Y a-t-il un vague francophone dans la publicité suisse ?

C’est triste à dire, mais je ne suis pas très bon public-cible pour la publicité suisse. À la base, j’ai déjà la malchance de faire partie d’une des minorités linguistiques dont la majorité se fout complètement dans ce pays germanique qui se dit pourtant quadrilingue et qui fait partie de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Et en plus, je ne calcule pas le nombre de fois où je n’ai pas compris exactement le message publicitaire, et le nombre de fois où je l’ai retraduit en français standard, le slogan de départ étant rédigé dans une sorte de jargon anglo-germanique à forte teneur suisse allemande, dont certains jeux de mots et associations d’idées probablement hilarants dans l’original passent mal – mais trépassent très bien – dans leurs versions simili-francophones.

INITIALES SBB

J’ai par exemple souvenir d’une publicité des Chemins de fer fédéraux (CFF en français, SBB en allemand) qui, dans l’original germanique, et dans la louable et fraternelle ambition de réunir trois des quatre cultures nationales dans une même entente ferroviaire et harmonieuse – si tous les Köbis, les Welsches et les Risottes voulaient se donner la main et le reste, leurs transports amoureux profiteraient avantageusement du demi-tarif – jouait sur les initiales de trois prénoms masculins, du style « Sergio, Bernhard und Blaise im Zug » (oui, ça fait SBB) dont la version francophone avait gardé ces mêmes prénoms, rendant le message particulièrement sybillin, alors qu’une simple adaptation du genre « Christian, François et Fabrizio prennent le train » aurait fait l’affaire et rendu justice à l’imagination du créatif d’origine et à la régie ferroviaire helvétique, qui dépense des millions pour son marketing publicitaire mais qui s’en fout un peu du résultat en français (je n’ose même pas imaginer la version italienne).

Je relevais déjà dans mon précédent article la propension des agences publicitaires suisses – c’est-à-dire suisses allemandes – à utiliser frénétiquement Google Translate ou Reverso, d’excellents programmes de traduction en ligne au demeurant, pour la version française de la Reklam nationale et à faire corriger le résultat à des cadres suisses allemands qui ont l’illusion d’être trilingue Schwytzertütsch-Hochdeutsch-Français.

Et bien, les enfants, on n’est pas sortis de l’auberge.

LE SUISSE FRANCOPHONE ? UN SUISSE ALLEMAND QUI PARLE FRANÇAIS

Exemples à l’appui, les professeurs genevois Jan Marejko et Éric Werner affirmaient déjà, dans De la misère intellectuelle et morale en Suisse romande (Lausanne : L’Âge d’homme, 1981), que, selon eux, les francophones de Suisse parlent le français comme une langue étrangère.

On peut se demander s’il n’y a pas un fond de vrai dans cette affirmation, puisqu’apparemment le charabia publicitaire germano-suisse se porte comme un (mauvais) charme.

Ce qui suscite de multiples interrogations :

1) Google Translate et Reverso mis à part, est-ce que des traducteurs, si possible francophones, interviennent pour relire le résultat avant publication ?

2) Question corollaire : à combien, s’ils existent, se montent les budgets traduction des agences de publicité suisses ?

3) Malgré la formulation incompréhensible, le message publicitaire est-il reçu, voire capté ?

4) Est-ce que le niveau est si bas que personne ne remarque les erreurs, ce qui est tout de même préoccupant dans une optique minoritaire francophone ?

5) Tout le monde s’en fout et je devrais faire de même (mais n’y arrive pas parce que ça m’énerve) ?

DU FRANÇAIS TÜTSCH

Dernier exemple en date, une grande enseigne alimentaire d’origine allemande fait une énorme pub, ces temps-ci, pour le bien-être de ses employé(e)s, avec des conditions de travail – salaires plus élevés, congé paternité de quatre semaines – plus humaines que ses concurrentes et tant mieux pour le personnel.

On y voit la photo d’un et d’une employé(e) se poser la question : « Comment FIRMETRUCMUCHE le rend-il possible ? »

On comprend bien le message. On comprend aussi que c’est une traduction littérale de quelque chose comme : « Wie ÖPISFIRMA mag [macht?] es möglich ? ».

Un francophone aurait écrit, dans un langage familier avec une touche d’humour, quelque chose du style : « Quatre semaines de congé paternité ? Mais comment ils font chez FIRMETRUCMUCHE ? ».

