« La pandémie s’arrêtera le 14 mai 2021 à 16h00 »

Ce matin mes collègues parlementaires de droite ont monopolisé le temps à disposition de cette session de printemps pour une opération tapageuse bien inutile alors que l’agenda du Conseil national a déjà prévu le traitement de la loi Covid-19 lundi prochain. Toutes les demandes seront discutées à nouveau et en détail. La déclaration dont il est question maintenant, en revanche, n’est pas contraignante. Surfant sur le désespoir et l’exaspération, par ailleurs tout-à-fait justifiée, de la population, des indépendants et des petits entrepreneurs, toute cette agitation sert avant tout l’intérêt de ceux-là même qui ont pourtant freiné et diminué tant que se peut les mesures et les montants de soutien. Systématiquement, les mesures d’aides sociales à la hauteur des besoins proposées par la gauche depuis la session extraordinaire de mai 2020 à la session dernière de décembre 2020 ont été refusées ou diminuées par la majorité de droite. Un des exemples les plus choquants a été le refus de la droite, le 30 novembre 2020, d’adapter le droit du bail pour que les petits commerçants et indépendants ne soient pas inquiétés par l’impossibilité de payer leur loyer en absence ou face à une perte conséquente de leurs revenus. Mais, non, pas question de toucher aux privilèges des grandes régies immobilières !

Réalité objective vs intersubjective

Depuis une année, théories du complot[1] et/ou réactions de déni face à la COVID-19 me font furieusement penser à ce qu’on a entendu sur le réchauffement climatique pendant vingt ans. Peut-être l’occasion de rappeler certaines évidences.

Un virus et son taux de létalité ainsi que de contagion, sont des faits scientifiques. Leur réalité ne dépend pas de notre bon vouloir. Il appartient à la biosphère. Le quatrième élément de l’écosystème Terre, avec l’atmosphère, l’hydrosphère et la lithosphère. Ce sont là les seules « réalités » absolues, objectives. Celles qui découlent des règles fondamentales de la physique, de la chimie et de la biologie. Il n’est pas question d’y croire ou non, ni de prétendre les faire disparaître ou d’en modifier les caractéristiques comme par magie. La souffrance, la mort ou la vie font partie de cette réalité objective.

L’historien Yuval Noah Harari décrit très bien la distinction fondamentale à reconnaître entre objectivité, subjectivité et intersubjectivité[2]. Un phénomène objectif existe indépendamment de la conscience et des croyances humaines, c’est le système terre, l’univers, les gaz à effet de serre, la biosphère, les virus, etc. Est subjectif ce qui n’existe qu’à travers la conscience et les croyances d’un seul individu, est intersubjectif ce qui existe au sein des réseaux de communication qui lie la conscience subjective de nombreux individus. Ainsi les religions tout comme les idéologies politiques, les systèmes juridiques et les espaces économiques sont intersubjectifs. Même quand ces réalités intersubjectives se matérialisent et s’inscrivent dans le territoire, elles restent le résultat de quelque chose que nous avons créé, et que, par conséquent, nous pourrions défaire. Ainsi des empires ou des états, avec leur système juridique, dont l’existence évoluent dans le temps, de leur naissance à leur disparition, en particulier lorsque les gens cessent de croire en eux…

Souffrance

La détresse psychologique est à l’interface entre réalité objective et intersubjective, car la souffrance et le stress qui l’accompagne sont bien réelles, tangibles, mesurables. Mais ce qui la déclenche peut être le résultat ou d’un fait objectif comme la mort ou la dépression d’un proche, ou d’un fait intersubjectif comme une mise en faillite. Celle-ci repose sur notre système de droit, qui est le résultat des élaborations des Parlementaires, qui ont le pouvoir de le modifier, s’ils obtiennent la majorité. Ils pourraient par exemple décider d’interrompre les mécanismes implacables des lois du marché le temps de sortir de la pandémie. Ils n’ont par contre pas le pouvoir de limiter le nombre de variants qui se développeront à partir d’un virus.

Perdre ses ressources économiques a des impacts bien réels sur l’état de santé, en augmentant le stress et les angoisses pour demain. L’état providence, que la droite combat férocement depuis l’avènement du néolibéralisme dans les années 1980, sert pourtant justement à soutenir ceux qui se retrouvent démunis face aux aléas de la vie, le temps qu’ils puissent à nouveau retomber sur leurs pieds. Mais pour cela encore faut-il que les aides existent (ce pourquoi la gauche et une partie du centre-droit s’est battu depuis une année) et qu’elles arrivent à leurs destinataires dans les temps. Encore faut-il avoir survécu tant à la détresse psychologique qu’à la pandémie elle-même. Car être vivant ou mort sont des faits bien objectifs, irréversibles ! Si je suis confronté à un manque cruel de revenus, alors que j’ai droit à des aides, que je ne peux reprendre mon activité parce qu’elle représente actuellement un risque trop important pour tous les autres, que dois-je faire ? Exiger de pouvoir reprendre comme si de rien n’était et attendre que le ciel nous tombe sur la tête une nouvelle fois ou exiger la compréhension et la solidarité de chacun ? Par exemple celle de mon bailleur afin qu’il adapte ses exigences à cette situation si extraordinaire ? Par exemple de mes clients habituels pour qu’ils fassent don de ce qu’ils dépensaient chaque mois dans mon établissement avant la pandémie? Par exemple de mon canton pour qu’il me procure enfin les aides auxquelles j’ai droit et qui sont déjà débloquées par la Confédération ? Par exemple de ces politiciens de droite qui, majoritaires à Berne, ont le pouvoir d’adapter nos lois en conséquence ?

