Jacques Thévoz et le syndrome du vinaigre

Connaissez-vous le syndrome du vinaigre? Celui qui affecte les pellicules d’acétate, les craquelle en libérant une odeur acide. Environ 500 négatifs du fonds Jacques Thévoz (plus de 60’ooo images) en sont atteintes. Les Archives du Futur Antérieur, fascinées par l’action créative du processus destructeur, ont récupéré les clichés abimés du reporter fribourgeois.

Une quinzaine d’agrandissements sont exposés jusqu’au 21 février au Kellerpoche Théâtre, accompagnés de quelques négatifs fendillés et d’une image hybride – avant-après -, pour le côté didactique. “Ils rendent visible l’action du syndrome du vinaigre qui les fait ressembler à quelque chose entre le cuir d’alligator et du plastique bulles”, indique le dossier de presse. Certes, mais ces photographies crevassées dégagent une force et une beauté indéniables. Elles ont quelque chose de terriblement touchant et puissant à la fois, parce qu’elles racontent le temps qui passe et  l'”immortalisation” photographique qui n’en est pas une mais également une renaissance un peu inquiétante.

 

 

«Les images meurent aussi» est un projet de recherche, rendu public à l’occasion de cette première exposition. Il se poursuivra en 2016 avec la collaboration des étudiants de l’école des Gobelins à Paris. L’enjeu est immense et se pose avec plus d’acuité encore à l’heure des images numériques, produites, postées et téléchargées par millions chaque jour.

 

Infos pratiques

Les images meurent aussi, jusqu’au 21 février au Kellerpoche Théâtre, Rue de la Samaritaine 3, à Fribourg.

Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *