entre particuliers ou bien entre PME apparaissent tous les jours. Les Fintech ont la prétention d’être des sur-traitants. S’ils réussissent, les banques disparaitront. Airbnb, BlaBlaCar et d’autres ont montré un autre aspect de cette logique en permettant aux consommateurs de valoriser des actifs comme leur appartement, leur véhicule et même leur force de travail ou temps libre. Cet aspect de la valorisation capitalistique des avoirs individuels est une vraie révolution en soi.

L’accumulation de tous ces bouleversements nous entrainent irrémédiablement dans l’ère digitale notament du Digital Health.

Quant à l’avenir du système de santé c’est tout aussi violent… demain le second avis médical sera Dc. WATSON de IBM (un des prochains grands SUR-TRAITANT)… et qui sait ce second avis sera peut-être le choix systématique du consom’acteur !

Le temps pour une médecine “disruptive”

L’innovation dans le domaine de la Santé (Life Science comme le disait Patrick Aebischer) est, en Suisse, d’abord une affaire très “conventionnelle”, conduite par des médecins, des chercheurs en médecine, des ingénieurs, des scientifiques des domaines de la pharmacie, de la chimie, de la biologie….et jamais par des révolutionnaires (il faut principalement regarder vers les USA, l’Angleterre ou Israel  pour en voir de cette espèce là).

Aujourd’hui, ce système commence à être challengé … car non seulement les coûts de la santé deviennent prohibitifs … mais aussi parce que la révolution numérique propose une alternative à travers une véritable innovation “disruptive”. Le modèle santé actuel va sans doute s’effondrer sous nos yeux. On commence à le percevoir avec l’émergence du Digital Health.

L’innovation “conventionnelle” dans la santé semble donc avoir atteint ses limites! Il faudrait maintenant s’intéresser davantage à l’innovation “disruptive” seule à même d’améliorer les fondements du système. Aujourd’hui, c’est bien plus l’innovation dans le système de la santé qui est en berne que l’innovation de santé. C’est donc à une “ubérisation” de la santé à laquelle il faut s’attendre!

Le constat est clair: les systèmes de santé sont partout en crise, confrontés à leurs lourdeurs, à des problèmes de financement, de déficit, d’explosion des coûts…

L’innovation “disruptive”, celle qui amène des transformations du système en lui-même, devrait maintenant prendre le relais avant que tout s’effondre en un système à plusieurs vitesses…avec plusieurs classes de traitement!

Vers une médecine prédictive de rupture

Il suffit d’observer les développements récents du domaine de la santé pour s’en convaincre: la médecine curative est en train de faire place à une médecine prédictive. Et à mesure qu’elle se déplace, elle devient de moins en moins collective et publique, et de plus en plus individualisée et privée. Les grands acteurs traditionnels se voient aussi être confrontés avec de nouveaux arrivants souvent beaucoup “plus gros” qu’eux-mêmes: les géants d’Internet. Un choc des titans s’annonce.

Les patients/malades et la société bien portante vont être au cœur de cette révolution car les données qu’ils produisent et véhiculent, seront le fondement même de la révolution en marche. La maîtrise des Big Data et des outils d’analyse de ceux-ci sont les prochains enjeux de l’innovation “disruptive” … les acteurs traditionnels ne sont pas les mieux placés pour en sortir vainqueurs.

Nous sommes à la veille d’un changement de pouvoir et tout le système santé sera revu de fond en comble. Fini le rôle du médecin en tant que pivot incontournable du système… on va voir les “protocoles” donc les algorithmes prendre le dessus… attention par n’importe quel protocole: ceux basé sur les Big Data et les programmes informatiques d’auto-apprentissage de l’intelligence artificielle et pas ceux anciens de la statistiques de grand papa…

(à suivre : car ce blog n’est qu’un petit “teaser” pour la sortie toute prochaine de mon livre “santé 4.0” aux éditions GEORG, Genève)

 

La révolution numérique a besoin de révolutionnaires … commençons par les fabriquer!

Tout le monde en convient, nous sommes entrés dans l’ère de la révolution numérique. Mais qui dit révolution doit penser aux révolutionnaires, donc à ces gens qui transgressent lois et coutumes… alors qu’aujourd’hui tout tend vers la normalité de l’innovation incrémentale, notamment dans le domaine de la Santé.

Ainsi, l’innovation dans ce domaine est surtout une innovation “officielle” provenant des grands équipementiers du medtech, des grands acteurs de la pharma ou de la recherche et de la médecine universitaire. Cette dernière est plus souvent “épaulée” mais guère “challengée” par d’innombrables petites start-ups pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant… tout ce monde est bien conforme et produit une innovation bien sage qui ne va certainement pas déboucher sur un produit de type “révolutionnaire”. La FDA et les procédures de validation veillent au grain et surtout détruisent la mauvaise graine. Ainsi, lorsque l’on parle de santé entre gens bien “pensants”, on parle d’un système de santé très organisé et institutionnalisé dans lequel l’innovation se porte très bien.

Mais ce système a ses limites: il est cher et de plus en plus cher.

Donc l’innovation dans le système ne semble pas être là où elle devrait être, à savoir s’intéresser à optimiser la performance tout en améliorant la santé des patients.  Aujourd’hui, on a plus l’impression que l’innovation favorise la préservation du système en protégeant les positions acquises plus qu’en le révolutionnant en profondeur. Or, aujourd’hui, c’est bien cette innovation de productivité qui est en berne.

Le digital ouvre à cet égard un tout nouveau chemin de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes et des “learning machines”. Bref, il y a une poussée extraordinaire en dehors du système, de ses régulations et de ses lois.

Dans l’univers de la santé, le “disruptif” viendra donc bien des données et des “protocoles algorithmiques” plus que des molécules “chimiques” ou “organiques”. Demain, c’est l’information qui va dicter sa loi.

Plus encore les protocoles seront des algorithmes auto-apprenantes et dicteront leurs lois. La médecine est affaire de protocoles et ceux-ci font finir pas avoir raison de presque tout. Comme le disait Lawrence Lessig déjà en 2000 dans le Havard Magazin: “Code is Law”. Il parlait de la force du “code” informatique. Autrement dit si on le transpose au domaine de la Santé, on peut imaginer que demain les protocoles seront issus du code informatique à savoir des algorithmes et des assistants personnels comme “Watson” et plus seulement résultant d’une autorisation de la FDA.

Il faut le rappeler: une révolution est conduite par des révolutionnaire et surtout pas par des législateurs. Donc, s’il y a bien une révolution, il ne faut pas regarder du côté de l’establishment pour comprendre mais dans les zones obscures des innovateurs “hors la loi”.

Ethereum, NetFlix, AirBnB, Oscar, les FinTech, etc. vont plus nous apprendre sur notre avenir économique et sociétal que n’importe quel projet du système actuel. En ce sens Didi est une réponse intelligente à Uber. Beaucoup plus que ce qui est proposé à Genève … par Monsieur Maudet!

La rupture doit être cherchée dans les failles du système et pas dans le système lui-même.

Ceci dit, il faudrait aussi donner quelques pistes pour sauver la métropole lémanique d’un avenir qui montre quelques signaux de faiblesses inquiétantes.

Voici donc pour une réflexion et une discussion plus large, voici quatre idées à parcourir (je sais bien que les EPF ont déjà commencés j’encourage ici tout le monde académique de suivre notamment les facultés de médecines) :

1.- créons des filières en formation lourde de “Data Scientists”, spécialistes en “IoT”, en “Machine Learning”, etc. dans les Unis mais aussi dans les HES et les fac de médecines (cf John Hopkins).

2.- créons des “tiers lieux” de l’innovation disruptive autorisant et surtout encourageant le débordement des modèles de pensée (think out the box et surtout out of the law)….

3.- encourager le “crowdfunding”, les “FFF”, les “angels”, le “local corporate funding”,  la crypto-monnaie pour le financement de projets de ruptures … et décourager le “capital venture” qui favorise des “exits” agressives détruisant ainsi la valeur notamment fabriquée localement et l’emploi du même coup!

4.- bypasser les systèmes de transferts de technologie, les parcs scientifiques et toutes autres formes qui pourraient être nuisibles aux processus de créativité disruptive.

 

Il y a sans aucun doute d’autres propositions à faire… mais ce qui compte pour l’instant, c’est vraiment d’abord de comprendre l’extraordinaire amplitude de la transformation en cours et ensuite de se donner les moyens d’y participer… cela donnerait de l’espoir aux jeunes au moins…

 

Une Médecine pilotée par les Patients … à l’aide d’Objets Connectés !

La médecine s’occupe en priorité des maladies et des blessés. La médecine a une sorte de monopole en la matière.

Mais attention… les patients eux veulent être en bonne santé… ce n’est pas exactement la même chose!

L’Internet aujourd’hui puis demain l’IoT (Internet des Objets) et après demain les algorithmes analytiques, prédictives et auto-apprenantes des “Machines Learning” vont changer la donne.

Apple l’a bien compris en déposant, le Vendredi 12 mars dernier, un brevet qui pourrait permettre à une montre connectée de détecter les cas médicaux urgents. Ils vont donner le pouvoir aux patients.

En plus du tracking et des mesures de santé plutôt classiques…voilà qu’Apple s’intéresse maintenant aux urgences médicales…

Cela va tout changer.

L’Internet des Objets (IoT) offre de nombreuses nouvelles possibilités

L’analyse de ces données pourrait donner l’alerte dans les situations exigeant l’intervention de médecins, pompiers ou forces de l’ordre: par exemple, un brusque mouvement, détecté par un accéléromètre, combiné à une perte de mesure du pouls pourrait être interprété comme un arrêt cardiaque.

Selon les capteurs utilisés, on pourrait ainsi détecter des accidents de voiture, des incendies ou encore des avalanches.