Les lois « naturelles » du marché

Après plus de deux siècles, les théories économiques libérales s’imposent à la plupart d’entre nous comme des lois « naturelles ». Or, elles constituent une réalité « intersubjective » qu’il s’agit absolument de distinguer de la réalité objective du monde.

Cette confusion imprègne l’élaboration de l’ensemble de la pensée néo-classique. Comme c’est actuellement l’idéologie néolibérale et ceux qui la porte qui dominent le monde et qui sont à l’origine même de l’accentuation de la prédation de l’être humain sur la nature, (et de l’être humain sur lui-même), elle porte une plus grosse responsabilité, et se voit contrainte à corriger et réinterroger très rapidement les fondements mêmes de sa puissance.

A la lumière de la distinction entre réalité objective et intersubjective, les requêtes du PLR et de l’UDC depuis le mois de février 2021 et qui se sont cristallisées dans leur action de communication de ce jour n’ont aucun sens. Il est reproché au gouvernement de ne pas présenter une planification claire de sortie de la pandémie. Mais, il ne s’agit pas ici d’établir un business plan. Il existe pour le pire et pour le meilleur un monde extérieur à celui que nous imaginons et que nous désirons.

N’étant pas des dieux, nous n’avons donc pas la possibilité de décider quelle est la capacité de rétention de la chaleur du CO2 tout comme nous ne pouvons agir sur les caractéristiques biologique d’un virus (contagiosité, létalité, etc.), mais en tant qu’êtres conscients et responsables, nous pouvons par contre cesser d’émettre artificiellement des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, tout comme nous pouvons cesser de déforester, de braconner des pangolins[3] puis de les transporter d’un continent à l’autre pour les exposer dans des marchés bondés de villes reliées au monde entier par voie aérienne[4]. Et si nous n’avons pas fait cela et que se déclenche une épidémie dans une région du monde, nous avons toujours le pouvoir de diminuer voire de cesser temporairement les échanges avec cette région. Et si nous n’avons pas fait cela, et que cette épidémie est devenue pandémie, nous avons toujours le pouvoir de prendre des mesures spécifiques de protection sur notre propre territoire, qui soit dit en passant est également le résultat des élaborations de notre esprit, et non pas de lois de la nature. Et si nous ne prenons aucunes mesures particulières qui nous empêcheraient d’être mis en contact avec des mutants de ce virus, par exemple par le biais de touristes anglais adeptes de nos belles montagnes, il n’est pas lieu de penser que ce mutant ne va pas se diffuser également parmi la population, d’autant plus si sa contagiosité est plus forte et si nous ne prenons aucunes mesures particulières pour que les gens se côtoient le moins possible. De même il n’y a aucune raison de penser que le nombre de variants du virus se limitera aux trois actuellement connus, etc., etc., etc. Il n’est donc pas envisageable, pour les membres du Conseil fédéral, tout comme pour n’importe qui, de décider par exemple que « le projet pandémie se terminera le 14 mai 2021 à 16h00 ».

Il est par contre en notre pouvoir, et de notre devoir, tant du gouvernement que du Parlement, de mettre en œuvre le plus rapidement possible et de manière appropriée, toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder les petites entreprises et les activités des milliers d’indépendants du pays, quel que soit le secteur économique (culturel, sportif, touristique, etc.) qu’ils contribuent à enrichir. Il est également de notre devoir d’envisager les mesures d’assouplissement maximales qui permettent de réduire la détresse psychologique sans risquer de relancer les contaminations. Comme cette détresse doit être prise en compte, il n’est pas possible non plus de minimiser le risque de mortalité, la fatigue du personnel soignant et la souffrance de ceux qui ont perdu un proche. C’est une pesée des intérêts très délicate qu’il s’agit de réaliser.

Alors que les reproches pleuvent sur notre gouvernement, d’un point de vue tant scientifique qu’éthique, je suis rassurée de le voir tenir bon malgré tout. Notre président de la confédération a pris ses responsabilités. De même, notre ministre de la santé, à l’écoute de la Task force scientifique, justifie les mesures de semi-confinement si impopulaires en nous alertant sur le risque que représente la diffusion en Suisse des nouveaux variants du virus. Gestion du risque. Nous y voilà. De façon assez systématique la majorité de droite du Parlement et les puissants acteurs économiques et industriels qu’ils défendent sous-évaluent le risque pour la population, qu’il soit d’ordre sanitaire ou environnemental (les deux étant d’ailleurs étroitement liés). Cette sous-estimation, associée à une incapacité ou au refus de distinguer les faits objectifs (létalité, taux de contamination, etc.) des faits intersubjectifs (économie de marché, valeur marchande, etc.) permettent tant à l’UDC qu’au PLR de se livrer à de vastes opérations médiatiques de démagogie, sans jamais envisager d’assouplir les privilèges des plus puissants, tout en s’acharnant contre les représentants de notre autorité, et en flirtant dangereusement avec l’exaspération et le désespoir légitime de la population.

