Don d’ovules et double maternité

Le Parlement a mandaté, hier 13 septembre, le Conseil fédéral pour qu’il mette la loi sur la procréation médicale (LPMA) « à jour » en y incluant le don d’ovules.

Depuis la nuit des temps, les enfants sont conçus par un don de sperme

Aucune femme ne peut attendre un enfant si elle n’a bénéficié d’un don de sperme. On présume que ce don provient de son mari quand elle est mariée, et ce, depuis la nuit des temps aussi, mais on sait parfaitement que ce n’est pas le mariage qui est  la condition du don de sperme ! C’est la raison pour laquelle, en 1998, le Parlement avait mis le don de sperme dans la LPMA, exigeant seulement, pour tenir compte du droit de l’enfant d’avoir un père et une mère, que la femme bénéficiaire dudit don soit mariée et que son mari soit consacré père juridique de l’enfant qu’il n’avait pas conçu. Et puis, pour tenir compte aussi du droit de l’enfant à connaître ses origines, le législateur avait inclus ce droit dans la loi tout en interdisant à l’enfant comme au mari de la mère, de mettre en cause la paternité « juridique » du mari en faveur du vrai père d’origine. L’enfant a l’interdiction d’établir un lien juridique avec l’homme dont il porte les gènes.

Depuis la nuit des temps, la femme qui porte l’enfant lui a donné ses gènes grâce à ses propres ovules

Depuis la nuit des temps, certes, mais plus depuis peu, parce que la science (sans conscience ?) a décidé qu’il fallait permettre à une femme de porter un enfant provenant d’ovules venus d’ailleurs.

C’est parce que notre Parlement refusait d’imposer à un enfant une origine maternelle double, celle des gènes et celle de la grossesse, situation totalement contre nature, qu’il a, en 1998 également, refusé d’introduire le don d’ovules dans la LPMA. Il n’y a pas d’égalité entre le don d’ovules et le don de sperme, le premier impliquant que l’enfant a obligatoirement deux mères physiques. Le don de sperme, lui, ne double pas le nombre de père physique de l’enfant!

La femme qui a reçu un don d’ovules provenant d’une autre femme est toujours une sorte de mère porteuse (à distinguer de la gestation pour autrui) même si elle accepte d’être, à la naissance, la mère « juridique » de l’enfant.

La question éthique fondamentale qui se pose est donc toujours la suivante :  Le don d’ovules consacre un droit absolu à un enfant en imposant à ce dernier l’obligation absolue d’avoir deux mères physiques. On n’a aucune idée des conséquences réelles durables physiques et psychiques de cette double origine maternelle pour la personne qui en naîtra. On a pu apprendre, lors d’émissions télévisées, la souffrance de personnes qui doutent de leur véritable identité avant même de découvrir qu’elles sont issues de deux mères. Le principe de précaution (pour ne pas parler du respect des êtres humains) permet-il de faire l’impasse sur la souffrance future probable d’une personne au nom d’un droit à l’enfant et d’un progrès scientifique ? Peut-on faire une pesée d’intérêts entre la souffrance connue d’une femme qui ne peut pas avoir d’enfant par ses propres ovules et celle immesurable à laquelle on risque de condamner un être humain à naître ?

Il faut un vrai débat au sujet de cette question, les solutions retenues par d’autres pays ne justifient pas d’en faire l’économie.

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

47 réponses à “Don d’ovules et double maternité

  1. Je ne comprends pas votre volonté de traiter différemment le don de sperme du don d’ovule. Les deux sont similaires, il apportent une partie du patrimoine génétique de l’enfant à naitre.
    Dans le cas du don de sperme et ovule de la mère, le patrimoine génétique de l’enfant contient celui de la mère et du donneur.
    Dans le cas du don d’ovule et sperme du père, le patrimoine génétique de l’enfant contient celui du père et de la donneuse.
    Je n’y voit aucune différence. C’est toujours la mère qui porte l’enfant et qui le met au monde. Pourquoi voulez-vous créer une différence là ou il n’y en a pas et polémiquer sur une pratique qui se fait dans la majorité des pays européens sans soulever de tels questions. Il n’y a pas deux mère, il y a les parents qui vont élever l’enfant et c’est le plus important car ce n’est que cela qui compte.
    Vous oubliez le troisième cas où il y a don de sperme et d’ovule… 😉

    1. Liberté de séparer pour réassembler

      Vous ne voyez « aucune différence » parce que vous ne faites pas la distinction entre « des parents multiples » et « les parents ». S’il a été constaté que l’enfant, ou plus tard l’adulte, souffre d’une situation où il se sent partagé entre des « vrais » et « faux » parents, il ne suffit pas de lui répondre que les vrais sont ceux qui l’ont élevé dès sa naissance, et qu’il n’y a que cela qui compte. C’est peut-être ce que l’on disait aux orphelins qui demandaient à connaître leurs origines. De réels progrès ont été faits dans la compréhension des besoins de l’enfant, il a fallu beaucoup de temps pour surmonter les idées bien ancrées en matière d’éducation (« c’est normal »), puis quand les locomotives de la psychologie ont enfin réussi à donner de l’élan aux lourds wagons, voilà que les fabricants de familles nouvelles arrivent pour instaurer ce qui doit être « normal » et vite assimilé, sinon ils vont se fâcher pour défendre « leurs droits ». Certains me disent que « le monde est devenu fou… » Pour me faire une réelle opinion, je vais donc relire le livre du psychiatre Silvio Fanti, pionnier de la micropsychanalyse à mille francs l’heure, écrit depuis le bureau de son château à Couvet : « Le fou est normal » (1971). Et peut-être faudrait-il relire le livre qui précède, afin de savoir si le Mariage pour tous ne rendra pas encore plus de couples malheureux : « Contre le mariage (normal) » (1970).

    2. @LIBERTE
      Je ne partage pas votre point de vue mais ce qui me choque profondément, c’est la petite phrase suivante, je vous cite : “Pourquoi, voulez-vous créer une différence là où il n’y en a pas et polémiquer sur une pratique qui se fait dans la majorité des pays européens sans soulever de telles questions”.
      Si je vous ai bien compris, lorsqu’une pratique est adoptée par les pays qui nous entourent, il n’y a aucune raison d’agir différemment. Je suis désolée mais ce type de raisonnement peut avoir de graves conséquences et ce n’est pas un argument. L’histoire nous a démontré plus d’une fois que les personnes minoritaires qui réfléchissaient avaient souvent raison. Attention de ne pas se comporter comme des moutons de panurge. C’est hélas la tendance actuellement.

      1. Il vous échappe que nombre de Suisses vont en Espagne pour cela… et depuis des années.
        Mais leur cas ne vous intéresse visiblement pas, vous préférez rester sur des généralités plutôt que de considérer les choses réelles concrètes.
        Quand à la différence vous ne répondez pas, chaque gamète apporte 50% des chromosomes.

  2. Chère Madame,
    Comme le démontre le commentaire de l’anonyme LIBERTE, les ignorants ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre. Aujourd’hui, on fait des enfants comme on achète une marchandise que l’on use puis que l’on jette. Heureusement que vous êtes là pour penser à l’enfant

    1. Ceux qui font des enfants via une PMA sont certainement plus désireux et plus disponible et de meilleurs parents que ceux qui ont des enfants naturels non désirés…
      Que savez-vous de ceux qui ont des parcours de plusieurs années ou vont à l’étranger pour avoir accès à ces solutions ?
      Croyez-vous qu’il sont dans une attitude ” Aujourd’hui, on fait des enfants comme on achète une marchandise que l’on use puis que l’on jette ” ? Expliquez ces propos abjectes svp !
      Voyez dans des cités des familles qui ont des enfants à la pelle et qui ne s’en occupent pas et les laissent trainer tard le soir devant leurs immeubles ou devant la TV…
      Alors avant de parler de ce que vous ne connaissez visiblement pas, renseignez-vous.

