Aux urnes, citoyens !

Le verdict du peuple a été rendu hier – mettant un terme à l’une des campagnes de votations les plus désagréables et les plus pénibles qu’il m’ait été donné de connaître. Une campagne où prendre position signifiait se voir accusé de soutenir la criminalité ou de vouloir détruire le mariage et la société. Une campagne où les arguments ne trouvaient souvent comme réponse que des insultes, des rumeurs et des menaces de mort.
La politique est souvent cruelle et douloureuse – et le résultat positif des urnes n’apporte qu’un modeste baume de réconfort. Et face à ceux qui veulent continuellement introduire la haine ou l’intolérance sur les bulletins de vote, me reviennent les mots de Churchill : «Le succès n'est pas final, l'échec n'est pas fatal, c'est le courage de continuer qui compte».

Cette campagne a aussi connu une large mobilisation populaire – bien au-delà des partis politiques. Des comités d’anonymes se sont constitués pour préserver notre État de droit. Des associations et des individus qui n’avaient jamais milité se sont levés et se sont battus pour empêcher l’arrivée d’une discrimination passéiste dans notre Constitution. Cela est, sans aucun doute, un motif de réjouissance.

Mais cette mobilisation ne doit pas disparaître dès aujourd’hui. Elle doit, au contraire, se poursuivre et se renforcer pour défendre les valeurs qui ont construit notre pays. Des valeurs de liberté, d’humanité et de tolérance !
Le vrai patriote n’est pas celui qui plante le plus de drapeaux devant sa maison ou celui qui arbore le plus de croix suisses sur les réseaux sociaux. Le vrai patriote, c’est celui qui est fidèle aux valeurs de nos ancêtres. C’est celui dont les pas résonneront avec ceux d’Henri Dunant, d’Albert Einstein ou de Jean Piaget en entrant dans l’Histoire. C’est celui qui marchera aux côtés des millions d’anonymes qui ont refusé de s’entretuer parce que leurs religions différaient, ceux qui ont ouvert leurs portes aux persécutés et tous ceux qui se sont battus pour nos libertés !

Churchill disait «Il n’est pas suffisant de faire de notre mieux ; parfois nous devons faire ce qui est nécessaire». Aujourd’hui, si nous voulons fidèles à nos valeurs, la mobilisation doit se poursuivre et se renforcer : Aux urnes, citoyens !

Vincent Arlettaz

Vincent Arlettaz

Vincent Arlettaz a étudié à Lausanne et Saint-Gall, ainsi qu'à la Richard Ivey School of Business au Canada. Détenteur d'un Master en Finance HEC de Lausanne, il est aujourd'hui économiste, mais aussi délégué du PLR et membre du comité du Cercle libéral de Lausanne.

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