Peut-on vraiment parler d’un “droit à l’avortement”?

Je voudrais aborder cette question sans a priori, sans jugement des personnes, sans sexisme, seulement sous un angle éthique fondamental et la lier à une autre question éthique : « y a-t-il un droit à l’euthanasie ? ».

C’est volontairement que je rapproche les deux questions, car toutes deux concernent la mort : l’euthanasie, comme l’avortement, c’est une mise à mort ; le droit à l’euthanasie est le droit de demander et d‘obtenir d’être mis à mort ou le droit de mettre à mort une personne qui le demande ; le droit à l’avortement est le droit de demander la mise à mort de l’enfant que l’on porte.

Dans les deux cas, la cause de la demande de mise à mort est le plus souvent une situation de détresse de la personne qui la formule ou qui revendique le droit concerné. Mais cette détresse, si respectable soit-elle, crée-t-elle vraiment un “droit” à une mise à mort ?

A vrai dire, le problème n’est pas tout à fait le même selon qu’il s’agit d’euthanasie ou d’avortement. Dans le premier cas, le suicide permettrait à la personne concernée d’éviter de requérir l’aide d’un tiers. Mais un suicide n’est pas toujours possible, pour de multiples raisons dont, parfois, la crainte d’un échec.

L’avortement, lui, ne peut être pratiqué sans l’aide d’un tiers et d’un tiers professionnel, sauf à se muer en une atroce boucherie.

On peut dire que la personne qui souhaite être euthanasiée « dispose de son propre corps », mais le problème, c’est qu’elle réclame d’autrui l’accomplissement de sa mise à mort. Si le droit de pratiquer l’euthanasie est revendiqué par un tiers, c’est-alors du droit de tuer à la demande qu’il s’agit. L’Etat ne peut entériner ni un “droit” à être mis à mort sur demande, ni un “droit” de mettre à mort sur demande. Il doit veiller au respect du “droit” à la vie et dans ce sens, notre droit pénal qui ne punit l’assistance au suicide que s’il y a un mobile égoïste paraît très équilibré.

En cas d’avortement, la question est beaucoup plus complexe, puisqu’il ne s’agit pas seulement de disposer de son propre corps mais aussi de disposer en même temps de la vie d’une 2e corps, grandissant en soi. Il ne peut pas y avoir de “droit” à l‘avortement parce que nul n’a un droit individuel absolu de vie et de mort sur un tiers ; en revanche, il y a bien une double responsabilité de l’Etat d’assurer la protection de la santé, éventuellement de la vie de la mère et de l’enfant à naître. Un avortement sera toujours le résultat d’une sorte de pesée d’intérêts. Il est donc normal que le législateur y pose des conditions. Celles-ci seront plus ou moins strictes selon la culture ambiante et doivent être cherchées dans le respect et de la mère et de l’enfant futur. Mais à aucun moment, dans cette recherche d’une solution, le législateur ne peut reconnaître un « droit à l’avortement » comme tel, car le faisant, il nie le principe même de la valeur de l’être humain.

D’aucuns diront qu’il s’agit juste d’une question de vocabulaire. Je ne le pense pas. Il s’agit d’un problème beaucoup plus profond. La revendication par certains milieux d’un “droit” à l’avortement semble l’indice d’une fuite devant la vérité, d’une peur de la responsabilité. On ne peut pas jouer avec les mots quand ils concernent des valeurs fondamentales.

 

 

“Lâcher” l’OTAN, et vite!

La Finlande et la Suède veulent entrer dans l’OTAN, et vite, par crainte de la Russie.

Les pays européens devraient au contraire lâcher l’OTAN, et vite, puisque les Etats-Unis ont déclaré ouvertement vouloir l’utiliser pour écraser la Russie, en s’aidant d’ailleurs de l’Ukraine. Combien de morts, combien de destructions, combien d’expatriés, quelle durée de la guerre, quels risques pour l’avenir de l’Europe ? Questions sans intérêt. Derrière l’OTAN, avec l’Ukraine, c’est la vengeance américaine.

J’avoue être bouleversée par cette déclaration de guerre totale faite par l’Amérique.