      1. Monsieur ou Madame LIBERTE,
        Les naissances multiples non désirées et autres déviances que vous dénoncez sont malheureusement bien réelles. Mais ces anomalies du comportement humain ne justifient en rien la négation du principe selon lequel on se marie, non pas pour bénéficier du même lit, mais pour fonder une famille, avoir et élever les enfants qui nous survivrons. L’homme est imparfait, la nature aussi. L’homme peut se corriger mais il ne peut pas corriger la nature. Ce qui n’est pas naturel est anormal !

        1. ” on se marie, non pas pour bénéficier du même lit, mais pour fonder une famille, avoir et élever les enfants qui nous survivrons ”

          Et ceci ne contredit pas la PMA, le don d’ovules ou de sperme pour fonder une famille. Je ne vois aucun problème avec ces possibilités que la science nous offre maintenant, elle permets de fonder une famille, peu importe qui a fourni les chromosomes.

          1. Une famille où sur la table il y aura des tasses en fer ou en terre, autour de deux ou trois théières des mêmes matières.

  3. Quoi qu’il en soit, la situation pour l’enfant ne diffère guère entre les deux cas de figure : dans le cas du don de sperme, l’enfant n’a certes qu’un seul père biologique, et le père effectif n’est don qu’un père fictif ou adoptif : en définitive, ils sont deux. Dans le cas d’un don d’ovule, nous avons une mère génitrice et une mère qui enfante ce que la première avait rendu possible sous forme “embryonnaire”. Cette nouvelle distribution du travail ne change fondamentalement rien au fait que l’enfant devra s’identifier aux manipulations qui ont permis de tripoter dans les corps d’au moins trois personnes – le père nominatif, châtré par sa réduction au contenu d’une éprouvette, pourra toujours se vanter, il est vrai, d’avoir réussi à y laisser quelque chose. Comme nous sommes sublimes!

  4. L’Ethique moderne est d’oublier l’éthique ancienne, afin que les minorités nous guident vers des choix abracadabresques. Celui qui s’oppose à eux est politiquement mort. Nous ne pouvons pas compter sur les affairistes de Berne, rongés jusqu’à l’os par les intérêts personnels et pécuniaires. L’Europe est en train de rentrer dans le mur en claxonnant.

    1. à Spark: vous avez hélas raison, mais il n’y a pas que l’Europe qui entre dans le mur en claxonnant: La décadence est mondiale, et l’on n’est qu’au début. Heureusement qu’il n’y aura aucun survivant…

      1. Avocat Santschi,
        Vous dites “la décadence est mondiale”, quelle erreur ! L’Occident est mort mais l’Orient est toujours vivant parce que l’Orient est immuable !

    2. À Spark. Entièrement d’accord avec vous ! Ce lobby FGTB mous mène en bateau depuis plus d’une décennie et nous oblige à discuter de problèmes qui semblent issus du Faust de Goethe. En y réfléchissant, on se pose la question de savoir s’il existe encore une norme d’équilibre de l’esprit dans nos sociétés, ou si nous sommes irrémédiablement voués, avec le temps, à partager l’enthousiasme suscité par des comportements malsains.

      1. Etes-vous concerné ? Connaissez-vous des gens qui sont dans ce cas ? Certainement pas.
        Je ne vois pas de quel droit vous voudriez interdire quelque chose fait entre gens consentant et éclairés et qui abouti à pouvoir fonder un foyer et élever avec amour des enfants désirés.
        Quel est votre problème ou préjudice pour interférer dans une chose qui ne vous impacte pas, ne vous concerne pas et qui ne vous oblige en rien ?

  5. Et la depression des meres qui donnent leurs ovocytes ( voir sur Internet une étude de plus de 100 pages) ? Des mères martyres et naives.Et leurs enfants et familles proches ?Des victimes souvent inocentes.Avec les risques de mariages consanguins. Voilà l’avenir de ces procréations de folies …

    1. Quelle différence entre donner ses ovocytes ou son sperme ? Les mère donneuses seraient dépressive et pas les hommes ?
      Que viennent faire ici les enfants et familles proches ? En quoi sont-ils victimes et de quoi ?
      Quand au mariage consanguins, merci de préciser votre point, car vu le nombre de cas concernés, je serai intéressé de lire une étude sérieuse sur la question tout comme celle dont vous faites référence, merci de nous donner le lien.

