Covid-19: Lettre ouverte à nos dirigeants

A nos chers dirigeants,

Au départ, je ne souhaitais pas parler du Covid-19, car je ne suis ni épidémiologiste, ni médecin, et encore moins responsable de santé publique. Mais, à force de privilégier l’économie au détriment de la santé publique, vous préférez mettre en danger nos concitoyens les plus vulnérables.

Gouverner, c’est prévoir. Ne rien prévoir, ce n’est pas gouverner, c’est courir à sa perte.

Emile de Girardin, Les cinquante-deux, 1849

Ces dernières semaines, je n’ai vu qu’imprévoyance et irresponsabilité, à l’image des réponses ridicules du Conseiller d’État vaudois Philippe Leuba. Bien sûr, rien ne sert de paniquer, mais votre attentisme accélère la propagation du virus alors qu’il eût fallu la ralentir au maximum. Le florilège des paradoxes serait trop long à lister, mais en voici quelques-uns :

L’on interdit les manifestations publiques, mais l’on approuve que les gens s’entassent dans les transports publics ou dans les bars. L’on souhaite protéger nos personnes les plus vulnérables, mais certains employeurs irresponsables exigent que de personnes à risque viennent sur leur place de travail. Sur un même lieu, vous avez une Université qui maintient ses cours, tandis que l’Ecole polytechnique adjacente suspend les cours ex cathedra au profit de cours en ligne. Des employeurs exigent la présence de leurs employés, alors qu’un travail à distance serait possible, peu contraignant et confinerait un nombre important de personnes à leur domicile. On interdit les voyages vers l’Italie, mais les frontaliers italiens peuvent allègrement traverser la frontière.

S’ajoute à la cacophonie ambiante, une communication désordonnée, en raison du fonctionnement de notre Etat fédéral. Votre attentisme diffusait lentement au sein de la population une angoisse grandissante, amenant les gens à se ruer dans les magasins ou dans les shops en ligne. Les gens ressentent quand on balbutie, quand on doute, quand on hésite. Vous balbutiez confusément des décisions sanitaires, par crainte des lobbies ? Par crainte d’une crise économique ? La peur vous a paralysé. Tout le monde, y compris les PME, attendaient quelques mouvements de vos lèvres, quelques sons de votre bouche. Ce n’est qu’en contenant l’épidémie que vous auriez rassuré, et vous auriez rassuré également si vous aviez annoncé un soutien fort à l’économie.

Pourtant, vous aviez l’exemple de la Chine, du Japon, de la Corée, puis de l’Italie. Cependant, votre fatuité enflant plus rapidement que votre intelligence, vous pensiez pouvoir ralentir la propagation du virus en prenant des mesures par paliers. Vous êtes finalement contaminé par un virus dangereux pour des politiciens : l’esprit d’escalier.

Bien sûr, aujourd’hui, vous allez annoncer des mesures drastiques, plus par imitation de nos voisins que par réelle conviction. C’est un peu tard, car vous avez déçu beaucoup de citoyens, beaucoup de vos électeurs, beaucoup de vos employés.  J’espère sincèrement que ces mesures pourront ralentir la propagation exponentielle du virus et que les pertes humaines seront limitées. A défaut, beaucoup vous tiendront pour responsables de ce désastre. Avec un peu de chance, ce virus ne sera pas si mortel que cela (c’est probablement le cas lorsqu’on prendra en compte l’ensemble des contaminés), mais imaginez un seul instant si le virus était encore plus dangereux… A force de sacrifier l’essentiel sanitaire à l’urgence économique, vous avez oublié l’urgence de l’essentiel sanitaire.

Dans l’espoir que cette crise vous ouvre un peu les yeux, je vous prie de croire néanmoins, chers dirigeants, à l’assurance de mes sentiments dévoués.

 

Valentin Conrad

Valentin Conrad

Valentin Conrad

Né en 1988 à Genève, Valentin Conrad a étudié le droit aux Universités de Genève et de Neuchâtel. Après de brèves expériences dans l'industrie horlogère et pharmaceutique, il rejoint l'EPFL en 2016 en tant que juriste. Il se spécialise notamment en protection des données. Politiquement, il défend des idées humanistes et souverainistes.

