“Le photographe idéal? Entre Doisneau et Avedon!”

Raphaël Dallaporta vient de publier un très beau livre de panoramas de la grotte Chauvet chez Xavier Barral (lire ici). Un travail qu’il exportera au printemps dans le cadre du festival Kyotographie. En attendant, il a répondu à notre interview Diaporama (portrait Jérôme Sother).

 

 

La première image?

Une photo de canards au bord d’un lac. Je devais avoir six ans, on m’avait offert un appareil photo porte-clé. J’ai photographié ces animaux de très près et de très bas, le résultat était une sorte de vision cauchemardesque.

 

La dernière?

Hier, la nature morte d’un tube de ventoline

 

Celle que vous auriez adoré prendre?

La face cachée de la lune.

 

Celle que vous auriez détesté prendre?

Difficile à dire, il me vient une idée vague de quelque chose de très politique, ou pour la politique en tout cas. Ou alors une pièce à conviction, moi qui ne suis pas très procédurier.

 

Argentique ou numérique?

Bien volontiers les deux; plus on a de moyens d’expression pour la photographie, mieux c’est. Je mélange, il n’y a pas que la prise de vue, mais le traitement également. Je privilégie le numérique pour la facilité de la captation et l’argentique pour de belles impressions. Ce n’est pas la première révolution qu’ait vécu la photographie, il y en a eu une autre avec le film par exemple. Le gélatinobromure d’argent a transformé la pratique en permettant à tout le monde de faire de la photo. Mais aujourd’hui avec le numérique, se pose la question du devenir de l’image.

 

Couleur ou noir et blanc?

Les deux encore une fois. J’ai commencé par le noir et blanc et j’y reviens avec le numérique, par plaisir de pouvoir maîtriser une grande séparation entre les deux. J’aime le noir et blanc lorsque l’espace temps n’offre pas beaucoup de repères. Je l’ai utilisé pour mon travail à la grotte Chauvet par exemple. J’aime les va et vient entre les passés enfouis et les futurs émergents. Dans mon projet actuel pour le CNES sur des patrimoines pas si vieux, cela donne de la patine.

 

Que pensez-vous des selfies?

Je mettrais ça dans la case pornographie, même masturbatoire. Ce n’est pas un grand moment de partage. La photographie de groupe en revanche, avec un retardateur ou une perche, est une chouette pratique.

 

En vacances, vous prenez des photos?

Oui, cela m’arrive. Je prends des photos de famille notamment, des photos de groupe avec retardateur, posées n’importe comment pour créer un peu de tension. Et puis des vues de train.

 

Votre image du bonheur?

On me pose rarement ce genre de questions, il faut que je creuse… Une carte postale suisse!

 

La dernière exposition qui vous ait transportée?

Eppur si muove, au Musée des arts et métiers, cet automne à Paris. Un dialogue entre l’art contemporain et les collections du musée.

 

Votre modèle de photographe?

Robert Doisneau, dont j’ai toujours apprécié le travail, l’humour et la spontanéité de la mise en scène. Son écriture est très belle,entre un travail très spontané et très calculé. Mais l’idéal se situerait entre lui et Avedon!

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement?

Je m’intéresse aux patrimoines un peu cachés. J’essaie d’accéder aux collections d’entreprises et de fondations, qui possèdent parfois des trésors absolus. J’ai un autre projet avec des biologistes, autour de l’épigénétique. Le ministère de la Culture, enfin, m’a commandé un travail sur le Grand Paris; il s’agit de points de vue depuis des tours, au téléscope.

 

Si vous deviez donner un conseil technique pour réussir une photographie, ce serait?

Un photographe m’avait donné celui-là: «Parlez anglais!»

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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