      1. Votre commentaire illustre la diversité des lecteurs de ce blog ainsi que leur niveau d’éducation dans divers domaines. J’ai failli en rire puis j’ai réalisé que des gens comme vous voteront un jour sur ce type de sujets comme vous l’avez probablement fait dans d’autres domaines sanitaires. Et j’ai trouvé cela effrayant.

        Alors:

        1. Le nombre d’ovocytes chez une femme est limité et varie d’une femme à l’autre. Chaque mois une dizaine sont perdus et il convient de garder une réserve pour pouvoir procréer soi-même notamment en cas de maladie ultérieure qui viendrait compliquer la fertilité. Une fois la réserve épuisée, c’est fini. Il faut donc être en bonne santé et ne souffrir d’aucune maladie qui pourrait limiter la fertilité. Il faudrait aussi probablement s’assurer qu’il en va de même pour votre partenaire masculin.

        2. Le prélèvement d’ovocytes est un acte médical (ponction écho-guidée des follicules ovariens). Cela comporte donc aussi des risques.

        C’est pour cela qu’un don d’ovule passe par un bilan de santé complet ainsi qu’une discussion avec un psychologue.

        Ce n’est donc pas un acte aussi anodin que le don de sperme.

        1. À Biologie,
          Quant à votre commentaire, il m’effraye pour d’autres motifs : il suscite en effet un malaise par la manière désobligeante avec laquelle votre présomption de biologiste spécialisé (c’est ainsi du moins que vous vous présentez) exprime son mépris pour les “gens comme vous”, comme si vous étiez le seul à pouvoir évaluer les enjeux d’une votation, alors que tous les citoyen(e)s sont invités à le faire

          1. Merci pour votre retour. Désolé que la forme prenne le pas sur le fond.

            Et une démocratie ne peut fonctionner que si la population est informée de manière honnête et éclairée. Surtout lorsque les sujets dépassent parfois ses compétences.

            Il y a alors un risque de dérapage vers une forme de technocratie alimentée par des conflicts d’intérêt. Nous en avons fait l’expérience.

            Les raccourcis et la banalisation sur ces sujets complexes peuvent amener à de dangereuses décisions. Voter sur des sujets aussi intimes mérite donc une qualité de débat dont nous avons souvent été privés ces dernières années. La peur et la désinformation prenant trop souvent le dessus pour désigner les “bons” et les “mauvais”, générant ainsi des souffrances réelles dans la population.

            Quand à la forme sarcastique peut-être un peu poussée, elle me paraissait justifiée après avoir lu les autres commentaires.

            N’y voyez pas là un sentiment de supériorité mais plutôt un besoin de rappeler la gravité des sujets qui touchent à l’intégrité corporelle et la procréation.

            Je cite: “Quelle différence entre donner ses ovocytes ou son sperme ? Les mère donneuses seraient dépressive et pas les hommes ?”

            Désolé mais cette phrase me fait bondir. Une telle banalisation de ces différences est presque un manque de respect pour les femmes. Egalité dans la société ne signifie par similarité physiologique ni psychologique mais bien au contraire l’acceptation des ces différences.

            Il y peu d’hommes qui font des dépressions après un don de sperme et encore moins qui écriraient ce type de blog (ce n’est qu’un exemple parmi d’autres):

            ttps://lamarieeencolere.com/2019/09/don-dovocytes-risques/

            J’espère que ces compléments vous permettront de mieux appréhender le fond de ma pensée.

          2. Je pense surtout que vous parlez de quelque chose que vous ne connaissez pas et que vous ne voyez cela que par le témoignage mis en ligne sur le site que vous indiquez.
            Des milliers de femmes le font sans que cela ne se passe comme cela est raconté dans ce blog.
            Chaque personne est différente, certaines ont des règles très douloureuses, d’autres pas. Prendre un témoignage pour en faire un généralité n’est pas honnête.
            Les gens qui font un don d’ovocytes le font en connaissance de cause, personne ne les force et vos affirmations sur les dépressions des donneuses sont farfelues.

