Covid-19 : il faut écouter les étudiant.e.x.s !

— article co-écrit avec minds

L’OMS tire la sonnette d’alarme sur les ravages occasionnés par la crise sanitaire sur notre santé mentale, en particulier chez les jeunes. Selon l’Organisation internationale du travail, 50% des jeunes de 18 à 29 ans sont actuellement sujets à la dépression et à l’anxiété. A Genève, l’association des étudiants en psychologie (ADEPSY) a publié un rapport d’enquête sur l’état de santé mentale des étudiant.e.x.s, dont les résultats illustrent nettement les constats des organisations internationales.

 

Le prix fort payé par la jeunesse

Depuis ce mois de janvier, les étudiant.e.x.s envoient des appels au secours sur les réseaux sociaux et auprès des gouvernements. Le hashtag #etudiantsfantomes a suscité 70 000 tweets en quelques jours. En Suisse, le compte Instagram @anxietudessuperieures.ch publie quotidiennement des témoignages d’étudiant.e.x.s sur leur santé mentale pour libérer la parole et échanger sur la détresse qu’ils et elles traversent. (suite…)

Lire la suite

STOP SUICIDE, 20 ans de prévention

En 2020, l’association STOP SUICIDE a passé le cap de la vingtaine. Pour honorer 20 ans d’engagement pour la prévention du suicide des jeunes, la campagne de l’association s’est penchée sur différentes problématiques en lien avec la question du suicide et les façons de les affronter. Alors que la campagne touche à sa fin, nous vous proposons de revenir sur chacune de ces thématiques.

 

#STOPSUICIDE

Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes en Suisse. Il représente presque un tiers des décès chez les 15-29 ans, deux fois plus que les accidents de la route. Même lorsqu’elle semble brutale et inexplicable, une crise suicidaire est toujours le résultat d’une accumulation de problèmes auxquels on ne parvient pas à trouver de solutions. Quand des problèmes s’ajoutent les uns aux autres, prennent de l’ampleur, et semblent impossibles à résoudre, il est normal de ressentir du désespoir.

Un élément essentiel pour la prévention du suicide est d’identifier et de s’attaquer à ses multiples causes. C’est pourquoi en 2020 la campagne de STOP SUICIDE s’est consacrée aux « facteurs de risque du suicide » et aux différentes manières de les prévenir. Isolement, discrimination, tabou… Lutter contre ces phénomènes est essentiel pour la prévention du suicide et est à la portée de chacun.e.

(suite…)

Lire la suite

Harcèlement : mettre fin à la loi du silence

image : @d.a.v.e_colours (instagram)

Le harcèlement scolaire peut entraîner des conséquences sur la santé physique et mentale, sur les apprentissages, ainsi que sur la sécurité publique, ceci à court comme à long terme. Compte tenu de l’ampleur de ce phénomène, de son évolution et de ses répercussions pour l’individu et son entourage, nous sommes face à une problématique majeure pour la santé publique. En effet, ce phénomène est notamment associé à un risque accru de dépression et de conduites suicidaires. Il est donc nécessaire de mieux le comprendre et d’en parler, afin de pouvoir intervenir en amont pour le prévenir et assurer une prise en charge efficace des victimes et ainsi éviter des conséquences parfois fatales. La campagne de STOP SUICIDE a dédié le mois d’octobre à cette problématique, autour du #STOPHARCELEMENT, et Nadejda Lambert, stagiaire de la campagne, l’aborde ici pour proposer des pistes d’actions afin d’éviter que des situations de harcèlement s’installent en contexte scolaire et en reliant cette thématique à la situation sanitaire actuelle.

(suite…)

Lire la suite

Everybody hurts : la santé mentale post-confinement

(image : @peopleiveloved)

La distanciation sociale étant une des pièces maîtresses de larsenal des mesures de protection déployées en Suisse pour limiter la propagation du COVID-19, les risques et dangers liés à lisolement – un trop plein de distance, une absence de connexion, qui contrairement à la solitude nest pas choisie mais subie – ont inquiété chercheur.euses, professionnel.le.s de la santé, politicien.ne.s et citoyen.ne.s. Après avoir dédié le mois de juin de notre campagne de prévention annuelle à cette thématique, sous le slogan #STOPISOLEMENT nous vous proposons de nous pencher une nouvelle fois sur cette thématique, et dimaginer quelques manières dont lisolement pourrait être brisé, le lien social renforcé et (r)établi. Cest en conclusion de son stage à STOP SUICIDE et afin de (tenter de) faire sens de ses propres questionnements que Joséphine Gut, étudiante en Études genre, sest penchée sur ce sujet.