Les «appareils» mentionnés dans le brevet font sans aucun doute référence à l’Apple Watch: la montre «incorpore non seulement des capteurs et des logiciels avancés qui devraient être capables de contrôler ces données, mais possèderaient en plus les fonctionnalités de communication permettant de transmettre ces notifications».

Un risque d’erreur à contrôler

L’entreprise californienne est consciente du risque de fausse alerte et le brevet décrit des moyens de les prévenir en demandant par exemple, un signe de vie de l’utilisateur.

Rien ne permet à ce stade de conclure que la marque parviendra à commercialiser une telle application sans devoir faire valider tous les procédés auprès de la FDA (Food and Drug Administration): le régulateur tout puissant de la santé.

Mais si Apple y parvient … alors la montre connectée deviendra non plus une option d’achat mais une obligation… et on entrera dans un autre monde… Ce n’est qu’une question de temps … avant que le monde bascule en faveur du pouvoir des objets connectés…

Le pouvoir de la médecine connectée: c’est bon pour les patients … impatients!

La profession médicale le dit : l’analyse en continu n’est pas utile dans la très grande majorité des cas. Or il se produit avec la santé ce qu’il se produit avec les individus dans leurs relations à la vie: les outils de la médecine ne sont pas ceux du citoyen, comme le smartphone ou la smart watch qu’ils utilisent est un dispositif d’abord pour eux, pour leur santé avant tout!

Apple Watch, Google Android Wear, Fitbit ou Nokia (Withings) ne vont pas que transformer la médecine: connaître son poids en permanence ou le nombre de pas effectués par jour, ne va pas aider à développer une meilleure médecine mais une meilleure connaissance de sa santé. Ils vont donner le pouvoir aux gens ordinaires.

Comme cela s’opère dans la plupart des industries, l’avenir de la médecine repose déjà sur les données et en particulier, les Big Data que plus personne ne peut analyser sans les algorithmes de nouvelles générations. Tous nos parcours de soins sont tracés, enregistrés, conservés. Quand on arrive à l’hôpital, on nous remet des étiquettes de code-barres pour signifie que l’on intègre un système. Le système de soin est aussi une usine qui se robotise, s’optimise, s’analyse, dans une tension permanente entre la médecine et sa gestion.

Le numérique est le lieu où s’exprime cette tension entre le système de santé et les soins, entre la gestion de votre parcours de santé et les soins dont vous avez bénéficiés. L’informatique est le réceptacle de cette ambivalence entre le médical et l’économique, entre le scientifique et le social.

La révolution du système de santé ne passera donc certainement pas par un utilisateur/patient plus autonome et chargé de se surveiller lui-même afin que collectivement les coûts de santé soient mieux maîtrisés … non cela sera simplement une conséquence de ce processus mais pas une cause.

Les nouveaux outils bourrés de capteurs nous informeront d’abord de notre propre état de santé mais surtout ces instruments seront au service de l’ensemble des professionnels de santé … si le patient le désire … car pour la première fois de toute l’histoire de la santé… c’est lui qui détiendra de manière exclusive ses propres données…

Même si la plupart des capteurs inspirent encore un peu de méfiance aux spécialistes qui utilisent des appareillages toujours plus puissants et précis ainsi que des protocoles spécifiques reposant sur la qualité du matériel, la rigueur des expériences scientifiques, les statistiques créées à partir d’échantillonnages, etc, malgré tout cela ces derniers finiront aussi par y venir car c’est le client/patient qui prendra l’initiative de se mesurer… pas le médecin!

Il faut bien le reconnaitre, ces protocoles actuels sont bien loin de l’empowerment et de l’émancipation des patients auquel rêve aujourd’hui Apple.

Mais même si ces modèles sont encore bien faibles à mesurer le bien-être santé … ils vont finir par s’en approcher grâce au grand nombre des Big Data…et la connexion aux Objets de l’IoT.

 

Le captivant marché des montres connectées … pas un choix, une nécessité médicale !

Pour les professionnels de l’industrie horlogère, il y a aujourd’hui trois sortes de montres connectées:

  1. les bracelets genre tracking d’activités de Fitbit
  2. les montres hybrides type Montblanc ou Frédérique Constant, etc.
  3. ou alors les vrais montres connectées d’Apple Watch, de Samsung ou de Tag Heuer

Mais demain pour le grand public, il n’y aura plus de distinction du tout.

Tout sera simplement connecté et même les montres traditionnelles le seront dans leur grande majorité d’une manière ou d’une autre … quelles soient mécaniques ou à quartz, elles seront connectées.

Car tout le monde y ajoutera une puce de connexion et au moins un capteur.

C’est le courant de l’histoire qui dicte sa règle …

La raison d’une telle affirmation est la force innovante des capteurs.

Prenons un exemple: connaître en temps réel son pouls n’a d’intérêt que si celui-ci indique un changement d’état dangereux (genre crise cardiaque en préparation ou endormissement au volant de sa voiture, etc.) … et c’est exactement ce que va faire le software intelligent de la montre connectée de demain … ainsi votre montre pourra vous sauver la vie … alors tout le monde portera une telle montre!

Ou encore un autre exemple: l’analyse par capteurs interposés des composantes chimiques de votre sueur, de votre sang pourront conduire à une interprétation fine de l’état de votre santé et vous coacher par exemple, dans vos choix alimentaires ou dans vos exercices physiques voir même vous indiquer comment vous protéger de certaines particules allergiques…

Bref en ne regardant que l’aspect médical des potentiels de la montre connectée, on comprend l’immense avenir de celle-ci mais aussi son côté définitif (en sorte: y aura pas le choix).

C’est pourquoi, demain il y aura quasiment que des montres connectées!

La médecine face à la révolution numérique … bonjour les bobos!

La révolution numérique par les multiples dimensions nouvelles qu’elle déploie sur le secteur de la santé en général et des soins de santé en particulier, est porteuse de grandes améliorations pour tous. C’est la thèse centrale défendue tout au long des blogs diffusés depuis plus d’un an sur le site de l’Hebdo et maintenant sur celui du journal Le Temps.

Aujourd’hui, en effet, la révolution numérique nous donne une opportunité sans précédent de revisiter les métiers et les pratiques, une occasion unique de recomposer un système de santé, et en particulier de soins de santé, dans le sens d’une plus grande qualité et d’une meilleure accessibilité économique. Aujourd’hui, les transformations qui se profilent promettent un rendez-vous nouveau entre productivité économique du secteur et améliorations des services apportés aux bénéficiaires du système de santé.

Le but que nous poursuivons par cette démarche d’écriture de blogs est d’inviter à une large discussion publique, les thèses développées ici ont pour vocation de susciter un tel débat.

La convergence historique des nouvelles techniques de captage d’informations, de capacité d’analyses en temps réel, de traitement assisté, voire des processus d’actes médicaux automatisés, permet a présent d’envisager ce double gain en qualité et en prix.

On sait, depuis plusieurs décennies déjà, qu’un des facteurs clés qui contribue de façon majeure à l’augmentation linéaire et constante des coûts de santé tient au recrutement toujours plus important de personnel.

Quel que soit le pays considéré, le système de soins n’a jamais vraiment été en mesure d’introduire de la productivité en son sein. La loi de Baumol[1] qui marquait l’incapacité du spectacle vivant à bénéficier d’économie d’échelle s’étend globalement à l’économie des services (notamment santé et éducation).

Certes, la question de la mesure de la productivité en matière de santé est souvent problématique et comme le note Vincent Champain : « Si le système de santé réduit de 50 % la mortalité d’un cancer pour 5 % de coûts en plus, les statistiques n’enregistrent que la hausse des coûts. »[2] Pour autant et in fine, la charge des personnels reste la grande question.

Ainsi, on compte, par exemple aux Etats-Unis, pour chaque médecin, environ 16 professionnels qui vont accomplir des tâches liées à son action. Même si le système américain est de loin le plus onéreux et le moins productif au monde, il reste aujourd’hui le système de référence. Très souvent même, il est précurseur et montre le chemin que les autres systèmes nationaux seront amené à suivre. Si chaque pays a développé son propre système de soins, il n’en reste pas moins que la tendance suit toujours l’influence américaine.

La Mayo Clinic, la Cleveland Clinic et le Massachusetts General Hospital, entre autres, sont de véritables marqueurs pour le domaine. Ce sont ces institutions qui dictent le tempo du progrès. Les professionnels de santé scrutent en permanence leurs percées et leurs résultats. Et l’on peut dire que l’ensemble du système mondial converge vers la tendance de fond qui se définit outre atlantique, que ce soit en terme de pratique médicale ou d’organisation des parties prenantes du système. On peut donc s’attendre qu’il en sera encore ainsi avec la révolution numérique, d’autant plus qu’elle est dominée, là encore, par les Etats-Unis et en particulier par la Silicon Valley.

En conséquence, l’observation du système américain donne de bonnes indications sur l’évolution de nos propres systèmes.

C’est pourquoi les faits et les chiffres du système américain serviront de référence à l’argumentation développée. Nous maintiendrons évidemment tout au long de ce travail notre liberté d’interprétation. Cependant, nous allons relater en grande partie ces découvertes et discussions propres au système américain car la révolution numérique a pris beaucoup d’essor aux Etats-Unis où l’on trouve de nombreux foyers insurrectionnels notamment dans l’environnement High Tech de la Silicon Valley, de New-York, ou encore de Boston.

Elias Zerhouni, ancien directeur du NIH américain (National Institute of Health) et Directeur de la Recherche et Développement de Sanofi a développé de façon très aboutie et convaincante les quatre axes majeurs de déploiement de la médecine en proie à la révolution numérique[3] : prédiction, personnalisation, préemption, participation.