Et dire que, chez nous, d’aucuns semblent souhaiter que nous violions – ou que nous modifiions (petit sursaut démocratique !) – la législation sur l’exportation d’armes de manière à permettre à nos acheteurs européens de fournir « nos » armes à l’Ukraine, donc en fait, à l’OTAN ! Mais réveillez-vous. Cette guerre en Ukraine n’est pas une lutte entre le Mal et le Bien, il s’agit, hélas! d’une violation du droit international par la guerre après de multiples violations du droit international par non application de traités ou d’accords. Quand un des belligérants veut l’écrasement complet de l’autre, la guerre militaire tourne en guerre de religion, c’est-à-dire en guerre du mal contre le mal, guerre de l’orgueil des chefs, sans considération pour les populations. Puisse l’Europe vassalisée ouvrir les yeux, et vite !

L’Europe vassalisée

Jamais l’Europe occidentale n’a été plus faible ! Jamais elle n’a été aussi dépendante des Etats-Unis. Guerre russo-américaine sous couvert de l’OTAN pseudo-européen, aux dépens du peuple ukrainien et peut-être de la population européenne : l’Europe occidentale roule les mécaniques en prenant des sanctions dont l’effet négatif est plus sensible sur son propre territoire qu’en Russie,  se pare d’une bure de « pureté » en insultant le gouvernement russe, viole sa propre liberté de la presse en interdisant des medias russes, ferme ses universités ou sa culture à des étudiants et des artistes russes, bref fait tout ce que lui demande, plus ou moins discrètement, l’Oncle Sam qui rigole sous cape, avec des airs de petit saint. En deux mot, l’Europe s’est rendue définitivement incapable d’avoir la moindre influence positive dans ce triste conflit. Elle contribue juste à jeter de l’huile sur le feu et à accueillir des réfugiés ce qui – indépendamment de la question humanitaire, qui est tout à fait légitime – offre l’avantage de décharger l’Ukraine d’un coût social (sans vraiment, à notre connaissance, partager ce coût avec les Etats-Unis).

Cédant au charme de la propagande du gouvernement ukrainien mais aussi aux propos trompeurs des stratèges américains, l’Europe occidentale a totalement perdu le nord et son attitude moralisante constitue une menace pour sa propre paix. Elle n’est plus qu’un jouet entre les mains de trois puissances : les Etat-Unis, l’Ukraine et la Russie. La Turquie, membre de l’OTAN  mais qui se garde bien de le rappeler, Israël – à qui M. Poutine vient de faire des excuses à cause des propos d’un de ses diplomates – seront peut-être les seuls Etats capables de présider à des accords de paix. L’Europe est morte. Et pendant ce temps, le président ukrainien continue de haranguer sur nos ondes les populations, voire les Parlements des Etats européens afin qu’ils poussent leur pays à aider militairement l’Ukraine, au risque de déclencher une guerre européenne. Et toi, mon pays, tu perds complètement la tête, affolé par le lourd chantage de tes voisins.

Europe occidentale, terre de la culture, de la démocratie, des droits de l’homme, te remettras-tu de cette vassalisation ?

La donation ne se présume pas

A deux reprises, en page Débats, respectivement le mercredi 20 et le mardi 26 avril, Le Temps a publié l’avis pondéré et nuancé d’un spécialiste en immunologie de transplantation, M. Vincent Aubert, et d’un théologien éthicien, M. Denis Müller, au sujet de la loi sur la transplantation, objet du vote référendaire du 15 mai prochain. L’un comme l’autre déplorent, sur le plan éthique, l’affaiblissement de la notion de « don » contenue dans la disposition légale nouvelle. Ils relèvent d’ailleurs très justement que la nouvelle législation ne va pas faire disparaître la pénurie d’organes et se demandent dès lors s’il est éthiquement normal de sacrifier la belle notion de don, acte volontaire et conscient, au profit d’une solidarité un peu « forcée », parce qu’on ne peut exclure quelques « pressions externes ».

Cherchons plutôt à développer le goût du don conscient et informé, donc, dirais-je, du « don joyeux » et non pas du don « héroïque », encouragé par Swisstransplant, si j’en crois M. Aubert.

Acquise personnellement à l’idée du don conscient et volontaire (et porteuse d’une carte dont l’utilité pour autrui diminue hélas au fur et à mesure que je vieillis), j’apprécie infiniment leur réflexion et voudrais développer encore un peu la dimension éthique du problème.

