L’autre e(s)t moi

Les étourneaux se mettent instinctivement en groupe pour assurer leur survie. Les nuées qu’ils forment et dont le vol est si homogène et solidaire semblent même confondre la volonté de l’individu et celle du groupe.

Comme pour les étourneaux, chaque personne a le pouvoir de confondre sa volonté propre et celle du groupe, en d’autres termes d’être solidaire.

C’est le voyage que je vous propose : utiliser le « s » de solidaire pour passer de l’autre et moi à l’autre est moi.

 

L’autre et moi

Voici quelques années, un leader d’un parti politique suisse a déclaré publiquement : « Nous sommes ouverts à collaborer avec les personnes qui ont les mêmes opinions que nous ».

Dans son discours inaugural de 16 minutes analysé par ordinateur[1], Donald Trump utilise 34 fois le mot « America » ; il n’y a pas de référence au reste du monde.

Deux drôles d’oiseaux qui ont un autre type de vol que les étourneaux.

 

L’autre est moi

Ailleurs dans le monde où la densité de psys est moins marquée, un leader achuar déclare à un représentant d’aide humanitaire :

« Si tu viens m’aider, tu perds ton temps. Mais si tu viens parce que tu sens que ta libération est liée à la mienne, alors dans ce cas nous pouvons travailler ensemble ».[2]

Dans le même esprit et après la déclaration de guerre de Putin envers son pays, le président ukrainien Zelensky adresse le peuple russe d’une manière profondément humaine :

 

Le supermarché allemand Edeka avait déjà fait l’expérience d’enlever tout produit qui n’est pas du pays. Le résultat est surprenant et met en évidence l’impossibilité de vivre sans tenir compte de l’autre :

 

Le même leader achuar déclare que

” Les êtres humains ne sont pas séparés les uns des autres ou de la nature. Nous sommes totalement interdépendants et nos actions ont des conséquences pour tous. Ce que nous faisons aux autres, nous le faisons à nous-mêmes. Ce que nous faisons à la Terre, nous le faisons à nous-mêmes. “[3]

 

 

 

[1] Le discours inaugural de Trump analysé par ordinateur (Jacques Savoy), Le Temps, 21 février 2017

[2] « if you are coming to help me, you are wasting your time. But if you are coming because your liberation is bound up to mine, then let us work together » (Achuar Indigenous Elder)

[3] Source

 

 

Crédit photo :
couverture:
Rob Blanken
image dans le texte: Anthony Pope

Thomas Noyer

Thomas Noyer travaille comme psychologue-psychothérapeute (adultes et couples) au Cabinet Sens à Neuchâtel. Il anime des groupes sur le masculin et les troubles alimentaires. Il écrit dans un blog personnel et contribue aussi à un blog collectif, où il s'exprime surtout sur la psychothérapie humaniste.

Une réponse à “L’autre e(s)t moi

  1. Ses ailes, ses dents, son esprit humain

    Vous choisissez les étourneaux, vous auriez aussi pu choisir les piranhas qui ne mangent pas que des graines et se dévorent entre eux quand les conditions de survie se resserrent. Pourvu que l’humanité n’évolue pas en seule direction des étourneaux, ni des piranhas, l’esprit humain est si différent par la capacité de ses chefs à savoir emmener les siens dans un même élan de liberté. Une communication très différente qui recourt aux représentations (aux cris de bêtes aussi parfois), comme par exemple le sens de l’humanité qui s’éveille, s’élève, prend une expansion inattendue au-dessus du gouffre, et qui l’a creusé sous les nids ? Il est préférable de ne pas en débattre dans un blog psy où il est possible d’aborder les événements autrement que sous l’angle purement politique, en s’envolant avec les étourneaux.

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