En avant pour le Conseil des Etats

La belle élection de M. Cassis était attendue et on s’en réjouit. Pour le PLR-Vaud, la question se pose maintenant de faire bon usage de la campagne courageuse de Mme Moret qui a joué le jeu bien qu’elle se sût d’avance perdante. Quelle meilleure candidate PLR qu’elle, en 2019, pour le Conseil des Etats ? Elle a été souvent dans les médias, son nom ne sonne pas inconnu dans le canton et il s’agira sans doute en outre de remplacer Mme Savary arrivée sauf erreur en fin de mandat selon les règles socialistes. Ajoutons qu’une candidature de Mme Moret permettrait de faciliter l’acquisition d’un siège au National pour Mme de Quattro qui a déjà annoncé sa candidature. Bref, la constellation serait idéale.

Une liste au Conseil des Etats avec deux candidats PLR au premier tour ?

Certes, il y a déjà un PLR au Conseil des Etats, mais une liste avec deux candidats PLR au premier tour à la majorité absolue, cela permet de compter ses voix ce qui est dans l’intérêt des formations politiques. Il n’est jamais choquant d’offrir un choix éventuel aux citoyens quand on l’a fait pour le Parlement même si les discussions avec d’autres partis sont un peu délicates.

Il n’y a aucun abus de la part d’un parti quel qu’il soit de présenter dans une élection populaire plus de candidats qu’il n’a lui-même de sièges à repourvoir, et ce pour deux raisons : d’une part pour que les électeurs aient un choix, d’autre part parce qu’il est légitime pour un parti de considérer qu’il doit être fortement représenté s’il veut faire passer ses valeurs. Aux électeurs ensuite d’opérer des choix et des coupes éventuelles.

La preuve par l’acte

Dans son billet de ce 12 septembre (LT), M. Philippe Nantermod s’insurge contre le fatras linguistique de deux projets de loi fédérale soumis au Parlement cet automne, la loi sur les services financiers et celle sur les établissements financiers. Il précise en outre : « Avec plein de termes techniques financiers… et des enjeux pour lesquels il faut recourir aux services d’experts afin de saisir le commencement de chaque question ».

On se rappelle qu’en 2010, le PLR avait lancé une initiative populaire fédérale intitulée « Stop à la bureaucratie », qui affirmait notamment que « Toute personne a droit à des lois compréhensibles ». L’initiative n’avait pas abouti moins sans doute parce que les citoyens rêvent de lois incompréhensibles que pour la raison – et c’était celle qui m’avait empêchée de signer – que la première tâche des parlementaires c’est précisément de veiller à la clarté des lois.

L’initiative non aboutie ajoutait aussi que chacun avait droit à ce que les lois soient « d’application simple, non bureaucratique et efficace ».

Voilà une occasion rêvée, si j’en crois les propos de M. Nantermod, pour le groupe PLR de montrer sa conviction. On attend avec impatience le débat sur les deux lois mentionnées ci-dessus et les propos musclés, y compris des candidats au Conseil fédéral, pour rétablir la clarté du texte, voire pour s’opposer fermement à ces deux lois si elles semblent d’application trop peu simple donc bureaucratique.

La preuve par l’acte ne concerne pas que les objecteurs de conscience !

En politique, qui représente quoi?

Dans un régime présidentiel, le président représente l’Etat, donc le pouvoir. Il doit être fort, puissant, aimé, populaire ! Il doit avoir un programme et faire des promesses. Un brin de culte de la personnalité n’est pas négligeable et plus ou moins discrètement recherché. Le président élu par le peuple représente en outre le peuple !

Dans un régime parlementaire à exécutif collégial, le collège exécutif incarne le pays. Il ne le représente pas, il le concrétise dans sa composition. D’où l’importance d’avoir un collège où coexistent des sensibilités, des cultures, des connaissances partisanes, professionnelles, économiques, sociales, géographiques différentes. Le pouvoir n’existe que pour l’ensemble du collège et chacun des membres représente les autres. Aucun des membres ne peut prétendre avoir un programme qu’il imposera aux autres. Cela ne signifie pas que l’intelligence et la compétence individuelles n’ont aucune importance, au contraire, mais c’est une protection par rapport à une dictature.