 

Nos corps ne sont pas d‘abord une réserve de pièces de rechange

Un des aspects troublants, à mon sens, de cette modification du droit de la transplantation, c’est qu’elle fait apparaître les corps comme des espèces de réserves de pièces de rechange dans lesquelles on peut venir se servir à moins d’une opposition claire. Cette tendance existe dans un certain monde médicalo-scientifique, si l’on pense en effet aux discussions scientifiques relatives au clônage de foetus qui pourraient servir précisément d’une telle réserve pour un nourrisson souffrant d’une maladie incurable.

Une telle démarche est exclue par le droit suisse, de nos jours, mais l’est-elle dans tous les pays ? J’en doute fort, sachant la facilité avec laquelle on admet la fabrication de bébés sur catalogue (voir les Etats-Unis), l’utilisation légalisée des mères porteuses (voir les articles récents sur les mères porteuses ukrainiennes !) et même, dans certains Etats, la mutilation d’enfants ou de jeunes, parfois contre argent, parfois par violence, pour fournir des « cœurs, foies, reins etc… de rechange » à certains chirurgiens peu scrupuleux.

Entendons-nous bien, ce n’est pas l’esprit du droit mis en votation le 15 mai. Mais toute altération d’une volonté libre, fût-elle minime – comme celle proposée le15 mai – finit toujours par être un premier pas vers les abus.

 

Sommet de la bêtise ou abîme de la sottise?

Le Temps du 20 avril nous informe (p. 6 en bas) que Mme Amherd, conseillère fédérale, « demande au CIO d’exclure les fonctionnaires russes et biélorusses des fédérations sportives internationales ainsi que ses propres membres originaires de ces mêmes pays. Une requête que le CIO refuse d’appliquer ».

Le fait d’être originaire d’un certain pays est-il contraire aux droits de l’homme ?

Certains partisans d’une entrée de la Suisse au Conseil de sécurité de l’ONU disent que cela lui permettra de mieux défendre la démocratie et les droits de l’homme. Ben voyons ! Je me demande comment elle défendra le principe selon lequel le fait d’être originaire d’un pays ou d’un autre est contraire aux droits de l’homme, principe dont elle semble se faire l’avocat en ce moment.

Le fait d’être originaire d’un certain pays détruit-il le droit à la présomption d’innocence ?

Si vous êtes originaire de Russie ou de Biélorussie, vous êtes donc présumé un envahisseur de l’Ukraine, un partisan d’éventuels crimes de guerre, un défenseur de toutes les violations possibles du droit de la guerre. Aucun droit même au renversement de cette présomption.

Mesure-t-on l’absurdité malsaine d’une telle attitude ? Certes, le CIO n’est pas le lieu du triomphe de la vertu et le folklore patriotique des jeux olympiques est souvent horripilant, mais de grâce, Madame la Conseillère fédérale, réveillez-vous. Quelle potion magique vous a-t-on fait boire pour que, pleine de bon sens normalement, vous puissiez vous croire tout à coup l’ambassadrice de la Pureté ? Est-ce que vous êtes le porte-parole de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national ? J’en frémirais. A quel niveau d’intelligence se situerait alors le Parlement ? Cette guerre des propagandes lave les cerveaux.

Il y a réfugiés et réfugiés

Aux nouvelles de la RTS de l’autre soir, un réfugié afghan se plaignait du statut spécialement favorable accordé aux réfugiés ukrainiens à la différence de celui accordé aux réfugiés d’autres pays, notamment, d’Afghanistan ; il réclamait le même statut favorable pour tous les réfugiés.

On peut comprendre le sentiment de frustration éprouvé par ce réfugié qui a dû faire un énorme effort pour apprendre la langue et attendre avant d’avoir le droit de chercher un travail et de pouvoir voyager en Suisse et hors de Suisse. Mais ces différences de traitement ne correspondent-elles pas à des différences fondamentales des situations ?

