Le syndrome de Gepetto

Le conte de Pinocchio n’est probablement plus à la mode et pourtant il est plus actuel que jamais à cause de l’intelligence artificielle !

Gepetto créait des marionnettes et rêvait d’avoir un véritable enfant. Une de ses marionnettes lui a « échappé », s’est animée seule, a cédé à toutes les tentations, a mis la vie de Gepetto en danger et n’a fini par devenir un vrai petit garçon qu’après avoir appris la vie à ses dépens.

Bien des créateurs de robots super sophistiqués ne rêvent-ils pas de réussir à créer de « vraies » personnes qui leur échapperaient et conquerraient le monde avec leur intelligence propre ? Sur les réseaux sociaux, dans certains médias, on ne se lasse pas d’alimenter le conte, d’envisager des dérives et d’accréditer l’idée que tout est possible grâce à la technique.

Le conte de Pinocchio a bien fini, parce que c’était un conte, mais aussi parce que la hiérarchie des responsabilités a été remise en ordre : Gepetto était responsable de Pinocchio, avait pour tâche de l’élever et Pinocchio a découvert qu’il ne pouvait pas faire que ce qu’il voulait et devait apprendre à se bien conduire.

L’être humain ne change pas ! C’est incroyable. Il progresse techniquement, fait des découvertes scientifiques et continue toujours de croire qu’il pourra transformer la machine en une personne humaine et se soustraire simultanément à sa responsabilité de « créateur ». Et d’aucuns l’encouragent dans cette erreur !

 

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

2 réponses à “Le syndrome de Gepetto

  1. Bravo, bien dit et bien écrit. Nous voyons avec inquiétude la création de ces robots “humanisés” qui pourraient un jour nous détruite. Nous voyons avec encore plus de souci tous ces techno-optimistes qui ne pensent pas aux conséquences de leurs actes.
    Masi comment retenir ces dérives? Comment revenir à ‘humanisme?
    A Saint-Exupéry, à la rose, au mouton.
    Prions…

  2. Jolie parabole, pensez-vous qu’un jour, l’on jugera Facebook, Google, etc. pour crimes contre l’humanité?

    En principe, ou jusqu’ à récemment, la nature s’auto-régulait.
    On voit que l’on a consommé nostre quota de ressources au milieu de l’année (et je pense qu’on est bien en deça de la réalité).
    Alors le futur est peut-être d’interdire toute procréation, sauf les robots?

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