        2. Le blog ne parle pas de l’aspect médical de la chose, mais éthique.
          Il est évident qu’il est plus compliqué de prélever des ovules que des spermatozoïdes, mais au final chacun apporte la moitié des chromosomes de l’enfant à naitre. A ce titre pas de différence.

          Vous parlier de ” la depression des meres qui donnent leurs ovocytes. Des mères martyres et naives. Et leurs enfants et familles proches ? Des victimes souvent inocentes.”

          Je ne vois pas le rapport avec le nombre d’ovocytes que vous mentionnez, merci de préciser vos propos.

          Pour répondre à votre point 1, lors d’un prélèvement pour un don, on n’en prélève guère plus qu’une dizaine de follicules, car on ne peut prélever que les follicules prêts. Vos propos semblent vouloir faire croire que l’on va amputer la donneuse d’ovocytes de nombreux ovocytes qui pourraient la pénaliser plus tard. Il n’en est absolument rien, documentez-vous sur le sujet.

          1. Vous déformez mes propos.

            Vous avez écrit: “Quelle différence entre donner ses ovocytes ou son sperme ?”.

            J’ai donc réagi car à partir du moment où cela implique un risque médical, ce n’est pas la même chose et on tend bien trop souvent à banaliser. Je sais parfaitement de quoi je parle.

            Il y a une tendance actuelle à vouloir mettre femme et homme sur pied d’égalité dans tous les domaines grâce à une science toute puissance.

            Or, si nous pouvons être égaux dans la société, certaines différences physiologiques nous distinguent.

            Ainsi, un homme peut divorcer à 60 ans, refaire sa vie et avoir une nouvelle famille avec de nombreux enfants. C’est plus compliqué pour une femme.

            Et tout cela à forcément un impact sur la manière dont notre société est structurée.

      2. Etant donné qu’il vous faut des spécialistes sur cette question, je ne me risquerai donc pas en tant que Madame Béotienne à vous donner mon avis qui évidemment ne vous intéresserait pas . Je vous donne donc quelques liens pour info issus de gens proches du problème.

        ttps://www.europe1.fr/societe/don-de-sperme-ecarter-un-risque-de-consanguinite-2533331
        “Le droit de savoir à qui elle doit d’être née”
        Audrey, 35 ans, née d’un don de sperme, s’est lancée dans une bataille judiciaire notamment pour savoir sir son mari, conçu dans les mêmes conditions, est son demi-frère.
        “On cherche simplement à savoir d’où on vient”

  6. Rappelons en passant que, depuis la nuit des temps, il y a eu des enfants heureux et d’autres malheureux, y compris dans les familles les plus naturelles.

  7. Merci de nous tenir en alerte une fois encore. Mais n’est-il pas déjà trop tard? À lire LPMA N° 810.11 du 18 décembre 1998, texte en vigueur + les six versions de 2001 à 2022, on observe une progressive et inéluctable légitimation de la procréation artificielle. Infractions? Dans tous les cas, trois ans maximum de peine privative de liberté ou pécunière. Elisabeth Roudinesco, très large d’esprit, ouverte au mariage pour tous, rappelle dans “Soi-même comme un roi” qu’il n’existe qu’une espèce humaine. Montesquieu, L’esprit des lois, livre XI, ch. IV: “Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.” Ici, le processus, pourtant démocratiquement mené, est achevé. On assiste néanmoins à l’avènement d’un certain totalitarisme qui passe par l’enfant à tout prix. Pluralité, singularité, grâce… s’abstenir. Dire qu’il n’y a pas longtemps, un enfant “naturel” signifiait né hors mariage… Le bébé QR code, et bientôt l’enfant Porcupine System seront le modèle citoyen. Puisque les fragments d’ADN encodés, non seulement marqueront toutes les facettes de son existence, mais lui permettront d’exprimer ses opinions et de voter. (Source Molka Nabli, 15 janvier 2021, gomytech . gomycode . co)

    1. À Etter
      En effet : ce que fait craindre la mutation de l’engendrement convertie en artefact, ce”n’est pas seulement la compromission éventuelle du bonheur de l’enfant, mais la confiscation de son identité sous forme computationnelle.

