Le livre fait débat au colloque de l’Elysée

Vendredi, au premier jour de la troisième édition de reGeneration, le Musée de l’Elysée tenait un colloque à Lausanne, sorte d’état des lieux de la photographie actuelle. La dernière table ronde, autour des perspectives de la discipline, a vu émerger une discussion vive sur la publication et l’auto-publication d’ouvrages.

Pour beaucoup, le livre reste un objectif, la destination naturelle d’un travail et tant pis – ou tant mieux – s’il faut se passer des conseils d’un éditeur. Nombre de jeunes participants à reGeneration3 ne voient pas la différence entre un livre auto-publié et un autre. Ils ne voient pas non plus où est le “problème”, soulevé par un invité – plus âgé – à la discussion. “Pourquoi un éditeur aurait-il une plus grande légitimité que l’artiste lui-même, ou le public, pour décider de ce qui mérite d’être imprimé?”, interroge Tereza Zelenkova, artiste tchèque de tout juste 30 ans. William Ewing, ancien directeur du musée et directeur de projets chez Thames and Hudson, tousse dans les rangs du public. Et demande le micro.

“Que penseriez-vous, si le Musée de l’Elysée devenait très démocratique et offrait ses murs à tous contre 50 dollars? Quelle valeur aurait ce show? Les éditeurs, comme les musée, servent de filtre et garantissent une certaine qualité”. La jeune femme de rétorquer que certains ouvrages sont passés par ce processus et se révèlent quand même très mauvais, quand des perles sont ignorées des professionnels. La nouvelle génération de photographes, à l’image d’une troisième édition de reGeneration transdisciplinaire, autocentrée et jaillissante, est totalement décomplexée. Et le débat est lancé.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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