Le coût de l’accueil

L’Union Européenne se dispute et se déchire sur la question des requérants d’asile et des réfugiés. Le problème est identique chez nous où les uns se targuent d’être généreux et accusent les autres de pingrerie et de xénophobie. Et si l’on essayait de poser les données du problème sans a priori.

 

Distinguer la générosité individuelle de la responsabilité politique

Qui décide d’embrasser une cause doit être d’accord d’en payer le prix. Si je décide d’accueillir une personne réfugiée, je dois être prête à la loger chez moi ou ailleurs à mes frais, à l’entretenir, à payer éventuellement sa formation, voire les soins médicaux, bref, à assumer pour elle tout ce que je ferais pour un enfant adoptif.  Je dois aussi assumer les adaptations réciproques rendues nécessaires par nos éventuelles différences culturelles. Je ne peux pas simplement me dire que les autres n’auront qu’à prendre le relai si je n’y parviens pas. En un mot, ma générosité, c’est mon problème et c’est à moi d’essayer de le résoudre avec la bonne volonté de mon hôte, naturellement.

Les autorités qui doivent faire face à la question des réfugiés et des requérants d’asile n’assument pas personnellement directement le « coût » de l’accueil. Elles doivent résoudre toutes les questions de logement, d’entretien, de formation scolaire et professionnelle éventuelle, de places de travail ou d’aide sociale, de santé, avec les infrastructures nécessaires construites parfois en hâte sur le domaine public, exploitées par des employés publics, en principe, le tout au moyen des fonds publics fournis par les impôts. Elles doivent en outre assurer la sécurité et la paix publiques en veillant à la cohabitation harmonieuse voire à l’assimilation réciproque des cultures diverses. C’est la quadrature du cercle à partir du moment où la population indigène dont elles assurent en premier lieu la gestion conformément à leur rôle politique n’est pas composée que de saints ayant fait vœu de pauvreté et de service. Il ne serait pas mauvais que certains milieux caritatifs essayent de comprendre le dilemme des autorités mais aussi des populations au lieu seulement de les conspuer.

 

Après le Moyen-Âge et la Renaissance, quelle ère nouvelle ?

Les grandes invasions du début du premier millénaire après Jésus-Christ ont lancé le Moyen-Âge, il y eut la prise de Rome et la chute de l’empire romain d’occident ; la prise de Constantinople et la chute de l’empire romain d’orient ont ouvert la Renaissance. Chaque fois avec beaucoup de souffrances. Comment nommera-t-on l’ère qui suivra la période actuelle de l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés et de requérants d’asile et de la chute de l’Europe occidentale ?

 

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

Une réponse à “Le coût de l’accueil

  1. Mme Sandoz expose les faits avec lucidité et pertinence, comme toujours.
    Et sa question: “quelle ère nouvelle” appelle une réponse de bon sens, mais non politiquement correcte:
    le suicide de l’Occident, aux frais des contribuables, est en train d’inaugurer une ère de nouvelles “grandes invasions”, que par prudence je ne qualifierai pas.
    Mais les gens lucides auront compris.

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