 

[1] On peut relever une dizaine de théorie de complot concernant la COVID-19 : https://sciencetaskforce.ch/fr/policy-brief/adresser-le-coronascepticisme/, consulté le 11 février

[2] Yuval Noah Harari, Sapiens, Une brève histoire de l’humanité, Albin Michel, 2015, pp.140-146

[3] Toutes les évidences convergent pour affirmer que SARS-CoV-2 est un virus d’origine naturelle, qui s’est adapté à l’être humain par passage depuis les chauves-souris chez des mammifères inconnus à ce jour, ou directement chez l’être humain

[4] Le pangolin a été fortement soupçonné au départ, mais les dernières analyses ne confirment pas cette source. https://www.revmed.ch/RMS/2020/RMS-N-691-2/Origine-de-SARS-CoV-2-le-probable-et-le-possible, consulté le 11 février 2021

Valentine Python

Docteure EPFL, climatologue et géographe, Valentine Python s’investit dans l’éducation à l’environnement. Consultante scientifique, elle transmet les connaissances nécessaires pour comprendre le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité. Conseillère nationale, elle s’applique à créer des passerelles entre Science et Politique.

42 réponses à “« La pandémie s’arrêtera le 14 mai 2021 à 16h00 »

  1. 1) A partager, pour déciller DÉFINITIVEMENT les yeux:

    a) LA FABRIQUE DE L’IGNORANCE: “Comment, des ravages du tabac au déni du changement climatique, on instrumentalise la science pour démentir… la science. Une vertigineuse investigation dans les trous noirs de la recherche et de l’information.” http://www.arte.tv/fr/videos/091148-000-A/la-fabrique-de-l-ignorance/

    b) “Notre produit, c’est le doute”
    http://www.franceculture.fr/oeuvre-les-marchands-de-doute-ou-comment-une-poignee-de-scientifiques-ont-masque-la-verite-sur-des-e

    c) “Propaganda, la fabrique du consentement”

    https://details.rts.ch/docs/11244867-propaganda-la-fabrique-du-consentement.html

    http://www.dailymotion.com/video/x6kqf6i

    c) “Lobbytomie. Comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie”

    http://www.franceculture.fr/oeuvre/lobbytomie-comment-les-lobbies-empoisonnent-nos-vies-et-la-democratie

    2) Et de la matière à penser =>

    a) « Le Covid-19 n’est pas une pandémie. C’est une syndémie (…) L’interaction du Covid-19 avec la hausse mondiale continue ces trente dernières années des maladies chroniques et de leurs facteurs de risques, dont l’obésité, l’hyperglycémie et la pollution atmosphérique, a créé les conditions d’une tempête, alimentant le nombre de morts du Covid-19. » Et les scientifiques à l’origine de l’étude d’ajouter que « de nombreux facteurs de risques et maladies non transmissibles étudiés dans ce rapport sont associés avec un risque accru de formes graves de Covid-19, voire de décès ».
    http://www.philomag.com/articles/syndemie-deja-malades-avant-de-tomber-malades

    b) ” La crise du coronavirus est (…) aussi une crise du jugement, une crise de la compréhension qui frappe presque tous les pans de notre existence.”
    Ibrahima Fall

    http://www.forbes.fr/management/coronavirus-manifestation-dune-crise-systemique-du-management/

    c) ” Cette situation a été créée par le manque de préparation, de coopération, d’unité et de solidarité à l‘échelle mondiale. (…) Le monde avait besoin d’un multilatéralisme en réseau, fondé sur des liens et une coopération solides entre les organisations internationales et régionales, les institutions financières internationales et autres alliances et institutions mondiales ”
    Antonio Guterres, https://news.un.org/fr/story/2020/09/1078142

    d) “Les crises générales sont impudiques, elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit.” Régis Debray

    http://www.marianne.net/agora/les-mediologues/le-dire-et-le-faire-par-regis-debray

    e) “Le bilan de l’actuelle pandémie ne sera pas seulement sanitaire, économique et social, il sera aussi et peut-être surtout politique, et ce pour deux raisons. La première est qu’on pourra comparer finement le déroulé et les effets des mesures prises par les différents États ou régions et s’interroger sur le cheminement qui a conduit les décideurs à orienter l’action dans une voie plutôt qu’une autre. À mi-chemin d’un tel bilan, le phénomène le plus frappant est bien entendu une étonnante cacophonie. Ce qui introduit la seconde raison : une telle pandémie était annoncée depuis longtemps et les États étaient donc en mesure de s’y préparer, avec des moyens déjà éprouvés dans d’autres cas, en particulier à l’occasion de l’épidémie de Sras en 2002-2003.
    http://www.books.fr/prochaine-pandemie/

    f) “On leur apprend le leadership et les principes du management, mais on ne leur enseigne pas à faire preuve de modestie dans l’action et de savoir écouter. Or, faute d’une telle posture, les décisions prises, outre qu’elles demeurent souvent inefficaces, courent le risque d’aggraver la situation – ce qui en l’occurrence a été le cas. Dans un autre article publié au début de la crise, nous concluions ainsi que “cette crise sans précédent est aussi celle de l’inorganisation : formidable paradoxe d’une société sur-organisée, c’est-à-dire saturée d’organisations de toutes sortes, mais qui rencontre tant de difficultés à organiser ces organisations, c’est-à-dire à organiser leur coopération.” La sociologie des organisations offre pourtant de nombreuses clefs pour, non seulement comprendre ce paradoxe, mais plus encore le résoudre.”

    http://www.sciencespo.fr/actualites/actualit%C3%A9s/covid-19-une-crise-organisationnelle/5041

  2. Excellent article! Il faut constater quand-même que ce n’est pas la théorie économique qui soutient les actes des partis de la droite. Selon les économistes, l’Etat est censé implémenter des mesures contre la pandémie afin d’optimiser le bien-être de toute la société, et dans le même temps compenser ceux qui souffrent de ces mesures politiques, comme p.ex. les petits commerces, etc.
    Ce n’est pas la théorie économique qui est néo-libérale, c’est le choix politique de ceux qui prétendent défendre les intérêts des entreprises. Mais “l’économie” est bien plus que cela : L’économie comprend également les consommateurs, les ménages et le contribuable, et donc chaque individu de notre société. La stratégie du Conseil Fédéral doit bel et bien considérer le bien-être de nous TOUS et non seulement des intérêts particuliers.
    Mais où sont les experts en sciences économiques qui pourraient expliquer cela à nos représentants politiques?