Remarquez, là au moins on comprend quelque chose, mais prenez les affiches pour les apprentissages au sein de la grande enseigne de transports nationaux dont je vous parlais plus haut. On y lisait il y a peu : « De mes propres mains, j’ai rapproché le Valais du Lac Léman. » qui, à part le sens général assez vague, sentait son Zurichois d’origine qui se sent obligé de préciser que c’est un lac là où un autochtone parlerait du Léman tout court.

Une autre enseigne de transports, plus ailée – mais pas plus zélée, hélas – se  présentait ainsi avant la pandémie : « Les rooftops ne sont plus à la mode. Sauf ceux au 3457e étage. » À part le lien qu’il faut faire entre l’altitude de l’étage avec celle du zinc, j’avais tiqué sur ces « rooftops » qui doivent être plus courants en Suisse allemande que nos bêtes terrasses sur le toit, et encore plus, dans cette phrase précise, sur ce « au » 34557e étage plutôt que « du »  34557e.

L’INFLUENCE DE FREUD ET DE GROUCHO MARX

Dans la publicité suisse, il y aurait toute une étude – et même toute une psychanalyse – à faire sur les associations d’idées, lexicales et visuelles, et leur relation avec les quatre langues nationales.

J’en veux pour preuve un slogan pour un autre apprentissage qui disait : « Apprends coiffeur, deviens biologiste » avec la photo d’un blaireau (celui du coiffeur, pas l’animal) à côté d’une autruche de même couleur. Si j’étais apprenti coiffeur ou apprenti biologiste, je ne saurais pas comment je devrais le prendre.

Certains se souviendront aussi des slogans bizarres d’une marque de bricolage qui envoyait ses employé(e)s se faire voir ailleurs à l’aide de citations que Groucho Marx n’aurait pas désapprouvées, et avec des guillemets allemands : “Avec ce sourire, il pourrait aussi aller à Hollywood.„

Tout récemment, une marque de voiture nous ordonne de manière très germanique : « Découvrir maintenant » alors qu’un « À découvrir  maintenant » aurait été un peu plus français et un peu moins autoritaire.

 

Une boutique gastronomique allèche le chaland avec un « Faites saliver vos papilles gustatives » qui le plonge dans des abîmes de réflexion : est-ce que les papilles gustatives salivent ?

À Lausanne, et toujours dans la gastronomie, on lit un grand : RESTAURANT OUVERT À L’EMPORTER sans ponctuation, et on se dit « Chic, on peut emporter le resto ! ».

MAIS QUE FAIT L’OFFICE FÉDÉRAL DE LA CULTURE ?

Et, une foule de questions m’assaillent :

1) Pourquoi le mauvais français des publicités suisses se maintient-il et prospère-t-il depuis tant d’années et sur tous les supports, notamment à la télévision publique, où le doublage en français lourdaud est de rigueur, avec syntaxe exotique et insertion obligée de certains termes improbables du type « avantageux », modulable en « toujours avantageux », « si avantageux » ou « toujours si avantageux » ?

Pour une étude plus poussée encore, je ne saurais trop vous conseiller de visionner la brillante vidéo explicative – jamais égalée à ce jour – de l’humoriste suisse Yann Marguet sur le processus créatif lié à la fabrication de la pub nationale (c’est à la minute 2 :43 jusqu’à la minute 5 :50).

2) Qui sont les stars de la pub télévisée, ce comédien et cette comédienne qui assurent à eux seuls une grande partie des versions francophones de la réclame suisse allemande ? A mon avis, dans une centaine d’année, l’espace publicitaire Coop va devenir culte au même titre que les photos de la Mob ou celle du pâtre Appenzellois à boucle d’oreille.

3) Est-ce qu’on dispose d’études marketing et statistiques précises sur la composition socio-culturelle du public visé et sur l’efficacité de ces publicités ?

4) Est-ce que survivent encore des traducteurs allemand-français dans la pub suisse, et, si c’est le cas, est-ce que les agences de publicité et les entreprises, régies fédérales comprises, les font travailler ?

5) Est-ce que l’Office fédéral de la culture, chargé entre autres de promouvoir les quatre langues nationales, ne pourrait pas intervenir pour faire respecter au minimum l’intégrité, l’originalité et la beauté de chaque langue ?

