Précepte sino-helvétique: Fiston! Fiston! Aide moi! Sinon tu risques la prison !

Les réseaux sociaux se sont très récemment fait l’écho d’une condamnation, par un tribunal chinois, d’un fils et de ses sœurs, à des jours de prison, fermes pour le fils, pour avoir abandonné leur père et l’avoir laissé mourir dans le dénuement.

Une Loi chinoise de 2013 oblige, en effet, les enfants, à rendre visite à leurs parents âgés, et à subvenir à leurs besoins vitaux.

En l’espèce, une condamnation pénale a été prononcée contre les enfants, le tribunal relevant la belle tradition éthique du peuple chinois.

Le verdict pourrait paraître choquant, tout comme cette loi de 2013, qui pourrait apparaître fondée sur des principes familiaux archaïques.

On se souviendra cependant que le droit suisse connait aussi une obligation de ce genre, ancrée à l’article 328 du Code civil suisse. Certes, il s’agit d’une obligation civile et le risque d’une condamnation pénale en Suisse est quasiment inexistant, mais le parallèle existe.

Selon l’article 328 du Code civil suisse, chacun, pour autant qu’il vive dans l’aisance, est tenu de fournir des aliments à ses parents en ligne directe ascendante et descendante, lorsqu’à défaut de cette assistance ils tomberaient dans le besoin.

Il s’agit d’un droit fondamental à un minimum d’existence, exigible des proches.

Il faut donc bénéficier d’une certaine aisance pour être appelé à contribution, à savoir, pouvoir fournir des aliments sans que son train de vie ne soit touché; mais on peut même exiger du débiteur de cette obligation qu’il porte atteinte à sa fortune.

Cette dette d’aliments peut être réduite ou supprimée si les relations personnelles entre les parties sont exécrables ou inexistantes.

On rappellera aussi que l’aide sociale à savoir l’aide de la collectivité publique n’intervient qu’à titre subsidiaire après l’aide de la famille qui prime.

C’est peut-être cela que le tribunal chinois a voulu rappeler.

La solidarité familiale prime le tout à l’Etat. Peut être que l’on devrait parfois plus s’inspirer des préceptes de l’Empire du Juste-Milieu.

La responsabilité individuelle, la solidarité entre personnes d’une même famille, l’aide désintéressée et gratuite envers le plus démunis de la famille, sont des valeurs fortes, ancestrales, mais aussi furieusement modernes.

A méditer!  Peut-être pas en prison ou dans un monastère lointain, mais au jour le jour…

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

Les délits commis entre quatre yeux: le Tribunal fédéral voit double

Dans une pratique presque constante, les autorités cantonales de poursuite, principalement pour des motifs économiques, décident très souvent, de ne pas entrer en matière ou de clôturer une enquête pénale sans suite. Cela heurte, très souvent, chez les victimes et les plaignants, le sentiment de justice.

Le Tribunal fédéral n’a de cesse de rappeler un principe cardinal tiré du principe de la légalité, en ce sens que le Ministère public ne peut mettre fin à l’action pénale que si les faits ne sont clairement pas punissables, ou que les conditions à la poursuite pénale ne sont pas remplies.

Il s’agit du principe in dubio pro duriore.

Les autorités de poursuite disposent cependant d’un large pouvoir d’appréciation que le Tribunal fédéral examine, et partant, sanctionne avec retenue.

Cela étant, la procédure doit se poursuivre lorsqu’une condamnation apparaît plus vraisemblable qu’un acquittement ou lorsque les probabilités d’acquittement et de condamnation apparaissent équivalentes. En particulier en présence d’infraction grave. En effet, en cas de doute s’agissant des faits dénoncés, ce n’est pas à l’autorité d’instruction, mais au juge matériellement compétent, à savoir le juge du fond, de se prononcer.

Le Tribunal fédéral évoque souvent, que dans les affaires où l’accusation repose essentiellement sur les déclarations de la victime, auxquelles s’opposent celles du prévenu, et lorsqu’il n’est pas possible d’estimer que certaines dépositions sont plus crédibles que d’autres, le principe in dubio pro duriore impose généralement, au stade de la clôture de l’instruction, que le prévenu soit mis en accusation.

Cela vaut en particulier pour les délits commis typiquement entre quatre yeux, pour lesquels il n’existe souvent aucune preuve objective.

