Chaises musicales diplomatiques bienvenues

Deux fauteuils pour un canapé ! L’affaire serait d’un comique exceptionnel si elle n’avait pas une dimension diplomatique.

En dehors du protocole – que j’ignore en l’espèce – le premier constat est que les deux messieurs sont mal élevés, d’une part parce qu’ils devaient évidemment laisser un fauteuil à la seule dame présente, d’autre part parce qu’ils ne devaient pas s’asseoir avant elle. Or on nous la montre debout contemplant le spectacle des deux butors déjà assis.

Espérons que les susceptibilités politiques des uns et des autres ne transformeront pas cet incident ridicule en un casus belli international et intra-européen. Mais en attendant, merci aux trois têtes de turcs – sans jeu de mots – qui fournissent à la presse une occasion rêvée de gloser sur autre chose que la covid-19 !

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

16 réponses à “Chaises musicales diplomatiques bienvenues

  1. Si la délégation européenne avait ne serait-ce qu’un brin de fierté et de courage elle aurait immédiatement quitté les lieux. Charles Michel prouve qu’il est à plat-ventre devant Erdogan en n’attendant pas que von der Leyen soit assise. Un acte de plus dans la soumission à l’islam.

  2. La galanterie étant vue comme une relique du patriarcat, Erdogan a montré qu’il était avant tout féministe malgré le retrait du pacte d’Istanbul!

  3. Merci Professeure pour ce petit texte très divertissant. J’adhère à mille pourcents et suis aussi mal à l’aise par rapport à la gêne évidente de notre compatriote de genre, face à tant de bêtise de niveau « sous la ceinture ». Nous n’avions pas franchement besoin de cet affront protocolaire dans l’actualité mondiale particulièrement indigeste.
    Nous savions déjà pour le déclin frappant des droits féminins (et droits humains tout court) dans le pays incriminé. Quel dommage pour ce peuple et ce pays avec histoire riche. Et comment vont pouvoir survivre des artistes tels que, par exemple, Hüsnü Şenlendirici (clarinettiste fameux), Sibel Can (chanteuse), Hakan Altun (chanteur), Elif Şafak (écrivaine mondialement connue), le groupe moderne Anil Şalliel etc. etc. dans un tel foutoir psychorigide ?

    Cerise sur l’indigeste gâteau: Via son absence de réaction immédiate et ferme face au Président X, le Président du Conseil européen s’est bassement incliné. Nous avons donc là un exemple-type «dominant-dominé» qui a automatiquement rajouté une sacrée couche de «sentiment de supériorité» du côté oriental. Et forcément cette nouvelle préoccupation pour le très fragile équilibre mondial actuel s’additionne à l’affaire sanitaire qui, elle, se fiche pas mal des frontières terrestres et des états d’âme « humains ».

    En sus, le message publié a posteriori n’a aucun poids ni aucune crédibilité, puisque les antécédents de rivalités internes UE sont publics : je cite « À Bruxelles, la rivalité entre la présidente de la Commission et le président du Conseil européen est connue ».

    Notre compatriote de genre semblait si perdue dans ce sofa terne, captive d’un élément pseudo-décoratif … Néanmoins à aucun moment elle n’a failli, bien au contraire. Elle a gardé la tête haute, une posture très élégante et digne, contrairement à son homologue masculin.

    Je me demande même si ces deux Messieurs n’envient pas secrètement nos corps féminins munis de ces indispensables utérus, merveilles créatrices de nouvelles générations progressistes et qui pourraient tout autrement « bouleverser » l’équilibre mondial.

    Alors ne manquons sous aucun prétexte les prochains épisodes de ce thriller inédit.

    Henri de Montesquieu, 1689-1755 (au mode féminin pour ce texte): « Une injustice faite à une seule est une menace faite à toutes ».

  4. “… messieurs mal élevés, d’une part parce qu’ils devaient EVIDEMMENT laisser un fauteuil à la seule dame présente”. Ah bon? Je croyais qu’il devait maintenant ne plus y avoir aucune discrimination faite entre les sexes. Pourquoi alors cet “évidemment”, l’égalité de traitement n’est valable que dans un sens?!

  5. L’Union européenne s’est couchée devant le sultan ottoman, et la Suisse s’apprête à faire de même devant le 4e Reich. Ce sont les deux “bonnes nouvelles” du jour, et ça ne fait que commencer. Donc ça ou le Covid, autant ne plus ouvrir un journal et se replonger dans la lecture des bons auteurs.

  6. Si la présidente de la Commission européenne était Catherine la Grande de Russie ou Elisabeth 1ère d’Angleterre – “des toutes grandes nanas”, comme disait mon ancien professeur de français au gymnase -, elles auraient quitté la réunion sans dire un mot. Mais les chef(fe)s d’Etat et de gouvernement ne sont plus ce qu’ils étaient. Politesse, bienséance et savoir-vivre, qui faisaient autrefois partie du protocole, sont aujourd’hui considérés comme des faiblesses par certains truands en poste, quand ce n’est pas comme des insultes. Quant à la “tête de turc” qui préside le Conseil européen, faut-il s’étonner si, à sa seule vue, l’Europe ne fait plus rêver?

  7. Situation originale qui a mis en exergue 3 fonctions politiques, 2 genres, un pays du proche orient avec son petit sultan élu et une communauté de pays européens avec deux présidents d’apparence nommés. Ubuesque.

  8. En effet la presse, qui feint l’indignation, se jette comme un vautour sur ces genre de choses. C’est vrai aussi que Erdogan a joué l’imbécile pour humilier la dame, que Michel en a aussi profité, mais le protocole européen est clair : dans les relations internationales, surtout en dehors de L’Europe, c’est le Président du Conseil qui prime. En Italie c’est la même chose : le Président de la République a moins de pouvoir que le Premier Ministre, mais s’ils vont ensemble à l’étranger, c’est le Président de la République qui est considéré représenter le Pays.

  9. Que voulez-vous, les deux hommes ont appliqué la volonté des féministes : “les femmes sont des hommes comme les autres” … Trêve de plaisanterie.. “l’Europe” n’a-t-elle pas montré là sa faiblesse face à la Turquie ? Il me semble que le président du Conseil européen Charles Michel, aurait pu présenter son siège à Mme Von der Leyen pour montrer à Erdogan que d’une part en UE les femmes sont les égales des hommes et que d’autre part Mme von der Leyen n’était pas là en tant que femme mais en tant que représentante de l’UE. C’est donc un camouflet pour l’Europe…. une Europe qui rampe pour ne pas froisser le sultan…

    1. J’ignore si mes sources sont fiables, mais avant cette rencontre en Turquie, le président Charles Michel aurait conseillé à Mme Von der Leyen de mettre un voile : « Pourquoi pas ? La présidente de la Suisse l’a fait de sa propre initiative, en Libye, pour que tout le monde se sente à l’aise ».

  10. cette fois,une fois n’est pas coutume,tout à fait d’accord avec vous,et j’ajoute que les médias “collégiaux” Suisses se sont empressés pour sortir les gros titres d’une “Président humiliée”(la France,l’UE,les pays voisins son bouc émissaire légendaire)au lieu de,tout d’abord,blâmer l’hôte,un Trump à la turque

  11. L’expression que vous employez, en plus sans jeu de mots, m’a évidemment fait rire. Je me suis ensuite demandé si « tête de turc » ne sera pas un jour aussi banni du dictionnaire, pour être remplacé par une autre expression comme on l’a fait avec « tête choco ». Il me semble que ce serait logique, dans l’optique actuelle. Je me souviens d’un livre paru en 1985, l’auteur était un Allemand qui avait décidé de se « déguiser » en turc, afin de témoigner de ce que peuvent endurer les émigrés à la recherche d’un travail dans son pays. Günter Wallraff était devenu Ali Sigirlioglu, prêt à souffrir en acceptant les travaux les plus bas dans les pires conditions, et avait réussi à tenir le coup, non sans être sérieusement détérioré dans sa santé au moment d’achever son livre : « Tête de turc ».

    C’était en 1986, je regardais les nouvelles publications à la librairie, un groupe de jeunes s’était arrêté devant le présentoir, et l’un d’eux : « Hé regardez le titre du livre ! On ne devrait plus avoir le droit d’employer ces mots, c’est du racisme !.. » Beaucoup d’expressions ont changé depuis, l’humour aussi. Il me semble pourtant que le climat n’est pas meilleur, au contraire, même plus drôle de temps en temps, prendre du recul de cette manière est malvenu. Quelle belle comédie !

    (Tête de turc – Günter Wallraff, traduction française aux éditions La Découverte, 1986, 318 p.)

      1. Merci pour votre message amusant, j’avais peur d’avoir trop dérivé du sujet, ou voir surgir la réponse d’un lecteur Turc en colère !

  12. Un blog est censé être ouvert au DEBAT avec ses lecteurs. Si vous censurez les commentaires (en rien contraire aux règles régissant ce genre de publication), mieux vaudrait vous abstenir de publier ici dorénavant!

  13. L’union européenne s’est couchée devant le sultan ottoman, et la Suisse s’apprête à se coucher devant le IVe Reich. Pas de qui pavoiser, et mieux vaut ne pas ouvrir un journal et se plonger dans les bons auteurs.
    Ce commentaire est envoyé pour voir si le blog est toujours en panne.

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