39 réponses à “Covid-19: Lettre ouverte à nos dirigeants

  1. Il n’y a pas besoin d’être expert pour constater l’échec d’une pensée politique linéaire avec des actions réactives par paliers prise en comité face à un phénomène exponentiel mesuré avec un temps de latence de 5-6 jours (incubation) et un taux de détection au dessous de 100% (on ne teste que les cas avec des smptômes graves). Cela signifie (comme l’expérience chinoise nous le montre) que le temps entre le moment ou l’on plante les freins et le moment ou l’on commence à ralentir est de 10-12 jours. Ce qui représente ~ un décuplement des cas. En gros, si on actionne le frein d’urgence aujourd’hui (1000 cas), le pic sera à 10000 cas.

    Chaque jour de retard, c’est +25% à +30% de malades que notre système de santé va devoir absorber lors du pic. Notre système de santé n’est pas meilleur que celui de Lombardie. Attendre c’est au final augmenter l’impact sur l’économie et sur la santé.

    Je pense qu’il est temps d’actionner AZ-5.

    La lecture du rapport de l’oms sur la chine est très intéressante.
    https://www.who.int/docs/default-source/coronaviruse/who-china-joint-mission-on-covid-19-final-report.pdf

      1. Et bien tant mieux! 13 morts sur 10000 cas = cela abaisse drastiquement le taux de mortalité.

        Ne cherchez pas à vous alarmer en lisant la presse; elle vit du put’a clics… faites confiance à nos institutions, elles sont solides, et suivez les consignes officielles.

        1. Vous oubliez le décalage de plusieurs semaines entre le moment de détection de la maladie et le décès du patient. Mises à part quelques personnes déjà atteintes dans leur santé, il faut compter deux à trois semaines avant le décès… Le premier cas a été détecté en Suisse le 25 février.

    1. Exact, le problème est une pensée linéaire par rapport à un phénomène exponentiel et des gens qui ne consultent pas les spécialistes voire ne les comprennent pas suffisamment tôt ou les prennent pour des alarmistes. En fin de compte la facture économique et sanitaire n’en sera que plus grande….
      Et l’armée dans tout cela ? Quel est le plan de gestion des écoles de recrue, véritables foyers potentiels (promiscuité, gestion sanitaire douteuse…) avec ces regroupements de jeunes adultes qui se promènent tous les week-ends à travers tout le pays pour rejoindre leurs proches?

  2. Le problème des politiciens c’est qu’ils sont programmés pour une pensée avant tout électoraliste, de parti et de ses dogmes à respecter. Le virus, comme tout agent infectieux ou pollueur, obéit à d’autres règles. Alors gouverner, c’est prévoir, et là est le problème. Et ce ne sont pas les signaux d’alertes qui manquent..

  3. Je suis de plus en plus agacé par tous ces haut fonctionnaires, juristes à l’EPFL et autres professeurs d’université (retraités ou pas), confortablement installés dans la sécurité de l’emploi qu’offre leur statut de fonctionnaire ou apparenté.

    Il est facile de gloser sur l’économie lorsqu’on est à l’abri du chômage, qu’on n’a pas à sortir des salaires tous les mois ou qu’on n’a pas à se demander si on aura encore un emploi dans trois semaines.
    Quid de toutes ces PME, ces entreprises, ces restaurants et hôtels qui luttent pour leur survie, de tous ces employés du privé qui risquent leur emploi … et accessoirement paient des impôts qui permettent de payer les salaires de certains des blogueurs du Temps ?

    Une gestion de crise doit aussi tenir compte de ces aspects qui, s’ils sont ignorés voir méprisés, pourraient rapidement s’avérer être un remède pire que le mal.
    Le concept de “vulnérabilité” n’a pas qu’une seul facette.