  8. Merci Madame Sandoz pour cet article qui nous fait réfléchir. C’est en effet un sujet très sensible et il ne faut jamais oublier qu’avoir un enfant n’est pas un droit dans le sens juridique du terme. D’autre part, je comprends parfaitement bien que l’on ait recourt à la procréation médicale mais il faut être très prudent dans ce domaine et toujours considérer le bien-être psychologique de l’enfant en priorité. On sait depuis de nombreuses années que la plupart des enfants adoptés désirent si possible retrouver leurs parents biologiques ou tout au moins connaître exactement leur origine et leur parcours depuis leur naissance et il n’y a rien de plus normal. De nombreux ouvrages d’éminents psychiatres s’accordent pour dire que dissimuler son origine biologique à un enfant peut créer un véritable traumatisme. Dès lors, je me demande de quelle manière les parents dont l’enfant est né grâce à un don d’ovule seront en mesure d’expliquer à ce dernier qu’il a deux mères physiques ou biologiques. Ce n’est à l’évidence pas le cas avec le don de sperme.

    1. Pourquoi mélangez-vous le cas des enfants adoptés qui est particulier avec la PMA ?
      Pourquoi voulez-vous dire à l’enfant qu’il a été conçu par PMA ? Ce n’est mentionné dans aucun document contrairement à un enfant adopté.
      La mère a accouché de SON enfant peu importe l’origine des chromosomes.

      Pour information, une étude allemande d’il y a une dizaine d’années indiquait que presque 20% des enfants n’étaient légitime (le père n’était pas le mari ou le concubin) ou des “Kuckuckskind”… Je ne crois pas que 20% des enfants se font psychanalyser.

      1. Pas si simple: une des raisons qui peut pousser un couple vers la PMA sont les maladies génétiques graves.

        Alors si un jour, un des parents la développe, le médecin traitant proposera un test pour savoir si les enfants sont atteints…. et là, il vaut mieux dire la vérité plutôt que l’enfant ne découvre le pot au rose.

        En France, la loi vient d’être adaptée et donne le droit aux enfants de connaître l’identité du donneur.

        Quand aux enfants illégitimes, c’est encore une autre histoire: car il peut alors y avoir des intérêts financiers considérables en jeu et des situations ubuesques. C’est ce qui peut se passer, par exemple, lorsque des enfants ont été échangés par erreur la maternité même si c’est rarissime.

        C’est un sujet extrêmement délicat et complexe.

        Tout est possible mais on est loin du “yaka”. Chaque situation est particulière.
        ça se passe bien dans la majorité des cas mais parfois il y a des drames.

      2. @LIBERTE
        Rassurez-vous, je ne mélange pas l’adoption avec la PMA, je pense simplement que les choses sont plus complexes que ce que certains voudraient le croire. En effet, les liens du sang ou les liens biologiques ne sont pas inexistants. Bien entendu, les parents qui élèvent leurs enfants sont leurs parents, il n’y a pas de doute là-dessus mais malgré tout les gens essaient toujours tôt ou tard de connaître leurs origines. C’est très important aussi sur le plan médical comme cela a déjà été relevé sur ce blog. J’ajouterai quand même que sur un plan psychologique, on a bien conscience depuis de nombreuses années qu’il ne faut rien dissimuler à nos enfants, notamment sur leurs origines.

        1. Personne n’oblige les parents à dires à leurs enfants qu’ils ont été conçus via une PMA !
          Pourquoi voulez-vous qu’ils cherchent une origine qui pour eux est celle de leurs parents ?
          Cette décision de dire ou non aux enfants la manière dont ils ont été conçus relève uniquement de la décision des parents et aucun praticien ne dévoilera cela à qui que ce soit, il en va de sa crédibilité et confiance envers ses patients qui viennent consulter pour cela.

  9. Et dans le futur la situation va encore plus se compliquer. Il y a actuellement des recherches pour avoir multiples donneurs dans des situations par exemple de maladies génétiques. Donc un enfant pourrait avoir deux papa génétique voire plus. La science va plus vite que les lois et la societé.

    1. Un exemple : lors d’un cancer (surtout chez les femmes avec le cancer du sein) , bien souvent on cherche les antécédents familiaux pour connaitre les risques d’une transmition à la génération suivante– Va-t-on aller chercher dans la famille du donneur ou de la donneuse ?
      Je crois tout simplement que nous sommes entrés dans un monde où l’humain marche sur la tête…

      1. Cela ne vous concerne pas, personne ne vous y oblige, alors quel et votre problème avec une thérapie qui ne vous cause aucun préjudice ?
        Désolé, mais de quoi vous mêlez-vous et qui êtes vous pour décider à la place de parents, futurs parents, donneurs, donneuses pour leur interdire d’accéder au bonheur de fonder une famille ??? De quel droit voulez-vous leur interdire de bénéficier des progrès de la médecine ?
        Personne ne force personne, les parties sont toutes consentantes et les enfants qui naissent de PMA sont désirés et même très désirés par leurs parents. Enfin, personne n’oblige les parents à dire à ces enfants qu’ils ont été conçus par PMA, c’est une décision personnelle qui ne regarde qu’eux.

        1. “personne n’oblige les parents à dire à ces enfants qu’ils ont été conçus par PMA, c’est une décision qui ne regarde qu’eux”.
          Attention, vous faites erreur. Vous touchez là au droit de connaître ses origines qui est aussi inscrit dans la loi sur la PMA. C’est ce droit qui est aussi la causse de l’inscription récente dans le droit de l’adoption (Entrée en vigueur en 2018) de l’obligation des parents de dire à l’enfant qu’il est adopté alors pourtant que le secret de l’adoption n’est pas levé.

          1. Comment allez-vous procéder ?
            Je suis désolé, mais personne et pas plus la loi n’oblige les parents à dire à ces enfants qu’ils ont été conçus par PMA, c’est une décision qui ne regarde qu’eux.

          2. Vous avez raison, en ce moment, la loi ne le dit pas, mais il y a fort à parier que la loi sera bientôt modifiée comme l’a été le droit de l’adoption, à cette différence près que le seul fait, maintenant déjà, qu’un adolescent qui saura qu’il a deux mères se demandera très vite pourquoi et que lui cacher la réponse équivaudrait à le spolier du droit – prévu dans la loi – de connaître l’identité de son géniteur.

        2. Vous manquez d’argument en me reprochant avec une certaine rage de m’occuper de choses qui ne me regardent pas , alors que je ne fais que poser un problème sur la table : relisez-moi ! Vous êtes à côté de la plaque. Je parle de recherches d’antécédents en cas de maladie ( qui pourrait être transmissible à la génération suivante… je parle de cancer du sein car c’est un sujet que je connais de très près ) Cette maladie. peut avoir été transmise par le donneur …. ou la donneuse. Cela arrive par exemple en cas de dons d’organes où l’organe donné par le parent “adoptif” est incompatible avec l’enfant receveur…Pour le sauver, il faudrait trouver le parent biologique…. il faudra bien alors en parler avec l’enfant… quel que soit son âge..

      2. @MARIE-FRANCE
        Je n’y avais pas pensé et vous avez tout à fait raison. J’ai été moi-même atteinte par cette maladie et j’ai demandé à mon oncologue à quelle âge ma fille devait faire sa première mammographie et il a conseillé de la faire lorsqu’elle aura quarante ans, à savoir quinze ans avant la survenue du cancer chez moi. Ce type de prévention ne pourra plus se faire correctement à moins que toutes les jeunes femmes soient contraintes de se faire dépister très jeune, ce qui est loin d’être idéal et qui coûte également très cher. J’ajouterai que le cancer du sein est un exemple parmi tant d’autres. Dans un monde où la médecine préconise la prévention à tout va, cela ne tient pas la route. Il serait très intéressant d’avoir l’avis d’un médecin sur cette question. En effet, si l’on souhaite que la femme qui accepte de donner ses ovules restent anonyme, je ne vois pas comment on pourrait faire une prévention efficace.