Et non, je vous rassure, l’anglais n’est pas encore officiellement une langue nationale, donc, une fois finie la pandémie, on va pouvoir retourner danser au Main Floor du MAD de Lausanne – « 4 dancefloors, 5 floors, 1 restaurant. More than 1’800 m2… » – ou  siroter un daiquiri dans son Jetlag Club, et continuer à se goinfrer de « New Orleans Special » au fastfood du coin, ou, pour les plus sélects, se choisir un Swiss Wine au Manor Food après un jogging où notre Samsung Gear Fit mesure notre fréquence cardiaque (profitez des « Super Sale » régulières).

Take care, guys.

Si je te tutoie, tu gobes ?

Selon les dernières tendances, si je te dis « tu », tu devrais me lire, ô toi, jeune entre 15 et 30 ans habitant en Suisse et de langue française. En te tutoyant, je te racole, comme on te racole partout maintenant pour que tu achètes.

Je t’explique : dans les métiers de la publicité, il y a des gens qui sont payés des fortunes par de grandes entreprises ou tout type d’organisme pour te vendre quelque chose ou te faire passer un message.

Pour ça, on paie très cher des consultants genre « Marketing Manager », « Community Manager Expert » ou « Social Media Influencer » (ne t’inquiète pas si tu ne comprends pas tout, c’est de l’anglo-saxon, c’est professional).

Ces consultants disent qu’on doit s’adresser à toi en te tutoyant pour que tu ne te sentes pas mélangé avec les vieux et pour que tu te sentes concerné.

Ils assurent que tu es une nouvelle catégorie sociale différente des autres, un nouveau consommateur et un segment porteur du marché. Il faut qu’on s’adresse à toi dans ce qu’on croit être ton langage.

Je ne sais pas si ça marche vraiment.

D’abord ces consultants, si tu veux mon avis, ils sont déjà largués par rapport à ta génération.

C’EST POUR TOI MAIS T’ES PAS LÀ

D’après ce qu’on sait, tu ne regarde pas la télé, tu ne lis pas les journaux, tu télécharges ta musique et tes films, tu portes souvent un casque audio et tu passes pas mal de temps sur ton smartphone à chatter par Messenger ou Whatsapp et à poster des photos de toi sur TikTok (tu as laissé tomber Instagram, et Snapchat).

Du coup, est-ce que tu regardes les affiches, tu sais ces gros cadres qui monopolisent tous les murs des gares, que tu trouves aussi dans les rues et qui proposent des trucs dépassés avec phrases, caractères et images lourdingues ?

Moi, je les vois tous les jours, ces affiches. Il y en a de plus en plus, sans compter les écrans avec les mêmes messages jusque dans les bus.

Sauf que je sais bien que ça ne s’adresse pas à moi. Dans ma tranche d’âge, on me dit vous si on veut me vendre quelque chose, sinon ça m’agresse.

C’est pavlovien, je pense tout de suite : « On n’a pas gardé les cochons ensemble ».

Remarque, j’ai la même réaction quand, dans les lettres-type ou au téléphone, des employés qui suivent scrupuleusement le protocole commercial mis au point par ces mêmes consultants me saluent d’un Bonjour, Monsieur Belluz qui se veut personnalisé et qui est une erreur de français.

Heureusement, les consultants n’ont pas encore remarqué ça, ce qui me fait gagner un temps précieux au moment de trier le courrier et les téléphones.

ON ME DIS TU MAIS C’EST POUR LE FRIC

Et c’est bien utile, crois-moi : j’ai eu le malheur de signer plusieurs pétitions pour des sujets qui me tenaient à cœur et je me retrouve avec des tas de copines larmoyantes qui me contactent depuis CAMPAX, une plateforme de pétitions en ligne.

Entre parenthèses, n’oublie pas de bien prononcer le C, sinon on tombe vite dans le tampon hygiénique et le graveleux.

Quoi qu’il en soit, même si son nom n’est pas bien choisi, les algorithmes de CAMPAX, eux, fonctionnent super bien et enregistrent tout de suite ton nom et tes coordonnées.

‘Make change happen’, comme ils disent.

En anglais, bien sûr.

Ça m’a valu des mails très tendres, comme celui d’une certaine Irene Traüber :

« Salut Sergio

En t’écrivant cette lettre, je suis assise sur le balcon de notre maison coopérative sous le soleil d’hiver. Mon regard se pose sur le drapeau de l’initiative Multinationales Responsables. Je pourrais l’enlever maintenant. Mais quelque chose en moi s’y oppose : il me semble que le sujet s’épuise. » Plus loin, elle me demande, angoissée : « Sergio, peux-tu soutenir notre mouvement selon tes possibilités avec un don ? » et elle signe, toute gentille : « Avec mes salutations emplies d’espoir et mes meilleurs vœux ».

Un autre jour, toujours depuis la plateforme sympa CAMPAX, c’est Sasha Kuzmich qui m’écrit, presque désespérée :

« Durant toutes ces années comme activiste, j’ai eu de nombreuses déceptions et vécu de nombreux revers. Ce que je vis à présent est en même temps fascinant et effrayant (…) Sergio, je te demande instamment : signe notre pétition en envoie-là à tes amies et à tes connaissances. Nous avons vraiment besoin de ton aide ! »

Inutile de te dire qu’Irene et Sasha ont directement passé par la case trash.

Mais revenons à toi, qui peut-être me lis.

C’EST QUOI LE PROBLÈME ?

Tu vas me dire : où est le problème ?

Et bien tu vois, à titre personnel, ça me déplaît et, en plus, je trouve ça injuste et dégradant pour toi.

Tu es la nouvelle génération. Tu vas avoir des tas de défis à relever, comme les générations antérieures ont dû le faire et ce ne sera pas facile non plus.

Il me semble que tu as droit à un minimum de respect, en particulier si on veut que tu étudies ou que tu travailles dans certains domaines et que tu achètes des tas de trucs ou que tu t’endettes à long terme pour faire tourner l’économie nationale.

Je trouve qu’on te prend pour un crétin.

En français, quand on ne l’utilise pas pour les chiens, ce « tu » c’est normalement avec les petits enfants qu’on l’utilise, comme ils font dans le métro à Paris où on peut lire : « Attention aux portes, tu risques de te faire pincer très fort ».

Et en anglais, « you » ça veut dire « vous », ça ne veut pas dire « tu », contrairement à ce que tu pourrais déduire des séries américaines mal doublées et des publicités non traduites pour faire faussement moderne.

Avant, en anglais, il y avait aussi un « tu ». Ça se disait : « thou », comme dans la phrase « Thou shalt not kill », « Tu ne tueras point », un des dix Commandements.

En fait, en anglais, on dit « vous » à tout le monde, on ne tutoie personne. Si on veut être familier, on utilise le prénom de celui à qui on s’adresse et on adopte un vocabulaire plus informel.

Tu me diras qu’en Espagne, on utilise « tu » avec tout le monde. C’est vrai. Mais justement, c’est avec tout le monde. C’est chaleureux, c’est convivial, c’est même inclusif, on ne fait pas de différence. Et on ne manque de respect à personne, jeune ou vieux.

Et puis tu n’es pas suisse allemand, que je sache.

SCHWIZERTÜTSCH SELLS (OR NOT)

Ah bon, tu ne savais pas ?

Ce « tu » qu’on utilise pour toi, il vient aussi des grandes entreprises et des grandes agences publicitaires suisses allemandes, qui, depuis des années, font de grosses économies sur les traductions en utilisant « Google Translate ».

Quand on ne crée pas un slogan, une marque, un produit ou un site internet uniquement en anglais – ce qui ne gêne pas le consommateur suisse allemand, en particulier celui qui vit dans son « City Center » et se prend pour un Américain –, on impose en français le « tu » qu’on utilise pour le marché suisse allemand.

Les expressions et les jeux de mots sont traduits à la lettre et sont souvent incompréhensibles en français mais quelle importance ? D’abord : 1) les consommateurs suisses francophones sont beaucoup moins nombreux, ensuite 2) de toute façon ils râlent et puis 3) c’est à Zurich que tout se décide, point barre et 4) l’anglais, ça fait cool.

Pour nous résumer : on s’adresse à toi comme si tu étais un gosse suisse allemand qui rêve d’une Amérique qui n’existe pas.

Tu connais le terme Acculturation ?

La définition c’est : « Processus par lequel un groupe humain assimile une culture étrangère à la sienne ».

Tu peux aussi dire Colonisation, c’est la même chose.

De l’art contemporain suisse et des seins salvateurs

Une amie me parlait de sa filleule, étudiante dans une école d’art quelque part en Valais qui, répondant à la question au sujet du type de technique – peinture à l’huile, aquarelle, encre, dessin, sculpture… – qu’elle était en train d’étudier, lui avait répondu, un brin méprisante, que tout ça c’était dépassé, qu’aujourd’hui on n’avait plus besoin de tout cet apprentissage pratique, que dans cette école on étudiait la mise sur pied de concepts artistiques qu’on faisait ensuite exécuter par d’autres.

On ne s’étonne plus alors, à des niveaux officiels, d’une certaine vacuité artistique et culturelle, malgré l’attention médiatique que toute (fausse) provocation occasionne, et qui permet de délirante descriptions en un jargon anglo-techno-philosophique qui, apparemment arrive à cacher la merde au chat, en tout cas pour une certaine couche branchée (et friquée) de la population, qui se targue de culture, aime s’entendre parler en jargon qu’elle ne comprend pas tout à fait mais qui fait très chic, et craint toujours d’être larguée par une avant-garde devenue depuis longtemps obsolète mais qui dure pourtant depuis plus de cinquante ans…

LE BLABLART TEL QU’IL SE PARLE

J’en veux pour preuve la description d’un long serpent en fer forgé du sculpteur Valentin Carron, qui parcourait tout le pavillon suisse de la 55e Biennale de Venise en 2013, dont la présentation disait ceci :

« Riche en pronoms personnels, le titre de l’oeuvre You they they I you rappelle lui-même les sinuosités que le serpent décrit dans les salles d’exposition tout en renvoyant au rapport entre oeuvre, spectateur, auteur et espace. Il s’agit ici aussi d’une forme d’appropriation puisque l’oeuvre s’inscrit comme la réinterprétation d’une grille couvrant la fenêtre d’un immeuble de Zurich datant du début du XXe sicle et qui abrite un poste de police. »

Plus loin, on vante l’originalité de l’artiste qui change souvent et volontiers de registre et qui n’a pas son pareil « pour faire cohabiter dans le même espace brutalité et élégance. Le vélomoteur Ciao Piaggio dans la cour du pavillon est le reflet de cette attitude dans laquelle les contrastes cohabitent de manière fructueuse. » On souligne le fait que Valentin Carron a réparé, pardon « restauré », le vélomoteur, ce qui l’a plongé dans des abîmes de réflexions :

« Par le biais de cet objet, Carron se heurte à tous les problèmes liés à un processus de restauration. Jusqu’à quel point faut-il chercher l’original ? Jusqu’où peut-on ou doit-on aller ? Le résultat s’approche de ce que l’on pourrait définir comme un ready-made modifié, mais il est surtout un hommage à une culture industrielle en voie de disparition dans l’Europe d’aujourd’hui. En ce sens, le Ciao n’est pas seulement une icône pop. Il devient véritablement un monument auquel associer, en plus de souvenirs d’adolescent, et un siècle après le futurisme, des idées de rapidité et de modernité. »

Oui, tout ça.

C’EST COMBIEN POUR UN-E PERFORMEUR-EUSE ?

À la Biennale de Venise édition 2019, le pavillon suisse présentait cette fois Moving Backwards qui, selon le texte affiché en plusieurs langues, explorait « des pratiques de résistance, combinant chorégraphie postmoderne et danse urbaine avec des techniques de guérilla ainsi que des éléments de la culture underground queer. Une installation filmique, avec cinq performeur-euse-s issu-e-s de différents milieux de la danse, complexifie la notion de mouvements en arrière ainsi que leur signification temporelle et spatiale. »

Dans cette vidéo projetée sur place, les déplacements sont faits à l’envers et en plus inversés numériquement, « créant ainsi des doutes et des ambiguïtés quant à l’installation dans son ensemble ».

Plus loin, on explique que « Dans un environnement évoquant une boîte de nuit qualifiée par les artistes d’abstract club, cette expérience, troublante due à l’incertitude temporelle et spatiale, s’enrichit d’un instant de réflexion sur les politiques planétaires de ‘marche arrière’, avec des lettres adressées au public par divers artistes, auteur-e-s, chorégraphes et universitaires dans un journal. »

Effectivement, une lettre en anglais était aussi exposée à l’entrée, présentée en caractères de machine à écrire par Renate et Pauline, deux des performeuses, qui disent franchement, in english : « Dear visitor, we do not feel represented by our governments and do not agree with decisions taken in our name. »

D’accord ou pas d’accord avec le gouvernement, on aimerait bien savoir combien ont été payé les performeur-euse-s, histoire de comprendre à combien se chiffre en francs Pro Helvetia un artistique désaccord avec l’État.