    1. Votre agacement m’indiffère, car si vous ne comprenez pas l’urgence sanitaire, alors il me sera difficile de vous convaincre. Contrairement à vous, je ne méprise personne, surtout pas nos PME. Cela dit, qui vient se plaindre auprès de fonctionnaires pour solliciter une aide financière? Je ne mésestime pas la catastrophe économique. C’est pourquoi il aurait fallu des mesures fortes pour l’économie, au lieu des tergiversation de nos politiques. Mais, permettez-moi tout de même de placer au-dessus la santé de nos concitoyens, plutôt que votre inquiétude mercantile.

      1. Indépendant depuis 20 ans, et contrairement à vos « brèves expériences dans l’industrie horlogère et pharmaceutique », je travaille quotidiennement avec toutes sortes d’industries, essentiellement des PME industrielles ou de petites institutions.

        Je discute tous les jours avec les employés et les patrons et je perçois les inquiétudes de tous : va-t-on pouvoir encore livrer, que faire si je perds mon emploi, faut-il mettre mes employés au chômage technique, etc. Je suis sûr qu’ils seraient ravis d’apprendre que leurs inquiétudes sont mercantiles (“je ne méprise personne” disiez-vous ?).

        Evidemment qu’il faut lutter par tous les moyens contre la pandémie ! Mais si c’est pour retrouver une économie en lambeaux dans quelques mois, une fois l’épidémie passée, nous n’aurons fait que tomber de Charybde en Scylla.

        La gestion de crise c’est aussi tenir compte de l’après, même au plus fort du marasme.

        1. Je ne dis pas tellement autre chose. Il faut se rendre compte qu’on ne pourra plus faire comme d’habitude. Je critique surtout la lenteur des mesures, la stratégie de paliers, et la cacophonie ambiante. Prendre des demi-mesures aggravent la situation à mon avis…

          1. La Suisse ne prend pas des demi-mesures. Agir trop tôt et trop fort = perdre la confiance de la population.

            Agir trop tard = 20000 morts.

            Nos institutions font juste et sont même courageuses. Nous aurons malheureusement environ 800 morts mais cela aurait été pire en agissant trop tôt (la population se serait détournée des consignes) et, bien sûr, trop tard.

            Nous ne sommes pas l’Italie et avons des institutions robustes.

            Je suis en revanche d’accord que les fonctionnaires se doivent, par loyauté et fidélité, de défendre les consignes officielles. Les gens paniquent alors qu’il faut les rassurer. Nous sommes qu’au degré 2 (sur 10) du danger pandémique!

            Suivez les consignes officielles, prenez soin des personnes âgées ou vulnérables et tout ira bien. Nous sommes en Suisse, nous avons un plan pour tout.

    2. Entre les excédents de la confédération et ceux de la BNS, je suis sûr qu’il y a moyen de soutenir les PME au travers de cette période difficile si la volonté politique est présente. Il faut juste la capacité de sortir du carcan de la pensée libérale que toute intervention de l’état c’est le mal.

      D’autre part, laisser le nombre cas exploser serait certainement être plus dommageable pour l’activité économique qu’une situation épidémique contrôlée. Cette idée que se la jouer “les affaires avant tout” peut fonctionner est un illusion dangereuse. Vous pensez vraiment que les gens vont sortir au resto comme si de rien quand ils verront l’état des services d’urgences débordés ? Ou aller faire du shopping quand la voisine est sous respiration artificielle ?

      De même, imaginer que la situation sera réglée dans deux-trois semaines est un deni complet de réalité. Il suffit de lire ce qui est publié par l’OMS pour s’en rendre compte.

      1. A propos du soutient de la BNS, c’est justement l’idée du libéral Olivier Feller (PLR) paru dans le 24heures d’aujourd’hui.

        1. Excellent ! Olivier Feller est un très bon défenseur des PME. Voir un peu de pensée créative par nos conseillers est encourageant parce qu’il va en falloir un paquet d’ici peu.

          1. La BNS n’est pas une banque…

            Avec la chute des monnaies étrangères, elle aura par ailleurs un déficit (comptable) de dizaines de milliards en fin d’année.

