Un Swiss Photo Award pour Niels Ackermann

Le travail du photographe sur Slavutych, construite dans la foulée du drame de Tchernobyl, l’emporte en catégorie Reportage.

Année faste pour Niels Ackermann. Le photographe a reçu jeudi soir le premier prix des Swiss Photo Awards, catégorie reportage, doté de 5000 francs. Il a été récompensé pour son travail sur Slavutych, petite ville ukrainienne bâtie après la catastrophe de Tchernobyl pour reloger les ouvriers de la centrale. Cet excellent reportage, qui sonne à la fois juste, sensible et décalé – parce qu’il se concentre sur le quotidien d’une jeunesse débridée là où les gens attendent des réacteurs et des champignons – a valu à son auteur le Prix Focale-Ville de Nyon ainsi qu’une exposition dans la galerie éponyme fin 2015, le dernier Prix photo de la Fondation BAT Suisse et un Swiss Press Photo catégorie étranger en février. La série, encore, fait l’objet d’une très belle publication aux éditions Noir sur Blanc, dont le vernissage est prévue samedi.

«C’est une année incroyable pour ce travail, se réjouit le photographe, par ailleurs blogueur pour Le Temps. Ce large soutien me montre qu’on peut produire du reportage international en racontant autre chose que des drames et des morts, en racontant des histoires complexes et nuancées. J’ai produit ce sujet sur mes propres ressources, indépendamment de toute rédaction ou commande, et ces différents prix me donnent la liberté de continuer à travailler sur ce mode pour les prochains projets.»

«L’Ange blanc» déroule le quotidien d’une jeunesse avide de liberté mais dont l’horizon semble fermé par un ex-réacteur en fusion; la plupart des actifs de la ville travaillent à la sécurisation du site, quinze jours par mois, et diluent le reste du temps dans les vapeurs de joints et d’alcool. Niels Ackermann suit Ioulia, la vingtaine mi-paumée mi-volontaire, du petit-déjeuner en amoureux à la cérémonie de mariage en passant par le sauna ou l’emploi à Tchernobyl comme traductrice. «Le jury a beaucoup apprécié l’atmosphère de ce travail, et l’approche de Niels Ackermann, note Romano Zerbini, directeur du prix. Beaucoup de reporters se sont penchés sur Tchernobyl à l’occasion du trentième anniversaire de la catastrophe mais en abordant l’histoire directe ou en photographiant le réacteur. Lui a privilégié un travail au long cours, proche de la population. On y découvre une vie banale, des jeunes marqués par la précarité et s’abandonnant à l’alcool, mais avec toujours le drame de 1986 en filigrane.»

David Parel et Anne Morgenstern concouraient aux côtés de Niels Ackermann pour le reportage.

Anne Morgenstern
Anne Morgenstern
Anne Morgenstern
Anne Morgenstern

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David Parel
David Parel

Dans la catégorie Edition, c’est Beat Schweizer qui l’emporte pour son travail sur la Transnistrie, devant Damian Poffet et Roland Tännler.

Les vainqueurs des catégories Libre et Fine Art seront connus en juin., ceux de la Mode et Publicité en septembre.


Infos pratiques

Niels Ackermann, L’Ange blanc, exposition à Photobastei du 8 au 24 avril. www-photobastei.ch

Livre aux éditions Noir sur Blanc, avril 2016. Vernissage samedi à 11h à la librairie Le Vent des Routes, à Genève.

 

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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