Un tel système n’est absolument pas médiatique et exige une véritable capacité de modestie, donc une vraie volonté de service. Voilà qui est en rupture totale d’avec la manière requise aujourd’hui, de « se vendre » sur le marché du travail. Quand je compare la formulation des lettres de candidature pour un poste de travail aujourd’hui avec le contenu des mêmes lettres il y a encore trente ans, je suis effarée. Aujourd’hui, vous devez oser dire à votre futur employeur que vous êtes le meilleur, que vous allez sauver sa firme, que vous adorez ce qu’il fait et que vous ferez encore mieux. La modestie est un défaut grave. Vous auriez l’air de ne pas croire à votre destin !

Le populisme se nourrit de narcissisme et de certitude d’être le meilleur. Il entretient l’idée d’une représentation du peuple. La médiatisation de la société favorise le populisme et menace la démocratie.

 

 

 

 

Familles atypiques et questions éthiques

Dans un article fort intéressant du 6 septembre, intitulé « Les enfants de familles atypiques vont bien », LT cite un professeur/chercheur de Cambridge selon laquelle « La qualité des relations interpersonnelles au sein d’une famille est plus importante pour le développement d’un enfant que la structure dans laquelle il grandit ». Nous sommes totalement d’accord avec cette affirmation. Un enfant peut être heureux ou malheureux aussi bien dans une famille « classique » que dans une famille atypique. Cependant, comme l’évoque, plus loin dans l’article, la spécialiste des recherches sur la famille, « les nouvelles technologies permettent de petits miracles mais elles doivent être appliquées dans un cadre contrôlé pour éviter les dérives ». Et c’est bien là qu’apparaissent les questions éthiques qui ne sont pas abordées comme telles dans l’article et qu’il convient de ne pas confondre avec le simple environnement familial.

Les quatre principaux problèmes éthiques liés aux « nouvelles technologies »

Par nouvelles technologies, il faut entendre procréation médicalement assistée, soit don de sperme, don d’ovule et mère porteuse. Que ces « nouvelles technologies » soient réunies pour un même cas ou qu’elles soient utilisées indépendamment les unes des autres, qu’elles soient utilisées par un couple hétérologue ou par une personne seule ou par un couple de même sexe, elles soulèvent chaque fois les questions éthiques suivantes :

  • Ai-je « droit » à un enfant ?
  • Ai-je le “droit” de le priver volontairement de la connaissance de ses origines ou de toute possibilité de vivre dans sa famille biologique ?
  • Ai-je le “droit” d’exiger qu’on me conçoive un enfant d’une certaine qualité ?
  • Ai-je le “droit” de faire d’un enfant un cobaye puisqu’on ne sait pas les conséquences que peut avoir, à court et à long terme, pour lui, le fait d’être le résultat d’une de ces technologies.

Poser les questions éthiques n’est pas politiquement correct

C’est considéré comme de l’obscurantisme auquel on oppose le droit d’un enfant d’être aimé et d’avoir un statut juridique. Autrement dit, on utilise l’enfant une fois né, comme otage pour justifier l’impasse sur les problèmes éthiques liés à sa conception.

 

 

Vie professionnelle, vie politique et vie de famille

La présence d’une candidate au Conseil fédéral, encore jeune mère de famille, pose une question nouvelle : le rôle d’un profil « multitâche », conciliant vie professionnelle, vie politique et tâche de mère de famille. Jamais on n’a évoqué un tel profil pour un père de famille et pourtant sa tâche est aussi très importante, s’il la prend au sérieux. D’ailleurs, plus d’une fois, interrogé sur les conséquences de sa carrière professionnelle et/ou politique, un homme n’a-t-il pas avoué qu’il avait consacré peu de temps à sa famille ? On a rarement demandé à son épouse et à leurs enfants quelles conséquences avaient représentées, pour eux, cette éventuelle indigence.

Combien de ménages ont éclaté à cause de la sur-occupation du mari, ou de l’épouse, ou des deux ? Combien d’enfants ont souffert d’un manque de père ou de mère, ou des deux, pour le même motif ? L’étude mériterait d’être faite et ce serait sans doute un bon sujet de programme national de recherche en sciences humaines. Mais évidemment que ce n’est pas politiquement correct.

Surtout ne jamais se vanter d’un profil « multitâche » sans s’être assuré(e) au préalable qu’il n’a pas été la cause d’une grande souffrance de son environnement familial. La question ne peut pas être esquivée à une époque où le dogme de l’égalité menace constamment de dégénérer en dogme des quotas.

Les factures papier ou les clients esclaves

 

Non, non et non, je ne veux rien payer pour recevoir des factures papier.

