Covid et santé mentale : où en sont les jeunes ?

Depuis plus d’un an et demi, la santé mentale est mise à rude épreuve par la pandémie de covid-19 et les mesures sanitaires qui l’accompagnent. Des inquiétudes sur les conséquences néfastes à long terme ont rapidement émergés, en particulier pour les adolescent-es et les jeunes adultes.

Si les statistiques officielles des décès par suicide ne seront pas connues avant au moins une année, les sondages, études et articles publiés depuis le début de la pandémie révèlent que les principaux indicateurs de la santé mentale sont au rouge. À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale qui a eu lieu le 10 octobre, Léonore Dupanloup, responsable de communication et de prévention médias pour STOP SUICIDE, fait le point sur les données disponibles à ce jour.

 

Sondages : stress, anxiété et symptômes dépressifs en hausse

Différentes enquêtes ont été menées auprès de la population suisse pour évaluer l’effet des mesures sanitaires sur le bien-être et la santé mentale. Le sondage « Swiss corona stress study : second pandemic wave » [1] publié en décembre 2020 révèle que le nombre de personnes souffrant de symptômes dépressifs graves a été multiplié par six, atteignant 18% de la population. Les jeunes ont été particulièrement impacté-es, 29% des 14-24 ans étant concernés par des symptômes dépressifs modérés et sévères.

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Là pour les autres

En cette Journée mondiale de prévention du suicide, nous vous partageons cet article de minds qui met en lumière la nouvelle campagne de prévention de STOP SUICIDE. Dédiée à ses bénévoles, la campagne #LÀPOURTOI 2021 rappelle le rôle fondamental de l’entraide et des relations humaines à travers une série de portraits diffusés sur facebook et instagram.

Minds est une association fondée en 2018 à Genève. Reconnue d’utilité publique, minds oeuvre pour la promotion de la santé mentale et vise à déstigmatiser cette thématique à travers ces différentes actions.

 

Une campagne dédiée au bénévolat 

La Journée Mondiale de Prévention du Suicide a été lancée en 2003 par l’OMS et l’Association internationale pour la prévention du suicide pour lutter contre ce problème majeur de santé publique. Le suicide fait 700’000 de morts par an dans le monde. En Suisse, il est la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans.  (suite…)

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Violences conjugales : des coups psychologiques qui laissent des marques

(image : decadree.com)

Les violences dans le couple, qu’elles soient physiques, psychologiques, sexuelles et économiques, constituent un problème de santé publique et sont le signe d’une grande inégalité de genre. Bien que tous les couples puissent être touchés (hétérosexuels ou non), les femmes en sont les principales victimes et les hommes les principaux auteurs. Ces violences impactent très fortement la santé mentale des victimes sur le long terme et des recherches ont relevé l’apparition de troubles psychologiques qui peuvent conduire dans certains cas au suicide. 

Comment reconnaître les violences dans le couple ? Comment se définissent-elles ? Quelles sont les pistes pour assurer un suivi approprié des victimes ? Quelles actions peuvent être mises en place par les politiques publiques?  Liliana Rodrigues, stagiaire à Stop Suicide et étudiante en Master d’Etudes genre vous propose d’aborder cette question dans sa complexité sous un aspect social et psychologique. Des ressources d’aide pour les victimes de violences dans le couple sont à retrouver en fin d’article. 

 

Qu’est-ce que la violence conjugale ?

Les violences au sein du couple constituent un phénomène complexe, hétérogène et qui peut se manifester de manières très différentes. Contrairement à l’idée reçue, les violences conjugales ne se résument pas à des coups physiques. L’OMS les définit comme “tout comportement qui, dans une relation intime (partenaire ou ex-partenaire) cause un préjudice d’ordre physique, sexuel ou psychologique, ce qui inclut l’agression physique, les relations sexuelles sous contrainte, la violence psychologique et tout autre acte de domination” (1). Ces violences revêtent plusieurs formes : elles peuvent être psychologiques, verbales, physiques, sexuelles mais aussi économiques. Il est possible d’être victime d’une seule forme de violence ou plusieurs à la fois et cela peut varier dans le temps (2). 

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“NOUS” : une pièce de théâtre par et pour les jeunes

Créée tout spécialement pour la campagne des 20 ans de STOP SUICIDE, “NOUS” est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Laure Bacchiocchi, ancienne stagiaire de STOP SUICIDE. La pièce raconte l’histoire d’un groupe de jeunes qui apportent leur soutien à quelqu’un qui traverse une mauvaise passe. En accédant à la subjectivité des personnages, le public est invité à ne pas considérer les idées suicidaires comme une fin en soi, mais comme des signaux d’alerte à prendre en compte. C’est en conclusion de son stage à STOP SUICIDE que Nicolas Herren, étudiant en sciences sociales, s’est entretenu avec Laure Bacchiocchi pour revenir sur l’utilité préventive ainsi que les messages de ce projet.