  3. Quel post brillant 🎩

    Lisez-le, tous ceux qui n’ont pas encore compris (ou font semblant) le vrai génie féminin!

    1. @ trolls,
      développez vos arguments, au moins en deux ou trois lignes et qui sait, peut-être, pourra-t-on rire de vos quolibets?

      Ou alors, vous ne pourriez que me donner raison 🤣🤣🤣

      Chers trolls, bien à vous 🤣

  4. Magnifique texte. Il est vraiment dommage que les clivages gauche-droite et les dogmes/croyances économiques nous empêchent de voir l’évidence.

    La véritable épreuve posée par ce virus, c’était de tester notre capacité en tant qu’espèce soudainement menacée à nous unir et faire front de manière solidaire pour gagner tous ensemble.

    Nous avons échoué lamentablement sur toute la ligne: le chacun pour soi, le nationalisme, l’arrogance (mettre la faute sur l’autre) et l’opportunisme ont pris le pas sur l’intérêt collectif. Les statistiques de la pandémie n’ont servi à nous comparer aux autres dans une compétition vouée à l’échec.

    Le virus a donc pu se répandre dans chaque recoin de la planète, infecter toutes les populations et apprendre à mieux nous connaître. Il s’est adapté et a muté de telle sorte que, malgré nos vaccins high-tech, il est assuré de survivre plusieurs années et jouer ainsi son rôle de transformation de notre société. Tout s’est joué en juin dernier où l’occident aurait pu contenir l’expansion du virus en attendant de pouvoir vacciner en masse. Mais il est trop tard et, au mieux, nous pouvons espérer éviter de vivre une crise permanente en mettant à jour la vaccination de la population 1 ou 2 fois par an tout en continuant à restreindre certaines libertés de manière permanente. C’est la fin d’un demi siècle d’insouciance.

    J’envie votre énergie ainsi que votre capacité à lutter et essayer de convaincre. Moi, je n’y crois plus et je fuis la nocivité des frustration que ces débats engendrent. Tant pis pour l’espèce humaine, la planète y survivra.

    Car, quand la résolution d’un problème grave ne fait qu’engendrer des actions qui péjorent la situation, on assiste alors à un emballement, connu des mathématiciens, qui précipite l’effondrement.

    Peu importe le lobyying de la droite au parlement pour museler ceux qui disent vrai. Pas besoin de se battre, il suffit d’attendre… et plus la bêtise sera aux commandes et moins nous aurons à patienter.

    1. Merci,
      Je comprends votre lassitude. Mais il me semble qu’il y a encore tellement de choses à tenter avant de baisser les bras. Et l’être humain est également capable du meilleur…c’est là en chacun de nous, mais il faut le cultiver soigneusement.

      1. Merci pour ce brillant article qui remet bien la situation actuelle en perspective et qui fait entendre une voix beaucoup plus pertinente que celle de certains politiques.

    2. JULIEN_LE,
      ton pessimisme est affligeant.
      Oui, nous vivons une pandemie, ce n’est ni la 1ère ni la dernière. D’autres ont été autrement plus mortel, la typhoïde, la variole ou la peste noir ont décimé un tiers de la population et la grippe Espagnol près de la moitié de la population en occident.
      Alors dire que nous avons raté le virage, c’est s’autoflager. Moi je constate que nous avons une légère augmentation des décès et principalement pour des personnes à risques et d’un âge assez conséquent.
      De plus en moins d’un an nous avons déjà plus de 10 vaccins qui sont opérationnels et d’ici là fin de l’année la majorité de la planète sera vacciné.
      Pour rappel, en Juin de l’an passé, il n’y avait aucune certitude que nous aurions un vaccin aussi rapidement, alors quelle décision prendre ? Pas facile mais en ce qui me concerne le choix n’a pas été si catastrophique.
      Je te rappelle aussi que ce virus est présent et qu’il ne va pas disparaître par enchantment, . Il risque de nous accompagner pour un moment, comme toutes les souches de de type.
      Les mesures prisent ont été nécessaires pour éviter un engorgement des services hospitalier afin qu’ils puissent faire face aux nombres de personnes nécessitant une hospitalisation et cela à plutôt bien fonctionné. Pour rappel en Suisse, zéro décès chez les moins de 45 ans, et quelques personnes chez les moins de 65.
      Il est facile pour la majorité de critiquer, mais il fallait prendre des décisions et elles n’ont pas été si mauvaises

  5. Chère Madame,
    Au-delà de la brillance de vos lignes, qui ravissent apparemment certains mais ne me séduisent que modérément, je lis la phrase suivante: “Il est par contre en notre pouvoir, et de notre devoir, tant du gouvernement que du Parlement, de mettre en œuvre le plus rapidement possible et de manière appropriée, toutes les mesures nécessaires pour sauvegarder les petites entreprises et les activités des milliers d’indépendants du pays, quel que soit le secteur économique (culturel, sportif, touristique, etc.) qu’ils contribuent à enrichir”.

