Le Prix Découverte à Carlos Ayesta et Guillaume Bression

Innovation cette année aux Rencontres photographiques d’Arles, les nominés au Prix Découverte étaient présentés par des galeries et non plus des responsables de musées ou festivals. C’est le 247, à Paris, qui a déniché le duo gagnant. Carlos Ayesta et Guillaume Bression ont été élus parmi dix candidats, dont le Lausannois Philippe Dudouit, avec un projet tout en finesse sur Fukushima.

En combinant plusieurs approches et en jouant de la mise en scène, les photographes offrent une vision à la fois personnelle et pointue du drame. Pour montrer la contamination, invisible et sporadique, ils emballent une voiture ou un poisson de film plastique, dressent le matériau en frontière au milieu d’un chemin. Puis ils convoquent des victimes sur les lieux dévastés de ce qui fut leur maison ou leur bureau, pointant la désolation et les pertes d’une vie. Carlos Ayesta et Guillaume Bression photographient en série les aliments périmés d’un ex-supermarché ou capturent quelques ruines au coeur de la nuit, esthétique et lumière irréprochables, des vues de cinéma. Une manière très subtile d’interroger sur la fabrique de l’image et celle de la catastrophe.

Ce week-end encore, le festival a annoncé la création future d’un centre de photographie à Lille. Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles, a été mandaté par Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France pour concocter le projet aux côtés d’Anne Lacoste. L’actuelle conservatrice au Musée de l’Elysée en deviendra la directrice déléguée. Trois axes ont été dessinés : conservation, recherche et expositions.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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