En effet, la médecine personnalisée (ADN et Digital), la médecine prédictive (Big Data, Algorithmes et Intelligence Artificielle), les médecines de préemption et de prévention, la médecine participative (dans laquelle il faut réinsérer le phénomène des réseaux sociaux) apporteront une telle quantité d’innovations au système de soins actuel que cette convergence débouchera inévitablement sur un saut qualitatif et quantitatif important, qui permettra pour la première fois d’envisager une inversion de la courbe des coûts et même une diminution réel des budgets santé.

Lorsque l’on parle de Révolution alors il faut d’abord s’intéresser aux Révolutionnaires, c’est-à-dire à des gens qui ont décidé de transgresser lois et coutumes… et qui portent des visions alternatives qui vont transformer en profondeur les états de fait et les allant-de-soi.

Aujourd’hui tout particulièrement dans le domaine de l’innovation-santé, si l’on continue de faire l’éloge des acteurs majeurs de l’ancien monde institutionnalisé, à savoir les centres hospitaliers, les universités ou les grandes entreprises de la pharma, c’est vers monde nouveau qui émerge qu’il faut se tourner. Dans la population, dont les usages sociaux changent radicalement avec le quantified self, les réseaux sociaux de soins, l’émergence du consom’acteur, etc.), et bien sûr, dans les entreprises nouvelles : les géants de la Net-économie.

Actuellement, en Europe les tenants de la médecine classique sont encore peu challengés par les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) ou les innombrables petites start-ups souvent pilotées par des médecins et des chercheurs issus des sciences du vivant, car la maîtrise des Big Data semble encore être réservée à IBM (Watson), Google (moteur de recherche), Amazon (Echo) et Apple (montre connectée) et quelques rares autres groupes asiatiques comme Samsung ou Huawei.

Ce double mouvement issu de l’empowerment des individus et de l’offensive des entreprises du Net, jusqu’à récemment peu impliquées dans le domaine de la santé, va profondément affecter le système de santé. Tel un double tsunami, ces deux vagues vont déferler sur le monde de la santé en renversant à peu près tout sur leur passage. En effet, le système actuel avec son organisation et les marges bénéficiaires qu’il offre aux tenants des institutions en place, laisse dans le même temps une grande place aux nouveaux entrants dont les avancées sont orthogonales aux modes opératoires des organisations en place entraînant un appel d’air important. Certes, des organisations, telles que la Food and Drug Administration, ne manqueront pas d’exercer de fortes régulations qui ralentiront les deux vagues… mais sans jamais les arrêter.

Ainsi, l’organisation officielle de la santé se trouvera contournée, dépassée et apparaîtra rapidement comme désuète face aux pratiques de ces nouveaux acteurs. Les Etats qui s’impliquent rarement dans la mutation en cours, notamment de type numérique, vont devoir rapidement affronter ces problèmes de dépassement de régulation comme ils doivent le faire aujourd’hui avec Uber ou AirBnB.

Mais s’agissant de santé publique cette fois-ci, le facteur d’urgence qui s’attache au fait que des vies pourraient être mises en jeu appelle à des régulations de tout autre nature. Les pouvoirs publics devront au plus vite fixer les futures règles du jeu sans vraiment en connaître pleinement les enjeux. De sorte qu’un travail prospectif et pédagogique s’impose, particulièrement auprès des politiques et des responsables du système de santé.

Trop souvent le discours des politiciens et des décideurs sur la question de la santé se limite aux risques de dérapage incontrôlé des coûts dans le système de soins de santé institutionnalisé. Certes, on peut s’accorder sur l’idée que la recherche de gain en productivité est au point mort et que les améliorations apportées, souvent de pur type incrémental, le sont à un coût trop élevé pour les bénéfices qui en sont tirés. Mais on oublie trop volontiers de regarder ce qui se trame en coulisse, tout simplement parce que les changements disruptifsont lieu hors des murs bien délimités du champ officiel du domaine de la santé : hôpitaux et centres universitaires en tête.

Aussi, tel qu’il est, le système de santé a atteint ses limites.

Les améliorations ne semblent pas se faire là où on les attend, à savoir : centrées sur les patient et sur l’amélioration de leur santé par l’optimisation, la performance et la productivité de l’ensemble du système de soin.

On a trop souvent l’impression aujourd’hui que les transformations s’effectuent pour satisfaire à l’organisation propre du système, favorisant davantage sa préservation et sa pérennisation,  notamment par la défense des positions acquises, que pour le mettre en position de se transformer, voire de se réinventer.

Et pourtant… Il faudra bien faire face aux mutations qu’entraînent dans un même mouvement les changements de comportements sociaux et la transformation numérique. Il est urgent de voir et de comprendre les formidables poussées qui proviennent de forces exogènes, situées en dehors du système et de ses régulations.

Ces forces ouvrent de tout nouveaux chemins de rupture avec de nouveaux acteurs venus de l’informatique, des Big Data, de l’intelligence artificielle, des algorithmes, du Deep Learning, etc.

Dans l’univers de la santé, le disruptif viendra donc bien des données et des protocoles algorithmiques peut-être bien davantage que des molécules ou des cellules du vivant.

De sorte que demain, c’est l’information donc le code qui dictera sa loi comme l’avait écrit Lawrence Lessig en 2000 dans un article devenu célèbre de la revue Harvard Magazine : Code is Law[4]. Transposé au champ de la santé, la maxime « Code is law » nous indique que la régulation de la Santé demain sera issue du code informatique, des algorithmes et des assistants personnels comme Watson davantage que de la Food and Drug Administration ou de tout autre organisme de régulation.

Il faut le rappeler, une Révolution est conduite par des Révolutionnaire et non pas par des législateurs. Par suite, s’il y a bien une révolution, ce n’est pas du côté de l’establishment qu’il faut  regarder pour saisir le changement mais dans les zones obscures où agissent des innovateurs hors la loi. Les ruptures doivent se chercher dans les failles du système actuel.

L’observation et l’analyse de Uber, AirBnB, Oscar, Watson, du Digital Health, des FinTech, etc., nous en apprendront bien davantage sur ce qui va transformer notre avenir (et comment…) que n’importe quelle étude qui prétendra décrire la transition économique et sociale en cours.

Il s’agit pour l’heure de comprendre l’ensemble de ces multiples mouvements tous issus de la révolution digitale, puis de voir comment ils affecteront le système de santé et tout particulièrement le système de soins.

Certains s’en souviennent, les années 1950 et 1960 ont vu longuement débattu la Révolution Informatique. C’était le temps de l’introduction des premiers ordinateurs dans les entreprises, les universités et les centres hospitaliers. On parlait de calcul automatisé.

Les machines étaient lentes, la saisie des informations laborieuses et tout se faisait en batch, en temps différé. Les décennies qui ont suivi ont été marquées de progrès constants. Et, soudain, en à peine quelques années, le développement s’est accéléré résultant de la simultanéité de l’innovation technologique avec les micro-chips massivement parallèles (dédiées d’abord aux jeux vidéo puis à l’intelligence artificielle) et l’arrivée d’innovations dans les modèles économiques dont témoignent sans ambiguïté aujourd’hui Uber, AiBnb, Watson, Oscar, etc. Accélération de l’histoire.

Big Data, Data Mining, Cloud Computing, Deep Learning, Blockchain, etc. autant d’inventions récentes sont en train de totalement changer la donne. Les algorithmes neuronales ou auto-apprenants ont fait lors de ces deux dernières années de tels progrès conceptuels qu’on s’interroge sur la mesure de ce bond en avant. Fini l’intelligence artificielle des systèmes experts qui cherchaient à calquer naïvement le raisonnement humain. Nous voyons l’émergence de programmes informatiques réellement intelligents puisqu’ils sont capables de s’améliorer tout seuls. Certains diront : « Enfin l’informatique va cesser de plagier les activités humaines pour inventer son propre champ d’activité ».

A cet égard il faut se souvenir de la plupart des conquêtes de l’homme. Elles ont toujours un caractère de dépassements par le détournement. On se souvient que l’aviation n’a commencé ses progrès que lorsque les avions ont cessé de battre des ailes pour copier les oiseaux, et qu’elle ne prit son envol stupéfiant qu’en s’appuyant sur une loi physique différente, celle de la portance.

Dans le domaine des soins de santé, on est peut être bien à la veille d’une telle révolution. Le numérique est en passe d’inventer son propre destin et peut-être le nôtre.

Le numérique est potentiellement en train de revisiter toutes les activités humaines. Laisser piloter sa voiture par algorithmes interposés, fabriquer des objets avec des imprimantes 3D, visualiser l’invisible (réalité virtuelle), prendre des rendez-vous automatiquement (assistant personnel), payer sans contact humain (disparition des caissières), filmer des activités humaines comme par exemple, celles liés aux sports (drones et caméras GoPro), demander son chemin à Google, commander sa maison avec Echo d’Amazon, se faire conseiller par Siri (Apple), écrire des blogs avec des Bots, etc., voilà en quelque sorte, le monde nouveau en marche.

Peut-on seulement imaginer que le domaine de la santé et le système de soins puissent échapper échapper à cette déferlante ?

Croire que le domaine de la santé du fait de son mode de fortes relations humaines va pouvoir échapper à ce phénomène, c’est occulter les changements en marche : le profond renouvellement d’attitude des bénéficiaires du système de soins et les nouveaux outils et modèles qui viennent d’outre atlantique. Là-bas non seulement, la machine de l’innovation disruptive a démarré mais plus encore la discussion publique est déjà vive, ce qui signifie que le processus révolutionnaire a bel et bien commencé.

Il est même raisonnable de penser que c’est dans le domaine de la santé que la révolution numérique exprimera au mieux ses multiples dimensions : alors qu’initialement les Big Data, le Deep Learning ou les Blockchains n’ont pas été spécifiquement designés pour la santé, on constate pourtant qu’ils vont apporter des déploiements majeurs au domaine.

Les ignorer et croire que le système santé pourra échapper à cette révolution est vraiment une posture dangereuse.

 


[1] Perfoming Arts : The Economic Dilemma, William Baumol et William Bowen (Fondation Ford, 1966).

