Le comble de l’horreur

Depuis septembre 2017, la loi suisse autorise la procréation médicalement assistée avec le sperme d’un donneur déjà mort.

On a de la peine à imaginer un médecin assez dévoyé pour procéder à une PMA en sachant qu’il contribue à procréer un enfant dont le père est déjà mort. Mais on ne voudrait pas imaginer non plus une femme mariée à une autre, réclamant ou acceptant une telle fécondation, en sachant pertinemment non seulement qu’elle interdit à son enfant d’avoir jamais un père mais que son enfant pourrait découvrir, grâce à son droit de connaître son origine, qu’il a été enfanté par un mort.

Cette possibilité monstrueuse est également valable s’il y a don de sperme à un couple hétérosexuel.

Comment un Parlement a-t-il pu voter un texte pareil ? Mais on doit aussi ajouter, par honnêteté, que cette horreur a échappé aux citoyens lors du référendum de juin 2016.

Il convient encore de préciser que si le sperme est celui du mari, sperme conservé pour des raisons médicales, il ne peut pas être utilisé pour la veuve qui le souhaiterait. Là, on respire !

Autrement dit, du moment que la procréation médicalement assistée est utilisée par une femme mariée à une autre femme, l’enfant mérite moins de respect.

Suffirait-il d’assurer à un enfant d’avoir deux adultes assurant sa prise en charge jusqu’à sa majorité pour qu’il n’y ait plus besoin de respecter l’essence de sa personnalité ?

La seule manière d’éviter une telle dérive éthique est évidemment de refuser la PMA pour les couples de femmes donc de voter non au mariage pour tous puisqu’il n’y a qu’un seul OUI ou un seul NON pour les deux modifications législatives.

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

51 réponses à “Le comble de l’horreur

  1. Merci beaucoup madame d’avoir partagé votre grain de sable moyenâgeux, cela nos donne l’occasion de se demander si le donneur d’organes doit être aussi vivant pour qu’on puisse le remercier d’avoir sauvé une vie. La mort est une étape de la vie, mais nous les êtres humains pouvons continuer à faire du bien, avec la réverbération de nos idées, de notre amour et pour quoi pas avec le don de nos tissus et matériel biologique. Je suis sûr que beaucoup de personnes sont ravis d’avoir la chance de continuer à vivre avec « l’aide » d’un donneur décédé.
    La donation est un contrat par lequel une personne (donateur) transmet de son vivant, gratuitement et définitivement, un bien à une personne (donataire) qui l’accepte. Ce n’est pas un cadavre comme vous (les opposants au mariage pour tous) avez mis dans vos affiches honteux par tout dans notre pays.
    Ce contrat a été établi avec les parents du futur enfant de la Confédération, qui certainement va grandir dans un foyer plein d’amour et il va produire pour maintenir la Suisse vivante.
    Bien évidemment que des personnes de mauvais caractère diront que l’enfant n’a pas pu « accepter » la donation. Est-ce que les enfants on le droit de dire non à la vie? Est-ce que les enfants peuvent en vouloir ses parents pour cette raison?

    Comme nous avons bien entendu, vos idées archaïques sont générationnelles. Il me semble, et j’espère, que là majorité du peuple suisse soit plus généreux que votre génération.

    1. Analogie entre don d’organes et don d’enfants ? Vous êtes joliment dénué réalisme et de sensibilité dans vos représentations, et c’est cela qui est « archaïque ». L’enfant n’est pas une pièce anatomique vivante pour combler un manque, il existe par lui-même. La réverbération de vos idées est monumentalement égoïste, et vous appelez cela de l’amour ! La Suisse, pour vivre, n’a pas besoin d’hommes pères et mères virtuels, physiologiquement impuissants, qui collent dans leur album « leur » enfant fabriqué et extirpé. Celui-ci ne reçoit pas du tout un cadeau en étant planqué comme un veau soustrait à sa naissance. Votre générosité est un abîme de mensonges qui sonnent creux, je ne respire pas ce parfum.

    2. La donation est un contrat qui porte sur un “bien” et non sur une personne. Le barbare c’est vous. Votre barbarie vous aveugle au point de nationaliser les enfants (“parents du futur enfant de la Confédération”).

    3. Monsieur Simas,
      Votre texte est plein de tendresse et d’espoir. Et plein de bon sens quant à la comparaison avec les donneurs d’organes. N’attendez pas cependant la moindre concession de Madame Sandoz. Elle a perdu toute générosité, tout altruisme dans ses certitudes d’inspiration pseudo-divines.
      Je crois déceler que vous êtes d’origine étrangère, et je suis heureuse de voir que vous exprimez de belles idées, et que vous parlez si bien de notre Suisse, de votre Suisse.
      Je me dis que dans notre pays, malgré les gens aigris comme Madame Sandoz, tout espoir d’une société meilleure et libre de préjugés est possible.
      Le mariage pour tous ne dérange que les dérangés. Ceux qui ne savent pas aimer.

    4. Madame Sandoz exprime la réalité des faits et cela vous dérange ?
      Moi pas !
      Je lui dit un grand Merci d’avoir relevé que “cet enfant ne connaîtra jamais son père biologique” lorsqu’il posera la question à ses parents.
      Il ne faut jamais oublier qu’un enfant n’est pas un accessoire mais un être humain posant des questions et ayant droit à des vraies réponses parce que tôt ou tard, la fausse réponse, mieux encore le mensonge sera reproché aux parents !

  2. Que ce point dérange je peux comprendre et il peut être modifié ultérieurement par le parlement, par exemple à l’initiative d’un député. De plus, L’occurrence d’un père mort est certainement rare dans la pratique.

    Mais refuser entièrement la loi à cause de cela est un peu extrême et de la part de L’UDF ou UDC et assez hypocrite. Laissez-nous nous marier avec qui nous voulons. Mettez vous un instant dans la peau des gens à qui vous refusez un droit fondamental et surtout de simplement vivre une vie normale. Ils méritent mieux que ça.

    1. Elle l’a toujours été. Mais l’âge faisant, elle est en rémission.
      Et donc, elle a de la peine à accepter que d’autres jouissent toujours des plaisirs de la vie et de l’amour.

      1. Le fait qu’elle vous publie ça veut dire qu’elle s’en moque totalement de ce que vous pensez, et ça devrait l’amuser de lire de telle idiotie !

        1. Le fait que madame Sandoz me publie c’est que la dernière fois qu’elle a censuré mes propos j’ai fait un tel raffut qu’elle se tient maintenant à carreau. N’y voyez aucune grandeur ou amusement de sa part mais que du pragmatisme.

          1. Je ne censure les propos que lorsqu’ils contiennent des insultes à l’égard de tiers ou pourraient tomber sous le coup d’une sanction pénale.

    2. Si vous regrettez votre commentaire-insulte, il n’est toujours pas trop tard de présenter des excuses, si vous ne le regretter pas, cela signifie que vous êtes insensible !

  3. La crainte (fondée) que tant la PMA que la GPA seront utilisées même si, le texte de la loi l’interdisait, vient du fait que les actes médicaux se dérouleront à l’étranger et que le TF interprétera la notion du bien de l’enfant comme une valeur aussi suprême qu’indéterminée. Il reconnaîtra le résultat objectif de l’acte en droit suisse bien que la loi interdise, par exemple en ce qui concerne la GPA. Il suffira que la GPA ne soit pas illégale dans le pays où elle a été pratiquée. Les initiants le savent très bien et les juges fédéraux aussi. Il ne reste plus que les parlementaires pour ne pas s’en inquiéter, mais comme ils n’interviennent plus une fois la loi adoptée…

  4. Merci de votre commentaire. Il reflète une opinion beaucoup plus populaire que l’on nous laisse le penser(média réseau sociaux, etc.)
    C’est un commentaire encore basé sur la raison des deux gamètes pourrait on dire..
    Mais mais peut être un jour dans un futur proche ? que les individus pourront accéder à l’auto fécondation.
    Quel tristesse…science fiction ? Que non point, la science est au service de la finance.

  5. Bonjour Madame Sandoz,

    Un très grand MERCI pour votre participation à l’émission Infrarouge mercredi et pour vos interventions si pertinentes.

