Blackout

C’est le titre d’un dossier passionnant du numéro 5 de la Revue militaire suisse de cette année. Le dossier est introduit par quelques lignes du Rédacteur adjoint de la Revue, le cap Grégoire Chambaz, qui résume ainsi « l’ambition » du dossier : « sensibiliser au risque de blackout et ses conséquences ; inviter à considérer les vulnérabilités de nos sociétés modernes ; fournir aux lecteurs des connaissances afin de se préparer à ce risque ou de s’y prémunir ; donner aux personnes qui le souhaitent la possibilité de sensibiliser à leur tour d’autres personnes ».

Cette dernière « ambition » m’interpelle, car je n’ai lu ni vu aucun commentaire médiatique de ce passionnant mais inquiétant dossier de la Revue militaire suisse. En effet, le blackout y est présenté comme « un des risques majeurs pour le pays », mais comme « un risque encore trop peu connu ». Plusieurs « appels du pied » y sont adressés au monde politique, à l’administration fédérale, des critiques sont formulées à l’égard de certains textes légaux, à l’égard même du « tout-numérique », ce qui, évidemment, n’est pas très politiquement correct. Il ne s’agit pas de faire du « catastrophisme », mais la meilleure manière de parer au danger est d’oser le voir et le prévoir. Notre pays ne semble pas très avancé sur ce point. Son réseau électrique est vieillissant, ce qui représente un risque incontestable, parmi d’autres, mais ce qui touche à la production d’électricité et à l’approvisionnement est un peu tabou !

Puisse ce dossier de la Revue militaire suisse ne pas simplement souffrir de l’antimilitarisme primaire de certains milieux ! Il sort nettement du cadre strict de la défense militaire. Que tous ceux qui le peuvent le fassent connaître.

N. B. Un aimable commentateur signale que des informations peuvent être lues sur le site www.revuemilitairesuisse.ch. qui est en plein renouvellement. Vérification faite, le texte auquel fait référence le blog ci-dessus n’est pas en libre accès. Il peut être acheté en version papier ou électronique.

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

7 réponses à “Blackout

  1. C’est très gentil, tout ça, mais si l’on nous traduisait en français ce mot barbare de black-out, ça ne dérangerait pas; maintenant que même les mots de franglais ont plusieurs sens, vu l’ignorance encyclopédique de ceux qui les emploient, ce ne serait pas de trop.

    1. “black out” a sans doute plusieurs sens?
      A choix, entre les orgues de Staline sur Varsovie, la sirène des bombardements londoniens, ou encore ce qui arrive aux Rohingas ou aux Yéménites, Congolais et tant d’autres en 2019, selon ses affinités.

      Ceci dit, recommander une lecture, c’est bien.
      Mettre le lien, c’est mieux.
      🙂

    2. @ Avocat Santschi.
      Le franglais permet, de manière très étendue dans le domaine des sciences et de la technique, d’éviter l’emploi de locutions quand le mot français n’existe simplement pas. C’est bien naturellement que ces mots ont été créés ou conservés en anglais, lors des échanges de connaissances où il est important de bien se comprendre entre personnes de langues différentes. Dans ce but la « techno-lingua » a été une tentative qui aurait pu répondre à ce besoin, en fournissant un moyen de communication intelligent, pratiquement sans apprentissage pour les langues d’origine latines. En visant un autre idéal plus large, l’Esperanto voulait oeuvrer à la compréhension mutuelle des peuples en offrant une langue internationale… Le franglais a donc sa valeur certaine, mais il n’a pas été créé à l’Académie des lettres françaises, ni dans le cabinet des avocats qui opposent l’élégance à la « barbarie » que vous dénoncez chez les personnes qui souffrent « d’ignorance encyclopédique ?.. » Pour celles ou ceux qui s’intéresseraient au sujet soulevé concernant le franglais, et qui n’ont pas de préjugés à la hauteur du barrage qui résiste sous le poids de leurs connaissances, je donnerai un exemple simple de la création d’un mot technique courant : Le « rotor » d’un moteur électrique. L’Académie des sciences, qui ne partageait pas ses locaux avec l’Académie des Lettres, a avalisé en 1900 ce terme primitif anglais issu du latin : « Rotator ». Le moteur électrique à cette époque conservait encore son mystère pour les sommités littéraires qui ne sont pas venues au secours des ignorants en leur offrant un dictionnaire, tout en étant convaincus que si ce mot n’existe pas, c’est bien qu’un « moteur électrique » ne remplacera jamais le cheval devant un fiacre… Pour conclure mon commentaire, je dirai que c’est mon intacte et primitive curiosité, ajoutée à mon désir de m’instruire qui m’ont incité à lire l’article « Blackout », et je n’ai pas eu le sentiment que « tout ça n’est pas très gentil » parce qu’on ne m’offre pas de traduction. J’ai même eu l’envie ensuite d’apporter un commentaire qui, à défaut d’intéresser les connaisseurs des encyclopédies, n’a heureusement pas pour but d’être gentil ou méchant, mais…