[2] La productivité de la santé est meilleure que vous ne croyez, Vincent Champain, Journal Les Echos, 4 mars 2013.

[3] Les grandes tendances de l’innovation médicale au XXIème siècle, Elias Zerhouni, Leçon inaugurale au Collège de France. 18 mai 2011. http ://books.openedition.org/cdf/434

[4] Code is law, Lawrence Lessig, Harvard Magazine, http://harvardmagazine.com/2000/01/code-is-law-html. Traduction en français : https://framablog.org/2010/05/22/code-is-law-lessig/

L’inversion du WEB! C’est quoi encore cette histoire?

Nous étions habitués à faire des recherches sur Internet (Pull) et Google était notre principal outil dans cette quête. Mais lentemant, sans prévenir, l’Internet s’inverse… les informations viennent à nous …toutes seules ou presque! Cet effet “Push” va changer complètement notre manière de vivre le digital et en particulier le système de santé.

Récit d’une révolution silencieuse.

D’abord, personne ne nous en a informé vraiment! Et pourtant le Web nous avait accoutumé aux grandes annonces. Aux changements tonitruants annoncés avec fracas. On nous avait habitué à un récit fort autour d’événements soigneusement préparés notamment par les médias. Avant, pendant et après on en entendait parler. Prenez pour vous en convaincre des exemples récents comme l’Internet des Objets, le Big Data, les Algorithmes, l’Intelligence Artificielle… vous en avez forcément entendu parlé … même si vous ne comprenez pas tout …vous êtes au courant que quelque chose se trame … n’est-ce pas?

Eh bien, avec l’inversion d’Internet …personne ne l’a évoqué …et pourtant cela existe déjà.

Alors de quoi parlons nous?

Push: signifie que vous n’avez pas besoin de faire une requête, une recherche … l’information vient à vous … tout seule … vous le voyez bien… c’est par exemple ces bannières de publicité qui vous sont personnellement dédiées … elles sont liées à votre profil … à vos dernières actions sur Internet… tout le monde ne reçoit pas les mêmes… Ainsi Google, Facebook, Amazon, Zalando et beaucoup d’autres vous ont profilé … ils savent mieux que vous ce que vous aimez, ce dont vous avez besoin ou même ce que vous allez acheter… c’est cela le “Push” …

Plus besoin de chercher ..les systèmes de reconnaissances algorithmiques savent souvent mieux que vous ce que vous avez besoin maintenant!

La montagne vient à nous

Dans le domaine médical et grâce aux Big Data, aux Data Analytics, aux nouveaux capteurs embarqués notamment sur les “smart watches”, à l’intelligence artificielle, etc. les nouvelles plateformes de sur-traitances médicales en développement chez Google (Verily: Google Life Sciences), chez IBM (Watson Health), chez Apple (Apple Health Kit), chez Philips (Philips Health Care),etc.,etc… tout le monde s’y est mis… et surtout les géants de l’économie numérique…

Ces entreprises sont justement en train de préparer cette inversion du Web car c’est la meilleure manière d’atteindre les “patients” qui pour l’instant sont captifs (Pull) du système de santé traditionnel… en allant chercher le client potentiel par les données (Push) … les géants du numérique resteront à la fois sur le terrain qu’ils maîtrisent bien et iront sur les plate bandes des acteurs traditionnels de la santé !

Les données étant leurs armes… La guerre s’annonce rude autour de notre corps et en particulier pour les horlogers suisses autour de notre poignet…

Les places seront chèrement acquises et l’industrie de la Santé..en sortira complètement chamboulée…les grands acteurs d’hier seront des petits acteurs de demain…

Pour la Suisse qui a beaucoup misé et investi dans les sciences du vivant (voir l’étude d’Avenir Suisse sur la question) nous allons assister à un combat inégal… car même si nous avons de grandes entreprises dans la Pharma, dans la Biotech, dans le Medtech et des start-ups… nous n’en avons aucune autour du Big Data, de l’IA! …car demain l’enjeu n’est pas la molécule ou le hardware… c’est le software… les données, les algorithmes et donc les protocoles médicaux pour faire court!

Il serait temps de réagir…n’est-ce pas?

Comment?

Je prépare un livre pour y répondre … sortie prévue le 1er septembre prochain… alors un peu de patience encore!

Et maintenant place à une médecine prédictive !

Le séquençage du génome, la digitalisation des dossiers patients, les capteurs du digital health, le self quantified, les données non structurées du Big Data, Watson, etc.,  sont tous des éléments incontestables d’une grande transformation de la médecine.

Depuis tout temps, les médecins ont essayé d’établir leurs diagnostics et leurs prescriptions à partir des informations fournies par le malade et les examens médicaux.

Ces informations étaient alors limitées dans la quantité et dans le temps.

Aujourd’hui et surtout demain, les informations seront plus qu’abondantes … elles seront pléthoriques… mais grâce à la “data analytic”, au “data mining”, à la “machine learning”, etc. tout va changer… on entre rapidement dans une ère dite de la “médecine prédictive”.

Tout a commencé avec l’apparition de la génomique

C’est à la fin du siècle dernier et grâce aux progrès technologiques que le nombre et les sources d’informations se sont diversifiés et que l’information à disposition du médecin a été considérablement enrichie notamment grâce aux progrès de la biologie et de l’imagerie médicale mais surtout de la génomique.

C’est ainsi que le médecin a commencé à disposer de données toujours plus nombreuses et précises pour l’aider dans son diagnostic et le guider dans sa prescription.

Tout cela, c’était encore avant les Big Data, le self quantified et les capteurs, … Aujourd’hui le praticien est noyé sous l’information … il va devoir faire appel à des moteurs d’analyse du genre Watson qu’IBM est en train de préparer!

Des données non-structurées … de plus en plus pertinentes

Ainsi la rencontre entre les sciences de la vie et la mathématique, celle des données massives et des algorithmes va changer profondément la médecine. Maintenant que l’on a à la fois la capacité de capter d’énormes quantités de données hétérogènes et complexes et d’en assurer le traitement pour en extraire une information pertinente les choses évolue rapidement.

Maintenant que l’on est capable d’associer des données issues des moyens traditionnels avec celles produites par la jungle des objets connectés qui est en train d’envahir nos vies, sans oublier ces milliards de données aujourd’hui sans intérêt d’ordre médical, comme les services de géolocalisation, de blog ou de tweets, d’achat commercial en ligne et de paiements électroniques ou tout simplement de nos déplacements consignés sur nos montres connectées, la médecine prend un virage massif vers le “pouvoir des données plus que des molécules.

En quelque sorte, on quitte le “driver” du vivant pour celui de l’information portant sur le vivant.

Toutes ces données, souvent insignifiantes mais qui une fois traitées et analysées par des formules mathématiques appropriées et de puissants outils numériques, vont devenir souvent plus pertinentes que celles recherchées par les généticiens dans le tréfonds de nos cellules.

Plus seulement le résultat d’un seul examen

Demain, la donnée de santé ne sera plus seulement le résultat d’un examen ou d’un acte médical, voir d’un décodage du génome mais bien celui d’un processus long de type algorithmique destiné à mettre à jour une information médicale permanente.

Car l’irruption du Big Data n’est ni anodine, ni fortuite dans le monde des algorithmes. Il faut désormais voir les phénomènes et les bouleversements qui accompagnent le développement du numérique comme le signe d’une autre et profonde transformation, cette fois-ci sur notre vision du monde de la santé.

Médecine prédictive et personnalisée

Il est intéressant de constater que cette révolution de l’algorithme converge aujourd’hui avec une nouvelle approche de la maladie et des moyens pour la combattre.

L’expression la plus marquante de cette nouvelle approche est sur le plan du médicament, l’arrivée de classes thérapeutiques comme les antirétroviraux ou l’immunothérapie ainsi que de nouveaux traitements comme les nano-médicaments, les anticorps monoclonaux ou les vaccins thérapeutiques qui marient la vocation à combattre la maladie avec celle d’aider le corps à s’en débarrasser.

Mais aussi, le développement de la «médecine personnalisée» permet d’ajuster le traitement du patient tout en dépassant le pur décodage du génome pour accéder aux informations non structurées. Ceci permettrait un traitement plus approprié dans la durée.

Watson veut prédire … avant de guérir !

Le Big Data, c’est enfin la possibilité non plus seulement de prévenir mais surtout de prédire. Ce qui transformerait la maladie perçue depuis la nuit des temps comme une fatalité en un événement prévisible, traçable et espérons-le guérissable-

Les promesses du Big Data sont ainsi immenses et rappellent à bien des égards, celles du début de la génomique.

IBM a annoncé tout récemment vouloir racheter Truven Health Analytics pour 2,6 de milliards de dollars, pour faire de sa division santé Watson Health un des plus grands lieux de stockage de données médicales au monde.

Les données proviennent des milliers d’hôpitaux, sociétés et administrations des états fédéraux américains. Watson Health sera alimenté par les médecins, épidémiologistes, statisticiens et experts créant des données de très haute précision et valeur.

Truven possède un portefeuille de 8000 clients, comprenant hôpitaux, médecins, entreprises privées et agences gouvernementales. Elle est la troisième entreprise de données à avoit été acheté par IBM et la quatrième acquisition depuis la naissance de Watson Health,  il y a 10 mois.

L’achat de Truven permet à IBM Watson de doubler de taille et passer à presque 5 000 employés. Quand l’achat sera finalisé, IBM aura investi plus de 4 milliards et Watson Health deviendra le leader mondial des données médicales et analytiques.

L’entreprise sera la seule à pouvoir efficacement exploiter les capacités cognitives uniques de la plateforme Watson.

 

(Références: ce blog a été largement “détourné” d’anciens blogs de Noujoude.wordpress.com et de Oxana G. sur Objetconnecte.com)

 

Aujourd’hui, AlphaGo a battu, en trois manche à zéro, le meilleur joueur au monde de Go!