    Je suis, bien entendu, tout à fait d’accord avec le contenu de votre dernier article et vous souhaite bon courage pour la suite !

    Avec mes meilleures salutations.

  6. “Il convient encore de préciser que si le sperme est celui du mari, sperme conservé pour des raisons médicales, il ne peut pas être utilisé pour la veuve qui le souhaiterait.”. Là on marche sur la tête; c’est le seul cas où ce type de fécondation pourrait éventuellement se justifier (je ne suis pas forcément pour néanmoins; les aléas de la vie sont une chose, mais procréer en toute connaissance de cause un orphelin en est une autre), à condition que le mari l’ait expressément souhaité en donnant son sperme, et d’autant plus s’il n’avait pas déjà d’autres enfants (le souhait d’avoir une descendance peut se comprendre).

  7. Chère Madame Sandoz,

    Tout est bon à remuer avec vous, pour autant que l’on vote “non” au mariage pour tous.

    Vous cachez vos cartes, en mettant en avant certains excès (supposés) de la loi existante.

    Vous auriez pu soutenir que l’on prenne des mesures contre ces débordements que vous trouvez “monstrueux”.

    Mais vous vous attaquez au mariage pour tous bien opportunément.

    Vous êtes déloyale.

    Vous haïssez ce mariage pour tous.

    C’est ca le fond du problème. Et de votre hypocrisie.

    1. Je vais vous expliquer ce que vous n’avez pas compris, Madame. Si je me mariais à vos idées, cela aurait bien d’autres conséquences que le partage d’un grand bonheur affectif. Le fond du problème, que je détecte vous concernant, c’est l’absence de respect pour la cause première de ce débat, le droit de l’enfant à ne pas être manipulé comme une prothèse entre deux hommes ou deux femmes inconscients de leurs réels manques.

    2. Derniers paragraphes :

      Il est possible, et à mon avis justifié, de rejeter le mariage pour tous en rapport de tous les éléments expliqués par Madame Sandoz dans ses blogs. Je n’ai constaté aucune haine, dans aucun de ses articles, mais dans les vôtres je vois une dame âgée qui montre ses dents encore bien enchaussées et acérées, je ne crois cependant pas que vous défendez des libertés autres que celles probablement restées longtemps sous un épais tapis de feuilles mortes. Lorsque j’ai pris connaissance de vos premiers commentaires publiés il y a déjà de nombreux mois, j’ai cru que vous étiez une jeune fille en pleine croissance exprimant sa révolte. Bien que mes opinions ne rejoignent pas du tout les vôtres, je les accueillais avec recul et désir de compréhension : il y a un âge où se lancer dans la vie sans perdre de temps, à la découverte de soi et des autres, et j’estime que cette liberté parfois bruyante et dérangeante est un droit primordial de l’adolescence, et même encore à l’âge de 25 ans, puis je fais le souhait que celles et ceux qui ont du retard parviennent à se sentir bien au moins à trente ans, afin d’avoir une vie encore grande devant soi pour en profiter.

      Madame Sandoz cache ses cartes, dites-vous. Et vous au contraire, pensez-vous toutes les montrer ? Il y a les cartes de votre jeunesse passée, restées toutes neuves dans leur boîte. On dit « chaque chose en son temps », et j’ajouterai « chaque chose en son époque ». Je suis triste pour la jeune fille des blogs qui ne peut réellement rejoindre le cortège imaginaire de la jeunesse pour tous.

  8. Parfaitement d’accord, mais au nom de la tolérance, de l’ouverture d’esprit et du respect des différences le mariage pour tous avec donc accès à la PMA , puis plus tard quoiqu’on nous dise à la GPA ( esclavage moderne) , risque bien d’ être accepté.
    Et ce n’est pas un réactionnaire d’extreme droite ou un catholique integriste qui le dit, mais un agnostique votant plutôt centre gauche et ecolo !
    P. Flouck

    1. @P. FLOUCK

      Qu’est-ce que vous avez contre les réactionnaires d’extrême droite et les catholiques intégristes? N’ont-ils pas droit à l’existence comme les autres? Sont ils aussi des citoyens respectables? Ou pas?

