Yan Morvan: “Je ne vais jamais voir d’expositions”

Depuis dix ans, Yan Morvan traverse le globe et les époques pour photographier d’anciens champs de bataille. Il publie une somme aux éditions Photosynthèses: 430 images et 660 pages pour 4,460 kg. Son interview est à lire dans le supplément week-end de ce samedi. Sur le blog, il répond aux questions Diaporama et commente trois images choisies dans son livre, aujourd’hui, demain et après-demain.

 

La première image?

Au Grand Prix de Monaco en 1967. Mon père m’avait offert un Instamatic parce que j’étais arrivé dans les trois premiers de la classe. J’ai photographié Lorenzo Bandini passant dans sa Ferrari. Il s’est crashé quelques tours plus tard.

 

La dernière?

Le désert de Gobi, en Chine, en mai dernier. J’y ai photographié un bout de la Grande muraille pour “Champs de bataille”.

 

Celle que vous auriez adoré prendre?

Je les ai toutes prises.

 

Celle que vous auriez détesté prendre?

Des cadavres. J’en ai photographié très peu, par superstition et parce que je ne sais pas quoi en faire.

 

Argentique ou numérique?

Argentique! Le numérique, c’est pour jouer.

 

Couleur ou noir et blanc?

Cela dépend des sujets. “Champs de bataille” est en couleur car le noir et blanc dramatise.

 

Que pensez-vous des selfies?

 

C’est ridicule. J’ai reçu une perche à un festival. C’est triste d’en arriver à communiquer sur soi, mon métier est de parler des autres.

 

En vacances, vous prenez des photos?

Jamais.

 

Votre image du bonheur?

Le bonheur n’existe pas. C’est une invention des marchands de maison à la campagne.

 

La dernière exposition qui vous ait transportée?

Je ne vais jamais voir d’expositions. J’ai vu Clergue au Grand Palais, parce qu’Anne est une amie. Je vais aux expos par mondanité, mais je n’en suis pas fier. J’aime beaucoup les livres.

 

Votre modèle de photographe?

Celui qui m’a donné envie de devenir photographe est William Eugene Smith, qui était plus peintre que photographe. Et puis Capa, dont les images étaient simples.

 

Sur quoi travaillez-vous actuellement?

 

Sur un livre qui doit être publié en 2017 par les éditions Photosynthèses autour de mon travail au Liban. Il y aura trois parties: des hotshots de guerre entre 1982 et 1985, des portraits réalisés le long de la ligne verte en 1985 et les images de Beyrouth prises pour “Champs de Bataille”.

 

 

Yan Morvan: Champs de Bataille, éditions Photosynthèses, 660 pages, 430 images. 26 x 32 cm (30 x 37,5 cm pour l’édition luxe), nov 2015.

 

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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