Vendredi AlphaGo avait déjà battu, en démonstration, une équipe de joueurs de Go formée par Chen Yaoye, Zho Ruiyang, Mi Yuting, Shi Yue et Tang Weixing. Mais aujourd’hui, une partie beaucoup plus importantes  a pris fin , en trois manche à zéro, contre le Chinois Ke Jie, considéré comme le meilleur joueur au monde. Les algorithmes auto-apprenantes de Google (DeepMind) sont imbattables. L’année dernière elles avaient déjà eu raison du coréen Lee Sedol,

Le jeu de Go est connu pour être le jeu de stratégie le plus compliqué au monde. Ainsi donc une nouvelle étape a été franchie dans la quête d’une Intelligence Artificielle Supérieure !

Maintenant on y est: l’homme passe la main … question intelligence de jeu … en sera-t-il de même pour le reste notamment en médecine?

Bref retour sur une lutte entre humains et machines:

En mai 1997, Deep Blue (IBM) a battu Kasparov au jeu d’échec. Pour la première fois de l’histoire, le champion du monde de l’époque a du s’incliner contre l’ordinateur sur le score de 2½ à 3½. A ce moment là, Deep Blue mesurait 1,80 m et pesait 1,4 tonne. Il fallait vingt personnes pour qu’il fonctionne et son logiciel fonctionnait sur la base des “systèmes experts” qui a l’époque, était ce que l’on faisait de mieux en Intelligence Artificielle. Grâce à son incroyable force de calcul, Deep Blue a joué lors de ce match quelques coups de la classe d’un grand maître dont l’un, abondamment commenté dans les revues spécialisées, a complètement déstabilisé Kasparov.

Mais aujourd’hui ce qu’a présenté Google dans l’affrontement au jeu de Go est d’un tout autre ordre… c’est une machine en réseau qui sait apprendre!

DeepMind: une machine de Turing auto-apprenante

Un des défis que tente de relever DeepMind est de réaliser une mémoire à court terme similaire à celle du cerveau humain. Le système développé est un type de réseau de neurones qui a été adapté pour fonctionner avec une mémoire externe. Le résultat est un ordinateur qui apprend en stockant des souvenirs et en les réutilisant pour effectuer des tâches logiques qu’il ne saurait faire autrement. Comme cette forme de calcul diffère de manière importante d’un réseau neuronal classique, DeepMind lui a donné un nouveau nom : une machine de Turing neurale. La machine de Turing neurale apprend comme un réseau neuronal classique en utilisant les entrées qu’il reçoit du monde extérieur mais qui apprend aussi à stocker ces informations et à les récupérer.

Deep reinforcement learning

DeepMind combine la technique d’apprentissage automatique de “machine learning” avec une technique d’apprentissage renforcée. La technique est nommée Deep reinforcement learning. Le logiciel apprend en effectuant des actions et en observant les effets et conséquences, de la même manière que les humains ou les animaux. Mais jusqu’au tournoi de Séoul, personne n’avait réussi à construire un système capable de réaliser des actions aussi complexes que jouer au Go. Une partie du processus d’apprentissage consiste à analyser les expériences passées à plusieurs reprises pour tenter d’extraire des informations plus précises pour agir plus efficacement à l’avenir. Ce mécanisme est très proche de ceux qui ont lieu dans le cerveau humain, notamment parce qu’il s’auto-alimente en savoir/expérience en jouant/réfléchissant tout seul. Un peu comme lorsque l’on dort/sommeille…l’esprit continue à travailler.

Leçon pour l’avenir de la Santé: Deep Health

Dorénavant nous avons deux approches qui s’affrontent pour prendre la position de “sur-traitance” dans l’économie de la Santé. D’un côté, Google Health qui mise avant tout sur des machines d’auto-apprentissage et de l’autre IBM/Watson Health qui a choisi, en premier lieu, le chemin des Big Data et du Data Analytic.

Ce qui s’affronte ici, c’est le savoir en mode apprentissage contre le savoir accumulé…

Devinez qui va gagner?

 

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’assaut des assurances !

Les révolutionnaires du BLOCKCHAIN à l’instar de la pasionaria Primavera De Filippi … enflamment les salles … lors de leurs nombreuses conférences … un sujet encore peu connu du grand public c’est le rôle que pourrait jouer les blockchains pour les assurances…

Exclairage …  avec un extrait *détourné* d’un blog du site “Blockchain France” (cf. la source en bas de page).

“Si les grandes sociétés d’assurance se penchent aujourd’hui sur la blockchain, c’est parce que cette technologie permet de “bypasser” les phases de déclaration, et de construire de nouveaux systèmes d’assurance via internet et ceci sans intermédiaire. Les modèles d’assurances “peer-to-peer” existent déjà (par exemple Friendsurance ou inspeer.me), la blockchain y donne un nouvel élan grâce à des systèmes d’assurance automatisés à base de smart contracts.

Les “smart contracts” sont des programmes autonomes qui exécutent automatiquement les conditions et termes d’un contrat, sans nécessiter d’intervention humaine une fois démarrés. De nouvelles entités spécialisées opérant avec les blockchains, les “oracles”, permettent de gérer les données des smart contracts et de déterminer, par exemple, si les conditions sont bien remplies pour déclencher le paiement.

Ces mécanismes promettent des changements majeurs pour les systèmes d’assurance actuels. En automatisant l’exécution des contrats, ils permettent aux assurés comme aux assureurs de s’émanciper des phases déclaratives : formulaires, réclamation, vérification, déclenchement de l’indemnisation…

Le blockchain, en faisant office de tiers de confiance automatisé, ouvre la voie à une diminution des coûts de structure tout en fiabilisant et en accélérant les processus de décision. A terme, cela générerait surtout une plus grande satisfaction des assurés via la mise en place de nouveaux services plus intuitifs et plus rapides.

L’exemple souvent cité pour illustrer les modèles d’assurance basés sur les “smart contracts” est celui de l’assurance dite indicielle ou paramétrique, autrement dit l’assurance liée à un indice tel que par exemple la température ou le niveau de pluie.

Mais d’autres applications sont envisageables : en septembre dernier, une équipe du Hackaton Blockchain de la Fintech Week à Londres a ainsi construit en un week-end un programme d’assurance de voyage sur la plateforme Ethereum. Constatant que 60% des passagers assurés contre le retard de leur vol ne revendiquaient jamais leur argent, ils ont créé un système d’assurance automatisé basé sur la blockchain, via le service Oraclize. Avec ce service, les passagers sont automatiquement indemnisés lorsque leur vol est en retard, sans avoir besoin de remplir un quelconque formulaire, et donc sans que l’entreprise ne doive traiter les demandes.

Il aurait certes été techniquement possible de créer ces processus sans blockchain. Le véritable apport de la technologie blockchain consiste ici à générer la confiance et la sécurité nécessaires pour automatiser les phases déclaratives sans avoir recours à un tiers. Si par le passé les assureurs n’ont pas mis en place ce type de produits, la blockchain apporte aujourd’hui une solution qui pourrait permettre à de nouveaux acteurs de pénétrer ce marché.

Au-delà des autonomisations des processus décrites ci-dessus, une nouvelle tendance, celle de l’assurance peer-to-peer (P2P), a émergé ces dernières années. En France avec Inspeer.me, en Allemagne avec Friendsurance, ou au Royaume-Uni avec Heyguevara, des plateformes proposent des assurances d’utilisateur à utilisateur, sans intermédiaire.

Coupler la technologie blockchain avec ce modèle d’assurance P2P ouvre la voie à des systèmes d’assurance quasi-autonomes et auto-régulés, où polices d’assurance et réclamations des assurés seraient automatiquement gérées. Une évolution supplémentaire pour les assurances, mais pas si futuriste.

Blockchain et smart contracts permettent en effet la mise en place d’organisations décentralisées autonomes.

Des start-ups ont déjà été créées pour proposer ce genre de service. C’est par exemple le cas de Dynamisapp, qui propose des assurances chômage complémentaires basées sur des smart contracts via le blockchain Ethereum.

La grande question soulevée par ces modèles est celle de la régulation : avec des contrats sans territorialité et une forme de pouvoir décisionnel donné à des lignes de code, les enjeux juridiques sont considérables. Déterminer qui est légalement responsable du code contenu dans les fichiers est une problématique qui, à l’heure actuelle, n’a pas véritablement été tranchée par les systèmes législatifs.

En attendant la résolution de ces problématiques juridiques, le blockchain reste un outil robuste et efficace pour mettre en place des systèmes plus sûrs, plus intuitifs et plus collaboratifs, qui permettront de créer une assurance recentrée sur ses utilisateurs.

Les entreprises qui profiteront de la création de valeur distribuée sont celles qui suivront les nouveaux usages des “consommacteurs” et qui sauront se renouveler. Pensons à la chute de Kodak, qui en est un exemple frappant. Pour cette raison, les assureurs ont tout intérêt aujourd’hui à expérimenter autour de la blockchain afin de définir les applications qui correspondront aux usages des années à venir. Tout comme les banques, les sociétés d’assurance doivent tester cette nouvelle technologie au sein même de leurs organisations, sous peine d’être probablement sanctionnées par le marché dans quelques années. Nouer des partenariats avec des accélérateurs et des startups blockchain, créer des communautés de développeurs et oser le pari de l’open source, qui constitue un formidable catalyseur d’innovation, peuvent également être une opportunité pour les assureurs à condition de s’emparer rapidement du sujet.”

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Pour rappel ce papier est inspiré, copié et détourné du site Blockchain France http://blockchainfrance.net/2016/02/17/assurance-et-blockchain/

Le numérique pousse à la fin des territoires … comme on les a toujours connus !

“La déterritorialisation est un concept de Gilles Deleuze et Félix Guattari (cf. L’Anti-Œdipe1972) qui décrit tout processus de décontextualisation d’un ensemble de relations qui permet leur actualisation dans d’autres contextes. 

Directement associé à la notion de désir dans la philosophie de Deleuze, ce concept a rapidement été utilisé dans d’autres branches des sciences humaines, par exemple en anthropologie ou en géographie humaine, puis a été transformé par cette réappropriation. D’une certaine manière, on pourrait dire que le concept lui-même a été « déterritorialisé ».

Devenu également concept de géographie culturelle et économique, il désigne le fait de rompre le lien de territorialité entre une société et un territoire…” (extrait de Wikipedia)

Nous allons ici utiliser ce terme dans son dernier sens …celui d’une géographie économique numérique complètement déterritorialisée…

En effet, le numérique en s’emparant de l’usine (Industrie 4.0) a aussi créé les conditions pour la fin de la chaîne de la valeur territoriale. Auparavant, tout devait se jouer dans un espace des savoirs spécifiques que l’on appelait: Cluster. Aujourd’hui, c’est terminé. Les territoires n’ont plus de frontières. L’excellence est partout et contribue à façonner les produits et services sans attache territoriale d’où l’expression “déterritorialisation”.

Prenons un exemple celui de l’industrie horlogère suisse… actuellement, la montre est complétement numérisée dès sa conception en une image virtuelle (CAO). Cette représentation détaillée qui va l’accompagner tout le long de la chaîne de la valeur sans tenir compte des territoires d’intervention. Cela ira aussi bien de sa création (CAO) à sa fabrication (FAO) et à sa commercialisation (marketing, logistique, services après vente, analyse des comportements par le Big Data, etc.). Ainsi la montre sera d’abord numérique et ensuite réelle.

Avec cette décomposition avancée de l’intervention industrielle … la fabrication et la commercialisation ne dépendront plus des territoires mais des compétences.

Il en sera de même dans d’autres industries notamment dans la santé.

Avec la fin de l’importance des savoir-faire régionaux et territorialement liés, on assiste à la fin des politiques de développements économiques régionaux traditionnels:

” il n’y a plus ni priorité à fixer, ni cluster à développer “

Ainsi la conception/fabrication/commercialisation d’une montre se fera sur le territoire monde en impliquant des labos en Europe, aux USA ou en Asie puis des fabrications éclatées pour finir dans une logistique planétaire … le numérique a créé les conditions finales de la dé-territorialisation…

Il serait donc vain de poursuivre ce que l’on a toujours dit et fait, à savoir des politiques économiques dépendant des territoires… ce qu’il faut par contre entreprendre désormais, c’est des politiques que l’on pourait appeler du “lien numérique et ces noeuds”.

En effet, si le territoire perd de son importance stratégique … le lien, la chaîne et ses croisements en prennent davantage.

” c’est exister en tant que noeud de réseaux qui compte désormais “

Donc créer des “noeuds” dans la chaîne de la valeur peut désormais prendre de l’importance. Ainsi autant que les liens du réseaux les noeuds sont donc vitaux… la déterritorialisa-tion entraîne donc une révision des concepts devenus du jour au lendemain “vieux” comme ceux de “cluster” ou  “swiss made”… réinventons les mots de demain…

surtout en politique publique et régionale ….

Warren Buffet prévient les patrons: le problème n’est pas la réduction des impôts mais l’envolée des coûts de la santé!

C’est vrai aux USA mais c’est aussi vrai en Suisse: le problème des entrepreneurs n’est pas tellement la réduction des impôts que les coûts de la santé non maîtrisés! Warren Buffet a raison les coûts de la santé son devenus un problème de compétitivité des Nations. Lire ici sa déclaration fracassante.

Explications d’un processus à la dérive et quelques propositions pour le fixer.

Le “Pricing”, c’est-à-dire la manière dont les prix sont fixés est essentiel à la bonne marche des affaires quelque soit le secteur économique considéré. En effet, la bonne santé financière des acteurs/entreprises dépend toujours des “marges” que les systèmes “autorisent”. Et donc, si les processus de “pricing” sont tendus, peu généreux, ou mis en cause dans leur stabilité ou encore dans leur fondement, alors les entreprises peuvent risquer gros, très gros. Prenons un exemple pour illustrer ceci: la non volonté ou l’incapacité de l’OPEC de maintenir des prix du baril dans une fourchette acceptable pour tous les acteurs, a eu actuellement un effet dévastateur sur les entreprises américaines extractrices de schiste bitumineux.

Dans le domaine de la Santé, les différents processus de fixation des prix (quelque soit le pays considéré) est très complexe et souvent remis en cause juste par la discussion politique. Cela tient essentiellement à plusieurs éléments qui peuvent être diversement combinés selon les pays, à savoir la régulation étatique, l’innovation notamment des modèles d’affaires, le vieillissement de la population ou le système du tiers payant, etc.

Evidemment ces facteurs conjoncturels, structurels ou systémiques représentent intrinsèquement des risques. Comme le débat sociétal est très présent dans ce secteur, la discussion peut être vive, polémique et accusatrice (et ceci dans la plupart des pays) et donc les risques, pour les entreprises, sont à chaque fois à la hausse quand le ton monte. L’exemple américain est à cet égard symptomatique de cette problématique avec un débat aujourd’hui agressif porté particulièrement par les patrons.

Demain, le véritable facteur de renouveau viendra de la révolution numérique porteur d’acteurs nouveaux ayant une volonté de tout bousculer, notamment les processus de financement et de “pricing”. Cette menace est sans doute potentiellement la plus forte ce qui va amener des acteurs importants à devoir évoluer rapidement (ou se réinventer) sinon ils vont disparaître!

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Développement:

A) le débat sur le “pricing”

A peine acquis les droits sur la molécule pyriméthamine que Martin Shkreli, CEO de la société Turing Pharmaceuticals a pris la décision d’augmenter le prix du traitement de 5.500%, passant de 13,5 dollars à 750! C’était en septembre 2015. Cela a déclenché une vive polémique aux USA qui dure jusqu’à aujourd’hui.

Le débat politique amplifié par la campagne présidentiel de cette année, porte sur plus de régulation étatique notamment sur le prix des médicaments car aux USA, il n’y a pas d’autorité centrale pour la fixation du prix des médicaments remboursés comme dans la plupart des pays européens…. chez eux, ce sont plutôt les assurances qui s’en chargent.

Ce débat n’est pas nouveau dans ce pays. Il a pris juste une ampleur inégalée. Mais si l’on regarde le débat public de ces cinq dernières décennies, on peut noter que tour à tour les différents acteurs ont été tenus responsables des augmentations des coûts du système de santé.

D’abord les assurances ont été la cible des critiques dès les années 70 pour leur rôle dans les coûts de la santé et la mise en place des HMO. Ces derniers ont perdu beaucoup de leur attrait par un manque notoire de résultats pendant les décennies suivantes. L’administration d’Obama a donc profité de son programme ObamaCare pour relancer cet outil. Il s’agit essentiellement de chercher à contrôler les dépenses et le côté résolument inflationniste de ces dernières dans le domaine de la Santé. L’idée était de nommer un médecin responsable personnellement du patient (gate keeper) garant des actes médicaux qu’il prescrirait. La prise en charge étant du ressort d’un réseau soignant. Mais cette voie d’amélioration vers l’efficience ne garantit malheureusement pas la productivité du réseau car en médecine le rendement n’est jamais égal à la productivité puisque la mesure ultime est de sauver des vies étonnement quel qu’en soit le prix. Mais cette collaboration entre médecin empêche une série de doublons par exemple en évitant aux patients de remplir plusieurs fois les mêmes formulaires. Cela paraît être malheureusement un gain marginal alors le système tente toujours d’atteindre deux buts contradictoires: à savoir une réduction des coûts et une médecine de qualité! C’est en tout cas ce que le vœu du public…

Les médecins ont été accusés d’être trop nombreux à exercer (dans les années 80 avec comme conséquence l’établissement de numérus clausus pour les études de médecine) puis ensuite les hôpitaux ont été montrés du doigt dans la décennie suivante (la solution proposée a été celle d’augmenter les interventions de type ambulatoire). Aujourd’hui de nouveau, les entreprises de la Pharma sont prises à partie notamment par les organisations de défense des consommateurs …  bien que ces dernières ont toujours subi plus ou moins les foudres des organisations de consommateurs actuellement le relais politique semble plus fort …

Bref 50 ans de débat aux USA et une seule constance : les coûts ont continué à évoluer à la hausse (aujourd’hui on en est à 17,1% du PIB américain). Dans les autres pays développés, les coûts ont évolué dans la même direction mais à un niveau beaucoup plus bas (11,5% en Suisse par exemple). Malgré des systèmes plus régulés, les coûts de la Santé restent aussi problématiques pour tous. Les débats politiques sont vifs et suivent dans les grandes lignes la discussion américaine (avec souvent un décalage de quelques années).

Les grands acteurs du domaine et la distribution des coûts

Pour le débat, il est important de savoir le poids économiques spécifiques de chaque acteur du secteur. Les statistiques dépendent toujours de ce que vous voulez montrer… mais en gros, notre recherche donne les résultats suivants pour les USA (entre parenthèse pour la Suisse) :

•  Les hôpitaux américains représentent le 36% des dépenses totales (35% en Suisse)

•  Les médecins représentent 28% (26%)

•  Les médicaments représentent 14% (18%)

•  Les établissements médico-sociaux (EMS) et les soins à domicile représentent 6% (9%)

•  Les autres prestations ambulatoires (physiothérapie, frais de laboratoire, appareils médicaux, etc.), représentent 8% (7%)

•  Les frais administratifs 7% (5%)

Cette comparaison montre que malgré une différence de système la répartition des coûts est assez semblable. Ceci devrait nous inciter à comprendre que ce n’est pas le poids spécifique des acteurs le cœur du problème, mais autre chose. En fait, personne ne coûte cher…mais tout le monde! Il est donc difficile d’accuser une partie prenante ou l’autre d’exagérer dans le système des coûts. Il faut donc aller chercher ailleurs les raisons de la dérive du système.

