Ces cantons où l’école ne sert à rien

Le slogan des membres d’Extinction Rébellion c’est : « rien ne sert d’aller à l’école puisque nous n’avons pas d’avenir à cause du climat ». Cela justifie donc de « courber l’école » et d’organiser des manifs aux heures de classe.

Lorsque les autorités de certains cantons soutiennent cette démarche en autorisant de courber l’école sans aucune sanction, elles disent en fait trois choses :

  • Il est exact que l’école ne sert à rien.
  • Il n’y a en effet pas d’avenir tant qu’on n’a pas remis le climat en ordre dans le monde.
  • Tous les écoliers qui ne participent pas à ce mouvement sont en fait des traitres à la cause climatique.

Est-ce que les chefs des départements de l’enseignement ont réfléchi au message que véhicule leur faiblesse ?

Ils confondent sans doute exercice des droits démocratiques – qui relève ici de la police des manifestations autorisées comme telles sur la voie publique, ce qui est normal – et obligation des chefs des départements de l’enseignement d’assurer la qualité et l’efficacité de l’école.

Quand, d’accord avec « Extinction Rébellion », ils reconnaissent que l’école ne sert à rien, à quoi servent-ils ?

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

33 réponses à “Ces cantons où l’école ne sert à rien

  1. Bien dit ! Bravo. Les autorités valaisannes, elles, ont su réagir très vite à cette “mode” déplorable de manifs pendant les heures de cours, en plus prônée par notre prix Nobel…. Nous devrions les imiter et le plus vite serait le mieux.

  2. Et lorsque ces jeunes seront engagés dans la vie professionnelle, comment appellera-t-on une telle absence? Un abandon de poste de travail. Qui lui, ne devrait pas être sans sanction. Belle école de la vie qu’offrent ces autorités.

    1. Certaines manifestations pour le climat ont effectivement eu lieu un samedi pour réunir un plus large nombre de participants, mais le message véhiculé n’est pas le même. Les manifestations plus “classiques” demandent des actions concrètes aux pouvoirs politiques (et plus de couverture par les médias, bonjour le Temps), tandis que les grèves dénoncent plus directement le fait que notre société entière, y-compris au niveau de l’éducation, minimise l’ampleur de la crise climatique en continuant de fonctionner comme si cela n’était qu’un enjeu comme un autre, “comme si de rien n’était” (business as usual).

  3. Dans le canton de Vaud, Mme Amarelle a déjà prouvé son inutilité totale, voire sa dangerosité, en contribuant par sa bien-pensance au nivellement par le bas d’un niveau déjà affligeant.

  4. Merci Madame Sandoz pour votre claivoyance qui, comme d’habitude, sera certainement ignorée des personnes concernées. On peut être universitaire et manquer totalement de jugement et de courage politique… Le vôtre est un exemple!

  5. Depuis la réforme des années 70 env., l’école n’a fait que dégénérer, résultat de mai 68. Et ce n’est pas en élisant des “pastèques” au parlement et au gouvernement, que l’on va remonter la pente.

  6. Le point d’accord avec “Extinction Rébellion se porte au niveau du pacte social.

    Les droits et obligations qui en découlent sont valables aussi bien pour les jeunes
    que pour les générations antérieures.

    Les jeunes nous indiquent qu’ils ne sont pas dupes, ils ne souhaitent pas endosser
    le rôle du dindon de la farce.

    Et les adultes qui sont conscients que nous ne respectons pas notre part du marché,
    indiquent qu’ils ne sont pas dupes en manifestant leur compréhension pour la réaction
    des jeunes.

    Toute ma vie, j’ai été en faveur d’une attitude tolérante et pacifique, mais cela ne signifie pas
    se résigner à une attitude passive et fataliste lorsqu’on porte atteinte à des intérêts aussi vitaux
    que nos droits fondamentaux.

    Si une génération s’approprie l’essentiel des ressources qui sont le patrimoine commun de toutes les générations d’êtres vivants présentes et à venir, la conscience d’un être responsable amène à réagir.

    Parfois, la conscience des nantis est un peu plus élastique…

    Et pour ce qui est des sanctions que vous appelez à adopter à l’égard des jeunes, je n’entends pas
    beaucoup d’appels similaires pour faire cesser les abus qui portent atteinte à l’environnement :
    je dois être un peu dur d’oreille, je pense… le traitement me paraît quelque peu asysmétdrique.

  7. Pour ce qui est de vos commentaires se rapportant au comportement des chefs des départements de
    l’enseignement, ils appellent de ma part les remarques suivantes.

    En matière d’éthique, les droits fondamentaux servent de base à la vie en société, nos droits et obligations en découlent. Leur importance prime sur le respect des directives de l’Etat, en cas de conflit entre les normes, le droit fondamental s’impose.

    Les chefs de département de l’enseignement, confrontés au choix d’accepter que les élèves fassent valoir un droit fondamental ou d’appliquer un règlement étatique subordonné aux droits fondamentaux, agissent correctement en reconnaissant la primauté des droits fondamentaux.

    Leur comportement est donc exemplaire, puisqu’ils agissent strictement en application du droit en
    vigueur dans notre pays, sans chercher à favoriser une partie en fonction du statut des uns ou des autres. Et cela incite au respect.

    Maintenant, imaginez un responsable d’enseignement qui faisant fi de sa conscience et du droit
    trancherait en faveur de la défense du règlement, se sachant éventuellement protégé par sa
    hiérarchie. Quel message serait adressé à ces jeunes ?

    Je vous invite à reconsidérer votre appréciation quant à l’action des chefs des départements de l’enseignement qui, eux, semblent avoir pris en compte toutes les valeurs qui devraient guider l’action de notre gouvernement et de ses représentants.

    1. A vous lire on croirait que les enseignants détiennent la Vérité. Faites-vous partie de ces gens qui ne sont jamais sortis de l’école et pensent que le monde est comme ils l’imaginent ?
      L’expérience de vie, cher Monsieur, ne s’acquière pas sur les bancs d’école et elle vaut tous les diplômes les plus prestigieux.

      1. Merci pour votre message.
        Oui, c’est important d’avoir de l’expérience: les responsables des écoles en ont , j’en ai aussi
        un petit peu et j’espère bien l’accroître, on peut toujours faire mieux…

    2. Votre plaidoyer en faveur des droits fondamentaux est fort louable et je ne puis qu’y adhérer (encore qu’en matière de climat, je suis en faveur de la responsabilité individuelle, en ce sens qu’un citoyen responsable fera ses choix de consommation de ressources en connaissance de cause, contribuant notamment, par lesdits choix à l’obsolescence et la faillite des biens et processus qui portent atteinte à l’environnement).
      Maintenant, revenons aux libertés fondamentales et imaginons un instant que par je ne sais quel accès de désobéissance, les mêmes jeunes se prennent d’organiser des manifs contre des mesures sanitaires liberticides, absurdes et nuisibles à leur bien-être. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que depuis la rentrée des classes, de nombreux ados se plaignent de maux de tête récurrents, dûs à l’obligation du port du masque, édictée en collaboration avec les responsable des départements de l’instruction publique. Est-ce que lesdits responsables autoriseraient des manifs pendant les heures de classe contre leurs propres décisions, au nom des droits fondamentaux?

      1. Excellente question… La même souplesse du département s’appliquerait-elle vraiment à un autre champ de revendication ou sujet de manifestation, y compris si ces revendications vont à l’encontre de leurs prescriptions? S’il s’agit vraiment de respecter le droit de manifester, cela devrait être le cas…

    3. Il existe des outils démocratiques pour faire valoir ses droits où seul “La Grève du Climat” en a fait usage dans le canton de Vaud. Malheureusement pour eux, ils n’ont pas su convaincre le peuple et ont perdu leur première campagne électorale. Quid de votre notion du droit fondamental versus la Démocratie ?

      Extinction Rebellion et compagnie n’ont JAMAIS utilisé les outils démocratiques. Ce sont des groupuscules et il n’y a donc aucune raison de mêler des enfants là-dedans au détriment de leur éducation. A moins que vous soyez contre la démocratie, mais à ce moment là il faut commencer par dire cela. Greta Thunberg l’a fait.

      1. Extinction Rebellion et des groupes comme le Lausanne Action Climat prônent en effet la désobéissance civile pacifique, et je comprends que l’on puisse être en désaccord avec cela, le but étant entre autres de susciter un débat citoyen quand à l’efficacité des outils démocratiques pour résoudre une crise d’une telle ampleur.

        Par contre, les premiers à appeler à une grève de l’école, et les principaux organisateurs de celles-ci sont, comme leur nom l’indique, les activistes de la Grève du Climat et non pas Extinction Rebellion (qui soutiennent bien sûr la grève, ce que je nie pas). Cela m’intrigue que Mme Sandoz n’ait pas fait référence à la Grève du Climat dans son billet, mais uniquement à Extinction Rebellion. Est-elle mal renseignée, ou est-ce à cause justement de leur aspect plus controversé ?

        D’autre part Mr. Besson, je serais curieuse de savoir où et quand Greta Thunberg (l’initiatrice de la grève du climat) a déclaré être contre la démocratie. Auriez-vous une source à partager (interview, discours) ?

        1. Le débat citoyen a justement lieu lorsqu’on emploie les outils démocratiques. Je ne vois pas de quelle autre manière l’on peut écouter tous les citoyens et faire avancer les projets.

          Mais il n’est pas difficile de comprendre que lorsque Extinction Rebellion parle de débat citoyen, il entend par “citoyen” seulement ceux qui pensent comme eux. Sinon, imaginez un débat citoyen qui conclut qu’il faut augmenter le nombre de voies sur les autoroutes. Inacceptable pour ce groupuscule. Leur but est justement d’écarter les avis contraires de l’équation. Rien de plus anti-démocratique, et son étroite collaboration avec Greta Thunberg répond à votre dernière question.

          Comme l’on ne peut pas mettre de lien actif dans ce blog : je vous invite à entrer les mots clés dans un moteur de recherche : “Pourquoi nous sommes de nouveau en grève”, et vous trouverez un lien dans le site de ce journal vous envoyant à une déclaration cosignée par Greta Thunberg sur son idéologie extrémiste et pas seulement écologique.
          En voici un extrait :
          “Cette action doit être forte et à grande échelle. Car la crise climatique ne concerne pas seulement l’environnement. C’est une crise des droits de l’homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. Nos dirigeants politiques ne peuvent plus fuir leurs responsabilités.”

    4. Le problème, c’est que la hiérarchie ne soutient plus les enseignants, et ceci depuis déjà longtemps. Ce sont les enseignants eux-mêmes qui le disent. Et, croyez-moi, ils savent de quoi ils parlent – foi d’ancien enseignant.

  8. Le réchauffement climatique est extrêmement dangereux pour nos enfants blogs.letemps.ch/dorota-retelska/2018/12/16/immoraux-ou-suicidaires-qui-tuons-nous-vraiment/

  9. “Le 28 mars 1972, un élève du Gymnase de Lausanne monte en chaire à la Cathédrale, au cours d’une cérémonie de promotions, et s’écrie: “Nous voilà au terme de six à sept ans d’efforts inutiles, gratuits souvent. Nous avons accompli cette période dans ce sentiment d’ennui total qui caractérise les écoliers. Nous nous ennuyons continuellement… Qu’est-ce qu’ils ont à vouloir nous abrutir dans cette société basée sur le seul profit de l’argent?” – cité par Denis de Rougemont dans “Les Méfaits de l’instruction publique”, aggravés d’une “Suite des Méfaits” (Eureka, Lausanne, 1972)

    “Je crois à l’absurdité de fait de l’instruction publique […] Ou bien vous acceptez ce régime – mais aussi ses conséquences absurdes et fatales, par exemple l’instruction publique. Ou bien vous combattez l’instruction publique – mais vous êtes, de ce fait, contre le régime. […] L’absurde a toujours force de loi. Or on ne réforme pas l’absurde.
    […]
    La laideur des écoles n’est pas accidentelle. C’est celle même du régime. Quelle peut bien être la vertu éducatrice d’un tel milieu, moral et matériel? […] L’école leur a déjà donné ce qu’il faut pour se résigner à l’état de citoyen bagnard, auquel ils sont promis. Vaste distillerie d’ennui, c’est-à-dire de démoralisation – qu’on se le dise! – puissance de crétinisation lente, standardisation de toutes les mesquineries naturelles, l’école a déjà tué en eux tout ce qui leur donnerait l’envie de se libérer. Après avoir entraîné l’âme moderne dans ses collèges, elle l’y enferme et l’y laisse crever de faim. […] Car à la vérité ce n’est pas d’enseigner qu’il s’agit, mais de soumettre les esprits au contrôle de l’Etat, voyons donc – n’avez-vous pas honte de vous faire rappeler sans cesse des vérités aussi élémentaires?”- Denis de Rougemont (Ibid.)

    “L’école est devenue la religion d’un prolétariat modernisé, et fait des promesses futiles de salut aux pauvres de l’ère technologique… L’école obligatoire est devenue l’école pour l’école: un séjour forcé en compagnie de maîtres, récompensé par le privilège douteux de partager encore plus une telle compagnie. […] Même l’incompétence rare ne peut battre celle du système scolaire.” – Ivan Illich, “Une Société sans école” (1972)

    “Le diplôme est l’ennemi mortel de la culture.” – Paul Valéry

    “Les pédagogues!… Le plus souvent, c’est des gens qui enveloppent l’enfant de papier pour ne pas sentir sa peau. […] Ils n’ont d’autre souci que de leurrer la révolte en lui livrant quelques mannequins dérisoires, d’amollir son nerf et de diluer son sang par quelques injections de salive saccharinée, d’étirer le ressort de la verve dans les habiles équivoques de quelques phrases élastiques, et de rétablir tout le jeu des vieilles ficelles par-dessous les broderies de la classique sophistique… Ces gens-là ont l’art de renforcer les abus en se livrant à quelques simulacres de sacrifice. On n’enveloppe jamais mieux qu’en faisant mine de céder; ce qu’on paraît lâcher de front, on le rattrape par derrière. […] Méfiez-vous d’emblée de ces officiels qui font les officieux. La main qu’ils vous tendent est habituée à serrer le cou. Leurs massages finissent toujours par de l’étranglement. Les réformes, avec des affectations de libéralisme, tendent toujours à un regain du dogme, à un renforcement de l’arbitraire.
    […]
    Il y a des siècles que l’école bouffe des claques. Plus on la fouette, plus elle s’engraisse; et des coups mêmes. Elle se nourrit impudemment de la substance des généreuses indignations qu’elle suscite. Elle plonge son gobelet dans le torrent des invectives, et se gargarise. Quelques coups de glotte suffisent, et l’amertume du tonique s’évapore, tout ce qu’elle avale est devenu guimauve. Ce qu’elle a ingurgité de vérités est inimaginable, ce qu’elle a rendu de sornettes est incalculable. Sa panse est une usine à avortements. Ce qui y pénètre en foudre en ressort en fumée. Le tonnerre y finit en vesse. Son pouvoir de communiquer l’impotence est quasi prodigieux; il y a de quoi épouvanter toute bravoure de vie.”
    […]
    Il est trop facile, sous camouflage d’autorité scolaire, à des hommes faibles de jouer au despote, à des hommes sans jugement de trancher des raisons, à des brouillons de fausser des valeurs, à des ineptes de contrarier des aptitudes, à des déçus de la vie de se venger, à des maniaques de se repaître. Il est trop facile à des ratés de la vie de faire rater, au collège, les élus de la nature… […] Au fond, l’école n’est qu’un vilain jeu de commerce.” – Edmond Gilliard, “A Henri Roorda” et “L’Ecole contre la vie”, Bibliothèque romande, Lausanne, 1973

    1. Ce brillant élevé de 72 est retraité ce jour puisque 48 ans ont passé depuis sa remarquable intervention. Son parcours de vie m’intéresse, et je me demande ce qu’il a fait jusqu’à aujourd’hui. De tels propos (4 ans après 68), montrant une opinion parfaitement ancrée, et dénonçant les les dérives du système d’enseignement, doivent être exploitées par des actions concrètes, qui valorisent son analyse. Qu’en a t’il fait? Une révision du système d’enseignement peut.être? Si c’est le cas, il a fait quelque chose, peut-être faux, mais il l’a fait! Si c’est pas le cas, ce n’est que de l’encre sur du papier.

  10. Ce qui est « amusant » c’est de savoir comment peuvent-ils organiser de telles manifestations sans éducation? N’est-ce pas « cracher dans la soupe »?

  11. Je ne sais pas trop comment vous le dire, mais je vais prendre mon courage à deux mains, parce
    que la franchise et l’honnêteté m’incitent à vous mettre en garde sur un point, en particulier :

    Votre raisonnement pour établir les trois choses, que selon vous, les autorités diraient en soutenant la démarche des jeunes, ne répond pas aux règles de la logique : votre raisonnement est erroné car on ne peut pas affirmer que si vos prémisses sont valides, vos conclusions le sont aussi; de ce fait la règle de déduction est invalide.

    Je crains que cela ne soit pas la meilleure manière de convaincre des chefs de département de l’enseignement, des enseignants ou de jeunes étudiants de la pertinence de vos affirmations.

    En règle générale, il est impossible d’envisager une forme d’expertise en matière
    de gouvernance, si les règles de base de la logique ne sont pas maîtrisées : personne ne vous prendra au sérieux.

    Je regrette d’avoir à vous le dire, mais parfois un petit embarras peut éviter de grosses déconvenues.

  12. Perso, je prefere largement la jeunesse de XR a celle de fornite.
    Mais la Suisse a les visionnaires qu’elle merite, pour le meilleur et pour le pire (comme on disait a l’epoque)!

  13. C’est amusant, mais dans tous les commentaires où on insiste sur les droits fondamentaux des jeunes citoyens on ne parle jamais des leurs devoirs ! et pourtant c’est la première chose qu’on enseigne dans les cours de Droit : droits et devoirs. Pour avoir enseigné au Collège pendant des années à la fin du siècle dernier, je vous assure que ce problème est vieux et la situation ne fait que s’aggraver.
    Les mêmes qui se plaignent des l’augmentation des incivilités parmi les jeunes ne voient-ils pas la connexion entre tout ça : j’ai le droit, je fais ce que je veux…

    1. Vous avez mille fois raison, on ne connait plus que les droits. A l’époque de ma jeunesse (1968) les devoirs avaient la primauté sur les droits, maintenant c’est l’inverse. Effet de balancier? Je me demande si et comment il serait possible de revenir à un juste milieu?

      1. “…on ne connait plus que les droits.”

        Pourquoi? Parce qu’entre-temps, l’élève est devenu roi et la doctrine dite de la “Centration sur l’élève” est désormais le credo de l’école publique. Privé du soutien de sa hiérarchie, le maître – dont c’est pourtant le titre selon la loi – a peu à peu été réduit à rien, à l’ombre de lui-même, sommé de se convertir en assistant social, en gentil animateur (comme au Club Med), en tuteur, en confident et accompagnateur.

        Mis au pas par les nouveaux ayattolahs et autres Robespierre “éclairés” de l’instruction publique, eux-mêmes purs produits de l’ancienne école qui les formés et qu’ils vomissent, il a vu ses compétences dénigrées et systématiquement dévalorisées par une clique hiérarchique obsédée de voir son contrôle sur le corps enseignant lui échapper.

        Depuis toujours, l’école est le champ de bataille des idéologies. L’école, c’est la guerre, et pas rien que la guerre des boutons. Par quoi commence la tradition littéraire occidentale? Par un récit guerrier, “L’Iliade”, repris dans sa version latine par “L’Enéide” et agrémenté par “La Guerre des Gaules” puis, au Moyen Age, par les récits arhturiens. Excellente lecture pour habituer les élèves au jeu de massacre, dit Edmond Gilliard dans son “Ecole contre la vie”. En latin, le mot “campus” désigne le champ de bataille et le “gradus” (ad Parnassum ou non) (en anglais: “degree”) le rang, le grade militaire.

        Et avec l’avènement de l’université sauce bolognaise, ainsi que l’introduction des “credits”, comme à Wall Street, la “knowledge factory”, peu à peu vidée de son contenu éducatif et intellectuel, promet bien des cadavres abandonnés dans les allées désertes de ses jardins en friche – autant de morts à… crédit.

        Dès lors, quoi d’étonnant si le taux de désertion des maîtres est supérieur à celui des élèves?, dit Claude Duneton, expert en matière de défections scolaires.

        En dépit de tout ce qu’on a pu dire, Ptolémée avait raison: le centre de l’univers n’est pas là-bas, quelque part aux fond des espaces infinis, mais bien ici, au niveau du nombril des pédagogues.

  14. Oui, triste réalité de l’école obligatoire contemporaine qui apprend aux jeunes à défendre leurs droits avant d’apprendre l’histoire et à argumenter avant de savoir écrire ou structurer leur pensée.

    De la chair à canon pour les slogans des évangélistes du climat et de l’égalité qui méprisent la connaissance, la culture et la liberté d’expression héritées des Lumières !

  15. Bonjour,

    On fait la grève parce que les anciens députés et les anciens conseillers nationaux, notamment PLR, n’ont pas jugé utile de se préoccuper du climat, de l’environnement et de la biodiversité durant leur mandat. Pas de chance pour nous, les nouveaux ne sont pas mieux et nos petits-enfants devront sans doute, eux aussi, faire la grève.

    Avant de vous demander si les chefs des départements de l’enseignement ont réfléchi au message qu’ils véhiculent, il serait peut-être bien de vous interroger sur la responsabilité politique des députés et conseillers nationaux PLR à l’égard de la crise climatique et environnementale . À moins que cela ne vous gêne? Je vous retourne donc la question: à quoi le PLR sert-il?

    Cordialement,
    Une gréviste

  16. Bonjour Madame Sandoz,

    Êtes-vous étonnée que ce fait n’est mentionné nul part ?

    Nous assistons cette année à un magnifique baby boom en Suisse (merci le semi-confinement). Rien que dans la pme où je travaille, les quatre (seules) femmes de moins de 45 ans sont enceintes ! Et partout dans la rue, je croise nombre de femmes enceintes…

    Nos autorités prennent-elles la mesure de cette arrivée prochaine de nouveaux mini-citoyens ? Notamment en terme de places de crèches ??

    J’ai le sentiment que tout le monde croit que des solutions seront trouvées au cas par cas…ce qui nous annonce une cacophonie…

    Comme quoi, les femmes en Suisse souhaitent des enfants ! Il suffisait de les confiner pour qu’elles s’en rappellent.

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