      1. La langue anglaise a été enrichie par des dizaines de mots savants français, et plus personne n’en offusque outre manche. suis entièrement d’accord avec vous, mais certains mots percute mieux dans une autre langue. Les québécois écrivent “arrêt” sur les panneaux de signalisation. C’est bien, mais la mot “stop”, d’un seul syllabe est meilleur, et atteint mieux son objectif. Brièveté dans la lecture et rapidité dans l’action. Il y a des mots qui ont la peau dure comme Blackout. J’ai lu votre commentaire, très riche d’ailleurs en informations et joliment écrit, et je pensais que vous alliez nous proposer la traduction parfaite et exacte, qui serait meilleure que l’original. Heureusement que non, vous ne vous n’y êtes pas aventuré à le faire.

        1. Je pense même que le franglais peut être enrichissant dans les modes de communication courants. Les plus jeunes sont les premiers à adopter un vocabulaire emprunté aux chanteurs et chanteuses de leur génération qui traduisent leurs sentiments. Et cela peut surprendre ou faire rire les plus âgés. Alors je considérerai le franglais comme « un plus » qui peut compléter le parlé et la bonne littérature sans trop la bousculer. À ce sujet, je me souviens de Jacques Chessex, qui était mon professeur de français il y a 55 ans. Il nous avait offert en classe avec humour et passion la mise en scène de sa révolte contre le franglais ! Mais lui-même n’hésitait pas à s’éloigner du dictionnaire et des régles grammaticales pour mieux faire entendre le language de la campagne vaudoise, moins éloignée que les pays anglo-saxons. Les membres de l’Académie Goncourt ne s’en sont pas offusqués. Autant j’apprécie ce titre « Blackout » de la part d’une personne qui estime que « l’homme c’est le style », mais qui s’exprime néanmoins dans notre monde actuel en s’adressant à tout le monde dans ses « blogs ». Ce dernier mot de franglais à pour définition dans Le Robert : « Chronique d’humeur sur internet ». Je m’attendais plutôt à « échange d’opinions », mais il est vrai que parfois les blogs démarrent sec dans la mauvaise humeur, au lieu de rester cool du début à la fin ! (Facile à dire, d’accord).

  2. Remarquez, soyez prudent, multi-sens ou pas de “black out”.
    J’ai bien peur que le “black out” total se produise à mid-2019.

    Comme quoi, la militarische schweizer Revue anticipe … même invisible
    🙂

  3. Donc on constate que les quatre intervenants des six contributions, s’inquiètent non pas du risque de black out que tout le monde comprend, tant ce mot a été utilisé, mais bien de l’usage du mot. Pas une seule réflexion pour se demander enfin comment l’on va s’alimenter en électricité, sans nucléaire, sans fossile et avec des écologistes fortement anti hydraulique comme on l’a vu avec hydrorhône, et dans un pays à très très faible capacité éolienne…qui a vu un moulin à vent en Suisse ?

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