La hausse des coûts vient de l’emploi!

Personne n’ose l’avouer, mais c’est principalement la hausse des postes de travail dans le secteur de la santé qui a provoqué la hausse des coûts. Les progrès technologie ont créé une réponse accompagnée par l’engagement de personnel et non pas par un accroissement de la productivité. C’est là tout le problème! Par exemple, à chaque nouvelle machine IRM, de nouveaux techniciens ont été engagés.

Tout ceci s’est avéré statistiquement pour la Suisse. En gros, en janvier 2010, il y avait 529’000 emplois dans le domaine santé -au sens large- et aujourd’hui ils sont 669’000. Cela correspond à une croissance de 140’000 emplois en seulement 6 ans (de janvier 2010 à janvier 2016 selon OFS voir référence ci-dessous), soit une croissance d’environ 3,3% l’an Et cela correspond précisément à l’accroissement des coûts globaux de Santé soit environ 10 Mia sur les 5 dernières années (attention ces chiffres sont pour la période allant jusqu’à 2014 mais la progression est aussi légèrement plus de 3,3% l’an) … pour arriver en 2014 à 71,2 Mia soit 11,1% du PIB (malgré le léger décalage entre les statistiques par an de l’emploi et ceux des coûts …cela ne change rien à la démonstration… il y a un fort lien entre emploi et coût… c’est évident.

Ce qui frappe donc, c’est que l’emploi a augmenté tout à fait proportionnellement aux coûts de la santé.

C’est à vrai dire assez normal puisque dans le domaine de la santé, les coûts salariaux représentent près de 80% des coûts dans les hôpitaux , les EMS, comme dans les officines médicales, les assurances, la recherche et dans la gouvernance administrative du système. Bref, on peut beaucoup expliquer avec ce simple postulat: “la santé coûte de plus en plus cher car l’augmentation des effectifs en est la première cause”.

B) les nouveaux arrivants: des idées nouvelles de “pricing”!

Le système de Santé que l’on connaît aujourd’hui dans la plupart des pays industrialisés est peu productif : l’emploi y est pléthorique … il va donc être complétement revisité ces prochaines années en vue d’une réduction des coûts par une recherche de plus d’efficacité, de rapidité, d’aide et de coaching personnalisée notamment par assistance personnalisée, (Watson, Siri, etc.), par de nouvelles applications de surveillance (Self  Quantified) notamment pour les activités sportives, la nutrition et l’hygiène de vie… mais aussi de nouveau service pour s’attaquer au moins d’administratif et en faveur d’un fonctionnement en temps réel (smartwatch) avec des interventions de proximité (Walk-in Clinic) ou en temps réel (Doctor on Demand), etc., bref un chambardement encore aujourd’hui inimaginable… on parle même d’ubérisation de la Santé…

Le domaine de la Santé est prêt car les deux conditions initiales requises pour tout bouleversement sont actuellement très présents dans ce secteur économique: à savoir peu de productivité (emploi) et des marges importantes (engendrées par des coûts élevés non maîtrisés).

Prenons plusieurs exemples existants pour montrer comment la machine de la transition médicale est en marche:

1.- OSCAR: la réinvention de l’assurance est un enjeu vital. L’administration Obama a lancé en 2014 un programme d’aide à la création de nouvelles compagnies dans le domaine de l’assurance (son nom le “CO-OP Health Program”). Ainsi des sociétés comme “Oscar Health” ou “ZoomPlus” vont probablement changer passablement la scène de l’assurance sur sol américain… la résistances des grandes compagnies s’organisent pourtant: elles essaient de racheter les start-ups prometteuses! Google a investi plusieurs dizaines de millions dans “OSCAR”.

2.- “PAGER”: est une plateforme internet et une “apps” qui permet d’appeler en urgence les secours quelque soit l’endroit où vous êtes en géolocalisation … c’est en fait comme UBER mais au lieu de voir débarquer un chauffeur de taxi, c’est un médecin qui vient vous chercher et vous secourir.

Des start-ups du “Digital Health” se développent maintenant à grande vitesse encouragées par l’argent du Venture Capital (plus de 4 milliards de dollars y ont été consacrés l’année dernière 2016).  Ainsi des centaines de projets viennent de voir le jour à l’image de “Projet IO” pour des prothèses imprimées en 3D; “Medwand” qui offre une sorte de télé-médecine très simple; “CrowdMed” qui est un service pour apprendre avec les autres; “SkinVision” pour repérer les mélanomes sur votre peau à l’aide du smartphone ou encore “PillPack” pour mieux prendre ces médicaments au quotidien, etc.

3.- les géants du Net comme Google et Apple y investissent massivement notamment avec des projets dans le domaine du diagnostic en direct et permanent qui nécessite le traitement de beaucoup d’informations… par exemple, l’alliance entre Novartis et Google pour les lentilles intelligentes notamment pour la gestion en temps réel du diabète… ou encore l’ “Apple Watch” pour la détection avancée des attaques cardiaques ou de la maladie de Parkinson.

4.- Nestlé, Unilever, Procter & Gamble, etc. mais aussi les GE, Siemens ou autre Medtronic vont amplifier leur présence active dans le secteur santé en apportant des produits très nouveaux, sorte de mélange “concret-soft” un mixe hardware-software en somme. Avec de la nourriture bien sûr mais aussi des protocoles de santé-nutrition additionné de Big Data dans le même laps de temps. GE et les autres géants de l’industrie ont commencé leur révolution 4.0 et maîtrisent désormais le “software”. Ils vont offrir une importante palette de produits mixtes à l’avenir. Tous auront à cœur d’établir une relation client. La bataille va être rude!

5.- Les algorithmes auto-apprenantes avec l”intelligence artificielle au service du patient (ou des “biens portants”) pourraient révolutionner tout le système à eux-seuls car ils auront les moyens de “bypasser” le médecin!  Aujourd’hui, le programme “Watson” du géant IBM offre déjà une aide considérable aux médecins en allant judicieusement consulter le “Big Data” médical mais il pourrait tout aussi bien être directement utilisé par les patients. Mais pour l’instant, il collecte et recherche des informations médicales en créant la plus grande base de données jamais constituée. IBM Watson Health (c’est le nom de cette unité) est installée à Boston entre le MIT, Havard et le “Massachussetts General Hospital” pour profiter au mieux de la plus grande concentration au monde du savoir-faire des sciences du vivant.

Mais demain que va faire Watson?

Ce programme informatique d’intelligence artificielle a comme but de répondre intelligemment à des questions formulées en langue naturelle. En d’autres termes, il va chercher des réponses en questionnant les Big Data de manière rapide, appropriée et en auto-apprentissage permanent. Chaque jour, le système est plus efficace, plus subtile et surtout plus précis à tel point qu’il a gagné des jeux télévisuels populaires (jeopardy) basés sur la mémoire.

A n’en pas douter, il sera notre “premier” recours/secours du domaine médical.

Comme SIRI (Apple), NOW (Google), CORTANA de Microsoft ou encore “M” de Facebook, WATSON sont capables de répondre de manière ciblée et très à propos aux questions de l’interlocuteur en analysant sa question et en allant chercher dans le “Big Data” des réponses intelligentes. Ces assistants vocaux vont offrir dans les prochaines années – et en particulier au grand public – un accompagnement  intelligent pour toutes questions médicales.

Pour l’instant IBM a développé qu’une version propre au monde médical qui peut analyser/chercher toutes les données du dossier patient y compris les radios et images médicales, l’ADN et les historiques familiaux.

L’avenir du médecin et donc par ricochet du système de santé dans son ensemble risque alors de basculer dans un monde encore difficile à imaginer tant nos habitudes semblent être dans ce domaine immuables.

C) la “sur-traitance”: une force dominante du “pricing”?

On avait l’habitude d’un système de production économique organisé le long de la chaîne de la valeur… avec notamment les intermédiaires commerçants et la sous-traitance qui jouaient tout les deux des rôles importants … désormais les “sur-traitants” vont organiser la nouvelle chaîne de la valeur.

Par opposition à la sous-traitance, les sur-traitants coiffent la chaine de la valeur en s’attribuant la gestion de l’écosystème et bien sûr la distribution des marges. Ce sont les exemples de Google dans la publicité, d’Apple Store pour les Apps, d’Uber pour les taxis, de Facebook dans les réseaux sociaux, de Watson dans la santé qui montrent le chemin.

La “sur-traitance”, c’est le positionnement d’une entreprise au cœur même de l’écosystème qu’elle crée généralement elle-même. Tous les autres acteurs de l’écosystème vont dépendre de cette dernière qui dicte le jeu et récolte les marges. Cela a été rendu possible grâce à l’apparition des plateformes digitales. La sur-traitance réorganise ainsi des pans entiers de l’économie : la téléphonie, les médias, la marketing, le commerce mais aussi la santé (digital health), la maison (domotique), l’usine (industrie 4.0), etc.

La “sur-traitance” est la grande nouveauté économique de cette dernière décennie. C’est surtout Apple et son Apple Store (2007) qui ont donné de la visibilité à ce phénomène. Aujourd’hui, des centaines de milliers d’entreprises travaillent pour créer des apps vendues sur les plateforme d’Apple ou de Google voir Samsung. Ces trois compagnies sont des “sur-traitants” de la téléphonie et des applications liées à ces dernières.

La “sur-traitance” crée de fait une forte dépendance pour les autres acteurs, à l’exception peut-être du consom’acteur (car il lui reste en général le choix de changer de plateforme) qui sont devenus largement dépendants du sur-traitant. Tout le monde est en quelque sorte devenu sous-traitant de son écosystème à l’exception de quelques rares entreprises qui vont pouvoir dominer les autres. Cette période de transformation est totalement nouvelle. Il n’y a pas vraiment d’équivalent dans l’histoire économique à part celle de la Révolution Industrielle.