 

Lonely Hearts : L’isolement, un facteur de risque considérable

La recherche a maintes fois confirmé ce que nous avons été nombreux.ses à ressentir pendant le confinement : les liens sociaux sont au centre de nos vies, et essentiels à notre bien-être (3, 4, 5). L’isolement  augmenterait le risque de mortalité, au moins aussi fortement que la consommation de tabac (3). Les chercheur.euse.s Ollie & Collet parlent même de douleur sociale, pour désigner lexpérience désagréable associée à une lésion potentielle ou réelle du lien social. (suite…)

Lire la suite

Coronavirus, comment protéger sa santé mentale ?

En quelques jours, notre vie, nos façons de travailler, d’habiter et d’être ensemble ont radicalement changé. Que nous soyons pris.e.s dans l’urgence de la gestion de crise (professionnel.le.s de santé, journalistes, personnel de vente, etc.) ou que nous soyons immobilisé.e.s à la maison, la brutalité avec laquelle le coronavirus (Covid-19) frappe nos quotidiens n’est facile à vivre pour personne. Pour vous aider et vous conseiller dans cette période forte en chamboulements, nous partageons cet article très complet de Minds, qui oeuvre pour la promotion de la santé mentale à Genève.

Pour une majorité d’entre nous, le confinement semi-volontaire est notre nouvelle réalité, pour une durée indéterminée. L’isolement soudain, la cohabitation sans répit ou la solitude pesante, la peur du virus et le flot continu d’informations inquiétantes représentent un cocktail difficile à absorber pour notre santé mentale.

Le message le plus important que minds souhaite adresser est celui-ci: c’est normal de se sentir dépassé!

(suite…)

Lire la suite

The kids are not alright : ce que la discrimination fait aux jeunes des minorités sexuelles et de genre

“I’ll be hurt either way. Isn’t it better to be who I am ?”[1], assène le personnage d’Eric, interprété par Ncuti Gatwa, dans la première saison de la série pour ados Sex Education. Dans cette scène, Eric est en train de surmonter le traumatisme d’une agression homophobe qui l’a poussé, pendant un temps, à se censurer et se cacher, par peur des répercussions potentielles. Que ce soit à l’écran ou dans la vraie vie, les discriminations constituent encore un risque important pour la santé physique et mentale des jeunes LGBTIQ+. En Suisse, les jeunes des minorités sexuelles et de genre présentent des taux de suicide, de dépression et d’anxiété plus élevés que leurs pairs hétérosexuel.le.s et/ou cisgenres. Comment expliquer ce phénomène révélateur d’inégalités sociales profondes ? Comment en parler de manière sensible et responsable, sans renforcer des préjugés dangereux pour les concerné.e.x.s ? Et, surtout, comment agir ? Joséphine Gut, stagiaire à STOP SUICIDE et étudiante en Master en Etudes genre, propose quelques pistes de réflexion.

[1]Je serai blessé de toute façon, Autant être ouvertement qui je suis, non ?

 

Prévenir le suicide chez les groupes à risques

Il est nécessaire de parler du suicide, si l’on veut espérer l’enrayer. Depuis vingt ans, STOP SUICIDE porte ce message : ce n’est jamais en ignorant ou en invisibilisant les souffrances des jeunes que ceux-ci ont pu être efficacement pris en charge, soutenus et soignés. Le risque suicidaire doit être abordé et déstigmatisé activement afin de permettre aux personnes qui y sont confrontées d’accéder aux ressources qui leur permettront de s’en sortir, ainsi qu’aux causes structurelles sous-jacentes d’être identifiées et combattues. En effet, si le passage à l’acte est individuel, le contexte socio-culturel, ainsi que la nature et la qualité des politiques de prévention et de prise en charge des jeunes en situation de crise, ont également leur rôle à jouer. (suite…)

Lire la suite

Repérer les signaux d’alerte du suicide

Débutée le 10 septembre, Journée mondiale de prévention du suicide la campagne de STOP SUICIDE vise à informer et sensibiliser sur les signes avant-coureurs d’une crise suicidaire. Quels sont ces signaux d’alerte ? Comment peut-on aider une personne dans cette situation ? Laure Bacchiocchi et Sarah Gutierrez Barrios, actuellement en stage à STOP SUICIDE vous présentent ces enjeux.

 

Quand on est en proie à un mal-être profond, il est souvent difficile d’oser en parler, parfois
par honte, par peur d’être jugé ou de créer une gêne. Dans cette situation, c’est souvent un grand soulagement quand quelqu’un tend la main, ouvre un espace pour en parler. C’est la première étape pour sortir d’un moment difficile et éviter que le mal-être s’aggrave.