    Auriez-vous l’amabilité de nous indiquer quelles propositions – sérieuses – la formation à laquelle vous appartenez a faites à cet égard? Bien que ne souffrant pas de problèmes d’ouïe, ni de déficit d’attention, je ne suis pas certain de les avoir entendues?

    Bien à vous.

    1. C’est exact que nous n’avons pas beaucoup entendu ces propositions ! Oū aurions-nous pu les entendre ? Pas à la télévision suisse romande, service public qui ne nous informe pas de ce qui se passe aux Chambres fédérales . Il n’y a plus d’émission consacrée et la couverture médiatique depuis la deuxième phase de la pandémie n’est pas respectueuse de son mandat d’information de service public envers les citoyens . Le 19h30 , avec notamment MM Revaz et Nebel, est devenu une caisse de résonance de l’UDC et du PLR , banalisant et légitimant leur propos sans permettre une contextualisation démocratique ! La radio avec « Forum «  reste dans l’nformation Indispensable en démocratie mais ne suffit pas pour qu’on puisse entendre et savoir ce qui se passe aux Chambres et qui décide quoi !
      Je suis très inquiète pour la démocratie suisse et aimerais aussi qu’on débatte de ce qu’elle devient instrumentalisée dans cette pandémie ! Se manifestent bien des méthodes qui devraient alarmer, pas seulement l’utilisation du bouc émissaire . Devons être vigilants !

  6. Je me vois mal contester les faits , mais on peut interpréter les résultats différemment :
    Est-ce que la pandémie qui a causé la mort de plus de 10’000 personnes en Suisse ( 1.2 pour mille ) est très grave ou relativement grave ? n’est plus une question objective mais devient subjective en fonction de nos repères culturels …
    On peut tout autant considérer que le virus s’est conduit comme un prédateur dans la brousse … laissant les bien portants vivre et même , ce virus a eu la “sagesse” de ne pas s’en prendre aux enfants !
    Donc le point de vue scientifique ne suffit pas à donner une réponse toute faite …
    (…)
    De même , la question climatique est encore plus complexe car on ne maitrise pas tous les paramètres qui participent au changements climatiques :
    ceux qui se contentent de mesurer le taux de CO2 sont très loin de la vérité et même en admettant que le CO2 augmente l’effet de serre ( démontré en laboratoire , mais pas in vivo ) . Le GIEC a repris ces estimations écrivant 3 watts/m2 pour le forçage radiatif anthropique dans ses derniers rapports , sans donner en comparaison l’effet de serre global de 155 watts/m2 nous apportant un surplus de chaleur bienvenue , sans quoi la Terre serait gelée en permanence ! L’énergie mesurée au-dessus de l’atmosphère restant aux environs de 240 watts/m2 selon les satellites.
    Quand on convertit la mesure en watts/m2 en °C en prenant en compte cette différence de 3 watts/m2 , on trouve , selon la formule T = 100 * racine quatrième ( P/ 5.67)
    – pour 395 watts/m2 (240 + 155) : 288.9 ° K ou 15.75 °C
    – pour 392 watts/m2 (240 + 152) : 288.35 °K ou 15.2 °C
    soit une différence de 0.55°C de différence n’expliquant pas toute le différence mesurée depuis un siècle .
    Le GIEC s’est ensuite enfoncé dans des théories scabreuses pour tenter de trouver la partie manquante qui pourrait bien être expliquée par une différence d’albedo , que nous ne connaissons pas avant les satellites , ou les conséquences de cycles océaniques que nous commençons à peine de comprendre …
    J’ajoute que comme l’effet de serre suit une courbe logarithmique , deux fois plus de CO2 n’entraîne pas deux fois plus d’effet de serre , ce qui explique que du temps des dinosaures ou des premiers mammifères , le climat était supportable avec des taux de CO2 allant jusqu’à 2000 ppm …
    Ces questions restent ouvertes malgré les certitudes des valeurs affichées de nos capteurs ultra performants …

  7. Des réflexions, telles des boussoles en ces temps désorientés:

    “La révélation foudroyante des bouleversements que nous subissons est que tout ce qui semblait séparé est relié, puisqu’une catastrophe sanitaire catastrophise en chaîne la totalité de ce qui est humain.”
    Edgar Morin (Le Monde, 19-20 avril 2020)

    “TOUT CE QUE L’ON CROYAIT SOLIDE. Comme trop souvent dans l’histoire, le monde peut basculer sans que personne n’ait rien vu ou rien voulu voir. Reprenant la thèse qui traverse toute son oeuvre romanesque, l’illustrant par des exemples, des anecdotes et des réflexions personnelles, Antonio Munoz Molina interroge la responsabilité individuelle et collective, appelle à sauver les valeurs universelles des sociétés démocratiques et propose la refondation d’une morale de la citoyenneté.”
    http://www.seuil.com/ouvrage/tout-ce-que-l-on-croyait-solide-antonio-munoz-molina/9782021118841

    “Chacun devrait vérifier à intervalles réguliers sa capacité à résister aux évènements qui pourraient lui porter tort. (…) Peu de gens, peu d’organisations, ont le courage d’établir une liste lucide des risques qu’ils peuvent courir, des catastrophes qui peuvent les atteindre. Et moins encore créent les conditions pour les éviter, ou se préparent à en atténuer les conséquences, si elles ont lieu. C’est pourtant un exercice fort salutaire. Il exige de passer en revue tous les scenarii, de quantifier autant que possible leur vraisemblance, de réduire la probabilité des moins désirables, et l’impact de leur avènement.”
    Jacques Attali (www.attali.com/societe/eloge-de-la-lucidite)

    «Il nous appartient de veiller tous ensemble
    à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers.”
    Stéphane Hessel (INDIGNEZ-VOUS ! ENGAGEZ-VOUS!)

