Arrêtez de pleurnicher et réfléchissez

Depuis dimanche soir, les socialistes n’arrêtent pas de pleurnicher, disant que la campagne électorale n’a pas permis d’aborder les « vrais » problèmes : l’égalité, l’AVS, les primes des assurances maladie, les logements bon marché etc…Pourquoi n’ont-ils pas mis ces sujets en rapport avec les questions de migrations dont ils ne pouvaient ignorer l’importance pour les électeurs ? En effet, il serait intéressant de savoir comment chaque canton peut faire face à l’arrivée de centaines de migrants, ou de réfugiés, en matière de logement, de scolarité, de soins hospitaliers, etc… Même si nous n’avons pas des flots migratoires aussi massifs que ceux invités par Mme Merkel en Allemagne, les quelques milliers de personnes que nous nous engageons à accueillir nous obligent – et c’est normal – à trouver des solutions pour tous les domaines de la vie de tous les jours qui sont ceux préoccupant les citoyens. Quant à l’égalité, elle concerne non seulement les relations hommes-femmes, mais aussi les rapports entre ceux de nos concitoyens qui ont beaucoup de peine à se loger ou à nouer les deux bouts et les réfugiés ou migrants que l’on aide.

Aucun parti, d’ailleurs, n’a abordé ces sujets sous l’angle de l’accueil des migrants et réfugiés. C’est très facile de se gargariser de la tradition humanitaire du pays, mais de futurs élus, qui devront contribuer à gérer la communauté nationale, doivent réfléchir à la manière de faire face à un accroissement assez subit de population, en évaluer le coût, en maîtriser l’accueil sur le moyen terme au moins – si l’accueil n’est que provisoire comme le propose le PLR.

La seule autorité que j’aie entendue mentionner ces problèmes et la préoccupation que cela représente, c’est notre conseiller d’Etat vaudois, M. Philippe Leuba, non candidat aux élections fédérales, lors d’un exposé, le 8 octobre dernier, à la société vaudoise de théologie. Je rends hommage à sa lucidité et à son courage.

Devant les pleurnicheries de la gauche, on comprend qu’une partie de l’électorat dit « de gauche » ait voté UDC. Pour eux, ce parti avait au moins l’air de savoir que les migrations de masse représentent un problème. Mais vu l’ampleur du phénomène – nous n’échapperons pas à un accueil important étant donné notre rapport avec l’Union européenne – il serait temps que cessent les gloussements post électoraux et que l’on ose regarder la réalité en face et empoigner les problèmes pratiques. La générosité n’ exclut ni l’intelligence, ni la lucidité. Il n’est jamais interdit de réfléchir, au moins après les élections !

Suzette Sandoz

Suzette Sandoz est née en 1942, elle est professeur honoraire de droit de la famille et des successions, ancienne députée au Grand Conseil vaudois, ancienne conseillère nationale.

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