Une des premières photographies de l’histoire… en 1776 au bord du lac Léman !

Commençons par l’origine de l’image photographique, ses émouvantes premières traces. Les images éphémères de sa préhistoire.

 

Jen Juel, Charles Bonnet, 1777, huile sur toile, 81 x 64 cm © coll. BGE, Genève

En 1776, au bord du lac Léman… « C’est bien là, si je ne me trompe, une des premières photographies qui aient été faites. »

Cette affirmation, pour le moins surprenante, est publiée à Paris dans la célèbre revue La Lumière en 1858. Dans un article sur les recherches anciennes des physiciens, un historien décrit avec attention certaines expériences de Charles Bonnet.

Depuis 1774, le naturaliste et philosophe genevois s’intéresse à l’influence des rayons lumineux colorés sur la végétation et intitule ses recherches : Expériences sur les changemens que la lumière produit dans les couleurs des différens corps.

Suite à un mémoire où il exhorte «les Physiciens à s’occuper de ce genre d’expérience», le savant entame cette étude par l’observation de l’action de la lumière sur des papiers colorés placés dans des lanternes. Ensuite, il expose au soleil des tissus colorés en rouge, jaune, vert et bleu et constate, après une journée d’insolation, que « le drap bleu ne montrait aucune altération dans sa couleur». Les autres tissus étaient quant à eux devenus soit plus clairs, soit plus foncés.

Le 31 juillet 1776, sur la terrasse de sa propriété de Genthod, face au lac et au Mont-Blanc, il procède à de nouvelles expériences en plaçant des feuilles de papier bleu dans des enveloppes qu’il a préalablement percées de figures avec la pointe d’une aiguille. «Le soir du même jour, ayant ouvert les enveloppes, j’ai vu avec plaisir mes figures tracées sur le papier bleu en points de couleur verte. »

Effectivement, comme l’affirme le rédacteur de La Lumière, Charles Bonnet rédige la première description d’un photogramme de l’histoire. Inaugurale figure primitive marquée sur le papier qui ne porte pas encore de nom. De plus, elle est en couleurs !

 

Douze années plus tôt, dans un chapitre sur la couleur dans les Contemplations de la nature, ce magnifique savant genevois avait déjà révélé ce qui deviendra le mystère inépuisable de la photographie : « Que de merveilles cachées dans l’abîme d’un rayon de lumière ! »

 

La suite de l’histoire est à découvrir dans la publication Fous de couleurs • Autochromes • Les premières photographies couleur de Suisse •1907-1938 et dans l’exposition du Musée gruérien ouverte jusqu’au 10 janvier.  Un projet de Christophe Mauron, Christophe Dutoit et Nicolas Crispini.

http://www.musee-gruerien.ch/fr/204-fous_de_couleur.html

Musée gruérien026

15:20:15

 

Nicolas Crispini

Nicolas Crispini

Photographe et passeur d'images | n-crispini.com

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