Mais attention: des contradictions internes dans les accusations peuvent mettre à mal ce principe, ou toute autre circonstance rendant les accusations peu crédibles.

De ces principes on peut en tirer les conclusions suivantes:

  • La victime et/ou le plaignant doivent toujours énoncer leurs accusations de façon objective, claire et le plus précisément possible.
  • Les explications doivent, si possible, être données en une fois, afin d’éviter le risque de contradictions,
  • Les détails sont importants, tout comme les circonstances précises des faits.

Tout cela ne doit pas obscurcir le fait que les autorités de poursuites pénales doivent mener des enquêtes de façon objective. Elles se doivent d’éclaircir les faits sans a priori.

En pratique, toutefois, on pourrait en déduire que la victime et/ ou le plaignant ont, non seulement, comme adversaire et contradicteur, l’auteur présumé de l’infraction, mais aussi l’autorité de poursuite pénale.

C’est parfois le cas.

Heureusement que le système juridique helvétique est particulièrement protecteur en la matière.

Le Tribunal fédéral, sans le dire toujours expressément, est garant de ces principes et sa vision va souvent bien au-delà des apparences.

Un bon juge a souvent de bonnes lunettes!

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

Nati: passeport rouge, maillot rouge, aigle rouge: carton rouge !

La récente polémique sur l’éviction ou non de plusieurs cadres de l’équipe suisse de football a quelque peu refroidi cet été caniculaire.

La question de la présence ou non dans une équipe nationale a cependant toujours défrayé la chronique, et pas seulement en France ! Ici, la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière de légitimes questions de compétitivité, se profile le contentieux de l’attachement d’un joueur à son pays, de sa loyauté ou non, voire à sa véritable suissitude. Les égaux parfois surdimensionnés de certains joueurs pèsent sur la problématique, mais n’oublions pas qu’ils sont des vecteurs d’émotion incomparables, capables de cimenter un pays en 90 minutes.

L’intégration de certains joueurs binationaux ou provenant d’autres régions du globe est aussi la démonstration de la très forte capacité de notre pays à appréhender d’autres cultures. La mixité est aussi intergénérationnelle. Cela est clairement à mettre au crédit de cette équipe nationale.

Alors que les questions politiques et sociales envahissent notre actualité, ne serait-il pas temps que le sport revienne à ses principes fondamentaux, à savoir la recherche de l’excellence, de la performance, du travail et du succès. Avec plaisir et émotion SVP !

Mais la Suisse n’est visiblement pas un pays comme les autres. De récents sondages laissent apparaître que les Suisses sont partagés en trois tiers, l’un soutenant le sélectionneur PETKOVIC, l’autre soutenant le joueur Valon BEHRAMI et les potentiels exclus, le dernier tiers étant pour un rajeunissement complet de l’équipe.

Cette tendance au match nul est bien helvétique. Alors changeons de registre, laissons les coachs diriger la tactique, les joueurs concrétiser et marquer, et le public exulter. Le téléphone de Vladimir PETKOVIC à Valon BEHRAMI aurait duré 30 secondes ? Soit, mais les grandes équipes et les grands joueurs marquent même dans ce laps de temps réduit. A moins que le maintien du score et le statu quo ne soient plus favorables ?

 

Véronique Fontana

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Meghan Markle : Héroïne de la nouvelle saison d’Absolutely Fabulous ?

La Reine Elisabeth II aurait-elle acquis les droits télévisés d’une nouvelle saison d’Absolutely Fabulous ?

La série Suits était trop formatée, les personnages trop aseptisés et prévisibles.

Le script de cette nouvelle saison est cependant très strict.

Pas de jupe fendue, pas de sexe, on ne s’embrasse pas en public, on ne se prend pas la main en société et le protocole royal doit être connu et suivi sur le bout des doigts.

Malheureusement le casting royal mis en place a dévié.

En lieu et place d’une docile, disciplinée et ennuyeuse baronne anglaise, le producteur exécutif Harry a choisi une fringante et sculpturale actrice américaine. Shocking !

En plus elle ne suit pas le code de bonne conduite.

Elle mange des burgers et des frites, même des pizzas voire des fruits de mer.

Sa famille fait un peu tache : maladie, divorce, dépression.

Mais pourquoi ne pas revenir à Diana à ce rythme-là ?

