Nati: passeport rouge, maillot rouge, aigle rouge: carton rouge !

La récente polémique sur l’éviction ou non de plusieurs cadres de l’équipe suisse de football a quelque peu refroidi cet été caniculaire.

La question de la présence ou non dans une équipe nationale a cependant toujours défrayé la chronique, et pas seulement en France ! Ici, la question est plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière de légitimes questions de compétitivité, se profile le contentieux de l’attachement d’un joueur à son pays, de sa loyauté ou non, voire à sa véritable suissitude. Les égaux parfois surdimensionnés de certains joueurs pèsent sur la problématique, mais n’oublions pas qu’ils sont des vecteurs d’émotion incomparables, capables de cimenter un pays en 90 minutes.

L’intégration de certains joueurs binationaux ou provenant d’autres régions du globe est aussi la démonstration de la très forte capacité de notre pays à appréhender d’autres cultures. La mixité est aussi intergénérationnelle. Cela est clairement à mettre au crédit de cette équipe nationale.

Alors que les questions politiques et sociales envahissent notre actualité, ne serait-il pas temps que le sport revienne à ses principes fondamentaux, à savoir la recherche de l’excellence, de la performance, du travail et du succès. Avec plaisir et émotion SVP !

Mais la Suisse n’est visiblement pas un pays comme les autres. De récents sondages laissent apparaître que les Suisses sont partagés en trois tiers, l’un soutenant le sélectionneur PETKOVIC, l’autre soutenant le joueur Valon BEHRAMI et les potentiels exclus, le dernier tiers étant pour un rajeunissement complet de l’équipe.

Cette tendance au match nul est bien helvétique. Alors changeons de registre, laissons les coachs diriger la tactique, les joueurs concrétiser et marquer, et le public exulter. Le téléphone de Vladimir PETKOVIC à Valon BEHRAMI aurait duré 30 secondes ? Soit, mais les grandes équipes et les grands joueurs marquent même dans ce laps de temps réduit. A moins que le maintien du score et le statu quo ne soient plus favorables ?

 

Véronique Fontana

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Meghan Markle : Héroïne de la nouvelle saison d’Absolutely Fabulous ?

La Reine Elisabeth II aurait-elle acquis les droits télévisés d’une nouvelle saison d’Absolutely Fabulous ?

La série Suits était trop formatée, les personnages trop aseptisés et prévisibles.

Le script de cette nouvelle saison est cependant très strict.

Pas de jupe fendue, pas de sexe, on ne s’embrasse pas en public, on ne se prend pas la main en société et le protocole royal doit être connu et suivi sur le bout des doigts.

Malheureusement le casting royal mis en place a dévié.

En lieu et place d’une docile, disciplinée et ennuyeuse baronne anglaise, le producteur exécutif Harry a choisi une fringante et sculpturale actrice américaine. Shocking !

En plus elle ne suit pas le code de bonne conduite.

Elle mange des burgers et des frites, même des pizzas voire des fruits de mer.

Sa famille fait un peu tache : maladie, divorce, dépression.

Mais pourquoi ne pas revenir à Diana à ce rythme-là ?

Au moins on a déjà les droits d’auteurs…

Non, la Reine se lance dans une nouvelle saga princière, hyper contrôlée contrairement à ce que l’on peut penser.

Il faut à tout prix faire oublier le Brexit.

Le prochain épisode sera la naissance d’un nouveau Prince ou d’une nouvelle Princesse. De nouvelles espiègleries de ses petits-fils ou d’autres événements moins avouables.

Mais l’essentiel est ailleurs : le script !

Edina et Patsy vous nous manquez déjà énormément !

Mais heureusement God save always the Queen !

 

 

Véronique Fontana

Etude Fontana

Coupe du monde 2018 : stars, mensonges et vidéos

Des stars à profusion, plus d’un milliard d’euros de valeur pour les joueurs français, des transferts faramineux, des prix de billets à faire pâlir le Paléo et le MJF, et partout des Président(e)s, Premiers Ministres et autres agents en tous genres plus ou moins secrets.