La poste n’arrête pas de se plaindre qu’on n’envoie plus de courrier, les messageries informatiques sont constamment en panne ou ont des problèmes, en tous les cas lorsqu’on est, comme moi, sur swisscom. On n’est jamais certain d’avoir reçu ni traité convenablement une facture électronique parce qu’une minuscule erreur de manipulation peut avoir des conséquences désastreuses.

Aucun esprit de service

Ce qui frappe le plus, c’est la disparition de tout esprit de service des fournisseurs de prestations qui veulent faire payer les factures papier. Je ne parle même pas de certaines grandes banques qui se permettent de faire payer une facture papier pour une facture de carte de crédit alors qu’elles gèrent déjà chèrement le portefeuille du titulaire de la carte, mais swisscom, et x autres grands prestataires de services, y compris de services encore publics, considèrent que c’est le client qui est à leur service. Si le malheureux client veut des renseignements, il n’a qu’à « surfer sur internet », chercher tel ou tel site, rechercher, retaper, se faire dire qu’il n’y a pas de réponse à cette question, voire, parfois, que le site dont il a reçu officiellement la référence n’existe pas ou pas encore, bref, perdre un temps fou.

Certes, quand on finit pas avoir un non-robot au téléphone, c’est un humanoïde plutôt aimable, mais encore faut-il que son ordinateur à lui fonctionne, ce qui n’est, de loin, pas toujours le cas.

La facture papier payante : une forme d’esclavage du client

Au lieu de faciliter la vie des clients, internet est souvent le moyen pour une entreprise d’exercer une véritable tyrannie, d’imposer sa loi, voire l’achat de certains appareils. Faire payer spécialement une facture papier est une forme moderne de réduction du client en esclavage.

 

 

Le syndrome de Gepetto

Le conte de Pinocchio n’est probablement plus à la mode et pourtant il est plus actuel que jamais à cause de l’intelligence artificielle !

Gepetto créait des marionnettes et rêvait d’avoir un véritable enfant. Une de ses marionnettes lui a « échappé », s’est animée seule, a cédé à toutes les tentations, a mis la vie de Gepetto en danger et n’a fini par devenir un vrai petit garçon qu’après avoir appris la vie à ses dépens.

Bien des créateurs de robots super sophistiqués ne rêvent-ils pas de réussir à créer de « vraies » personnes qui leur échapperaient et conquerraient le monde avec leur intelligence propre ? Sur les réseaux sociaux, dans certains médias, on ne se lasse pas d’alimenter le conte, d’envisager des dérives et d’accréditer l’idée que tout est possible grâce à la technique.

Le conte de Pinocchio a bien fini, parce que c’était un conte, mais aussi parce que la hiérarchie des responsabilités a été remise en ordre : Gepetto était responsable de Pinocchio, avait pour tâche de l’élever et Pinocchio a découvert qu’il ne pouvait pas faire que ce qu’il voulait et devait apprendre à se bien conduire.

L’être humain ne change pas ! C’est incroyable. Il progresse techniquement, fait des découvertes scientifiques et continue toujours de croire qu’il pourra transformer la machine en une personne humaine et se soustraire simultanément à sa responsabilité de « créateur ». Et d’aucuns l’encouragent dans cette erreur !

 

Bricole-moi un hymne patriotique!

Le patriotisme n’est pas à la mode ! Et puis en plus, un patriotisme qui n’est pas « martial » et, comble de déchéance, fait référence à Dieu ! Alors là, pauvre misère ! Donc, il est impératif de mettre le Cantique suisse au goût du jour ! Rien de martial rassurez-vous, mais au moins, foin de ce Dieu ringard auquel on nous dit que 25 % de la population ne croit plus, parce que sans religion ! 25% de la population ? Une sacrée majorité ! Il est temps que la minorité de 75 % qui subsiste cède le pas, au nom de la diversité. Il y a des résistances ? Toujours ces mêmes « croûtes » de conservateurs ! A la place de Dieu, on pourrait glisser « liberté, solidarité, diversité, équité », des notions fraîches et joyeuses, modernes quoi ! On évite naturellement « égalité et fraternité », coiffé d’un vieux bonnet phrygien.

Mais au fait, à quoi peut bien servir un nouvel hymne national ?

Au moment d’un grand bouleversement politique ou social, il peut avoir un rôle fédérateur. En dehors d’une telle période, il n’est que la manifestation de la fatuité de ceux qui croient que le pays n’existe que depuis leur naissance. L’hymne national traditionnel rappelle discrètement que notre présent n’est rien d’autre que l’avenir de ceux qui ont construit le passé.