La “sur-traitance” est une réalité nouvelle et la guerre économique pour obtenir se statut dominant ne fait que commencer.

Dans l’industrie, c’est la lutte pour le 4.0. Dans les médias, Google a déjà pris le large. Dans la santé le jeu est encore ouvert mais Watson d’IBM semble bien placé… Que vont faire les Roche, Novartis, Pfizer et Co. ?

La “sur-traitance” est donc vraiment l’enjeu clé de la décennie à venir… pour tous!

Le développement de nouvelles applications de machines-learning va amplifier le pouvoir des “sur-traitants”. L’exemple des “bots intelligents” qui demain par centaines de milliers seront le brasarmé de cette nouvelle réalité. La “sur-traitance” va ainsi définir sa position grâce à des plateformes de plus en plus puissantes, précises, analytiques et évolutives rendant tous les producteurs (industrie et service) dépendants de ces derniers.

L’accumulation de tous ces bouleversements nous entrainent irrémédiablement dans l’ère digitale notamment du Digital Health.

Quant à l’avenir du système de santé, c’est tout aussi violent… demain le second avis médical sera WATSON de IBM (un des prochains grands “sur-traitant”) … et qui sait, ce second avis sera à l’avenir peut-être le choix systématique (premier avis) du patient!

D) Vers un nouvel modèle de “pricing”

Le véritable facteur du changement est aujourd’hui la révolution numérique porteur d’acteurs nouveaux ayant une volonté de tout bousculer, notamment les processus de financement, de diagnostic, de protocole de traitement, de Big Data et de “pricing”.

Cette menace de bouleversement est sans doute potentiellement la plus forte, comparativement au progrès technologique de l’innovation classique car porteur de modèles économiques nouveaux, notamment de “pricing”.  Ce qui va entraîner tout le monde a évoluer rapidement et aussi à la disparition de certains acteurs historique du domaine.

Le cœur du modèle, c’est le couple “diagnostic/traitement”.

Jusqu’à maintenant, c’était le médecin qui était le nœud central de ce système. Mais le couple “diagnostic/traitement” se prête bien à la révolution numérique des algorithmes auto-apprenantes de type “deep learning” et aussi aux protocoles “intelligents” qui ne vont pas tarder à apparaître. Dès lors le médecin cèdera sa place de quasi-monopole au “Digital Heath”.

Ce changement de paradigme s’accompagnera d’un changement de “pricing” basé à l’avenir sur les nouveaux monopoles des “sur-traitants”. Comme dans le domaine de la téléphonie, du booking, de la finance ou du e-commerce, des acteurs économiques comme Alibaba, Apple, Amazon, Samsung, IBM, Google ou encore Nestlé, etc…. vont essayer de créer des plateformes de type “Digital Health” pour prendre le dessus sur les systèmes actuels de la tarification santé. Le combat risque d’être rude.

En tout les cas ces modèles d’affaires vont cibler en premier lieu “la réduction du personnel médical”. Comme nous l’avons vu précédemment c’est là qu’il y a des gains substantiel de productivité à réaliser. Et pour réussir leur percée économique, ils ont besoin de faire des gains. Ce faisant ils auront, dans un premier temps le client/patient de leur côté (cf. UBER). Réduire le personnel est chose relativement facile dans bien des aspects du domaine car pour rappel il y a aujourd’hui 16 personnes pour chaque médecin traitant… il reste donc beaucoup de marge pour améliorer la productivité. Il est bien clair que même-ci cela sera populaire auprès de la population, la résistance des acteurs historique va faire des étincelles et les pouvoirs publics vont être appelé à l’aide pour arbitrer. Chose difficile car conservateur.

Mais il n’y a pas de doute… c’est bien par là que les choses vont commencer:  “mieux servir pour moins cher”

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En résumé:

Le système complexe du “pricing” aux USA mais aussi dans les autre pays, va subir une transformation profonde qui se déroulera probablement en deux phases.

D’abord les entreprises prêtes à prendre une position de “sur-traitance” vont essayer de tisser un modèle de “pricing” parallèle en faisant payé directement les usagers mais basé sur une offre en apparence bon marché, efficace, personnalisable, rapide et  dans un esprit de la société du partage …

Puis les deux  systèmes vont s’affronter violement. Les exemples d’UBER avec la corporation des taxis dans le monde entier à montrer le chemin tout comme Airbnb avec comme conséquence des hôtels vont peinent à suivre,  puis ce sera le tour des fintech… et enfin aussi du domaine de la santé!

Le débat public risque d’être lourd et les acteurs traditionnels seront fermes voir farouches avec les nouveaux entrant (exemple de Theranos aujourd’hui mais des milliers d’autres cas historiques) … les pouvoirs publics devront à chaque fois trancher…

La transition vers le digital va être rude… pour tous…

Apple “Watch4Health” fait mal à l’industrie horlogère suisse !

Les analystes sont formels: la montre suisse se vend moins bien (en volume).

D’abord les statistiques de la Confédération montrent une baisse des exportations horlogères au courant du troisième trimestre 2018 (extrait du communiqué: “La plus forte baisse a concerné les exportations horlogères (-5,2%), qui accusent leur premier revers depuis janvier 2017.” Et même-ci les statistiques de la Fédération Horlogère Suisse montrent des résultats globaux optimistes en valeur cela ne concerne pas les volumes car au total le nombre de pièces exportées a diminué de 9,8% en une année (octobre 2017/18). Cette tendance à la baisse des volumes est lourde puisqu’en 2012 la Suisse produisait plus de 29 millions de montres pour moins de 24 millions aujourd’hui.

Ensuite, selon l’institut d’analyse UBS, Apple aurait vendu 18 millions d’unités en 2017. En 2018, la progression des ventes atteindrait 33 % par rapport à l’année d’avant, avec une prévision de 24 millions d’unités vendues.

Et la hausse devrait continuer l’année prochaine. UBS prévoit en effet 33 millions de ventes d’Apple Watch pour 2019. Cela équivaudrait donc à une progression de 83 % sur deux ans.

La montre d’Apple reste loin de l’iPhone cependant en termes d’unités écoulées. En effet, la société californienne vend ces derniers temps plus de 200 millions d’iPhone par an. L’iPad est plus proche dans une certaine mesure, avec moins de 45 millions d’unités écoulées sur l’année fiscale 2018 (octobre 2017 à octobre 2018).

Si l’Apple Watch continue sur cette lancée cependant, aidée par un rythme de renouvellement annuel, il ne serait pas impossible qu’elle dépasse le score des tablettes Apple, dans quelques années. Il faudra cependant pour cela que le public soit plus réceptif avec les montres connectées. Car comme le rapporte CultofMac via une étude menée par UBS, à ce jour, moins de 50 % de la population se dit intéressés par l’achat d’une montre connectée.

Cependant les choses pourraient changées tellement l’apport de l’Apple Watch 4 pour la santé (Apple Watch4Health) devient déterminant: ” Surveillance du rythme cardiaque, alerte automatique pour les chutes accidentelles, réveil lors de sommeil au volant, etc.” que la montre s’impose aux personnes âgées   qui sont pourtant les derniers adeptes incontournables des montres suisses…. la fin s’annonce dramatique pour toutes les montres qui ne sont pas considérées comme des bijoux …

(sources: IFon.fr et Admin.ch et FHS)

URGENT : les études de médecine doivent inclure l’IA !

L’intelligence artificielle (IA), basée notamment sur des algorithmes d’apprentissage de « Machine Learning » (ML), est une branche du domaine de l’informatique qui gagne très rapidement de l’importance dans le secteur de la santé. Cependant, l’enseignement médical universitaire dans le monde n’a pas encore inclus cette technologie dans le cursus, la Suisse ne fait pas exception à la règle !

Le grand public est pourtant devenu conscient de l’impact futur de l’IA et attend aussi des résultats positifs pour les soins de santé, par exemple en fournissant aux cliniciens de meilleurs diagnostics ce à quoi les professeurs de médecine « semblent » oculter.

Vijaya B. Kolachalama, Professeur adjoint de médecine à la Boston University School of Medicine vient de publier un article * choc qui conclut que l’enseignement de l’IA est indispensable aux nouveaux médecins.

Les chercheurs ont effectué en premier lieu une recherche avec « apprentissage automatique » pour constater que le nombre d’articles publiés dans le domaine du « blanchiment de capitaux » avait augmenté depuis le début de la décennie. En revanche, le nombre de publications relatives à l’enseignement médical est resté inchangé depuis 2010.

« Il est donc urgent de sensibiliser tout le corps professoral, mais aussi les étudiants et les internes sur le campus médical de l’université de Boston », tel est le verdict du Professeur. Pour ce faire, il a conçu un cours ayant pour but de sensibiliser la prochaine génération de professionnels de la santé et de jeunes chercheurs issus des domaines du biomédical et des sciences de la vie aux nouveaux concepts et de les préparer à la révolution numérique en cours dans la science des données.

Alors que l’éducation médicale pense aux compétences classiques des médecins notamment par l’approche statistique, le « Machine Learning » ouvre la voie à la prédiction et à la médecine de précision hautement prometteuse. Les auteurs espèrent que cet article incitera les facultés de médecine à réagir rapidement face à l’évolution fulgurante de l’IA et à son utilisation dans les soins aux patients. « Une technologie sans connaissance de son potentiel et de ses applications par les médecins n’a aucun sens et ne fera que perpétuer les coûts des soins de santé. »  –

Cet article a été republié à partir de matériel fourni par le Boston Medical Center.  * Kolachalama, V. B., et Garg, P. S. (2018). Apprentissage automatique et éducation médicale. Npj Digital Medicine, 1 (1), 54. https://doi.org/10.1038/s41746-018-0061-1