Brassaï, collectionneur de graffitis au Centre Pompidou

Il a commencé à les collecter en 1933, dans les rues de Paris, et jusqu’aux années 1960. Le Centre Pompidou présente une partie du captivant inventaire de graffitis réalisé par Brassaï.

Ils sont classés par thème – la mort, l’amour ou les animaux -, ainsi qu’ils étaient présentés dans l’ouvrage publié en 1961. Les visages et les sexes sont légion, parfois les deux mêlés en un seul motif. La politique surgit au coin des mots –  “Assassins”, “Libérez…” – et des symboles cadrés serrés – faucille et marteau, croix de Lorraine.

«Avec le langage du mur nous avons affaire non seulement à un important fait social, jamais encore étudié, mais aussi à une des plus fortes et plus authentiques expressions de l’art», commentait Brassaï, en 1958. Le recensement, ainsi, s’inscrit dans une démarche anthropologique tant que dans un élan proche des surréalistes. La volonté d’exhaustivité est notifiée par de petits carnets dans une vitrine: l’artiste y a reproduit des graffitis, accompagnés de l’adresse à laquelle ils figurent. Au final, la série comptera quelque 500 exemplaires, qui tous racontent une histoire, appellent des souvenirs ou des réflexions.

La plupart des dessins sont fortuits mais quelques-uns semblent avoir été tracés par les intempéries ou la fissure d’un crépi. Ce trou dans une façade m’évoque un bison de Lascaux. Mais Brassaï, qu’y a-t-il vu?

En 1956, une première partie de la série est exposée au MoMa. Jacques Prévert y pioche pour illustrer “Paroles” puis ses livres de poche.

Brassaï, Graffiti. Jusqu’au 30 janvier 2017 à la galerie photographie du Centre Pompidou.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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