IL LEUR FAUDRAIT UNE BONNE GUERRE (OU UNE PANDÉMIE)

La Première Guerre Mondiale a eu pour résultat de rendre ridicule toute une littérature – Paul Bourget, Maurice Barrès, Anna de Noailles, Robert de Montesquiou – et de lancer des auteurs comme Proust, Cocteau, Morand, Colette, plus en phase avec leur époque, tout comme elle a relégué toute une école d’artistes académiques et officiels, permettant l’éclosion du cubisme et du surréalisme avec Picasso et Dalí.

La Deuxième Guerre Mondiale a à nouveau bousculé tout le monde intellectuel, artistique et social et l’entre-deux guerre, et a permis l’arrivée de Camus, de Sartre ou de de Beauvoir. En parallèle, le rajeunissement de la population a favorisé l’abstraction et, plus tard le Pop Art.

Est-ce qu’en Suisse et dans le monde, la profonde crise actuelle, tant sanitaire que politique et économique, avec ses terribles effets collatéraux et ses développements inattendus – Trump ? pas Trump ? – va réussir à nous débarrasser une fois pour toute d’un certain art contemporain devenu totalement à côté de la plaque dans sa cérébralité et son intellectualisme ?

Va-t-elle causer un gros « coup de sac » dans cette grande tombola spéculative et nous débarrasser enfin de tout ce fatras pour laisser place à des artistes plus honnêtes, plus sensuels, plus sensibles à leur environnement, aux divers matériaux, aux couleurs, plus joyeux aussi, plus humains ?

DES SEINS À DESSEIN : LE RETOUR DES MUSES, ENFIN !

C’est ce que je me disais en visitant, à l’Espace Arlaud à Lausanne, la quatrième édition de l’exposition Des seins à dessein mise sur pied par la Fondation Francine Delacrétaz et visible jusqu’au 8 novembre 2020.

À part une installation incompréhensible, quelques sculptures/structures conceptuelles bien ennuyeuses et des tapisseries et des bibelots dont on aurait pu se passer (mais c’est subjectif), on y respire enfin comme un nouvel air du temps, frais, facétieux, coloré, sensuel, élégant, rêveur avec une majorité d’œuvres réalisées ces dernières années.

Ce sont les extraordinaires encres de chine de la grande Francine Simonin, tout imprégnées d’art calligraphique chinois, la mosaïque à la romaine à motifs en forme de seins de Guillaume Pilet, les gravures très oniriques et faussement désuètes de Mathias Forbach, ce sont les spectateurs-voyeurs cachés derrière des stores pastels de Sarah Margnetti, c’est l’Ophélie modernisée de Marie Taillefer, ce sont les ciels de feuilles d’Olivier Christinat, c’est l’hommage floral à Warhol de Jessica Russ, c’est l’orchidée raffinée et presque orientale de David Weishaar, ce sont la série des Tartans du facétieux Stéphane Zaech ou encore les extraordinaires portraits ambivalents d’Erwan Frotin, tout simples et flamboyants à la fois.

Une nouvelle génération d’artistes moins cérébraux, moins intellectuels, qui ne cherchent pas à donner des leçons de morale et davantage à jouer sur les couleurs, les jeux optiques, les détournements, se lâchant dans le délicieux plaisir de la création, en somme.

On a envie de dire un grand merci à Francine Delacrétaz, qui, en 2006, pour le catalogue de la première édition de Des seins à dessein – le but de la Fondation est de récolter, par la vente de ces œuvres, des fonds qui permettent ensuite de soutenir des patientes du cancer du sein dans un projet qui leur tient à cœur et qu’elles ne peuvent financer – écrivait ceci : « Puisque l’Art doit au corps féminin quelques-uns de ses plus grands chefs-d’œuvre, quelques-uns de ses plus grands artistes, n’est-il pas juste de leur demander de l‘aide lorsque leurs muses sont blessées ? »

Des seins à dessein 2020, 4e édition. Jusqu’au 8 novembre 2020 à l’Espace Arlaud, à Lausanne

Partis et élections au Conseil national : Crise du logement ? Connaissent pas !

