Interdire la violence psychologique envers les enfants!

 

LT de ce 14 novembre, dans sa rubrique « Sur les réseaux », nous informe qu’un groupe « pas de violence contre les enfants » vient de lancer une pétition visant l’inscription, dans le code civil suisse, d’une « interdiction des châtiments corporels et de la violence psychologique envers les enfants ». Que voilà un programme prometteur ! Je ne prendrai pas ici une nouvelle fois la défense de la fessée dont trop de soixante-huitards et de descendants de soixante-huitards ont cruellement manqué, mais j’aimerais m’arrêter sur le problème de la violence psychologique.

Les violences affectives sont des violences psychologiques

Tous ceux qui ont affaire au droit de la famille savent à quelle violence psychologique sont parfois soumis les enfants de familles éclatées : chantage au droit de visite, privation de vacances avec l’autre parent sous le prétexte de problèmes organisationnels, déménagement « diplomatique » arrachant l’enfant à un environnement qui le rassurait et compliquant l’exercice du droit de visite, médisance ou abaissement systématique de l’autre parent, et la pire de toutes les violences psychologiques, l’accusation d’attouchement qui oblige le juge ou l’autorité à la plus grande méfiance envers le parent accusé, même s’il sait que ces accusations sont probablement infondées et ont pour seul but de nuire au «parent accusé ». D’aucuns ajoutent volontiers à la cassure d’avec un parent la privation des contacts avec des grands-parents sans se soucier le moins du monde du traumatisme supplémentaire que cela peut causer à l’enfant.

Reste la violence psychologique sur les réseaux sociaux

C’est une violence d’un nouveau genre dont les victimes n’osent pas parler, car elles sont aussi paralysées de honte que les femmes violées et craignent de souffrir plus encore d’une dénonciation que de leur silence.  Contre cette peste-là, quelles armes autres que l’éducation à l’usage des réseaux sociaux, le développement de l’esprit critique et le refus de l’esclavage par la technologie ? Mais il faut du temps pour cette formation-là et l’addiction à la nouveauté fait des ravages.

Une pétition néfaste et inutile

Priver les parents de tout droit de punition est ridiculement néfaste. Interdire dans le code civil la violence psychologique contre les enfants est inutile si l’on n’a pas d’abord enseigné aux adultes que le respect de l’enfant passe par celui de ses deux parents.

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

3 réponses à “Interdire la violence psychologique envers les enfants!

  1. Il y a encore d’autres violences psychologiques beaucoup plus graves qu’on fait subir aux enfants, et ce officiellement, en toute bonne conscience, de manière autoritaire et sous l’autorité de l’état au nom de l’agenda LGBT et des études genre.

    Je vous conseille la lecture de cet article:

    https://parismatch.be/actualites/societe/90080/des-drag-queens-envoyees-dans-les-creches-pour-sensibiliser-les-enfants-fluidite-genre

    Vous n’êtes pas sans savoir que dans notre pays aussi, je veux dire en Suisse et dans le canton de Vaud, les études genre et la sensibilisation à la “fluidité des identités de genre” sont des politiques publiques officielles voulues par le pouvoir.

  2. Les violences psychologiques peuvent aussi prendre des formes qui s’apparentent à celui de l’harcelement en école ou au travail: brimades, insultes, rabaissement continus, contraintes et règlements de vie dans la maison absurde pour l’enfant… on n’en parle jamais. On ne fait pas de prévention pour cela. Et bien souvent personne ne sait comment réagir de peur de s’immiscer dans ce qui ne les regarde pas. Résultat le shema violent est validé pour l’enfant et les blessures sont bien là et font de gros dégâts.
    Oui on devrait en parler largement plus. Sans aller jusqu’à inscrire à tout va des articles dans la constitution, les initiatives ont parfois au moins le mérite de poser sur la table publique certains sujets…

  3. Il est vrai que les réseaux sociaux ont grand besoin d’éducation, le business psychologique vitaminé à la démagogie et poussé par les avocat.e.s (désolé pour l’inclusion) ne me semble pas compatible avec la paix (avec un “X”) familiale.

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