 Alors après on voudra bien décortiquer les matchs, les stratégies des entraîneurs, les exploits individuels ou collectifs, les fautes de mains ou de vilains, les parcours de vie ou de mort subite, pour arriver à la conclusion c’est toujours l’All…, pardon la France qui gagne. Mais heureusement, il y a maintenant la vidéo (VAR), qui permet de zoomer, de revoir en ralenti et de scruter un joueur sous toutes les coutures. Seul l’arbitre peut y accéder, et en décideur tout puissant, choisir ou non d’accorder le Graal (penalty) à l’équipe frustrée, alors que dans le même temps sa décision est prise devant des dizaines de milliers de spectateurs attendant le pouce levé ou non.

 Grâce à ses joueurs qui s’exportent tellement bien (un pourcent significatif du PIB français très vraisemblablement), à son hyper Président, à ses centres de formation, à ses clubs formateurs, la France est redevenue la France. En tous les cas pour quelques jours.

 Sur la durée, le Macron français, comme ces enfants joueurs – est souvent copié, jamais égalé. Alors pourvu que ça dure ! Que la liesse populaire accouche de quelque chose de grand et que tout ce petit monde parte bientôt en vacances.

 A la rentrée, on reparlera de la France d’en bas, du chômage et des grèves, et peut-être de la qualification de la Suisse au prochain Euro et au Mondial. Et peut-être que le Conseil Fédéral pourrait songer à mettre en consultation non pas une énième loi censée favoriser la compétitivité, le commerce et l’innovation, mais une loi plus fondamentale permettant d’accueillir non pas des exilés fiscaux, mais des joueurs talentueux. A quand des passeports suisses gratuits pour les joueurs de foot d’exception ? Changeons la loi et favorisons les sportifs d’exception d’où qu’ils viennent et quelque soit leur sport de prédilection. Mais il manque peut-être une couleur au drapeau suisse ! Bleu j’te veux !

 

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

 

 

 

 

LOUBOUTIN : ROUGE DE HONTE OU VERT DE RAGE ?

La Cour de justice de l’Union Européenne, dans un arrêt du 12 juin 2018 rendu sur question préjudicielle, a considéré qu’une couleur (en particulier la couleur rouge) pouvait être déposée comme une marque. La couleur rouge (Pantone 18-1663TP) appliquée sur la semelle des chaussures Louboutin apparaît désormais une exclusivité de ce fameux chausseur français.

Au-delà de la question du goût et des couleurs, il apparaît que la plus haute juridiction de l’Union Européenne a considéré que les chaussures Louboutin avaient une particularité d’avoir une semelle extérieure systématiquement revêtue d’une couleur rouge. En effet, en 2010 déjà,  M. Louboutin avait enregistré sa marque rouge au Benelux pour des chaussures, et en 2013 pour des chaussures à hauts talons. Un concurrent des Pays-Bas avait, en 2012, mis en vente des chaussures à talons hauts pour femmes dont la semelle était revêtue d’une couleur rouge. Bien évidemment, M. Louboutin s’était opposé devant les juridictions néerlandaises à cette manière de faire, invoquant une contrefaçon manifeste. La juridiction néerlandaise compétente a ainsi demandé à la Cour de justice de l’Union Européenne de dire le droit et de préciser la directive de l’Union Européenne sur les marques qui énumèrent plusieurs motifs de nullité ou de refus à l’enregistrement, notamment en ce qui concerne les signes constitués par la forme, qui donne une valeur substantielle au produit.

Dans son arrêt, la Cour de justice européenne précise qu’en l’absence de toute définition dans la directive européenne de la notion de “forme”, la détermination de la signification de ce terme doit être établie conformément au sens habituel, à savoir dans le langage courant. On ne saurait être plus précis. Dès lors qu’il tombe sous le sens qu’une couleur ne peut constituer une forme, il n’y a dès lors aucun motif de nullité de la marque enregistrée. Pour les Juges européens la marque, rouge en l’espèce, porte sur la couleur et non sur la forme du produit, et ils considèrent que “La marque ne porte pas sur une forme spécifique de semelle de chaussures à hauts talons, la description de cette marque indiquant expressément que le contour de la chaussure ne fait pas partie de la marque, mais sert uniquement à mettre en évidence l’emplacement de la couleur rouge visé par l’enregistrement“. La Cour d’appel de Paris a partagé ce point de vue.

Au-delà de l’aspect quasi anecdotique de cette affaire, on relèvera l’argumentaire de la Cour de justice, qui est de soutenir la thèse du chausseur français, en ce sens que la forme de la chaussure doit céder le pas au procédé d’identification de la chaussure par sa seule semelle rouge. En clair, le modèle de chaussures Louboutin est spécifique et doit être protégé non dans sa forme, et son exclusivité a trait à sa couleur de semelle. On ne regarde d’ailleurs une femme avec des chaussures Louboutin que depuis le bas, seul était déterminant la couleur de la semelle, et non pas la forme de la chaussure, qui dans ce contexte apparaît secondaire. Le raisonnement peut d’ailleurs être élargi à d’autres objets, spécifiques ou non, artistiques ou pas, et ayant une forme caractéristique et ainsi protégeable ou non. Ici, seule la couleur est protégée, ce qui est susceptible de permettre, indépendamment des différents tons employés, une véritable confiscation de l’arc-en-ciel. Si l’on peut comprendre les opérateurs économiques qui entendent se démarquer de leurs concurrents sur le plan visuel, il apparaît qu’une protection de la couleur est susceptible d’aller trop loin.

Mais au final, cette question de protection de la couleur d’identification à un chausseur français hors de prix a-t-elle un sens ? La semelle aurait pu être bleue, violette, jaune ou arc-en-ciel, cela ferait-il une différence de prix et de légitimité ? On pourrait soutenir que le rouge est la couleur de la passion, de l’amour, de l’endurance, voire de la folie, mais l’on pourrait aussi citer Picasso, qui évoquait que lorsqu’il n’avait pas de bleu, il mettait du rouge. Alors Mesdames, vous êtes d’accord avec moi ? va pour le rouge ! mais surtout restons debout, que l’on voit nos belles semelles et levons bien haut nos jambes, en Louboutin ou non !

 

 

Véronique Fontana

Etude Fontana

 

 

 

Facebook: Vrais amis, faux amis, le Tribunal fédéral a tranché

Dans une affaire qui vient d’être publiée, le Tribunal fédéral a tranché la question de savoir si un lien d’amitié Facebook entre une partie et un Magistrat était susceptible d’entraîner la récusation de ce dernier. Un Juge était devenu “ami” sur le réseau social Facebook avec l’une des parties, dans un procès divisant un couple sur la garde de leur enfant.

Sans vouloir entrer dans les détails procéduraux de cette affaire, le Tribunal fédéral nous enseigne sur la portée des supposés liens “d’amitié” entretenus sur Facebook entre Juges, parties et éventuellement avocats. Après avoir rappelé que tout justiciable a droit que sa cause soit traitée par un Juge indépendant et impartial, principe résultant des articles 30 alinéa 1er Cst et 6 chiffre 1 CEDH, le Tribunal fédéral a examiné en détail la situation, en reprenant sa jurisprudence la plus récente. Le principe veut que la situation, respectivement le comportement, d’un Juge est critiquable lorsqu’il est de nature à susciter des doutes quant à son impartialité. L’objectif est d’éviter que des circonstances extérieures à la cause ne puissent influencer le jugement en faveur ou au détriment d’une partie, et ces principes n’imposent pas la récusation uniquement lorsqu’une prévention effective est établie, mais déjà lorsque les circonstances donnent l’apparence d’une prévention. Cela étant, des liens d’amitié ou d’inimitié peuvent en soi créer une apparence objective de partialité, à condition qu’ils soient d’une certaine intensité.

 

Sur cette base, on relèvera les éléments suivants du raisonnement de notre Haute Cour :

  1. La critique d’une relation personnelle amicale entre une partie et un Juge est en principe moins courante que celle existant entre Juge et avocat. Cela étant, les Juges sont comme tous citoyens soumis à une réalité sociale et y sont intégrés, de sorte qu’ils peuvent y participer, nouant inévitablement des contacts affectifs, familiaux, commerciaux et culturels avec des tiers, voire potentiellement des parties.
  2. S’agissant plus particulièrement des liens d’amitié, ils doivent impliquer une certaine proximité allant au-delà du simple fait de se connaître. Le fait d’être “amis sur Facebook” n’est, selon le Tribunal fédéral, pas assimilable à une relation d’amitié au sens traditionnel. La relation “d’amitié” sur Facebook ne supposerait pas forcément un sentiment réciproque d’affection et de sympathie ou une connaissance intime impliquant une certaine proximité allant au-delà du fait de connaître quelqu’un ou de le tutoyer. “L’amitié” sur Facebook doit s’entendre dans un sens large.
  3. Cette “amitié” sur Facebook attesterait uniquement l’existence de contacts entre des personnes partageant les mêmes centres d’intérêts, et ce cercle peut être extrêmement large. D’ailleurs, plus il est large, et plus l’intensité des relations est réduite. C’est notamment le cas pour des listes d’amis dépassant le nombre de 150 (cent cinquante), qui comprennent des connaissances avec lesquelles l’individu n’entretient en fait aucun contact ou des personnes inconnues.
  4. S’appuyant sur la jurisprudence allemande et française, le Tribunal fédéral a considéré que, sous réserve de circonstances spécifiques, le fait qu’un Magistrat soit “ami” sur Facebook avec une partie n’entraînait pas sa prévention ou une apparence de prévention. Il semble que la jurisprudence belge aille dans un sens différent.

 

Cette jurisprudence, qui est très vraisemblablement opportune dans le cas d’espèce, est susceptible de poser d’autres questions essentielles, et elle pourrait évoluer au gré du développement des réseaux sociaux et des modes de fonctionnement de ces systèmes. A ce stade, on émettra les réflexions suivantes .

  1. Tout Magistrat détenant une autorité, ou tout Juge serait bien inspiré d’être extrêmement prudent dans ses contacts, notamment sur Facebook, sauf à diluer le risque en ayant un nombre considérable de contacts.
  2. Les conditions, raisons et autres modalités de “l’amitié” Facebook doivent être analysées et scrutées en détail, dès lors que cet élément est susceptible de remettre en cause le résultat de la jurisprudence précitée. En effet, l’on ne peut pas exclure des tentatives de captation d’intérêts, de manipulation et autres problèmes entre magistrats, parties et avocats, via les réseaux sociaux.
  3. L’apparence d’une prévention pour un Magistrat n’est pas exclusivement théorique et dépend de différentes circonstances, mais le réseau social Facebook est l’un des plus connu, et ce qui est “partagé” devrait aussi le cas être analysé, puisque des vidéos, photos et autres messages peuvent être partagés.

Dans cette première manche, le Tribunal fédéral a semble-t-il remis le réseau social Facebook à sa place, en niant indirectement sa puissance, les liens tissés entre ses participants, mais la tendance actuelle pourrait remettre en cause ces principes et restreindre le cas échéant la réalité sociale dans laquelle semble vouloir se mouvoir les juges, magistrats, politiciens et autres personnages publics. Ils seront peut-être un jour, pas si éloigné, rattrapés par la réalité Facebook.

 

Véronique Fontana

Étude Fontana

The VOICE saison 476 : la voix de son maître pour l’éternité

TF1 vient de livrer la finale de la saison 7 de « The Voice », franchise de spectacle vocal hyper médiatisé.

On y assiste dans son fauteuil à des performances calibrées, retouchées et évaluées par des coaches auto-déclarés experts et trublions. Mais ils sont là pour leur propre gloire passée ou présente et n’ont de cesse de s’auto-congratuler. Le spectacle coliséen a cependant un arrière-goût de battle, de combats de gladiateurs et surtout celui du sang qui éclabousse les trônes pourpres d’un quatriumvirat désenchanté.

On y prétend relever le talent, on y recherche surtout la gloire. On y met en lumière de jeunes ou moins jeunes chanteurs en quête d’absolu pour mieux leur briser les ailes à moins qu’ils ne les perdent eux-mêmes en voulant voler trop près du soleil.

Ne nous leurrons pas, ce spectacle en apparence onirique est en réalité hyper violent; calé entre des artistes-combattants et leur chef d’écurie au glaive tranchant. Et il n’est pas adouci par le tragédien grec, loin de là.

Aujourd’hui la fête est finie, l’arène cathodique a rendu son verdict populaire.

L’index et le majeur levé, comme pour mieux cacher ce pouce martial qui parfois se lève mais qui le plus souvent s’abaisse dans un objectif de mise à mort. On ne sauve pas toujours le soldat star.

Tout ceci pour qu’un nouveau César remplace l’ancien, pour que de nouveaux coaches nous aident à soi-disant comprendre la musique, pour que nous n’ayons pas à nous lever de notre fauteuil.

Alors demain foncez au concert, allez à la Scala, poussez la porte des auditions du Conservatoire le plus proche de chez vous et vibrez de l’émotion saine franche et libérée de la Musique et non du cirque.

 

 

Véronique Fontana

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La fable de Macron et de Trump: Le Corbeau perd toujours ses plumes, le Renard n’en a cure. Il balaie le tout d’un tweet

Me Macron dans son avion perché

Tenait en son cartable plein de projets très sages.

Me Trump, par Jupiter intrigué,

Lui tweeta à  peu près ce message :

 

Hi Dear best friend and President,

Que vous êtes smart, cool et gagnant !

Sans mentir, si votre message

Se rapporte tout à votre image,

Vous êtes vraiment le Dieu de l’Olympe,

Placé dans ce petit bout de terre,

Coincé entre le Nouveau Monde et la Russie.

 

A ces mots  le Roi très français ne se sent plus d’allégresse,

Et pour montrer ses qualités,

Les met en presse.

Il ouvre alors largement les bras et laisse tomber ses cahiers d’écolier.

Le Furet américain n’en fait rien

Et déclame à son hôte dans un tweet extatique : 

Apprenez que tout visiteur vit au dépens de celui qui l’invite.

Cette petite leçon vaut aussi bien pour Brigitte.

 

Le locataire de l’Elysée brimé et confus

Jura à l’imparfait du subjonctif, que cette fois sera la dernière.

 

La leçon de cette fable, s’il y en a une, est que les petits écoliers modèles doivent toujours se méfier des voyages à l’étranger.

 

 

Véronique Fontana

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Absolutely Sport, absolutely Fun, absolutely Smart, absolutely Crans-Montana

Les esprits taquins voire chagrins ne s’en privent pas, piquant au vif certains travers du Haut-Plateau :

  • La station et ses installations de remontées mécaniques ont été bradées à un étranger,
  • les infrastructures ne suivent pas le développement actuel des sports de montagne,
  • le chaos règne dans les rues éventrées pour permettre un système de chauffage alternatif, qui n’a pas encore reçu de permis de construire et qui est contesté de tout bord,
  • le centre équestre local ne remplirait pas son rôle,
  • les hôteliers et restaurateurs dormiraient toujours sur leurs lauriers défraîchis des années 60.

Rien ne bouge.

Et on arrive même à fermer les installations en période de vacances pascales.

Les résidences secondaires, regroupées en tribu indienne, sonnent l’hallali.

Rien ne va plus, faites vos jeux et foncez au Casino. Attention toutefois de ne pas dépasser le 20 km/ heure!

Mais ces gesticulations ne doivent en rien cacher les plus hauts sapins et mélèzes. En cette fin de saison de ski, le panorama est toujours aussi extraordinaire, la station baignée de soleil et couronnée de quatre mille.

Les pistes sont entretenues à la perfection jusqu’au dernier jour, les conducteurs de dameuses sont au lever à 4h du matin et le personnel des remontées mécaniques a toujours un petit mot aimable sur fond de yodel ou des derniers tubes de Johnny.

Alors non ! Point de rancœur, finissons cette saison 2017-2018 à pleine vitesse en dévalant une dernière fois la piste de la Plaine Morte, les poumons remplis de l’air le plus pur de Suisse, pour reprendre notre souffle en 2019 pour de nouvelles aventures MAGIC.

Absolutely Crans-Montana of course !

 

 

Véronique Fontana

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Harry, le mariage du siècle, sans contrat, sans filet

Quand Harry rencontre Meghan

La planère entière sait que le 19 mai prochain le prince Harry, fils de Diana, va épouser l’actrice américaine Meghan Markle, dans la Chapelle Saint-Georges du Château de Windsor.

Un conte de fées moderne sur lequel tout ou presque a été dit, écrit et photographié. On sait même que les futurs mariés ne formaliseront pas leur union sur le plan financier, aucun contrat de mariage n’étant à l’ordre du jour.

Du glamour! Que du glamour! Les avocats de la série « Suits » n’ont qu’à bien se tenir.

 

Pas de contrat de mariage

Cet élément ­-largement passé sous silence– nous donne cependant l’occasion d’évoquer un aspect des fiançailles qui n’est pas anodin.

Si le contrat de mariage est très répandu dans les pays anglo-saxons, il n’est pas ignoré en Suisse.

 

Exemples de contrats de mariage en Suisse

Ainsi, on peut imaginer un contrat de mariage ayant pour objectif d’adopter le régime matrimonial de la séparation des biens des articles 247 et suivants du Code civil. Il a pour objectif une séparation des patrimoines et permet à chacun des époux de gérer, d’administrer et de jouir de ses biens.

On peut aussi imaginer la mise en place d’un pacte successoral abdicatif. Ce contrat notarié a pour objet qu’un héritier présomptif, à savoir un héritier en puissance, renonce à ses droits de succession

On peut aussi aller encore plus loin en prévoyant une convention anticipée d’entretien en cas de séparation ou de divorce.

Ces conventions portant sur l’entretien pendant le mariage et/ou en cas de séparation ou de divorce sont pleinement valables selon le droit suisse et le Tribunal fédéral ne les prohibe pas.

Sur demande de l’un des époux, elles sont seulement susceptibles d’être contrôlées par un Tribunal, celui des mesures protectrices de l’union conjugale ou du divorce, qui peut ne pas les ratifier selon les arguments avancés par l’un ou l’autre des époux.

Ici le juge, saisi par l’un des époux, examinera si l’accord ne lèse pas, par trop, les intérêts de l’un ou l’autre des conjoints.

Dans ce type de conventions, on règle l’entretien entre époux et à l’égard des enfants et la prise en charge des frais pendant la vie commune ou en cas de suspension de celle-ci.

On y règle également le sort du logement de famille ou des autres résidences, ou encore le sort des enfants.

 

Amour ou stratégie

Tout ceci apparaît bien trivial à l’heure des réjouissances et certains esprits chagrins iraient même jusqu’à insinuer que les questions financières sont au cœur de ce type d’union.

Non, le prince Harry s’y est refusé, arguant de sa conviction que son union serait éternelle.

L’amour plus fort que le temps, plus fort que la vie, plus fort que les vicissitudes terrestres.

Ses parents n’en sont malheureusement qu’un tragique exemple.

 

Garanties apportées par le mariage

Or, si le mariage est déjà, à lui seul, garant des droits des époux, il n’est pas toujours suffisant à régler en détail des questions que les époux peuvent et doivent parfois aborder sur un même pied d’égalité.

La liberté individuelle et la responsabilité qui y est attachée, le statut d’égalité entre époux, prôné à corps et à cris et la volonté farouche de soumettre son destin à ses propres décisions, sans les faire avaliser par un juge, devraient inciter les futurs époux quels qu’ils soient à envisager de tels accords.

Pour qu’à la fin de l’histoire, Harry et Meghan ne soient pas contraints de jouer le dernier épisode de la série télévisée Suits, en mille et un feuilletons.

And God save the Queen.


 

Véronique Fontana

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Bertrand Cantat: 15 ans après les faits, le Jury n’a toujours pas rendu son verdict

L’affaire Bertrand Cantat, est ressortie ces derniers jours des prétoires et des chroniques judiciaires, pour écraser de sa force et de sa violence le paysage médiatique. La situation est gravissime –je ne vais pas dire le contraire- et la douleur des proches de la victime est sans aucun doute extrême, comme le choc subi par certains. Dans ce contexte il m’est apparu essentiel de rationnaliser quelque peu le débat animé par les passions.

L’auteur des coups mortels a été identifié il y a 15 ans, il a, en principe, bénéficié d’un procès équitable. Il a été condamné. Il a purgé sa peine vis-à-vis de la société et il a été libéré. Mais l’affaire ne s’arrête pas là car l’homme émarge au spectacle, à la lumière, noire parfois, et au sensationnalisme.

Il a un discours et des justifications parfois décousues et incohérentes. Tout ce qu’il dit et fait se retourne contre lui, à tort ou à raison.

En Suisse, et au-delà de la peine qu’un condamné doit subir en vertu de sa condamnation prononcée par un tribunal, le législateur, poussé par un irrépressible besoin de protection ou de sanction généralisée, a développé tout un arsenal répressif accessoire. Un accessoire qui parfois devient le principal.

  • Que l’on pense à la publication du jugement dans la presse (article 68 du Code pénal) -comme si le battage médiatique d’une affaire ne suffisait pas
  • Que l’on aborde l’interdiction d’exercer une activité, d’avoir un contact ou l’interdiction géographique (article 67 du Code pénal)
  • Ou encore s’agissant de l’information donnée à la victime sur l’état de l’exécution d’une peine, ses modalités et sa fin (article 92a du Code pénal),

Tout concours à pourchasser le condamné, à l’épier, à le surveiller, et à le poursuivre au plus profond de son cachot; et l’on ne parle pas des excès de la vox populi. Le droit à l’oubli contre la vengeance perpétuelle.

Les dérapages issus de l’émotion, qui est toujours présente, nonobstant cet arsenal bien ficelé, destiné à protéger et à rassurer les victimes –à juste titre– est éminemment navrant.

Pourquoi alors ne pas condamner Bertrand Cantat à ne plus parler, ni chanter, lui interdire de se produire, de se déplacer, de vivre même…

Cette peine de mort médiatique et philosophique dont l’origine est purement émotionnelle, est indigne du droit, de la justice, des principes d’équité et de repentance.

Mais les jeux du cirque sont tellement tentants…

Visibles sur tous les supports médiatiques envisageables, générateurs de tant de profits et permettant aussi à une ribambelle de bien-pensants d’éructer leur mélodie fielleuse.

Alors Bertrand Cantat doit-il chanter ? Se taire ? S’expliquer ? Prier ? Disparaître ? Ou se réfugier dans un sombre cachot ? Un cachot qu’au Moyen-âge on appelait « les oubliettes »… ne l’oubliez pas !

Le Moyen-âge n’a, semble-t-il, jamais été aussi proche et la Renaissance n’est peut-être pas pour demain.

 

 

                                                                           Véronique Fontana

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