La scénographie efficace du musée international de la croix-rouge

 

On peut regarder les choses en face. Mais aussi décider de s’en emparer. Le musée international de la croix-rouge et du croissant rouge, à Genève, bouscule les spectateurs sur la question de l’exil. En collaboration avec le collectif Magnum, quelque 300 images de réfugiés sont présentées sur des cubes dont il faut se saisir si l’on veut regarder de plus près ou lire la légende inscrite au dos. Une scénographie efficace et novatrice.

Ainsi, en grand ou en petit, en couleur et en noir et blanc, sans chronologie, défilent les migrants et leur histoire. Les longues files d’humains racontent les guerres et les catastrophes naturelles du XXè siècle. Des peuples en mouvement pour échapper à leur destin. Capa photographie un couple à la mise élégante à Haïfa en 1949, Brown des enfants poussant une charrette au Congo en 2012. Seymour est aux portes de l’Espagne en 1939, en Grèce en 1948. Pellegrin en Autriche et en Allemagne en 2015. On survole le Vietnam, l’Irak, Haïti. Des bateaux surgissent au milieu des marcheurs qui traversent les champs ou les autoroutes, la nuit et le désert. Hommes et femmes portent des sacs ou des enfants sur les épaules, des vies entières résumées à peu de choses. Tous se ressemblent. Des années 1930 à aujourd’hui, la résignation se lit sur leurs visages, la peur aussi.

 

Exil, jusqu’au 25 novembre 2018 au musée international de la croix-rouge et du croissant rouge, à Genève.

Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *