Antoine Poidebard, un abbé au service de l’armée

Pionnier de la photographie aérienne, le religieux a mis au point une technique destinée à repérer des sites archéologiques enfouis. En mission en Syrie et au Liban dans les années 1920-40, il a dessiné une carte de l’ancien empire romain, à la portée toute stratégique pour les autorités françaises de l’époque.

Voler sous une lumière rasante, incliner l’aile de l’avion pour contrer le soleil, couper le moteur afin d’éviter les tremblements… sont quelques uns des trucs utilisés par le jésuite pour parfaire ses images de vestiges. Dès les années 1930, il étend sa méthode aéro-photographique à la prospection sous-marine.

Grâce à un prêt de la Bibliothèque orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, le Laténium, musée archéologique de Neuchâtel, rend hommage à ce travail acharné et à un personnage hors du commun. Antoine Poidebard était à la fois historien, cartographe, aviateur, photographe et humaniste. Mais c’est grâce à l’armée qu’il a réalisé tous les vols nécessaires à ses observations et prises de vue. Son tracé de l’ancien Limes romain aurait pu servir de modèle au moment du partage des terres entre les puissances coloniales. La cartographie des points d’eau était en outre primordiale pour la maîtrise du territoire et de ses populations nomades. En avait-il conscience?

Archives des sables, de Palmyre à Carthage, jusqu’au 8 janvier au Laténium, à Hauterive-Neuchâtel. Catalogue de 165 pages aux éditions du musée.

Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *