Agnès Geoffray: «Le noir et blanc permet de faire disparaître des données, comme la temporalité»

Agnès Geoffray est une photographe française installée à Paris. Travaillant à partir de documents d’archives ou d’images vernaculaires, elle interroge les notions de réalité et de fiction. Elle est l’une des huit personnes nominées au Prix Elysée, qui sera remis en juin par le musée.

 

La première image ?
Une photographie de moi, petite, courant vers l’objectif. L’image, qui a dû être prise par mon père, est floue.

La dernière ?
Un cliché d’éclipse acheté aux puces, à Paris. Il clôturait une série réalisée avec des archives autour de la notion de suspense catastrophique.

Celle que vous auriez adoré prendre ?
Une image trouvée et perdue aujourd’hui. Une biche figée devant l’objectif, quelque chose de statique et de fugace à la fois. Elle s’est émiettée à force d’être gardée au fond de mon sac.

Celle que vous auriez détesté prendre ?
Une photo de conflit. J’en serais incapable ; j’ai besoin de mettre de la distance.

Argentique ou numérique ?
Les deux.

Couleur ou noir et blanc ?
Les deux mais plutôt le noir et blanc, non pour des raisons esthétiques mais parce qu’il permet de faire disparaître des données, comme la temporalité, et de rendre les images plus flottantes.

La dernière exposition qui vous ait transportée ?
Les photographies du fonds Victor Hugo, à la maison Victor Hugo, à Paris. Je pense à une petite maison sur une colline, qui renvoie aux souvenirs, à quelque chose d’onirique et de tendu en même temps.

Que pensez-vous des selfies ?
Je n’en fais pas mais les accepte comme une pratique contemporaine.

En vacances, prenez-vous des photos ?
Jamais.

Votre image du bonheur ?
La vue depuis ma fenêtre à Rome, lorsque j’y étais en résidence. Elle donnait sur un parc. L’encadrement était vieux et en bois. C’est l’ensemble que j’aimais, qui m’apaisait.

 

Cette interview s’inscrit dans le cadre de la série Diaporama, où la même liste de questions est posée à divers photographes et personnalités du monde de la photographie.

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Caroline Stevan

Journaliste spécialisée dans la photographie

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