Maîtriser l’arrivée simultanée de plusieurs milliers de personnes

La problématique de l’accueil des réfugiés ukrainiens est totalement particulière, car on ne peut songer à laisser simplement livrés à eux-mêmes plusieurs milliers d’adultes et d’enfants. Leur permettre de trouver du travail ou d’être scolarisés est presque une question de bon sens, même si cela représente en fait un vrai tour de force d’organisation. Tour de force d’autant plus remarquable que le problème de la langue est considérable et qu’une recherche d’assimilation rapide n’est pas forcément souhaitable dans la mesure où ces personnes espèrent avant tout pouvoir rapidement retourner dans leur pays pour y retrouver entre autres pères et maris.

La preuve facilitée de la qualité de réfugié

Les nouvelles et les reportages fournissent la preuve évidente de l’agression militaire de l’Ukraine. La fuite de la population civile n’est causée ni par une tension interne de guerre civile (a-t-on parlé de réfugiés ukrainiens pendant les troubles internes du Donbass ? Les réfugiés actuels fuient-ils le régime politique de leur pays ?), ni par une problématique économique (L’Ukraine ne figurait pas parmi les pays pauvres dont les jeunes n’ont pas d’espoir d’avenir). Les milliers de civils ukrainiens, avant tout des femmes et des enfants, jouissent d’une présomption de légitimité de population globalement en danger de mort.

Les réfugiés venus d’autres pays ne peuvent pas se prévaloir de cette présomption. Ils fuient leur pays à titre individuel, souvent sans l’idée d’y retourner et doivent « prouver » leur qualité de réfugiés à titre individuel. La démarche est tout à fait différente et les mesures prises par le pays d’accueil y sont légitimement adaptées.

Plutôt que d’accréditer l’idée d’un racisme sous-jacent

Il serait souhaitable de mette en évidence la différence entre les situations des pays de provenance des réfugiés, le nombre global de ceux-ci, leurs motifs de chercher un refuge dans un autre pays. Ce sont des éléments qui peuvent parfaitement justifier des différences du point de vue des politiques et des méthodes d’accueil d’un pays, même s’ils ne peuvent jamais justifier, évidemment, un manque de respect des personnes quelles qu’elles soient.

 

 

 

 

 

 

La vérité “quoi qu’il en coûte”.

On parle de plus en plus du covid long

Qui en souffre ? Les malades du covid vaccinés ou les non-vaccinés ? Comment ce symptôme se manifeste-t-il exactement ? Il semblerait qu’il soit difficile à reconnaître et à accepter du côté des assurances, notamment lorsqu’il s’agit d’une grande fatigue ou d’une perte de concentration. Comment en prouver la cause exacte, en particulier à la sortie de cette période de pandémie qui a mis la résistance nerveuse de beaucoup à très rude épreuve, a suscité des dépressions, des épuisements, des pertes d’énergie, etc, indépendamment de toute maladie mais à cause de l’atmosphère ambiante. S’agit-il d’un covid long ou d’une « pénible sortie de pandémie » ?

De gros intérêts financiers sont en jeu selon la réponse, ce qui nuit naturellement à la vérité.

Et les effets secondaires du vaccin ?

Des récits vécus circulent – vite étouffés – au sujet du nombre étonnant de morts dans la force de l’âge, de gros problèmes de menstruations chez des femmes de tous âges, de recrudescence subite de maladies maîtrisées depuis des années, après la 2e ou la 3e dose, de négations médicales systématiques d’un rapport quelconque avec le vaccin, d’absence de tout suivi médical. D’énormes responsabilités financières et morales sont en jeu selon les réponses, ce qui nuit naturellement à la vérité.

 

Il est hors de question de reparler de vaccin tant que la vérité n’aura pas été dite honnêtement, au moins pour la Suisse, car il est évident que chaque pays a les mains plus ou moins liées par la politique sanitaire que lui avaient conseillée ses scientifiques officiels.

 

Il est hors de question de remettre un vaccin en urgence dans le commerce ou de continuer à utiliser les premiers.

Maintenant que l’on a constaté que les vaccins utilisés ne sont efficaces que peu de temps, qu’ils ne protègent ni des mutants ni de la contagion, il faut oser dire la vérité. Mais il y a de gros intérêts financiers et d’énormes responsabilités morales, ce qui rend l’exercice particulièrement périlleux.