            Il ne faut donc pas raisonner comme si ce “bénéfice” pouvait être investi. Et si nous le faisions, nous serions crucifiés par l’UE et les USA pour avoir manipulé notre monnaie…

            En revanche, la confiance extérieure dans notre pays et dans notre monnaie permet de lever des fonds à bas coût sur les marchés. Et les banques cantonales doivent jouer leur rôle en faveur des PME…

    3. Si je dois me faire ouvrir le ventre ou opérer du coeur, je préfère que ce soit par un chirurgien sûr de son coup de bistouri plutôt que par un cuisinier, fût-il doué dans l’art de découper un poulet (art que Platon compare à celui des faiseurs de discours). Et vous?

      Quant à “tous ces employés du privé qui risquent leur emploi”, peut-être une petite quarantaine leur donnera-t-elle l’occasion de méditer ces mots de Chateaubriand: “Le sot cherche les emplois et finit le plus souvent par les trouver”.

      Erigé en droit quasi sacré dans nos sociétés dites libérales [passage supprimé par le modérateur], le travail n’est-il pourtant pas à l’origine une malédiction divine?

      “Je ne me fais pas de bile
      Et n’occupe aucun emploi
      Menant une vie tranquille
      Je ne fais rien de mes dix doigts

      On ne m’a pas mis sur terre
      Pour me tuer à travailler
      Mais pour vivre à ma manière
      Et goûter à la liberté”

      (Extraits de la chanson “Et bâiller, Et Dormir”, par Eddie Constantine)

    4. Wow, un épidémio-sceptique!
      Douteriez-vous que plus l’épidémie se répendra, plus l’économie sera impactée, même si cela sera partiellement compensé par l’économie de quelques milliers de retraités en mauvaise santé? Rien ne sert de vouloir faire l’autruche, depuis le premier cas en Suisse, chaque jour, l’épidémie a progressé de 143%. A ce rythme, cela correspondrait à plus de 110’000 cas dans deux semaines. Avec une mortalité de 3%… Même le CF comprend qu’il faut prendre des mesures. Bon déjà la Suisse fidèle à sa tradition de confidentialité refuse de tracer la pandémie. Le problème est donc à moitié réglé. On ne sait jamais, cela pourrait donner l’idée à des voisins de fermer leurs frontières. Il ne faudrait pourtant pas oublier que parmis les malades que l’épidémie pourrait emporter, il y a les orientations politiques: après le coup d’Etat institutionel suite au 9 février, après les élections de l’automne dernier, vient l’initiative du 17 mai.
      Rien n’est immuable, même en Suisse.

  4. Bravo Valentin Conrad pour votre article courageux. Vous avez dépeint à merveille le sentiment d’impatience et d’agacement que je ressentais à chaque nouveau communiqué ces derniers jours…communiqués qui semblaient extraits au forceps d’un groupe de spécialistes ou politiciens timorés et insensibles.
    Pour retrouver du courage, il a fallu me rabattre sur les communications gouvernementales des pays limitrophes…où l’on se mettait à la place des personnes en attente d’informations et qui angoissaient.

  5. Le conseiller fédéral Alain Berset sur Forum vendredi 13 février
    “Nous avons 1200 cas et il y a quelques jours, personne ne pouvait l’imaginer.”

    Mensonge éhonté pour se dédouaner de sa responsabilité ou incompétence totale? Tous les experts épidémiologistes insistaient sur la courbe exponentielle de ce virus compte tenu des données disponibles (Chine, Corée du Sud) et le cours de Marcel Salathé se trouvait sur youtube depuis le 26 février, expert épidémiologiste de l’EPFL qui se disait déçu avant-hier de la lenteur de réaction des autorités fédérales.

    Bein seule l’UDC a demandé de manière répétée la fermeture de la frontière avec l’Italie en proposant d’héberger les frontaliers du mileu médical dans les hôtels maintenant déserts. Beaucoup d’électeurs s’en souviendront lors des prochaines élections.

    Quant au conseiller fédéral Alain Berset, il devrait tirer les conséquences de son incurie, présenter ses excuses aux malades et songer à son départ des autorités fédérales. Comme disent les américains, the buck stops here.

    1. il est vrai qu’à un certain moment on aurait pu croire que nos autorités étaient persuadées que le virus n’oserait pas franchir la frontière helvétique et que les retombées économiques d’une quelconque initiative les occupaient davantage…Mais maintenant, des décisions justes sont prises par des personnes qualifiées…donc à chacun d’être responsable

      le problème restant celui de la difficulté à communiquer avec un minimum d’empathie avec la population et non pas en se référant uniquement aux spécialistes.

      Ceci dit je trouve totalement inconvenant et idiot de profiter de la situation pour vendre sa soupe partisane

      1. Je ne vote pas pour l’UDC, je vous annonce simplement ce qui se produira dans nos démocraties aux politiques timorés face à ces évènements de crise.

        En ce qui concerne la lenteur de la prise de décisions pour ralentir la propagation du virus, les épidémiologistes suisses et le docteur cantonal du Tessin en particulier avaient tiré la sonnette d’alarme il y a déjà plusieurs jours, là encore, ce n’est pas mon opinion.

        Ce qui est inconvenant pour un dirigeant, c’est de prétendre, comme le conseiller fédéral Alain Berset en charge du dicastère de la santé, qu’on ne pouvait pas savoir ce qui allait se produire en l’absence de mesures strictes.

  6. Bravo Monsieur Valentin Conrad pour votre franc parlé et votre courage. Je suis une dame de + de 65 ans, ne suis pas médecin et suis très angoissée de la façon dont nos politiques minimisent cette pandémie du coronavirus. Confinée chez moi, seule, mes enfant étant à l’étranger, comment savoir si j’ai le coronavirus ou la grippe? Réponse après l’autopsie 🙁 si il y a toujours un médecin légiste pour l’effectuer 🙂 Je pense à celles/eux qui sont plus jeunes seules/s qui doivent rester chez elles/eux parce que il toussent, ont de la fièvre etc et si coronavirus il y a, ils peuvent mourir sans pouvoir appeler à l’aide. “C’est non assistance à personne en danger” prescrite par nos politiques. Je dénonce l’injustice totale de ce manque d’humanité de nos politiques. C’est honteux, des personnes vont mourir sans assistance. Rac. “…vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée…”

  7. Au départ, vous ne souhaitiez pas parler du Covid-19, dites-vous. Au départ de quoi ?.. Vous avez pris votre départ pour en parler il y a une semaine, le 7 mars, dans votre blog qui a disparu de la colonne des « blogs récents », ainsi que du répertoire général des blogs par auteurs. Mon étude de départ sur ce phénomène d’apparition et de disparition m’a permis d’envisager une hypothèse :

    L’esprit peut évoluer aussi vite que le virus, afin de s’adapter à son environnement humain qui n’a pas toujours envie de rire. Mais est-ce dû à la mutation d’un gène ? Peut probable puisque le 7 mars cet esprit n’a réussi à attirer que quatre individus dans la grande salle blanche des commentaires, sans les approcher directement, car le premier arrivé subissait déjà l’assaut des trois suivants : Une situation malsaine dont il fallait se protéger plutôt que de venir serrer les mains sans masque pour partager des idées libérales, dont l’humour, qui ne guérit pas mais ne rend pas plus malade.
    La « Lettre ouverte aux dirigeants » a par contre touché déjà onze personnes en onze heures, et il est donc prévisible que ce message dangereusement ouvert qui circule au travers de la masse populaire instruite parvienne à atteindre les dirigeants !

    Vous n’étiez pas là au départ, pas besoin de courir, ce qui compte c’est d’arriver à temps à la fin, avec un dessin !

    1. Cette lettre ouverte et les quelques commentaires ci-dessus seront lus par leurs destinataires, les autorités fédérales en charge de prendre des mesures dans le cadre de la loi sur les maladies infectieuses et qui ont clairement agi trop tard comme nos experts épidémiologistes et le docteur cantonal du Tessin le disaient il y a plusieurs jours (chaque jour d’inaction pèse lourd dans une propagation exponentielle). Le nombre de commentaires ne diminue en rien la justesse du propos de Valentin Conrad.

      1. Les avis que vous émettez ne sont pas différents des miens, ils ne sont pas à mettre en rapport au commentaire qui vous échappe, et l’histoire n’est maintenant plus actuelle.

    2. Je ne souhaitais pas en parler sérieusement. J’ai effectivement fait un dessin (humoristique) mais le journal Le Temps m’a interdit de publier des dessins. Du coup je l’ai supprimé…

      1. Merci de votre franchise. Nous n’avons pas le même humour, mais cela ne m’empêche pas d’apprécier positivement vos articles et votre apport dans ce journal en quête d’identité.

  8. Les politiques suisses ont toujours été lents à prendre des décisions avec ses avantages et inconvénients. Le système collégial du Conseil fédéral n aide pas à décider rapidement. Probablement que les conseillers fédéraux en charge de l économie , finance et les lobbys en tous genre ont freiné le processus de décision.
    La suisse est le pays qui a le plus de moyens financiers pour passer le cap sans problème . Cependant une vision court termiste mercantile a prévalu sur la santé
    De sa population.

  9. A marteler: Aujourd’hui, sur une échelle de 1 à 10 dans la gravité de la situation, on se situe à 2. Mais cela va augmenter, on en est certain. On est obligés d’envisager tous les scénarios possibles. Mais par rapport à l’Italie, on a un petit coup d’avance.

  10. Le Conseil Fédéral a-t-il frappé assez fort?
    En premier lieu, les attaques personnelles contre Berset me semblent largement déplacées: Il est évident que les mesures impactant l’économie doivent être prises de manière collégiale donc Parmelin a aussi son mot à dire. Mais il est tout aussi évident que d’imaginer échapper à la règle mathématique de la propagation est de l’incompétence (de même avec le dérèglement climatique). Donc, nous avons un taux de propagation quotidien à 143%. Si une personne atteinte reste en moyenne contagieuse pendant 10 jours, pour stopper l’épidémie lors de sa phase naissante, nous devrions en gros passer en dessous des 110% (ou 114% pour une semaine). Quelles sont les mesures nécessaires pour y arriver? En gros, celles adoptées par la Chine. Il est clair que tant que nous irons faire nos courses et entretiendrons des contacts avec nos collègues, nous n’y parviendrons pas sachant que le virus se propage aussi par le contact des objets. Il reste à rétablir d’urgence une mesure nécessaire pour établir et motiver un confinement strict des malades: des tests gratuits et facilement accessibles à tous, des masques et des gants de protection pour toutes les personnes en contact avec un large public (par exemple vendeurs). Utilisation généralisée du payement électronique sans contact. Recensement et mobilisation des personnes déjà immunisées pour les opérations nécessitant le contact avec un large publique.
    Malheureusement, il faudra plusieurs jours pour évaluer le nouveau taux de propagation en observant les mesures annoncée par le CF. Mais je doute que nous descendions en-dessous de 125%. Encore faudrait-il avoir une bonne visibilité.
    Donc nous devons nous attendre à environs 12000 cas dans les 5 jours (selon la progression actuelle à 143%) pour culminer à 180000 dans deux semaines (selon la progression à 125%), pour peu que les tests soient effectués dans les mêmes conditions que précédemment.
    Conclusions:
    a) Il faudrait être plus attentif à la diversité des profils au palais fédéral pour avoir quelques vrais scientifiques. Certainement qu’une personne comme Brélaz aurait été plus clairvoyante.
    b) On peut s’attendre à une détente sur le taux de logements vacants avec mise à disposition de grands appartements bons marchés dans les 6 mois.
    c) Dans moins de 10 jours, des mesures plus sévères seront annoncées impactant frontalement l’activité économique.

  11. Qui est un troll?
    Tenir compte de cette fonction mathématique, c’est au contraire faire preuve d’un réalisme que l’on aurait souhaité voir chez nos dirigeants. Les mathématiques et les lois scientifiques sont implacables, il est temps de l’admettre. De plus, c’est le seul outil fiable dont nous disposons pour comprendre ce qui nous arrive et extrapoler l’avenir. Dans la situation actuelle nous devons le faire. Il est probable que je sois au contraire trop optimiste ne serait-ce que parce que j’ignore combien de temps s’écoule entre la prise du test et la communication publique des résultats. Je reconnais que j’ai un peu facilement recours au cynisme pour appuyer le message. Mais mon message est clair: nous sommes devant un réalité sombre et implacable. Ceux qui refusent de le considérer sont des trolls qui entrainent la société vers le néant, au même titre que les autorités qui ont enfermé les médecins Chinois lanceurs d’alerte pour propagation de rumeurs.
    Il est temps pour vous d’apprendre ce qu’est une fonction exponencielle:

    nb_de_cas_prévisibles = nb_de_cas_actuels x nb_jours exp( facteur_ de_ progression)

