Johnny Hallyday : biopic, fric et finalement hic ?

La presse s’est récemment fait l’écho d’un projet de biopic consacré à Johnny Hallyday, que le réalisateur Olivier Marchal, ami du chanteur, serait en train de lancer. Il aurait eu notamment accès à de nombreux objets personnels du chanteur, y compris sa dernière demeure, à savoir sa maison de Marne-la Coquette. Sauf que quelques jours après, Laetitia Hallyday, sa veuve, sa fille Laura Smet et différents intervenants ont affirmé n’avoir jamais été informés du projet, ni partant y avoir donné leur accord. Démentis, rumeurs, fausses informations, rembobinages de pellicules et autres effets Larsen contrecarrent ce projet initial, sous couvert de désinformation, de droit à l’image, de droit d’auteur, et de droit … dans ses bottes de rocker, bien évidemment.

 

Ici pourtant, la campagne de casting et la recherche de financement ne devraient pas poser de problème, les acteurs, figurants et autres permanents et intermittents du spectacle seront potentiellement de la partie, si les cachets (d’aspirine) sont suffisamment alléchants, Eddy Mitchell, Jacques Dutronc, Sylvie Vartan, David Hallyday, Laura Smet, Laetitia Hallyday, Nathalie Baye, Adeline Blondieau, pour ne citer que les têtes d’affiches, sont vraisemblablement sur les rangs. Il faudra aussi le cas échéant prévoir un budget conséquent de recherches d’archives, de lieux de tournage, de techniciens aguerris, de promotion du film et d’innombrables extra hors budget, qui feront pâle figure à côté des dettes de la succession. Le fisc français acceptera sans doute une réduction sur les taxes cinématographiques…

 

Le problème n’est-il cependant pas ailleurs ? De l’intérêt même de ce genre de célébration de fait.

 

En l’occurrence, la réalité dépasse de loin toute fiction imaginable, que Johnny Hallyday a vécu bien plus de 10 vies, qui ne sauraient être résumées en 2 heures d’un film, aussi brillant soit-il, que le scénario ne peut que décevoir les aficionados du chanteur, que les vérités ne sont pas toujours bonnes à divulguer, que le déballage de ses frasques intéressent parfois plus que le fond, que sa musique et son style sont inimitables.

 

En réalité, Johnny devrait très vraisemblablement continuer à vivre dans les cœurs et entre les deux oreilles de ses fans par sa vigueur, son charisme et sa passion, et pas sur un écran aussi saint soit-il. Johnny Hallyday, plus grand que la toile, plus grand que le cadre étroit où certains veulent le réduire ? Sans conteste pour un chanteur ayant déjà de par son vivant imprimé la pellicule en format mondial.

 

Salut l’artiste (bien à vous).

 

Véronique 

 

Avocate

Etude Fontana

Veronique Fontana

Veronique Fontana

Véronique Fontana est avocate au Barreau depuis une trentaine d'année et a en parallèle œuvré comme Juge au Tribunal des mineurs dans le canton de Vaud. Elle est membre de la Commission des sanctions de la Fédération suisse des sports équestres. Elle est appelée régulièrement comme experte juridique dans des émissions de télévision et elle fait de la compétition dans le domaine du saut d’obstacle à cheval.

2 réponses à “Johnny Hallyday : biopic, fric et finalement hic ?

  1. Excellent. Tout est dit. Mais vous savez sans doute, qu’hélas, ce biopic et d’autres viendront garnir le musée des navets.
    Cordialement

  2. Avoue avoir fini par aimer Johnny, plus pour sa personnalité hors-norme, que pour son oeuvre musicale.
    C’était aussi un grand acteur.

    (D’ailleurs pour leur biopic à fric, il y a un sosie, dont la voix peut être confondue même par des fans)

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