La Constitution suisse, dans son Chapitre III (Buts sociaux) article 41 est pourtant claire là-dessus : La Confédération et les cantons s’engagent, en complément de la responsabilité individuelle et de l’initiative privée, à ce que toute personne en quête d’un logement puisse trouver, pour elle-même et sa famille, un logement approprié à des conditions supportables (voir aussi Pauvreté en Suisse, aide sociale, crise du logement: et la Constitution, bordel?)

On sait pourtant que depuis plus de 20 ans le manque d’appartements à loyer accessible et la hausse continuelle des primes d’assurance-maladie obligatoire sont les deux plus grands facteurs d’appauvrissement pour la majorité des habitants de notre pays.

Et bien pour les partis qui se présentent et représentent aux élections du Conseil national, il n’y a pas de crise du logement en Suisse.

Que pouic. Nada. Nitchevo.

LA NOTICE EXPLICATIVE ? UNE PAGE DE PUB ÉLECTORALE

Vous aurez beau éplucher frénétiquement la brochure intitulée Notice explicative que chaque citoyen a reçue pour s’y retrouver (ou pas) au moment de voter aux élections du Conseil national du 20 octobre 2019, la crise du logement ne figure dans aucun programme électoral de parti, à part dans celui des Verts et ses 7,1% de suffrages obtenus aux élections de 2015, qui proposent, sans trop détailler, « une meilleure redistribution des richesses, des loyers et des primes maladie abordables ».

On ne sait pas si, dans la phrase, l’adjectif « abordables » au pluriel vaut aussi pour les loyers qui précèdent les primes maladies, mais c’est déjà quelque chose.

Pour le reste, comme d’habitude, les partis et leurs experts en communication axent leur propagande sur ce qui flatte ceux qu’ils estiment être la base de leur électorat tout en cherchant à chiper des voix ailleurs en se profilant sur les nouvelles tendances – l’effet Greta Thunberg et son impact sur les jeunes est passé par là, tout comme l’effet #metoo et la Grève des femmes – dans un mélange de volontarisme et de dynamisme pour ainsi dire martiaux, car c’est la guerre : on « s’engage », on « défend », on « se bat », on « revendique » et on laisse entrevoir des lendemains sinon rieurs, du moins énergiques.

ET LE LOGEMENT DANS TOUT ÇA ? L’UDC

Pour en revenir au logement, il est évident que l’UDC, le plus grand parti au Conseil national (29,4% des suffrages en 2015), même s’il s’ouvre à une « solidarité entre femmes et hommes » – attention, il ne dit pas égalité, les actuels 51 hommes élus contre 13 femmes ne vont pas me contredire – et même s’il prône le « dialogue intergénérationnel » (pour, entre autre, faire la causette sur des sujets qui fâchent comme les rentes AVS) n’a évidemment pas le temps de s’occuper, en plus, de l’habitat du Suisse pauvre.

C’est que se battre tel Guillaume Tell, avec ou sans pomme véreuse, pour défendre une « Suisse neutre et indépendante » prise d’assaut par des meutes d’immigrants délinquants et profiteurs des assurances sociales qui empêchent le vrai suisse de « s’autodéterminer » ( ?) et de « profiter de son salaire » – la chômeuse ou le chômeur, ce/cette flemmard(e), est bien évidemment exclu(e) sans pitié du programme – c’est un plein temps.

Point positif sur le chômage: ce programme fournit beaucoup de travail aux dessinateurs d’agences de pub, notamment dans la caricature ethnique.

LE PS N’A PAS DE PROBLÈME DE LOGEMENT (ET TANT PIS POUR L’ASLOCA)

De son côté, le Parti Socialiste, deuxième plus grand parti au Conseil national (18,8% de part des suffrages en 2015) – en principe très proche de l’Association suisse des locataires (ASLOCA), dirigée par le socialiste Carlo Sommaruga, Conseiller national depuis 2003 – axe sa communication sur « le bien-être du plus grand nombre » et accomplit la prouesse d’omettre complètement le problème du manque d’appartements à loyer abordable dans ce qui grève les budgets des ménages, tout en citant « le chômage, la pression sur les salaires et les primes trop élevées d’assurance-maladie », précisant encore plus loin, sur ce dernier point, qu’ « aucun ménage ne devrait débourser plus de 10% de son revenu en primes d’assurance-maladie ».