Au moins on a déjà les droits d’auteurs…

Non, la Reine se lance dans une nouvelle saga princière, hyper contrôlée contrairement à ce que l’on peut penser.

Il faut à tout prix faire oublier le Brexit.

Le prochain épisode sera la naissance d’un nouveau Prince ou d’une nouvelle Princesse. De nouvelles espiègleries de ses petits-fils ou d’autres événements moins avouables.

Mais l’essentiel est ailleurs : le script !

Edina et Patsy vous nous manquez déjà énormément !

Mais heureusement God save always the Queen !

 

 

Véronique Fontana

Etude Fontana

Coupe du monde 2018 : stars, mensonges et vidéos

Des stars à profusion, plus d’un milliard d’euros de valeur pour les joueurs français, des transferts faramineux, des prix de billets à faire pâlir le Paléo et le MJF, et partout des Président(e)s, Premiers Ministres et autres agents en tous genres plus ou moins secrets.

 Alors après on voudra bien décortiquer les matchs, les stratégies des entraîneurs, les exploits individuels ou collectifs, les fautes de mains ou de vilains, les parcours de vie ou de mort subite, pour arriver à la conclusion c’est toujours l’All…, pardon la France qui gagne. Mais heureusement, il y a maintenant la vidéo (VAR), qui permet de zoomer, de revoir en ralenti et de scruter un joueur sous toutes les coutures. Seul l’arbitre peut y accéder, et en décideur tout puissant, choisir ou non d’accorder le Graal (penalty) à l’équipe frustrée, alors que dans le même temps sa décision est prise devant des dizaines de milliers de spectateurs attendant le pouce levé ou non.

 Grâce à ses joueurs qui s’exportent tellement bien (un pourcent significatif du PIB français très vraisemblablement), à son hyper Président, à ses centres de formation, à ses clubs formateurs, la France est redevenue la France. En tous les cas pour quelques jours.

 Sur la durée, le Macron français, comme ces enfants joueurs – est souvent copié, jamais égalé. Alors pourvu que ça dure ! Que la liesse populaire accouche de quelque chose de grand et que tout ce petit monde parte bientôt en vacances.

 A la rentrée, on reparlera de la France d’en bas, du chômage et des grèves, et peut-être de la qualification de la Suisse au prochain Euro et au Mondial. Et peut-être que le Conseil Fédéral pourrait songer à mettre en consultation non pas une énième loi censée favoriser la compétitivité, le commerce et l’innovation, mais une loi plus fondamentale permettant d’accueillir non pas des exilés fiscaux, mais des joueurs talentueux. A quand des passeports suisses gratuits pour les joueurs de foot d’exception ? Changeons la loi et favorisons les sportifs d’exception d’où qu’ils viennent et quelque soit leur sport de prédilection. Mais il manque peut-être une couleur au drapeau suisse ! Bleu j’te veux !

 

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

 

 

 

 

LOUBOUTIN : ROUGE DE HONTE OU VERT DE RAGE ?

La Cour de justice de l’Union Européenne, dans un arrêt du 12 juin 2018 rendu sur question préjudicielle, a considéré qu’une couleur (en particulier la couleur rouge) pouvait être déposée comme une marque. La couleur rouge (Pantone 18-1663TP) appliquée sur la semelle des chaussures Louboutin apparaît désormais une exclusivité de ce fameux chausseur français.

Au-delà de la question du goût et des couleurs, il apparaît que la plus haute juridiction de l’Union Européenne a considéré que les chaussures Louboutin avaient une particularité d’avoir une semelle extérieure systématiquement revêtue d’une couleur rouge. En effet, en 2010 déjà,  M. Louboutin avait enregistré sa marque rouge au Benelux pour des chaussures, et en 2013 pour des chaussures à hauts talons. Un concurrent des Pays-Bas avait, en 2012, mis en vente des chaussures à talons hauts pour femmes dont la semelle était revêtue d’une couleur rouge. Bien évidemment, M. Louboutin s’était opposé devant les juridictions néerlandaises à cette manière de faire, invoquant une contrefaçon manifeste. La juridiction néerlandaise compétente a ainsi demandé à la Cour de justice de l’Union Européenne de dire le droit et de préciser la directive de l’Union Européenne sur les marques qui énumèrent plusieurs motifs de nullité ou de refus à l’enregistrement, notamment en ce qui concerne les signes constitués par la forme, qui donne une valeur substantielle au produit.