  9. Les électeurs décidés ou envisageant le « oui » au mariage pour tous considèrent certainement que la justice doit s’adapter aux nouvelles notions d’humanisme incluant l’épanouissement des couples de même sexe, hommes ou femmes….

  10. Merci Mme Sandoz pour vos articles et votre lucidité.
    Toujours autant de plaisir à vous lire 🙂
    Vous vous posez beaucoup de questions.
    Personnellement je ne m’en pose plus aucune de ce type depuis mai 2020.
    Au moins avant cette date nous étions encore en Médiocratie …
    Je n’ai jamais été aussi heureuse de n’avoir mis aucun enfant dans ce monde et surtout d’avoir pu choisir de le faire, tant de femmes ne le peuvent pas.

  11. Encore une fois j’approuve et soutiens Madame Sandoz, qui a toute légitimité politique et longue expérience juridique, notamment en droit de la famille. Je n’ai jamais voté UDC ni n’ai jamais tenu des propos de ce qu’il est convenu de nommer la droite. Je ne voterai ni oui ni non ni blanc, car pour la 1ère fois depuis que je vote sans faille (50 ans), je me sens flouée par les arguments présentés par le Parlement et le CF en faveur du OUI dans la brochure distribuée avec le matériel de vote. Je me réfère à la phrase page 7 de ce document: “Le projet répond à un besoin ressenti par de nombreuses personnes.” Je ne vote pas avec mon “ressenti” mais avec l’exercice de la pensée et le droit de voter qui m’est accordé dans la démocratie dont je suis citoyenne. Je ne crois pas que l’enfant à naître, quelque part dans la stratosphère, “ressente le besoin” de se doter de parents dont le désir d’approbation sociale de leur sexualité et de leur identité est tel qu’ils ne peuvent se représenter leur rôle dans la société fait de droits et de devoirs. Que ces couples souhaitent aller au bout de leur désir, soit, ils sont libres. Mais projeter la PMA en fonction de ce désir, même en considérant la protection annoncée, relève du fantasme et me semble mener au totalitarisme.

  12. On sort régulièrement de son formol notre Suzette nationale, souvent pour une émission Infrarouge, et lorsque celle-ci traite d’un sujet ayant de près ou de loin à voir avec l’homosexualité. Elle ne nous déçoit jamais. Toujours pétrie de bonnes intentions, pour mieux tirer sur les minorités, toujours faussement compatissante avec les problèmes des autres, pour mieux les ridiculiser avec des arguments tirés par les cheveux…. Et là encore… ce pett blog insignifiant, pour en remettre une couche….
    C’est sûrement parce que les accidents de voitures causent autant de morts qu’il faudrait interdire les voitures sur nos routes ?
    C’est sûrement parce que certains suisses (combien 1 par année, par décennie ?) feront appel au sperme d’un défunt (non, mais au secours) qu’il faudrait interdire aux milliers de couples de même sexe qui le souhaitent de se marier ?
    Quand on tombe aussi bas dans la bêtise et l’aveuglement extrême, c’est que l’on ne peut que rebondir. Espérons ce sursaut de bon sens et de bonté, sans trop nous faire d’illusion…

  13. Je ne connais pas les raisons pour lesquelles le Parlement a glissé cette chose dans la loi. Je pense que c’est une forme de décharge si l’on découvre après fécondation que le donneur est décédé, je m’explique: Les procurations dans les banques sont post-mortem afin que la banque soit protégée si le procuré retire des avoirs alors que la banque ignore que le client est déjà décédé. Quand la banque découvre que son client est décédé elle bloque automatiquement le compte et le fondé de procuration ne peut plus prélever (sauf pour l’enterrement). De même, je pense que les banques de spermes devraient détruire celui du décédé dès qu’elle apprend la nouvelle.

    1. “De même, je pense que les banques de spermes devraient détruire celui du décédé dès qu’elle apprend la nouvelle”, sauf, comme je l’ai écrit plus haut, si le donneur a expressément indiqué qu’il souhaitait que son sperme puisse être utilisé après sa mort. Je pense ici surtout à sa veuve, car je trouve légitime d’avoir le souhait de procurer une descendance au défunt, si tel était son désir, surtout s’il n’avait pas eu le temps d’avoir déjà des enfants avant de décéder (c’est même le seul cas qui personnellement me semble vraiment défendable de vouloir mettre sciemment au monde un orphelin de père).

      1. Je ne suis pas sûr que le sperme des décédés, même dans ce cas…, devrait être utilisé. Pensez à l’héritage matériel !!! Les enfants et l’épouse héritent au moment du décès devraient repartager par la suite à la naissance du nouvel enfant. suis sceptique !

  14. Certains commentaires critiques envers les articles de Mme Sandoz sont honteux de mépris.
    Ainsi, ceux qui ne font partie ou ne soutiennent pas les diverses “minorités” s’imposant de plus en plus en Occident, deviennent les parias de la pensée unique obligatoire.
    Tout est permis et encouragé pour les rabaisser et les faire rentrer dans le rang.

    1. S’ils ont appelé la loi “enfants pour tous” elle serait rejetée à 60%. Mais mariage pour tous, ça sonne sympa, égalitaire, généreux, donc le peuple qui lit seulement titre et vote, va voter oui, mariage pour tous Ohé ohé !!!

    2. Monsieur Tissot, je vous remercie pour votre message auquel je souscris . Cela fait un moment que je voulais mettre mon grain de sel, mais je suis tellement découragée et fâchée à la lecture de ces messages méprisants envers ceux qui ne pensent pas ” progrès”.. qui ostracisent ceux qui ne pensent pas “dans les clous”, que j’avais fini par me dire .. après tout, après moi le déluge…Car il est plus facile, plus “valorisant” de penser comme ceux qui se prétendent “modernes”, “de leur temps”, que d’être parmi les empêcheurs de tourner en rond qui se font traiter de tous les noms d’oiseaux. Peut-être faut-il laisser cette société post soixante huitarde qui marche sur la tête , aller jusqu’au fond du trou pour qu’enfin ils se rendent compte combien il y fait noir.. Je répète – c’est mon coté instit-que je suis persuadée qu’il va se passer dans une trentaine d’années ce qu’il se passe aujourd’hui à propos de la pédophilie des années 80.., la révolte des enfants “fabriqués” pour des enfants gâtés, à qui tout est dû et qui ont pris le pouvoir . Mme Sandoz vous avez aussi mon soutien… je vous souhaite bon courage…

      1. Cessez donc de chercher des responsables des maux actuels ! Ce n’est pas la « société post-soixante-huitarde » qui va voter oui au mariage pour tous, vous faites des analogies simplistes ! Instruisez-vous un peu sur l’évolution de la pédagogie des trente dernières années, cela devrait être possible puisque vous avez réussi à faire les dix pas qui séparent le banc d’école du pupitre de l’institutrice. Et quelles personnes désignez-vous moins vaguement, qui devraient à votre idée « aller jusqu’au fond du trou ? » On ne s’occupait pas assez bien de vous à l’âge où vous sautiez à l’élastique dans la cour ? Ou plus tard ? Ou encore bien après quand le crochet du portemanteau était à hauteur de main d’adulte ?.. Cela me fait de la peine de songer que vous apportiez votre grain de sel … dans les classes….

        1. “….vous avez réussi à faire les dix pas qui séparent le banc d’école du pupitre de l’institutrice.”

          Intéressant échange entre deux collègues en salle des maîtres à l’heure de la pause, dirait-on. Pour une fois, il n’est pas question des papotages habituels sur les dernières vacances, l’achat de la nouvelle voiture ou l’hypothèque de la maison, mais des dix pas requis pour passer du banc au pupitre et accéder au Parnasse, ceci jusqu’à la retraite. Un tel rite de passage ne suscite-t-il pas certains échos?

          “Les enseignants ne sont jamais sortis de l’école. Ils ne connaissent rien de la précarité et du chômage, des réalités des autres professions, ils continuent à prétendre former les jeunes pour la vie alors qu’ils ont passé à côté de la vie. Quelle est cette éducation pour la vie qui commence par séquestrer ces espérances de vie pendant huit ans?

          “Ils vivent dans un vase clos dans leur système auto-construit. Ils se marient entre eux, recrutent leurs cadres parmi leurs collègues enseignants et leurs enseignants parmi leurs élèves. La quasi totalité de leur personnel n’a pas connu d’autre univers. Ce sont les rapports officiels qui le disent…

          “Ils parlent des enfants comme d’un produit chimique: “On remarque chez l’enfant… Dans ce milieu l’enfant ne tarde pas à se développer… Prenez un enfant de 6 ans… Mettez ensemble trois enfants… On cultive les petits d’hommes comme des plantes de serre dans vos jardins d’enfants… Moi je voudrais voir l’enfant tout court. Or, il paraît que c’est très dangereux…”

          Qui a dit cela?

    3. L’expression « faire rentrer dans les rangs » me donne l’image d’une minorité contrainte de suivre le sens de la marche. Mais dans les débats du mariage pour tous, et de ce qui s’y rapporte, le mouvement semble inverse, les rangs se défont et se reconstituent pour changer de direction. L’égocentrisme de la minorité parvient apparemment à créer cette pensée unique dont vous parlez. « Mariage pour tous » signifie bien « le mariage homosexuel est une union à l’égal de l’hétéro » ; Dans ce que cela implique, non. Ce sont les sujets que soulève et développe Madame Sandoz, et lorsqu’elle ne fait qu’aborder la situation de l’enfant, on l’attaque sur sa religion, son âge, son état psychique supposé incertain, et même son château que personne n’a visité, tout sauf vouloir entrer dans le vrai sujet. Il est un sujet que je souhaiterais voir une fois discuté, tentant d’apporter des réponses au comportement égoïste des homosexuels militant pour leur droit au bonheur dont il n’est pas garanti qu’il sera celui de l’enfant fabriqué et adopté ; que ceux-ci cessent aussi de répondre par une pirouette du genre : « Et pourquoi un tel enfant serait-il moins en bonnes conditions que n’importe quel autre ? » Ou plus dérisoire encore : « Les problèmes existent déjà dans les familles où les parents sont un homme et une femme », quelle manière facile de désigner ce débat inutile afin de se soustraire. Il s’agit plus à mon avis d’être d’abord un homme adulte capable de raisonner, se situer, prendre ses responsabilités avant d’être G, ou H comme hétéro, qui manque dans la liste des genres.

  15. Je partage tout à fait l’avis de Mme Sandoz qui une fois de plus fait preuve de bon sens. Hélas je crains que la majorité des Suisses n’approuve le mariage pour tous. Un telle situation démontre la limite de la démocratie.

  16. Comment s’opposer à l’amour ? En autorisant la future victime, l’enfant, pouvoir poursuivre sans limite de temps sa mère biologique qui l’aura privé de père. L’enfant vous dira si une femme fait un père comme les autres. Mais je doute que vous soyez prêt à entendre l’ évidence annoncée par vos victimes.

  17. La majorité des mariages se terminent pas un divorce (51,4%) et la majorité de ces divorces ont lieu entre 3 et 6 ans. Il n’y a pas de raison : les taux devraient être les mêmes avec les couples de femmes.
    Imaginez un enfant qui aura une filiation forcée avec l’épouse de sa mère. En cas de divorce (la majorité des cas), quels liens vont subsister avec cette ex, qui n’est ni sa mère, ni son père.
    Cet enfant va devoir attendre ses 18 ans pour connaitre son père. On va lui interdire la filiation avec ce père. Et que va t’il se passer si cet enfant apprend que son père est mort depuis 30 ans.
    C’est cauchemardesque.

  18. Je ne vois pas en quoi cette article de loi de 2017 est si “monstrueux”, peu importe l’état civil ou la sexualité de la receveuse du don de sperme d’ailleurs, même si ce n’est pas forcément une situation souhaitable si on peut / souhaite l’éviter.
    Est-ce vraiment très différent du cas où une femme tombe enceinte juste quelques heures ou jours avant que son mari/compagnon/amant ne décède malheureusement ?

    Je suis un peu surpris que cela soit interdit à la veuve du donneur, pour autant que ce dernier ait donné son consentement. Mais je suppose qu’il y a une bonne raison légale lié à l’héritage.

    Si cette éventualité vous choque pour un couple hétérosexuel, pourquoi serait-ce pire pour un couple homosexuel ? Mise à part pour justifier de tisser un lien et un argument tordu contre la loi sur laquelle nous devons nous prononcer.

    Le choix des vocables “monstueux” et “horreur” mettent en lumière votre perception de l’homosexualité.

    1. Ayez, svp, le minimum de respect d’autrui qui vous permettra de faire la distinction entre une personne homosexuelle et le sperme d’un homme mort utilisé pour fabriquer un enfant.

      1. Bonjour Mme Sandoz,
        Où voulez-vous en venir ? Je ne vois sincèrement pas ce qui vous fait penser dans mon message que je ne distingue pas une personne (homme, femme, hétéro ou homo) d’un liquide biologique contenant des cellules qui offrent la moitié de la clé pour reproduire la vie et ainsi permettre la naissance d’un enfant. Même si ce liquide contient l’ADN d’un homme précis, qu’il soit hétéro, homo, vivant ou mort.
        Je ne vois pas non plus ce qui vous fait penser que je n’ai pas de respect pour autrui (ce n’est pas moi qui ai évoqué un monstre et une horreur). À qui aurais-je manquer de respect ? À l’enfant, la personne homosexuelle, l’homme mort ?
        Encore une fois, car ce n’était peut être pas assez clair : je suis d’accord que cette situation n’est pas souhaitable, en particulier pour l’enfant ; et que cette loi, si elle n’est pas monstrueuse de mon point de vue, est saugrenue. Mais je ne comprends pas pourquoi vous faites une distinction si cette éventualité ce produit pour un couple homosexuel plutôt que pour un couple hétérosexuel ? Le résultat est le même : le père biologique de l’enfant est décédé.

        Je ne serai peut-être pas d’accord, mais je suis vraiment curieux d’entendre votre point de vue sur cette dernière question, à laquelle vous n’avez malheureusement pas répondu.

        L’argument de M. André D. ci-dessus quant à une situation de divorce me semble plus pertinent.

        Pour aller dans votre sens : je suis d’accord qu’actuellement, il y a un risque pour que l’enfant soit marginalisé p.ex. par ses camarades et qu’il en souffre (mais je n’ai aucune expérience à ce sujet, ni pour ni contre).
        Cependant, je suis convaincu qu’un enfant qui apprend qu’il n’était pas vraiment désiré (un “accident”), même s’il est tout de même aimé par ses parents, en souffrira aussi. Ne pas être désiré n’est par définition pas possible dans le cas d’un couple homosexuel.
        Une chose est certaine : ce n’est pas en qualifiant son père (ou ses parents par extension) de monstre qu’on aide un enfant à se sentir bien dans sa peau !
        Dans les 2 scenarii !!
        De mon point de vue, c’est donc plutôt vous et ces affiches qui manquez de respect tout à la fois aux enfants qui seraient déjà nés dans cette situation, à l’homme mort qui n’y peut rien, et aux parents (hétérosexuels pour l’instant) qui auraient eu recours à la PMA.

        1. Je trouve la mesure inadmissible aussi pour les couples hétérosexuels. Elle a hélas été votée. Il faut donc éviter de l’étendre à plus de couples. Accroître une erreur en connaissance de cause est un acte grave.

          1. Vous venez de dévoiler vos cartes Mme Sandoz. A ce moment-là, vous ne pouvez que soutenir le mariage pour tous.
            Cet aspect de la PMA, doit alors être combattu séparément et concernant tous les couples. Vous ne pouvez discriminer et cela ne ferait pas de sens étant donné que la majorité des PMA sera par des couples hétérosexuels.

          2. Ce n’est pas moi qui ai groupé sous un seul OUI ou NON les deux questions très différentes du mariage pour tous et de la PMA. Le mariage civil devient une coquille vide, mais l’extension de la PMA est une catastrophe.

          3. Merci pour votre réponse.
            C’est plus clair ainsi. Connaissant votre position sur la PMA (et l’homosexualité), je comprends et respecte ce point de vue.
            Pour ma part, je pense que cette erreur reste une exception (y a-t-il ne serait-ce qu’un cas avéré ?), qui ne légitime pas d’en prolonger une autre qui est plus fréquente. Il n’y a pas de raison d’autoriser certains couples à risquer de tomber sur cette exception et d’interdire ce risque à d’autres couples.
            Si erreur il y a, il faut la corriger.

          4. 2/3 des Suisses ont rangé vos idées ringardes aux oubliettes; retournez vite dans votre presbytère ou votre couvent… ah non, il y a plein d’homos là aussi.

  19. La votation du 26 septembre dernier s’avère avant toutes choses, « progressiste ». Certes elle crée des droits nouveaux pour les couples homosexuels. Mais en quoi est-ce un progrès ? Considérer comme identiques la procréation, l’adoption et, à présent, l’injection de spermes d’ un tiers donneur, n’est-ce pas plutôt, au premier regard, imposer à certains enfants de n’être pas des « enfants au sens effectif du terme, car orphelin de père ou de mère ? En effet, ne sont-ils pas privés d’être les héritiers d’une filiation et d’une généalogie qui, malgré l’ignorance du rôle qu’elles jouent dans l’existence, structurent la subjectivité de tout un chacun en lui permettant de se revendiquer d’un avoir symbolique différent de celui d’autres sujets ? L’on nous répondra que le gosse en verra bien d’autres et qu’il ne peut échapper au sens de l’histoire.
    Or, il ne faut pas être un grand philosophe, pour saisir intuitivement qu’élever l’histoire et sa progression au rang d’absolu, c’est accepter l‘idée que les valeurs et les normes ne viennent telles que lorsqu’elles ont triomphé durant une période éphémère de l’histoire. C’est vouer un culte implicite à l’inéluctable et sacrifier la liberté qui surmonte la nécessité par la réflexion et la volonté.

    En réalité cette nécessité prétendue ne consiste qu’à régulariser des situations de fait avec une réalité anthropologique qui ne devrait pas exister, car l’analyse approfondie la refuse : à savoir une masse indifférenciée d’individus, nés au nom du refus de la popularité. Car. À l’inverse du bourrage de crânes auquel nous assistons actuellement, le début sur le « mariage pour tous » ne concerne pas en premier lieu l’homosexualité qui procède d’une confusion psychique dans le développement du sujet, c’est-à-dire d’un problème lié à un dysfonctionnement dans la construction de la personnalité, mais il concerne un enjeu dont la portée est sociale d’entrée de jeu : la négation de l’altérité entre l’homme et la femme, et donc de l’importance fondamentale de la bipolarité pour la vie en commun, et l’ignorance de la différence attractive des sexes pour l’édification des générations futures. La sexualité n’ayant plus d’autre signification que l’obtention d’un plaisir arbitraire, dont les sybarites font leur priorité. Inutile de dire que cette conception de la sexualité s’oppose directement à celle que revendique le mariage au sens strict du terme.
    Que ne fait-on pas aujourd’hui au nom de l’amour ? En quoi confère-t-il une légitimité quelconque au point de vouloir convertir en institution ce qui a priori n’en est pas une. Se référer unilatéralement aux émotions subjectives des individus, c’est potentiellement lever tous les interdits : la polygamie, l’inceste, voire la pédophilie. Chacun sait pourtant – ou l’aurait-on oublié ? Que la liberté ne peut être atteinte sans renoncement et par conséquent sans l’acceptation de certaines limites. Après avoir invoqué l’amour, l’on brandit les principes de l’égalité et de la liberté. Ce n’est qu’une duperie de plus. Car cette égalité qui entend obtenir le droit à l’enfant, juste pour jouir des mêmes droits que les autres, n’a de sens qu’entre personnes jugées équivalentes selon tous les autres critères. Quant au principe selon lequel toute interdiction serait privée de fondement – « il est interdit d’interdire », il n’est qu’un coup de force de la volonté individuelle, tout comme la volonté de puissance de Nietzsche.

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