Malheureusement, plus on tarde, plus la confiance en les autorités sanitaires s’altère et plus il sera difficile de restaurer la cohésion sociale.

La terrible invasion de l’Ukraine ne doit pas faire oublier la réalité sanitaire.

 

 

 

 

 

 

Une “moralisation” politique qui tue la paix

Attaquer militairement un pays est un acte de guerre inadmissible, on est tous d’accord, mais si l’on veut pouvoir signer la paix, il faut accepter de regarder la réalité en face, se pencher honnêtement sur l’histoire des années précédentes et arrêter d’invectiver l’un ou l’autre chef d’Etat en guerre.

La grande erreur classique consiste à croire et faire croire que le chef ennemi est stupide ou fou. Il peut être méthodique et la tactique élémentaire de défense est assurément d’essayer de connaître l’histoire d’un certain nombre d’années qui précèdent le déclenchement d’une attaque, les aspirations, les buts, et le taux de narcissisme du chef d’Etat attaquant. C’est exactement le contraire de ce que font les Européens et les Américains face à la Russie de M. Poutine.

Un peu d’histoire, pas trop difficile à trouver puisqu’elle ne remonte guère au-delà de l’éclatement de l’URSS après la chute du mur de Berlin en 1989, permettrait de se rendre compte que la Russie n’a pas toujours été traitée honnêtement par l’Occident, que l’Ukraine n’est pas un pays exempt de tout soupçon, que ni M. Poutine ni M. Zelensky ne sont des anges de vertu ou des exemples de modestie et qu’il serait sage de cesser de couvrir le premier de toutes les insultes possibles et de céder au chantage sentimental du second.

Le spectacle du Président de la Confédération sur la place fédérale dimanche en conversation avec M. Zelensky est une très, très mauvaise plaisanterie, comme l’est d’ailleurs l’idée que les sanctions – auxquelles la Suisse s’est pleinement associée – doivent faire souffrir le peuple russe afin qu’il se soulève contre son chef d’Etat. Comment peut-on à la fois espérer faire souffrir une population civile et s’insurger contre le fait que « l’ennemi » s’en prend à la population civile de l’autre ? Dans les deux cas, il y a lâcheté. Dans les deux cas, on espère gagner aux dépens des plus faibles. Ajoutons en outre que la population occidentale européenne risque aussi de souffrir de ses propres sanctions, mais de cela, les chefs d’Etat se soucient-ils quand ils sont tous éblouis par leur propre audace ?

En insultant M. Poutine, les chefs des Etats européens (dont la Suisse) – et M. Biden aussi – se donnent bonne conscience, jouent les petits saints, se rendent impropres à faire avancer la paix, laissant la place honorifique à la Chine, à la Turquie ou que sais-je et excitent une haine populaire contre tout ce qui évoque la Russie.  Plus malsain ne serait pas possible. Fasse le ciel que cela ne soit pas aussi dangereux que l’escalade militaire !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On avait failli n’avoir plus peur du virus et couler Moderna!

Par bonheur, le Temps du 15 mars (p. 9) ravive la peur du virus grâce à son titre entre guillemets, citant les propos du Prof. Flahault : « On ne sait prévoir ni l’ampleur, ni la sévérité de la vague qui va déferler sur l’Europe ». Voilà qui va assurément détendre l’atmosphère par rapport à l’Ukraine !…..

L’article vaut la peine d’être lu. On y apprend notamment cinq choses.

  • Il s’agit d’un sous-variant d’Omicron

« BA.1 cède actuellement sa place à son successeur BA.2 »

Dès lors, on se demande évidemment si, vu que le vaccin n’empêchait déjà pas la contagion par Omicron, il aura encore la moindre utilité contre ses sous-variants. Mais silence de l’article…

  • « Le sous-varians BA.2 d’Omicron est 30% plus transmissible que BA.1. Sa virulence fait toujours débat »

« L’ expérience des Britanniques et des Danois tend à faire penser que BA.2 n’est pas plus virulent que BA.1, voire qu’il serait même moins virulent. Néanmoins l’expérience sud-coréenne où la couverture vaccinale est supérieure à celle de la plupart des pays d’Europe de l’Ouest, de l’ordre de 87 %, avec en grande partie des vaccins à ARN messager, semble néanmoins montrer une forte propension du sous-variant BA.2 à entraîner des formes graves conduisant à l’hospitalisation en soins intensifs et au décès ».

