Martin Kollar: “Je me sens comblé lorsque j’arrive à une abstraction de la réalité”

Le photographe slovaque Martin Kollar a reçu samedi le premier Prix Elysée, doté de 80000 francs, pour son projet “Provisional Arrangement”. Il y a une année, à l’occasion de la précédente Nuit des images, il avait répondu à l’interview Diaporama, publiée dans le livre accompagnant le concours. 

 

La première image?

Les plus surprenantes étaient celles des petits films que nous réalisions à nos débuts d’étudiants en cinéma. C’était très amusant de travailler sur des histoires, de raconter quelque chose.

 

La dernière?

La reconstitution d’une scène de crime au musée de la police de Prague, sur le chemin de la Nuit des images, à Lausanne.

 

Celle que vous auriez adoré prendre?

Lorsque l’on arrive à une abstraction de la réalité. Je me sens alors comme irradié et comblé.

 

Celle que vous auriez détesté prendre?

Il y a beaucoup de sujets qui ne me parlent pas. Mais je fais ce qui m’intéresse et je fuis le reste.

 

Argentique ou numérique?

Numérique. Parce que c’est passionnant de travailler avec la technologie de son temps.

                                                                                                                                            

Couleur ou noir et blanc?

J’ai commencé avec le noir et blanc; c’était beaucoup plus accessible à l’époque. Peu après, j’ai découvert la couleur à l’école de cinéma et l’ai trouvée bien plus complexe. Et cela correspond à la manière dont je regarde le monde.

 

La dernière exposition qui vous ait transporté?

Je n’ai malheureusement pas vu l’exposition, uniquement le livre. Lebensmittel, de Michael Schmidt, qui est décédé juste après avoir reçu le prix Pictet 2014. Une série abstraite qui a un impact très fort, au niveau personnel et universel.

 

Que pensez-vous des selfies?

Je n’en fais pas, mais je le comprends. Nous sommes obsédés par notre propre mort, alors nous essayons de geler certains moments.

 

En vacances, prenez-vous des photos?

Je suis toujours en vacances.

 

Votre image du bonheur?

Je n’ai jamais eu l’obsession d’être tout le temps heureux. Les moments de bonheur sont rares, allant et venant, aussi brefs qu’inattendus.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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