La majorité des personnes qui vivent une période de crise manifeste leur souffrance d’une manière ou d’une autre. Dans le cas où l’on n’ose pas aborder le sujet directement il existe des “signaux d’alerte” révélateurs de ce mal-être. Ces signaux peuvent être subtils et difficiles à repérer, et la personne concernée tente parfois de dissimuler ces signes ou ne les montre que face à certaines personnes, qui ne font pas forcément partie de son entourage le plus proche.

En tant qu’ami.e, proche ou encore collègue de travail, apprendre à repérer ces signaux d’alerte est important pour la prévention, car cela permet de déceler le mal-être et pouvoir ensuite proposer de l’aide.

(suite…)

Lire la suite

13 Reasons Why, que dit la science ?

Depuis la sortie de sa première saison en 2017, la série Netflix 13 Reasons Why a fait couler beaucoup d’encre, tant dans les médias que dans le milieu académique. Si elle permet de briser le tabou sur un sujet encore trop peu abordé, ses effets incitatifs sont pointés du doigt. A la veille de la sortie de la saison 3, Léonore Dupanloup, chargée de communication et de prévention médias pour STOP SUICIDE, a résumé pour vous les différentes études qui se sont intéressées aux effets de la série sur son jeune public.

 

De quoi parle-t-on ?
La série 13 Reasons Why retrace le parcours d’Hannah, une adolescente qui a enregistré sur cassettes audio les « raisons » qui l’ont poussée à mettre fin à ses jours. Chacune de ces treize cassettes vise une de ses connaissances (ami.e.s, conseiller scolaire, harceleur…) et explique le rôle que ces personnes ont joué dans sa crise suicidaire.

(suite…)

Lire la suite

L’influence des événements médiatiques sur le taux de suicide

Est-il possible que le taux de suicide soit affecté par des événements de la vie publique tels que certains jours fériés ou mêmes des compétitions sportives, voire même qu’un attentat influe sur le taux de suicide d’un pays ? Ce sont les questions auxquelles le chercheur Driss Hamadouch a souhaité répondre dans sa thèse en médecine. Dans son article écrit pour le blog de Stop Suicide, Mehdi Oubenali, assistant communication et média au sein de l’association, présente les résultats de cette étude.

 

Pour mener à bien cette recherche, plusieurs études ont été compilées. Elles ont toutes comme caractéristique commune de traiter du taux de suicide d’une population, pendant et à la suite d’événement ou de jours de fête majeurs et connaissant de ce fait une médiatisation importante. Citons par exemple le mondial de football ou les fêtes de fin d’année, à catégoriser comme évènements « positifs », mais encore les attentats du 11 septembre ou ceux du métro de Londres, à catégoriser comme événements « négatifs ».

(suite…)

Lire la suite

Le suicide assisté et sa médiatisation: un risque pour la prévention?

 

Ayant pour mission la prévention du suicide des jeunes de 15 à 29 ans, l’association STOP SUICIDE ne remet pas en question la légalité du suicide assisté et le travail des associations actives dans ce domaine, qui ne concerne pas le même public. Cependant, en raison de la place importante du débat sur le suicide assisté dans les médias, STOP SUICIDE s’inquiète des valeurs positives (dignité et auto-détermination notamment) qui y sont fréquemment associées et de l’influence qu’elles peuvent avoir tant sur les personnes âgées que sur les plus jeunes.

 

En Suisse, le suicide assisté est autorisé depuis 1942. L’article 115 du Code Pénal en définit les conditions : l’incitation au suicide reste interdite, et l’aide au suicide ne doit pas relever d’un motif égoïste. Les critères d’accès sont réglementés par les directives de l’Association suisse des sciences médicales (ASSM) et leur assouplissement en 2018 est largement contesté par les médecins eux-mêmes. En ajoutant à cela un traitement médiatique souvent favorable et positif, un effet de contagion est-il à craindre ? Léonore Dupanloup, chargée de prévention média à STOP SUICIDE, fait le point sur la question.

 

Du critère de « fin de vie » à celui de « souffrances insupportables »

Le suicide assisté est inscrit dans la loi suisse depuis plus de 75 ans, mais sa pratique et son éthique ne cessent d’évoluer et divisent le monde médical. Longtemps considéré, par principe, comme « contraire aux buts de la médecine », l’ASSM a remis en 2004 la responsabilité aux médecins de déterminer au cas par cas si « cette assistance est conforme aux objectifs de la médecine ». Dès lors la pratique du suicide assisté est devenue de plus en plus courante, attirant des personnes souhaitant mettre fin à leur jour bien au-delà des frontières helvètes. Avec 928 décès de résidents suisses en 2016, le nombre de suicides assistés tend à rejoindre le nombre de suicides non-assistés (1016 décès sur l’ensemble de la population).

(suite…)

Lire la suite