Dès lors on se demande si les vaccins antérieurs à Omicron sont vraiment à recommander ! Mais silence de l’article …

  • Au Danemark , « la mortalité est en augmentation »

« La situation du Danemark est préoccupante dans le sens où elle évoque celle que vivent les Sud-Coréens actuellement. Les deux pays sont très vaccinés …. Et les deux pays subissent une vague de mortalité sans précédent depuis le début de la pandémie, liée au sous-variant BA.2 ».

Y a-t-il un lien entre la vaccination et la mortalité ?  C’est quand même troublant. Silence de l’article…

 

  • Danemark et Allemagne divergent quant aux causes de décès

« Les autorités danoises …. affirment que la plupart des décès seraient incidentaux, c’est-à-dire << avec le Covid – 19 >> et non << à cause du Covid-19 >>. Cela va toutefois à l’encontre d’une récente étude allemande publiée dans le Lancet qui montre, à partir des autopsies de décès rapportés au Covid-19, que 86 % étaient dus au coronavirus. »

Est-ce que les deux études danoise et allemande ont été faites pendant la même période, dans la même population?  Pour que l’une d’elles donne déjà lieu à une publication, peut-être est-elle antérieure à l’autre. Silence de l’article…

  • « …En Suisse, …. on jouit, depuis l’arrivée de la vaccination, de l’une des plus faibles mortalités d’Europe, alors même que la population est plutôt moins vaccinée (70 %) que celle de ses voisins directs

Quel rôle peut donc bien jouer la vaccination dans cette galère ? Le prof. Flahault esquisse une réponse : « est-ce le fait du choix par les autorités du vaccin de Moderna qui protégerait mieux et qui a été utilisé à plus de 60 % en Suisse ? Il est un peu tôt pour le dire…. »

Sacrément bonne idée d’évoquer les qualités éventuelles de Moderna, qui intéresse particulièrement la Suisse, mais avait été un peu écarté dans notre pays, donc offert en cadeau – quelque deux millions de doses – à des pays pauvres et qui, en outre, avait, à cause de Pfizer, perdu pas mal de valeur économique. Petit coup de pouce à Moderna ? Silence de l’article….

Contentons-nous d’avoir peur d’une éventuelle sixième vague sans poser de questions!

Le courage des lâches

Partout en Europe, aux Etats-Unis, en Chine, voire ailleurs encore et même, ô honte, en Suisse, c’est la mise au « rebut » des artistes russes, des sportifs russes, des joueurs russes, des auteurs russes y compris ceux déjà morts. D’aucuns préconisent même l’interdiction d’avoir des chats russes – ils confondent peut-être euphoniquement avec des « chars russes ». Et cette vague haineuse s’étend hélas aussi aux ressortissants russes ou russophones établis dans tous nos pays.

Que l’on craigne, ici ou là, un « agent russe » camouflé, passe encore, on serait gagné par la terreur KGB-iste des espions, mais faire ainsi porter à des particuliers qui n’y peuvent « mais » la responsabilité des actes de leur chef d’Etat – et en particulier en l’absence de toute démocratie, ce qui exclut l’association de la population à la décision de l’invasion de l’Ukraine -, c’est hélas favoriser une atmosphère de guerre d’une cruauté particulière. Cette forme de condamnation de l’action de M. Poutine est la manifestation du courage des lâches.

J’ajouterais en outre que c’est une attitude tout à fait contre-productive. En effet, quand les artistes et sportifs chassés retourneront dans leur pays et raconteront leur exclusion et leur punition, cela accréditera dans leur public la propagande officielle qui présente l’invasion de l’Ukraine comme une expédition salvatrice pour une population menacée. Si au contraire, on traitait les personnes russes de manière « normale », sans les mettre au ban de la société « pacifique », les artistes, les sportifs et autres pourraient rentrer en Russie et raconter peut-être la réalité ukrainienne visionnée par eux sur nos télévisions encore libres et rapporter des informations différentes de la propagande officielle. Cela pourrait contribuer à raccourcir la guerre.

Reprenons vite nos esprits et redevenons humains !