Olivier Lovey s’amuse à la galerie Abstract

Pour entrer dans l’exposition, il faut entrer dans une photographie. C’est à une expérience, ludique et intrigante, qu’Olivier Lovey convie le public à la galerie Abstract, à Lausanne.

Une voie de chemin de fer, la ligne Orsières Martigny, déroule sa ferraille pile au bout du couloir. La végétation qui l’encadre s’étire sur les murs et le plafond à l’entrée du lieu d’exposition. Le visiteur amoureux de photographie rechigne à marcher sur l’image, mais il faut y passer. En approchant, on constate les distorsions, la perspective devient étrange. L’air de rien, on vient de traverser 42 m² de photographie.

Dans la galerie, le jeu continue. Sur un mur, le portrait du mur d’en face, moins les œuvres de l’artiste. A côté, un tirage qui reprend l’installation. Sur un autre, un flanc de montagne recouvert d’une forêt d’été devant lequel est planté un immense panneau publicitaire maladroitement recouvert d’une image de forêt d’automne. Puis c’est une sorte de chalet flottant, par la grâce de photographies du décor alentour collées sur sa base de pierre.

«Il y a longtemps eu «La condition humaine» de Magritte dans ma chambre d’enfant. Je ne l’aimais pas à l’époque mais j’y ai repensé récemment à l’occasion de l’exposition au Grand Palais. J’ai tourné autour si longtemps sans m’en rendre compte», analyse Olivier Lovey. Le Valaisan, ainsi, poursuit cette série faite d’étrangetés, de mises en abimes, d’anamorphoses et de jeux optiques. «Peut être que l’illusion est juste un point de vue sur le réel, comme la photographie finalement.»

 

 
Olivier Lovey: Le miroir aux alouettes, jusqu’au 22 octobre à la galerie Abstract, à Lausanne

 

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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