    1. Jacques Attali? Une référence sûre. Exemples:

      ” Dès qu’il dépasse 60-65 ans l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part en tant que socialiste contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures.”

      Jacques Attali – “L’avenir de la vie” (1981)

      ” L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures dans tous les cas de figure. Dans une logique socialiste, pour commencer, le problème se pose comme suit : la logique socialiste c’est la liberté, et la liberté fondamentale c’est le suicide ; en conséquence, le droit au suicide direct ou indirect est donc une valeur absolue dans ce type de société.

      L’euthanasie deviendra un instrument essentiel de gouvernement.”

      Extraits de L’homme nomade , Ed. Le Livre de Poche (2005)

      (Sources: http://citeetculture.over-blog.com/article-attali-pour-l-euthanasie-a-62-ans-57318950.html).

      L’avenir du saucisme et les lendemains qui sentent ont encore de beaux jours devant eux, non?

  8. Je suis un homme de droite, un PLR déterminé, quelqu’un à qui voter vert ne lui vient même pas à l’idée. Mais, bien que je crois fermement que les actions gauchistes des dernières années ont contribué à aggraver l’impact de la pandémie (sur le plan de la santé et de l’économie), je suis très déçu par le manque de réflexion à long terme de la droite ces derniers temps. Mélangés aux idées conspirationnistes de l’UDC, cela fait un cocktail que j’ai beaucoup de mal à avaler. C’est la dernier ligne droite. Je propose d’ouvrir au tout dernier moment, au fin du moins de Juin, quand les vaccins auront fait leurs premiers effets et pour permettre à l’économie estivale de ne pas mourir complètement. Mais faire des plans sans aucune visibilité future comme celui-ci, n’a rien d’une bonne stratégie. Ouvrir en mars revient à fermer en été. Cette décision est tout à fait regrettable, et ce manque de cohésion ne ressemble en rien aux valeurs que mon parti et moi défendons.

    1. D’abord un grand Merci à Valentine pour son excellent article. Mais je vais déraper du sujet en reprenant votre texte.

      Je sui un homme plutôt de gauche, et franchement un vert à qui voter PLR ne lui vient pas à l’idée.

      Mais… Comme je vous comprends. Les propositions PLR-UDC de cette semaine ne sont pas constructives, voire dangereuse. Je suis quasiment d’accord avec les 2 derniers tiers de votre message, mais j’aimerai ajouter ces commentaires:

      Que veut dire ouvrir au tout dernier moment?

      On nous ressasse depuis une année que les restrictions servent à protéger nos ainés ainsi que les personnes à risques et d’éviter la saturation de nos hôpitaux pour soigner au mieux toutes les personnes qui en ont un besoin urgent, principalement lié au COVID.

      D’après les courbes publiées par la confédération, plus de 90% des hospitalisation sont des personnes de plus de 60 ans, plus de 90% des personnes décédées sont des personnes de plus de 60 ans. Si la vaccination demeure efficace pour le covid et ses variants et rien ne prouve le contraire pour le moment, je pense que lorsque les plus de 60 ans le désirant seront vaccinés, il n’y a aucune raison de continuer des restrictions, quelle qu’elle soient, le risque pour la population devenant bien plus faible que beaucoup d’autres et surtout acceptable. Naturellement, conserver les gestes barrières un certain temps semble très raisonnable.

      Après avoir vu l’émissions infrarouge hier soir concernant un possible passeport vaccinal, l’aspect que je souligne ci-dessus n’a été que vaguement mentionné, alors que ce devrait être une clef de notre politique. Au contraire le CF semble vouloir vacciner un maximum de personnes, y compris les jeunes, il faut bien écouler les vaccins achetés, mais je ne vois aucune raison de le faire. Je gage que lorsque ce passeport vaccinal sera prêts, les personnes à risques seront toutes vaccinées. Un passeport COVID pour permettre ou pas des activités à l’intérieur de la suisse me semble un non sens. A l’international, cela se discute tant que les situations des pays restent très différentes.

      Allez-vous promouvoir une telle approche?

      1. Ce n’est pas du tout de ma compétence, mais je me risque à une hypothèse: en laissant “trop” circuler le virus, même chez ceux qui n’ont pas trop à craindre de l’avoir, on favorise le risque de mutations.
        (cela dit, les stocks de vaccins sont aussi une raison qui me paraît plausible, vous avez raison).

        1. Oui, vous avez raison, je crois que c’est un risque naturel que l’on ne peut éviter. Quel en est le risque? Incapable de le dire! Par contre on peut observer que depuis une année que le virus circule quand même pas mal, il n’y a pas encore de variant que l’on ne peut traiter par les vaccins actuels.

          Par rapport aux vaccins, je suis d’avis que nous donnions le surplus que nous allons avoir à un certain moment, ou en tout cas une partie importante, au programme Covax dès que les personnes à risque seront vaccinées, afin d’accélérer la reprise globale.

  9. Qui fait penser =>

    1) “C’était en 1962: Rachel Carson et le “Printemps silencieux” : la biologiste qui avait prédit la catastrophe écologique à venir”

    http://www.franceculture.fr/emissions/la-marche-des-sciences/rachel-carson-celle-qui-transforma-lamerique

    2) “En 1896, dans The London, Edinburgh, and Dublin Philosophical Magazine and Journal of Science, le professeur suédois Svante Arrhenius, prix Nobel de chimie en 1903, pionner de l’étude de l’effet de l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère sur le climat et sur l’effet de serre, publiait un long article sur le sujet: On the influence of carbonic acid in the air upon the temperature of the ground”

    3) “Nous savons, mais nous ne croyons pas ce que nous savons.”
    Jean-Pierre Dupuy
    http://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/dereglement-climatique-nous-savons-que-la-catastrophe-nous-attend-mais-nous-n-y-croyons-pas-indique-un-philosophe_2982403.html

  10. Il y a quelques surprises à penser aux sens des nombres et des chiffres … mais effectivement la solution à tous les problèmes sociaux, climatiques et économiques seraient de rester chez soi en attendant que l’Etat paie. Et comme on met tous nos œufs sur la même planète, c’est certain que je suis contente qu’on m’enlève mes revenus immobiliers quand j’ai plus les autres revenus à cause d’une réalité objective qu’est la mutation d’un virus. Hyper objectif le virus, si seulement on pouvait lui parler…

  11. « Les maths c’est magique! » c’est extraordinaire comme ça explique « tout »… mais « Dieu serait-il mathématicien? » (Mario Livio)

  12. Le sars-cov-2 finira, comme le coronavirus apparu vers la fin du 19ème siècle, par devenir banal et endémique. Autant dire que l’humanité y survivra.

    Les plus faibles (âge, obésité et les maladies cardiométaboliques, qui le plus souvent s’y greffent) trépasseraient si ce n’était la vaccination, qui, de plus, est la bienvenue pour accélérer le régime stationnaire de cette endémie.

    Il est cependant inoportun de vacciner la population la plus jeune (sauf exception) dès lors que cela est de nature à entraver l’évolution du virus vers la banalisation et la stabilisation endémique. De plus, faire courrir le risque d’une vaccination dont on ne connaît pas les effets à moyen et long termes à des personnes qui n’en bénéficie pas est … , pour ne pas être polémique, inadmissible.

    L’expérience relatif au vaccin contre la dengue doit être pris en compte. La précipitation nuit. Le manque de transparence tue. La technologie Astrazeneca/Sputnik-V n’est pas nocive en elle-même.

    1. Pourriez-vous effacer mon message, s’il vous plait. Lorsque j’envoie deux messages immédiatement l’un après l’autre, ils forment un tout. Merci Madame le censeur.

  13. Le foutoir parlementaire fédéral

    Qu’il adopte une loi. Qu’il interdise les mandats du type de ceux de la taskforce. Qu’il se proclame seul expert compétent. Qu’il proclame l’ouverture de ce qu’il veut, quand il veut. Qu’il n’oublie pas la clause d’urgence (majorité des élus dans chaque chambre).

    Qu’il se la coince et légifère.

    Qu’il assume les conséquences de ses lois.

    Qu’il adopte une loi fédérale urgente dérogeant à la constitution l’érigeant en Junte sanitaire, si cela lui chante.

    Qu’il assume les conséquence de la poussive loi à venir. Qu’il assume la démonstration à venir de ce qu’il est le temple de la gesticulation aux frais du citoyen.

  14. Bonjour Madame,

    Vous avez raison dans le fait que les victimes des décisions étatiques doivent être indemnisées (je tiens sur ce mot : ils n’ont pas besoin d’aides, n’étant pas affectés directement par la pandémie, mais de réparations contre des décisions prises par l’Etat. Il s’agit de responsabilité civile, un des piliers de l’état de droit, qui s’applique totalement lorsque l’Etat sacrifie quelques personnes pour l’intérêt du plus grand nombre (même si ici les proportions semblent quelque peu s’inverser)).

    Cependant, vous demandez aux “grandes régies immobilières” de payer les dommages. Premièrement, les régies ne sont que les représentants de propriétaires immobiliers. La taille de ces derniers est aussi variée que celle des entreprises. Il y a bien évidemment quelques magnats de l’immobilier et des sociétés cotées en bourse qui possèdent des parcs immobiliers importants, mais aussi de simples individus qui mettent en location un unique lot PPE, des fonds de pension (nos retraites) et autres. Oublier cela et faire payer l’addition aux “riches” propriétaires ne fait donc que repousser le problème sous le tapis. Et il ne saurait être question de limiter les mesures à certains propriétaires, sans créer une forte inéquité entre les locataires (ce ne serait certes pas la première inéquité dans les mesures covid).

    En assouplissant le droit du bail, vos propositions ne font qu’affaiblir encore un peu plus l’état de droit qui prévalait dans notre pays avant l’arrivée du virus chinois et sa contamination de nos institutions. Le Conseil Fédéral a cassé, le Conseil Fédéral doit payer. Même si cela implique de doubler ou tripler la dette de notre pays, au risque de ramener les taux d’intérêts de la Confédération en territoire positif.

    Je ne m’étendrai pas concernant la “réalité taux de létalité” de ce virus, qui est de 1.7% en Suisse. L’Histoire jugera les décisions politiques, à moins que cette crise ne s’oublie encore plus vite que celle de la grippe espagnole, autrement plus dangereuse, à une époque moins propère et moins médicalisée.

    1. Le Conseil fédéral a agit licitement, il n’y a donc pas lieu à indemnisation sauf si une loi spéciale adoptée par le parlement le prévoit.

      Les bistrots sont des entreprises qui prolifèrent en sous-payant leurs employés, lesquels en conséquence ne paient pas, ou peu, d’impôts. Ce qui oblige les autres contribuables à en payer plus. En définitive, les bistrots sont chroniquement subventionnés. S’il y en a moins, cela permettra peut-être que ceux qui restent aient plus de clients et, ainsi, de rémunérer convenablement leurs employés et d’arrêter d’être chroniquement aidés. Dès lors je ne vois pas pourquoi les propriétaire devraient les subventionner.

      Quant aux employés, il suffit de relever que le droit de séjourner en Suisse n’est pas inconditionnel, même pour les ressortissant européens.

      Toute cette morgue revendicatrice est indécente lorsque que l’on pense au sort des invalides militaires qui ont atteint l’âge AVS et se retrouvent avec une rente égale à la moitié de ceux qui sont atteints d’un accident dans le civil. Si il n’y a pas assez d’argent pour eux, qui ont perdu la santé à notre service, il n’y en a pas pour des pourvoyeurs d’alcool.

      Mais il est vrai, ils sont peu nombreux, on parle de peu de millions et non de milliards et ils sont hommes.

      1. C’est peut-être licite, mais est-ce juste? Si la loi est mal faite, il faut en changer. Si nos autorités prennent des décisions alors nous en sommes responsables. Je crois qu’aucune entreprise ne devrait être acculée à la faillite à cause de ces décisions. Nous devrions les supporter solidairement. Nous en avons les moyens.

        Il est vrai que beaucoup d’entreprise sous paye leur employés et pas uniquement dans le domaine de la restauration. Domaine hospitalier, domaine agricole… et bien d’autres. Est-il normal qu’un salaire suisse ne permette pas de vivre en suisse? Non, je pense que vous serez d’accord. Est-il normal après la votation du salaire minimum à Genève, l’application introduise des dérogations? De même, non. Mais qui en profite et qui est content de payer moins cher. Nous tous. Je ne crois pas que ce soit une bonne raison de ne pas indemniser ceux qui sont affectés par les décisions de nos autorités. C’est un problème qui doit être résolu pour lui-même.

        1. Les invalides militaires de milice qui atteignent l’âge de 65 ans voient leur rente être réduite à la moitié de celle que recoivent les invalides accidenté au civil. Pourquoi ? Pas d’argent dans les caisses fédérales dit-on !

          Dès lors comment se fait il que, si l’on ne trouve pas un nombre très restreint de millions, on trouve des milliards pour les distributeurs d’alcool en surnombre que sont de nombreux bistrots, qui n’ont pas l’utilité du personnel des établissements de soin et qui exploitent une main d’oeuvre, qui peut parfaitement retourner chez elle dès lors que l’ALCP ne s’y oppose pas par principe ?

          Apparemment un employé étranger de bistrot vaut plus qu’un invalide militaire. Mais il est vrai que ce n’est qu’un homme, suisse et vieux et qui a des “papiers”.

  15. Merci pour votre article! Cependant, je lis “Un virus et son taux de létalité ainsi que de contagion, sont des faits scientifiques (…) Ce sont là les seules « réalités » absolues, objectives.” Non: ces premiers sont peut-être des faits mais ne deviennent scientifiques que par une interprétation intersubjective – notamment par des mesures qui diffèrent d’un endroit à un autre, des statistiques qui sont autant d’interprétations, la correspondance ou non à des modèles mathématiques tout aussi sont intersubjectives (qui disait de nouveau: je n’ai jamais vu une formule mathématique se balader dans la nature?), etc. Vos conclusions au sujet de la gestion politique de la pan-/syndémie restent donc illusoires. D’autant plus que cette gestion se base sur des indicateurs changeants, et que l’on ne peut constater pour l’instant, en comparant les chiffres publiés par pays, aucune relation causale entre la panoplie illogique des actions politiques restrictives de liberté (contre lesquelles votre source Harari a mis en garde en mars 2020) et les mesures scientifiques des taux de létalité et de contagion. Pas besoin d’adhérer à l’UDC ou au PLR pour se lasser de cette situation.

  16. Chère docteure,
    Il n’y avait pas besoin d’autant de mots pour démontrer qu’en fait vous n’avez rien compris. Les questions qu’il faut se poser ne sont pas scientifiques mais politiques. On ne peut tout simplement pas continuer à vivre comme ça. Il faut accepter les caprices de la nature et arrêter de vouloir tout le temps la contrôler avec l’hypocrisie des mesures sanitaires.

    1. “On ne peut tout simplement pas continuer à vivre comme ça.”
      Et pourquoi donc paniquer, vouloir une troisième vague pire que la deuxième et achever des suisses et la Suisse pour des bistrots ?

  17. Merci Madame pour votre engagement, votre combat contre cette droite impitoyable.
    Irresponsables face aux entreprises, irresponsables face au virus, face à la détresse des aînées et aînés et celle des jeunes, face aux artistes et à la culture, face aux restaurateurs, face à l’urgence climatique et à la disparition de la biodiversité… et irresponsables surtout face aux responsabilités que nous leur avons confiées, voilà que la grande majorité des parlementaires de droite, UDC et PLR en tête, découvrent leurs vrais visages…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *