Bas les cœurs…. Haut les masques !

Depuis lundi passé, le port du masque est obligatoire dans les transports publics, que ce soit dans les trains, trams, bus, bateaux et autres funiculaires. Dans les gares et dans ces moyens de transport, la différence entre la semaine dernière et lundi est frappante: la discipline et le civisme des Suisses sont ici proches de la perfection.

 

Certes, différentes couches de la population, que ce soit en fonction de leur âge, de leurs situations sociales, financières et autres sont susceptibles de ressentir différemment cette restriction, dont la pertinence s’impose à nous avec une acuité considérable, sans vouloir polémiquer sur le fait qu’elle aurait pu être prise plus tôt. On constate aussi que différentes villes, organes de presse et prestataires de transports ont ponctuellement mis à disposition des masques gratuitement, ce qui est une bonne chose, dès lors que le coût unitaire de ces masques n’est pas négligeable, même si la durée de cette injonction devrait être provisoire, on l’espère…

 

D’aucun ont d’ailleurs tenté de contester le port du masque, notamment dans les magasins jurassiens. Un citoyen de la République et canton du Jura a d’ailleurs saisi la Cour constitutionnelle pour tenter d’invalider l’obligation de porter un masque dans les magasins jurassiens, mais cela sans succès, le principe de proportionnalité ayant été respecté, d’après la Cour constitutionnelle jurassienne, et l’existence d’un intérêt public majeur militant pour une telle mesure.

 

Il est cependant piquant de constater, sur les différentes places publiques de Suisse, à Genève, Lausanne, Berne, Bâle ou Zurich, des comportements divergents, certaines personnes portant systématiquement le masque, alors que d’autres s’y refusent obstinément. Il est aujourd’hui quasiment systématiquement bleu ciel, mais l’on pourrait imaginer différents dégradés de couleurs arc-en-ciel, en fonction de l’étendue et du risque sanitaire. Le virus n’a certes pas de visage, mais une armada de vengeurs masqués lui courent au train, avec assiduité. Espérons que cela soit efficace à court et moyen terme. D’autres ont choisi l’originalité, et préfèrent se distinguer avec des masques de protection textiles, lavables, flamboyants ou plus discrets, et différentes publicités émaillent même la première page de votre quotidien préféré.

 

On aurait pu imaginer un été plus calme, plus social, où le farniente serait roi et où l’insidieux sentiment d’insécurité nous aurait quitté. Les sourires, mais aussi les rictus d’angoisse ou de peur sont aujourd’hui masqués, mais bien réels, tout ceci mâtiné d’une torpeur bien étrange…

 

*   *   *

 

Heureusement l’été sera chaud, l’été sera long, et peut-être qu’à la rentrée on pourra crier, sans aucun risque sanitaire : « haut les cœurs et bas les masques » !

 

 

Les principaux intéressés n’en ont peut-être rien à faire….  juste à les mâchouiller …

 

 

La Justice chevaleresque masquée…

 

 

Véronique Fontana

Avocate

Etude Fontana

 

Veronique Fontana

Veronique Fontana

Véronique Fontana est avocate au Barreau depuis une trentaine d'année et a en parallèle œuvré comme Juge au Tribunal des mineurs dans le canton de Vaud. Elle est membre de la Commission des sanctions de la Fédération suisse des sports équestres. Elle est appelée régulièrement comme experte juridique dans des émissions de télévision et elle fait de la compétition dans le domaine du saut d’obstacle à cheval.

5 réponses à “Bas les cœurs…. Haut les masques !

  1. Hahaha, pauvre juju, il faut lui mettre un niquab, en plus ça protège des mouches.
    Enfin, j’espère qu’on ne considère pas le cheval comme transport public 🙂

    1. bon, tant qu’elle ne se met pas à la mode des saisons, type

      Jalinka contre spa 1/10
      jalinka contre spa, saison 2, épisode 3/5…

      comme même ce quotidien et les blogueurseures s’y mettent!

      “ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour…”
      disait notre ami boileau, mais c’est vrai, il y a fort longtemps.

  2. Pour ne plus subir sa jactance, Napoléon avait voulu imposer le masque de fer à Joséphine de Beauharnais, sans succès. Il avait donc dû se résoudre à demander le divorce. Quand on lui demandait pourquoi, il répondait:

    – Sous ce Beauharnais se cache une belle rosse.

    (Soit dit en passant, un masque de fer ne serait peut-être pas de trop pour museler certains anti-spécistes).

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