Le Mali post-colonial de Seydou Keïta

Le Grand Palais consacre une rétrospective au portraitiste malien, en 238 photographies – 136 tirages modernes et 102 vintages.

Photographier les gens de trois quart, pour rompre avec l’imagerie coloniale qui les voulaient de face, comme des papillons dans une boîte. C’est l’une des trouvailles de Seydou Keïta, qui a tenu un studio à Bamako de 1948 à 1962. L’autre, c’était de leur proposer des accessoires «modernes». Avec ses premiers bénéfices, le portraitiste achète un poste de radio, un scooter et une voiture en plus des bijoux et des vêtements à la mode occidentale qu’il met à disposition. La jeunesse urbaine devient sa principale clientèle, les familles font poser les bébés. Il faut les voir, ces garçons en cravate et porte-cigarette, ancêtre des sapeurs. Ces jeunes filles chevauchant des deux-roues. Derrière eux, un tissu à motifs permet de dater plus ou moins la prise de vue.

En 1962, Keïta devient le photographe officiel de l’État malien créé deux ans plus tôt. En 1977, il prend sa retraite et se consacre à sa passion pour la mécanique. Ses formidables archives, rangées dans une cantine bleue, sont découvertes au début des années 1990.

 

 

Infos pratiques

Seydou Keïta, jusqu’au 11 juillet au Grand Palais.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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