      1. Pour ce qui est de la faute que vous mentionnez, je m’en étais aperçu deux secondes après l’envoi. Donc, ok, je dois prendre être moins impulsif pour me relire.
        Sans doute dois-je m’excuser pour les très nombreuses fautes d’orthographe qui peuplent mes messages. Si par ces fautes, leur sens en a échappé ne serait-ce qu’à une seule personne, je m’en excuse tout particulièrement pour elle. Il se trouve que je me sens bien plus honteux pour mon erreur de math. Je fusse sans doute resté meilleur dans cette branche si je ne m’en étais totalement détourné pour investir mon esprit dans des études scientifiques. Mes lacunes sont ma foi nombreuses en une foultitude de domaines que je dois pourtant pratiquer couramment.
        Mais je conçois volontiers que l’orthographe puisse être la gloire de ceux qui ne sont bons qu’à cela.

        1. Vous connaissez l’adage: “La lettre tue, l’esprit vivifie.”

          Pour m’être tué les quinquets pendant quelques années à relire la copie d’auteurs scientifiques, je me suis souvent demandé pourquoi cette logique de l’absurde qui veut que plus c’est inintelligible, volumineux, peu clair, abscons, confus et incompréhensible, plus c’est intelligent.

          “Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément,” disait pourtant Nicolas Boileau. Pour mieux comprendre son propos, il suffit d’en inverser le sens: ce qui est mal compris s’exprime mal, c’est à dire « non clairement », de manière confuse, et révèle l’incompréhension, la confusion, de celles ou ceux qui précisément les émettent.

          Paradoxalement cela induit chez les personnes qui ne les comprennent pas le sentiment que c’est leur propre capacité de compréhension qui est en cause. Plus fort encore, dans cette logique de l’absurde on attribue aux auteurs cette qualité d’intelligence, puisque exprimant et donc (soit disant) comprenant ce qu’apparemment on n’est pas à même de comprendre…

          Les Américains ont un mot pour ça: “gobbledeegook”.

    1. pardon, je dois m’excuser platement car il y a une erreur dans mes précédents messages:

      nb_de_cas_prévisibles = nb_de_cas_actuels x taux_de_progression exp( nb_jours).

      donc si je refais mes calculs, nous arriverions à 76500 cas dans deux semaines. Avec mes plus humbles excuses.

  12. Vous êtes sans doute un bon gars, Saint-Valentin, mais ne soyez pas trop naïf sur ces blogs, dessins ou pas.
    Il y a plein de courageux, sous pseudo, qui y racontent leurs phantasmes et le Temps qui essaie de suirvivre est sans doute prêt à toutes les audiences, même les plus détestables!
    That’s so easy 🙂

  13. Avec le nombre d’entreprises sur l’ensemble du continent qui renvoient leurs employés chez eux, je deviens beaucoup plus optimiste. Sans doute approche-t-on d’une progression quotidienne de 110% (10% de personnes contaminées en plus chaque jour) qui nous permet d’espérer stopper la pandémie. Et puis, du côté des traitements, nous avons quelques nouvelles intéressantes. Bien sûr, il n’est plus possible d’avoir une statistique sur les nouvelles contaminations puisque l’accès au test se restreint. Pour ce qui est des décès, nous sommes à 133%, mais il faut compter avec un effet de bord puisque le premier malade a été annoncé le 25 février soit il y a à peine plus de trois semaines. Donc, il faut s’attendre à une progression quotidienne des décès à 143% pour la semaine à venir. Mais cette fois, on tient le bon bout pour en venir à bout. Ouf! On a failli se laisser complètement déborder.

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