 

Nicolas : Pour commencer, pourrais-tu nous expliquer comment “NOUS a vu le jour ?

Laure : Chaque année STOP SUICIDE souhaite créer des nouveaux événements pour faire passer des messages préventifs et comme j’avais déjà écrit des pièces de théâtre par le passé, je leur ai proposé d’en créer une pour la campagne des 20 ans. Ils ont trouvé l’idée très intéressante et innovante, d’autant plus que les comédien.ne.x.s sont jeunes (entre 19 et 24 ans), ce qui est idéal pour transmettre des messages de prévention à d’autres jeunes.

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Covid-19 : il faut écouter les étudiant.e.x.s !

— article co-écrit avec minds

L’OMS tire la sonnette d’alarme sur les ravages occasionnés par la crise sanitaire sur notre santé mentale, en particulier chez les jeunes. Selon l’Organisation internationale du travail, 50% des jeunes de 18 à 29 ans sont actuellement sujets à la dépression et à l’anxiété. A Genève, l’association des étudiants en psychologie (ADEPSY) a publié un rapport d’enquête sur l’état de santé mentale des étudiant.e.x.s, dont les résultats illustrent nettement les constats des organisations internationales.

 

Le prix fort payé par la jeunesse

Depuis ce mois de janvier, les étudiant.e.x.s envoient des appels au secours sur les réseaux sociaux et auprès des gouvernements. Le hashtag #etudiantsfantomes a suscité 70 000 tweets en quelques jours. En Suisse, le compte Instagram @anxietudessuperieures.ch publie quotidiennement des témoignages d’étudiant.e.x.s sur leur santé mentale pour libérer la parole et échanger sur la détresse qu’ils et elles traversent. (suite…)

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STOP SUICIDE, 20 ans de prévention

En 2020, l’association STOP SUICIDE a passé le cap de la vingtaine. Pour honorer 20 ans d’engagement pour la prévention du suicide des jeunes, la campagne de l’association s’est penchée sur différentes problématiques en lien avec la question du suicide et les façons de les affronter. Alors que la campagne touche à sa fin, nous vous proposons de revenir sur chacune de ces thématiques.

 

#STOPSUICIDE

Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes en Suisse. Il représente presque un tiers des décès chez les 15-29 ans, deux fois plus que les accidents de la route. Même lorsqu’elle semble brutale et inexplicable, une crise suicidaire est toujours le résultat d’une accumulation de problèmes auxquels on ne parvient pas à trouver de solutions. Quand des problèmes s’ajoutent les uns aux autres, prennent de l’ampleur, et semblent impossibles à résoudre, il est normal de ressentir du désespoir.

Un élément essentiel pour la prévention du suicide est d’identifier et de s’attaquer à ses multiples causes. C’est pourquoi en 2020 la campagne de STOP SUICIDE s’est consacrée aux « facteurs de risque du suicide » et aux différentes manières de les prévenir. Isolement, discrimination, tabou… Lutter contre ces phénomènes est essentiel pour la prévention du suicide et est à la portée de chacun.e.

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Harcèlement : mettre fin à la loi du silence

image : @d.a.v.e_colours (instagram)

Le harcèlement scolaire peut entraîner des conséquences sur la santé physique et mentale, sur les apprentissages, ainsi que sur la sécurité publique, ceci à court comme à long terme. Compte tenu de l’ampleur de ce phénomène, de son évolution et de ses répercussions pour l’individu et son entourage, nous sommes face à une problématique majeure pour la santé publique. En effet, ce phénomène est notamment associé à un risque accru de dépression et de conduites suicidaires. Il est donc nécessaire de mieux le comprendre et d’en parler, afin de pouvoir intervenir en amont pour le prévenir et assurer une prise en charge efficace des victimes et ainsi éviter des conséquences parfois fatales. La campagne de STOP SUICIDE a dédié le mois d’octobre à cette problématique, autour du #STOPHARCELEMENT, et Nadejda Lambert, stagiaire de la campagne, l’aborde ici pour proposer des pistes d’actions afin d’éviter que des situations de harcèlement s’installent en contexte scolaire et en reliant cette thématique à la situation sanitaire actuelle.

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Everybody hurts : la santé mentale post-confinement

(image : @peopleiveloved)

La distanciation sociale étant une des pièces maîtresses de larsenal des mesures de protection déployées en Suisse pour limiter la propagation du COVID-19, les risques et dangers liés à lisolement – un trop plein de distance, une absence de connexion, qui contrairement à la solitude nest pas choisie mais subie – ont inquiété chercheur.euses, professionnel.le.s de la santé, politicien.ne.s et citoyen.ne.s. Après avoir dédié le mois de juin de notre campagne de prévention annuelle à cette thématique, sous le slogan #STOPISOLEMENT nous vous proposons de nous pencher une nouvelle fois sur cette thématique, et dimaginer quelques manières dont lisolement pourrait être brisé, le lien social renforcé et (r)établi. Cest en conclusion de son stage à STOP SUICIDE et afin de (tenter de) faire sens de ses propres questionnements que Joséphine Gut, étudiante en Études genre, sest penchée sur ce sujet.

 

Lonely Hearts : L’isolement, un facteur de risque considérable

La recherche a maintes fois confirmé ce que nous avons été nombreux.ses à ressentir pendant le confinement : les liens sociaux sont au centre de nos vies, et essentiels à notre bien-être (3, 4, 5). L’isolement  augmenterait le risque de mortalité, au moins aussi fortement que la consommation de tabac (3). Les chercheur.euse.s Ollie & Collet parlent même de douleur sociale, pour désigner lexpérience désagréable associée à une lésion potentielle ou réelle du lien social. (suite…)

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Coronavirus, comment protéger sa santé mentale ?

En quelques jours, notre vie, nos façons de travailler, d’habiter et d’être ensemble ont radicalement changé. Que nous soyons pris.e.s dans l’urgence de la gestion de crise (professionnel.le.s de santé, journalistes, personnel de vente, etc.) ou que nous soyons immobilisé.e.s à la maison, la brutalité avec laquelle le coronavirus (Covid-19) frappe nos quotidiens n’est facile à vivre pour personne. Pour vous aider et vous conseiller dans cette période forte en chamboulements, nous partageons cet article très complet de Minds, qui oeuvre pour la promotion de la santé mentale à Genève.

Pour une majorité d’entre nous, le confinement semi-volontaire est notre nouvelle réalité, pour une durée indéterminée. L’isolement soudain, la cohabitation sans répit ou la solitude pesante, la peur du virus et le flot continu d’informations inquiétantes représentent un cocktail difficile à absorber pour notre santé mentale.

Le message le plus important que minds souhaite adresser est celui-ci: c’est normal de se sentir dépassé!

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The kids are not alright : ce que la discrimination fait aux jeunes des minorités sexuelles et de genre

“I’ll be hurt either way. Isn’t it better to be who I am ?”[1], assène le personnage d’Eric, interprété par Ncuti Gatwa, dans la première saison de la série pour ados Sex Education. Dans cette scène, Eric est en train de surmonter le traumatisme d’une agression homophobe qui l’a poussé, pendant un temps, à se censurer et se cacher, par peur des répercussions potentielles. Que ce soit à l’écran ou dans la vraie vie, les discriminations constituent encore un risque important pour la santé physique et mentale des jeunes LGBTIQ+. En Suisse, les jeunes des minorités sexuelles et de genre présentent des taux de suicide, de dépression et d’anxiété plus élevés que leurs pairs hétérosexuel.le.s et/ou cisgenres. Comment expliquer ce phénomène révélateur d’inégalités sociales profondes ? Comment en parler de manière sensible et responsable, sans renforcer des préjugés dangereux pour les concerné.e.x.s ? Et, surtout, comment agir ? Joséphine Gut, stagiaire à STOP SUICIDE et étudiante en Master en Etudes genre, propose quelques pistes de réflexion.

[1]Je serai blessé de toute façon, Autant être ouvertement qui je suis, non ?

 

Prévenir le suicide chez les groupes à risques

Il est nécessaire de parler du suicide, si l’on veut espérer l’enrayer. Depuis vingt ans, STOP SUICIDE porte ce message : ce n’est jamais en ignorant ou en invisibilisant les souffrances des jeunes que ceux-ci ont pu être efficacement pris en charge, soutenus et soignés. Le risque suicidaire doit être abordé et déstigmatisé activement afin de permettre aux personnes qui y sont confrontées d’accéder aux ressources qui leur permettront de s’en sortir, ainsi qu’aux causes structurelles sous-jacentes d’être identifiées et combattues. En effet, si le passage à l’acte est individuel, le contexte socio-culturel, ainsi que la nature et la qualité des politiques de prévention et de prise en charge des jeunes en situation de crise, ont également leur rôle à jouer. (suite…)

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