Dans son arrêt, la Cour de justice européenne précise qu’en l’absence de toute définition dans la directive européenne de la notion de “forme”, la détermination de la signification de ce terme doit être établie conformément au sens habituel, à savoir dans le langage courant. On ne saurait être plus précis. Dès lors qu’il tombe sous le sens qu’une couleur ne peut constituer une forme, il n’y a dès lors aucun motif de nullité de la marque enregistrée. Pour les Juges européens la marque, rouge en l’espèce, porte sur la couleur et non sur la forme du produit, et ils considèrent que “La marque ne porte pas sur une forme spécifique de semelle de chaussures à hauts talons, la description de cette marque indiquant expressément que le contour de la chaussure ne fait pas partie de la marque, mais sert uniquement à mettre en évidence l’emplacement de la couleur rouge visé par l’enregistrement“. La Cour d’appel de Paris a partagé ce point de vue.

Au-delà de l’aspect quasi anecdotique de cette affaire, on relèvera l’argumentaire de la Cour de justice, qui est de soutenir la thèse du chausseur français, en ce sens que la forme de la chaussure doit céder le pas au procédé d’identification de la chaussure par sa seule semelle rouge. En clair, le modèle de chaussures Louboutin est spécifique et doit être protégé non dans sa forme, et son exclusivité a trait à sa couleur de semelle. On ne regarde d’ailleurs une femme avec des chaussures Louboutin que depuis le bas, seul était déterminant la couleur de la semelle, et non pas la forme de la chaussure, qui dans ce contexte apparaît secondaire. Le raisonnement peut d’ailleurs être élargi à d’autres objets, spécifiques ou non, artistiques ou pas, et ayant une forme caractéristique et ainsi protégeable ou non. Ici, seule la couleur est protégée, ce qui est susceptible de permettre, indépendamment des différents tons employés, une véritable confiscation de l’arc-en-ciel. Si l’on peut comprendre les opérateurs économiques qui entendent se démarquer de leurs concurrents sur le plan visuel, il apparaît qu’une protection de la couleur est susceptible d’aller trop loin.

Mais au final, cette question de protection de la couleur d’identification à un chausseur français hors de prix a-t-elle un sens ? La semelle aurait pu être bleue, violette, jaune ou arc-en-ciel, cela ferait-il une différence de prix et de légitimité ? On pourrait soutenir que le rouge est la couleur de la passion, de l’amour, de l’endurance, voire de la folie, mais l’on pourrait aussi citer Picasso, qui évoquait que lorsqu’il n’avait pas de bleu, il mettait du rouge. Alors Mesdames, vous êtes d’accord avec moi ? va pour le rouge ! mais surtout restons debout, que l’on voit nos belles semelles et levons bien haut nos jambes, en Louboutin ou non !

 

 

Véronique Fontana

Etude Fontana

 

 

 

Facebook: Vrais amis, faux amis, le Tribunal fédéral a tranché

Dans une affaire qui vient d’être publiée, le Tribunal fédéral a tranché la question de savoir si un lien d’amitié Facebook entre une partie et un Magistrat était susceptible d’entraîner la récusation de ce dernier. Un Juge était devenu “ami” sur le réseau social Facebook avec l’une des parties, dans un procès divisant un couple sur la garde de leur enfant.

Sans vouloir entrer dans les détails procéduraux de cette affaire, le Tribunal fédéral nous enseigne sur la portée des supposés liens “d’amitié” entretenus sur Facebook entre Juges, parties et éventuellement avocats. Après avoir rappelé que tout justiciable a droit que sa cause soit traitée par un Juge indépendant et impartial, principe résultant des articles 30 alinéa 1er Cst et 6 chiffre 1 CEDH, le Tribunal fédéral a examiné en détail la situation, en reprenant sa jurisprudence la plus récente. Le principe veut que la situation, respectivement le comportement, d’un Juge est critiquable lorsqu’il est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité. L’objectif est d’éviter que des circonstances extérieures à la cause ne puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d’une partie, et ces principes n’imposent pas la récusation uniquement lorsqu’une prévention effective est établie, mais déjà lorsque les circonstances donnent l’apparence d’une prévention. Cela étant, des liens d’amitié ou d’inimitié peuvent en soi créer une apparence objective de partialité, à condition qu’ils soient d’une certaine intensité.

 

Sur cette base, on relèvera les éléments suivants du raisonnement de notre Haute Cour :

  1. La critique d’une relation personnelle amicale entre une partie et un Juge est en principe moins courante que celle existant entre Juge et avocat. Cela étant, les Juges sont comme tous citoyens soumis à une réalité sociale et y sont intégrés, de sorte qu’ils peuvent y participer, nouant inévitablement des contacts affectifs, familiaux, commerciaux et culturels avec des tiers, voire potentiellement des parties.
  2. S’agissant plus particulièrement des liens d’amitié, ils doivent impliquer une certaine proximité allant au-delà du simple fait de se connaître. Le fait d’être “amis sur Facebook” n’est, selon le Tribunal fédéral, pas assimilable à une relation d’amitié au sens traditionnel. La relation “d’amitié” sur Facebook ne supposerait pas forcément un sentiment réciproque d’affection et de sympathie ou une connaissance intime impliquant une certaine proximité allant au-delà du fait de connaître quelqu’un ou de le tutoyer. “L’amitié” sur Facebook doit s’entendre dans un sens large.
  3. Cette “amitié” sur Facebook attesterait uniquement l’existence de contacts entre des personnes partageant les mêmes centres d’intérêts, et ce cercle peut être extrêmement large. D’ailleurs, plus il est large, et plus l’intensité des relations est réduite. C’est notamment le cas pour des listes d’amis dépassant le nombre de 150 (cent cinquante), qui comprennent des connaissances avec lesquelles l’individu n’entretient en fait aucun contact ou des personnes inconnues.
  4. S’appuyant sur la jurisprudence allemande et française, le Tribunal fédéral a considéré que, sous réserve de circonstances spécifiques, le fait qu’un Magistrat soit “ami” sur Facebook avec une partie n’entraînait pas sa prévention ou une apparence de prévention. Il semble que la jurisprudence belge aille dans un sens différent.

 

Cette jurisprudence, qui est très vraisemblablement opportune dans le cas d’espèce, est susceptible de poser d’autres questions essentielles, et elle pourrait évoluer au gré du développement des réseaux sociaux et des modes de fonctionnement de ces systèmes. A ce stade, on émettra les réflexions suivantes .

  1. Tout Magistrat détenant une autorité, ou tout Juge serait bien inspiré d’être extrêmement prudent dans ses contacts, notamment sur Facebook, sauf à diluer le risque en ayant un nombre considérable de contacts.
  2. Les conditions, raisons et autres modalités de “l’amitié” Facebook doivent être analysées et scrutées en détail, dès lors que cet élément est susceptible de remettre en cause le résultat de la jurisprudence précitée. En effet, l’on ne peut pas exclure des tentatives de captation d’intérêts, de manipulation et autres problèmes entre magistrats, parties et avocats, via les réseaux sociaux.
  3. L’apparence d’une prévention pour un Magistrat n’est pas exclusivement théorique et dépend de différentes circonstances, mais le réseau social Facebook est l’un des plus connu, et ce qui est “partagé” devrait aussi le cas être analysé, puisque des vidéos, photos et autres messages peuvent être partagés.

Dans cette première manche, le Tribunal fédéral a semble-t-il remis le réseau social Facebook à sa place, en niant indirectement sa puissance, les liens tissés entre ses participants, mais la tendance actuelle pourrait remettre en cause ces principes et restreindre le cas échéant la réalité sociale dans laquelle semble vouloir se mouvoir les juges, magistrats, politiciens et autres personnages publics. Ils seront peut-être un jour, pas si éloigné, rattrapés par la réalité Facebook.

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

The VOICE saison 476 : la voix de son maître pour l’éternité

TF1 vient de livrer la finale de la saison 7 de « The Voice », franchise de spectacle vocal hyper médiatisé.

On y assiste dans son fauteuil à des performances calibrées, retouchées et évaluées par des coaches auto-déclarés experts et trublions. Mais ils sont là pour leur propre gloire passée ou présente et n’ont de cesse de s’auto-congratuler. Le spectacle coliséen a cependant un arrière-goût de battle, de combats de gladiateurs et surtout celui du sang qui éclabousse les trônes pourpres d’un quatriumvirat désenchanté.

