L’Ecal lance un master en photographie

Les étudiants en photographie pourront, dès la rentrée prochaine, poursuivre leur cursus avec un master à l’Ecal. Une nécessité, selon Maxime Guyon, assistant académique de la formation. Inscriptions jusqu’au 8 avril

Pourquoi ce master?

Le bachelor de l’Ecal est l’un des meilleurs du monde, il est extrêmement bien vu à l’étranger. Mais que faire ensuite? Comment aider les élèves à développer leurs projets personnels? L’Ecal a lancé le master en Art direction en 2010, tissant notamment des liens entre photographie et édition. Mais nous avons senti la nécessité d’une formation spécifique. Beaucoup d’élèves quittaient la Suisse après le Bachelor pour suivre un master à Amsterdam ou à Londres. Ces écoles sont très bien, mais elles n’ont pas le même dynamisme, ni les mêmes moyens que l’Ecal. Nous lançons donc ce master en photographie, ainsi qu’un deuxième en Type Design.

Quel en sera le contenu?

Nous avons un parti pris pour l’image contemporaine et l’univers numérique. La dématérialisation de la photographie aboutit à des objets photographiques nouveaux, on se retrouve par exemple avec des travaux en volume ou des éditions originales. Nous souhaitons expérimenter en ce sens et pousser les étudiants à travailler sur la forme, à réfléchir à l’esthétique mais aussi à la diffusion de leur travail.

On reproche parfois à l’Ecal de ne se concentrer que sur la forme…

Nous cherchons la qualité esthétique mais exigeons également un effort sur le concept. Le travail de diplôme est par exemple l’aboutissement de deux ans de réflexion. Par «forme», j’entends surtout la manière de présenter l’oeuvre. On ne peut pas se permettre de travailler gratuitement, sur une œuvre n’ayant pas de substance.

Concrètement, comment va fonctionner l’enseignement?

Il sera divisé en deux structures. L’une de photographie appliquée, en lien avec des entreprises de la région, le monde de l’édition… Le but est de pousser les étudiants dans le secteur commercial, de les aider à vivre à côté tout en développant leurs projets personnels. La seconde consistera en des sortes de laboratoires avec des photographes ou des commissaires d’exposition, mais aussi des écrivains ou des scénographes. Il y aura six workshops d’une semaine par an – le premier sera assuré par le musée C/O Berlin – et de nombreuses interventions et lectures de portfolios à la journée. Outre cela, la théorie reste évidemment une partie importante de l’enseignement.

Quelles sont les conditions d’entrée?

Le master est ouvert aux étudiants du monde entier disposant d’un bachelor en photographie, mais les exceptions sont toujours possibles. Les élèves sont sélectionnés par concours, ils doivent déposer leur portfolio à l’école, puis participer à une soutenance oral de leur portfolio. Nous en choisirons une dizaine ou quinzaine au final. Le coût d’une année s’élève à 2000 francs.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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