  10. Dans le cas où une jeune femme ou un jeune homme puisse favoriser l’accouplement avec sa demi-sœur ou son demi-frère, le fruit de cette union est dès lors atteint de consanguinité, en admettant que cette pratique se répète avec la génération 2, ces enfants seront des consanguins issus de parents consanguins etc. Ces facteurs générant des consanguinités se produisent dans bien des cas, à l’insu des natifs, jusqu’à peu, le résultat d’accouplements qui échappent aux registres officiels sont des exceptions si l’on admet que les époux se promettent fidélité et respectent ces liens de parentalité. L’humanité n’a pas réguler ces codes régissant les unions matriarcales uniquement en se basant sur des principes moraux, il a été observé depuis la nuit des temps que les unions entre frères et sœurs, ou demi-frères et demi-soeurs provoquaient des dégénérescences génétiques dans les lignées de reproduction. Les éleveurs d’animaux domestiqués ont érigé des règles strictes afin d’éviter ces types de dégénérescences génétiques, dans de nombreuses civilisations et ethnies, les mêmes règles sont observées et ont été mises en place de manière séculaire. Jusqu’à maintenant les actes de mariages et registres de naissances étaient censés éviter ces facteurs de consanguinités, ces derniers, menaçant des sociétés entières. Au niveau de la “légalité”, celle inculquée par les registres de mariages et des naissances, cela malgré des barrières plus ou moins rigides. Ces normes garantissent les naissances contre les unions incestueuses qui sont proscrites dans les lois, bien que souvent cachées et résultant de tromperies, ces infractions engendrent des dégénérescences génétiques avec ce que cela implique. Multiplier les moyens technologiques permettant de telles éventualités sans appareil légal efficace, promet des conséquences sans appel. Le but d’une implication légale est principalement institué pour remédier contre ces éventualités, car dans bien cas, les victimes ne sont pas conscientes de leur lien de parenté dont ils sont porteurs et qu’ils transmettre à leur insu. Avant de permettre de telles pratiques, il est impérieux de prédisposer de garde-fous contre ces éventualités, dans le cas présent, c’est flou et peu, voir insuffisamment réglementé, donc, il s’agit d’une véritable menace civilisationnelle. Malheureusement, dans l’état actuel des choses, il faudra attendre 2 générations pour calculer les conséquences de ces égarements, mais dans ce type de dynamique, on parle de facteurs de multiplications.

    1. Vous avez des chiffres ? Non bien sur, regardez simplement le nombre de naissances par don d’ovule ou de sperme par rapport au nombre de naissance sans dons, c’est un nombre ridiculement faible.
      Vous avez plus de chances de consanguinité par “tromperie” / “père illégitime” que par PMA. D’ailleurs, le taux “naturel” de consanguinité effectif et mesuré en Suisse est plus que largement supérieur au risque qui pourrait résulter de la PMA (pour la PMA c’est du niveau de gagner 10 fois de suite le gros lot de l’Euromillion).
      Ne prenez pas une hypothèse aussi farfelue pour tenter de justifier votre aversion pour la PMA, mais documentez-vous sérieusement.

      ttps://www.letemps.ch/societe/analyses-genetiques-segarent-face-consanguinite
      ttps://www.cairn.info/revue-annales-de-demographie-historique-2019-1-page-123.htm

  11. Il suffit de multiplier les facteurs de risques et vous obtiendrez un résultat, c’est pas compliqué.
    Rien que, comme vous le dites, “chances de consanguinités par tromperie”, une étude anglaise sur les liens génétiques entre parents et enfants a été abandonnée précipitamment, les résultats obtenus laissaient entrevoir que beaucoup de père biologiques n’étaient ceux qui étaient supposés être légitimes selon les canons du mariage. Le chiffre était, parait il, plus que surprenant.
    Comme je l’expliquai dans mon commentaire, c’est LA raison qui a orienté la création de registre d’état civil et l’institution, assez récente du mariage au sein des populations.

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