On y prétend relever le talent, on y recherche surtout la gloire. On y met en lumière de jeunes ou moins jeunes chanteurs en quête d’absolu pour mieux leur briser les ailes à moins qu’ils ne les perdent eux-mêmes en voulant voler trop près du soleil.

Ne nous leurrons pas, ce spectacle en apparence onirique est en réalité hyper violent; calé entre des artistes-combattants et leur chef d’écurie au glaive tranchant. Et il n’est pas adouci par le tragédien grec, loin de là.

Aujourd’hui la fête est finie, l’arène cathodique a rendu son verdict populaire.

L’index et le majeur levé, comme pour mieux cacher ce pouce martial qui parfois se lève mais qui le plus souvent s’abaisse dans un objectif de mise à mort. On ne sauve pas toujours le soldat star.

Tout ceci pour qu’un nouveau César remplace l’ancien, pour que de nouveaux coaches nous aident à soi-disant comprendre la musique, pour que nous n’ayons pas à nous lever de notre fauteuil.

Alors demain foncez au concert, allez à la Scala, poussez la porte des auditions du Conservatoire le plus proche de chez vous et vibrez de l’émotion saine franche et libérée de la Musique et non du cirque.

 

 

Véronique Fontana

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La fable de Macron et de Trump: Le Corbeau perd toujours ses plumes, le Renard n’en a cure. Il balaie le tout d’un tweet

Me Macron dans son avion perché

Tenait en son cartable plein de projets très sages.

Me Trump, par Jupiter intrigué,

Lui tweeta à  peu près ce message :

 

Hi Dear best friend and President,

Que vous êtes smart, cool et gagnant !

Sans mentir, si votre message

Se rapporte tout à votre image,

Vous êtes vraiment le Dieu de l’Olympe,

Placé dans ce petit bout de terre,

Coincé entre le Nouveau Monde et la Russie.

 

A ces mots  le Roi très français ne se sent plus d’allégresse,

Et pour montrer ses qualités,

Les met en presse.

Il ouvre alors largement les bras et laisse tomber ses cahiers d’écolier.

Le Furet américain n’en fait rien

Et déclame à son hôte dans un tweet extatique : 

Apprenez que tout visiteur vit au dépens de celui qui l’invite.

Cette petite leçon vaut aussi bien pour Brigitte.

 

Le locataire de l’Elysée brimé et confus

Jura à l’imparfait du subjonctif, que cette fois sera la dernière.

 

La leçon de cette fable, s’il y en a une, est que les petits écoliers modèles doivent toujours se méfier des voyages à l’étranger.

 

 

Véronique Fontana

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Absolutely Sport, absolutely Fun, absolutely Smart, absolutely Crans-Montana

Les esprits taquins voire chagrins ne s’en privent pas, piquant au vif certains travers du Haut-Plateau :

  • La station et ses installations de remontées mécaniques ont été bradées à un étranger,
  • les infrastructures ne suivent pas le développement actuel des sports de montagne,
  • le chaos règne dans les rues éventrées pour permettre un système de chauffage alternatif, qui n’a pas encore reçu de permis de construire et qui est contesté de tout bord,
  • le centre équestre local ne remplirait pas son rôle,
  • les hôteliers et restaurateurs dormiraient toujours sur leurs lauriers défraîchis des années 60.

Rien ne bouge.

Et on arrive même à fermer les installations en période de vacances pascales.

Les résidences secondaires, regroupées en tribu indienne, sonnent l’hallali.

Rien ne va plus, faites vos jeux et foncez au Casino. Attention toutefois de ne pas dépasser le 20 km/ heure!

Mais ces gesticulations ne doivent en rien cacher les plus hauts sapins et mélèzes. En cette fin de saison de ski, le panorama est toujours aussi extraordinaire, la station baignée de soleil et couronnée de quatre mille.

Les pistes sont entretenues à la perfection jusqu’au dernier jour, les conducteurs de dameuses sont au lever à 4h du matin et le personnel des remontées mécaniques a toujours un petit mot aimable sur fond de yodel ou des derniers tubes de Johnny.

Alors non ! Point de rancœur, finissons cette saison 2017-2018 à pleine vitesse en dévalant une dernière fois la piste de la Plaine Morte, les poumons remplis de l’air le plus pur de Suisse, pour reprendre notre souffle en 2019 pour de nouvelles aventures MAGIC.

Absolutely Crans-Montana of course !

 

 

Véronique Fontana

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