Bafouer les valeurs du pays que l’on prétend gérer!

L’affaire récente du président du parti PDC, qui est allé aux Etats-Unis louer un ventre pour satisfaire son « désir d’enfant » et celui de son partenaire, comme on se rend à l’étranger pour satisfaire son envie d’un produit local, pose une question très grave : jusqu’à quel point celui qui prétend à un poste public peut-il froidement bafouer une valeur éthique fondamentale consacrée par ses concitoyens ?

Il s’agit d’être clair

L’interdiction constitutionnelle de toute maternité de substitution, l’interdiction légale du don d’ovule ne sont pas des interdits de nature religieuse, mais bien des fondamentaux de civilisation, car cela correspond au respect vital de l’être humain, de son identité et de sa dignité. Le christianisme a sans doute mis en évidence l’importance de ces valeurs mais ne les a pas créées. Elles sont une condition sine qua non d’une civilisation. La Suisse ose encore le proclamer contre la mode. Toute marchandisation de la personne humaine – et la procréation par mère porteuse et/ou don d’ovule en est la concrétisation – risque de conduire aux horreurs hélas ! déjà vécues au cours des siècles. En outre, comme on ignore à ce jour les conséquences pour un enfant d’être formé dans le ventre d’une femme qui ne le veut que pour le vendre sur commande ou que l’on aura contrainte à cela – en Inde ou en Chine, par exemple -, toute procréation avec mère porteuse et/ou en plus avec don d’ovule équivaut à une réduction de l’enfant au rôle de cobaye.

On connaît depuis des lustres les dégâts humains du don de sperme, direct ou artificiel

On sait que l’enfant vit généralement un traumatisme quand il découvre qu’il n’est pas celui du père qui l’élève et qu’il aime ; il est donc totalement irresponsable d’augmenter, pour satisfaire ses désirs, le nombre de cas de souffrances probables.

Désavouer le tricheur pour montrer son respect de l’enfant

Puisse le PDC suisse – et non seulement zurichois – avoir l’honnêteté et le courage, au nom de la dignité de l’enfant, de désavouer ce président tricheur, exemple malsain !

L’école vaudoise tue-t-elle l’apprentissage?

C’est une vérité bien connue : la prim’ sup’ a fait la richesse du canton de Vaud en son temps. Mais depuis des décennies, sous l’influence de la réforme communiste de l’école en France et malheureusement déjà sous le règne de chefs de département radicaux, l’école vaudoise est devenue la proie du « tout à l’université ».

Une ou deux générations sacrifiées

Un snobisme gauchiste stupide – accrédité, à vrai dire, par une certaine droite à courte vue – considère que l’avenir ne peut sourire qu’aux universitaires. Alors on trompe depuis des années les enfants sur leur compétence réelle. On envoie des troupeaux à l’université qui doit consacrer souvent une première année de cours à l’enseignement de connaissances de base (rédaction, français, orthographe), gaspillant ainsi l’argent public déjà gaspillé abondamment pendant la première année de gymnase, voire pendant les années d’école obligatoire, à force de vouloir nier les différences de rythmes d’évolution et de formes d’intelligence des enfants. Le mensonge généralisé en ce qui concerne les aptitudes, les classes à deux niveaux qui doivent se substituer à deux filières et pourraient passer à trois niveaux pour n’assurer qu’une seule  filière – sottise chère à une certaine gauche depuis les années quatre-vingt (voir “une meilleure école pour tous » rejetée en son temps par les Vaudois) – exigeant des prouesses d’horaire et des kyrielles d’enseignants, des manuels scolaires non utilisés et souvent remplacés par des piles de feuilles volantes, tout cela, malgré le dévouement de bien des enseignants, débouche sur une jeunesse sacrifiée, déboussolée, blasée, amère (il y a évidemment toujours des exceptions !).

Honorer l’intelligence pratique et non pas seulement l’intelligence abstraite

Quand osera-t-on de nouveau dire qu’un métier manuel exige autant d’intelligence qu’un métier intellectuel mais sous une autre forme ? Quand respectera-t-on de nouveau les rythmes évolutifs différents des enfants en permettant éventuellement de refaire une classe, puis en prévoyant des passerelles pour le rattrapage de ceux qui ont été plus lents ? Quand donnera-t-on leur chance aux enfants en fonction de leurs capacités et non pas en fonction des dogmes politiques ? L’école vaudoise a besoin d’un sérieux coup de balai, et la politique scolaire d’un tsunami si l’on veut sauver l’avenir …. des jeunes.