Le pourcentage du revenu des ménages qui passe dans les loyers exorbitants – 30% ? 40% ? 50% ? – est apparemment moins porteur d’un point de vue électoral, ou alors c’est encore le puissant lobby immobilier qui fait encore des siennes (combien de propriétaires chez les élus socialiste ?).

Point positif : le PS, avec ses 42 sièges actuels dont 23 femmes et 19 hommes, ratisse large dans sa lutte pour le bien-être pour tous, s’engageant « à garantir le droit à la formation et à l’emploi pour toutes les personnes vivant en Suisse » (oui, y compris les secondos, les résidents étrangers, réfugiés ou migrants), tout en défendant « l’égalité entre femmes et hommes » – dans cet ordre très courtois, même si certaines féministes sont contre – et en luttant, bien évidemment, contre « le réchauffement climatique ».

Merci Greta.

POUR LES LIBÉRAUX-RADICAUX, CE QUI COMPTE C’EST D’ÊTRE LIBRE (MÊME SANS LOGEMENT)

Le PLR, 16.4% des suffrages en 2015 (33 sièges, 26 hommes et 7 femmes), s’adresse directement à ses concitoyens en un respectueux « Chères Suissesses, Chers Suisses » qui sent à la fois sa vieille rhétorique – « Françaises, Français, je vous ai compris » aurait pu dire le Général de Gaulle – et une politesse encore une fois sexiste, selon les points de vue.

Et s’il ne parle pas de logement abordable, de climat, ou d’égalité homme-femme, le PLR positive, puisque non seulement il croit en nous, et dans les décisions que nous prenons « librement, sans contrainte » de façon globale, en n’opposant pas « les villes aux campagnes », mais en plus il se bat pour notre liberté (en gras dans le texte original) pour nous permettre « d’agir de façon responsable », un discours très rajeunissant, qui m’a rappelé mon adolescence et ses sermons familiaux ponctuels.

Point positif : un humour à la Maire de Champignac et à la Pierre Dac puisque le regard du parti, forcément « tourné vers l’avenir », est capable d’ « assurer la sécurité de l’emploi, mais aussi la prospérité pour tous – y compris pour les générations futures. »

Quel œil !

POUR LE PARTI DÉMOCRATE-CHRÉTIEN (PDC), C’EST « TANT QU’ON A LA SANTÉ ET DES RENTES » (LOGEMENT OU PAS)

Le PDC, très centré selon ses dires, est aussi un danseur hors normes, d’abord parce que ses actuels 26 élu(e)s sont à majorité mâles (19 hommes pour 7 femmes), mais aussi parce qu’’il est capable d’un ballet politique où le grand écart est digne d’un danseur étoile et où les extrêmes se rejoignent en pointes.

Côté gauche, il met un pied ferme et déterminé dans la politique de santé – « pour une médecine de qualité dans toute la Suisse à un prix abordable » – et celle des rentes vieillesses – « garantir aussi aux générations futures des rentes convenables ».

Côté droite, son pied défend « la souveraineté de la Suisse et l’accès aux marchés étrangers » ainsi que « des conditions-cadres favorables pour nos entreprises » tout en défendant une politique migratoire qui « promeut et exige l’intégration ».

Point positif : au centre, le PDC fait des pointes très tendance sur les entreprises « responsables du point de vue social et environnemental » et sur le climat et les énergies renouvelables.

LES VERTS VOTENT POUR LE CLIMAT (LOGEMENT INCLUS)

Merci au parti Les Verts (7,1% des suffrages en 2015, 11 sièges, 7 femmes, 4 hommes) qui, seul entre tous, a quand même réussi à caser, au niveau social, une mention au problème du logement, l’égalité salariale, le congé parental, de bonnes formations, une protection des salaires, des rentes dignes, mariage et adoption pour tous, droits humains garantis.

Pour le reste et fidèle à son programme, le parti vise le vert en tout : climat, biodiversité, paysages, « agriculture proche de la nature », énergies renouvelables.

Point positif : avec eux, si on habite en ville, on est sûr(e) d’avoir des  voies piétonnes pour aller faire son marché bio, et des pistes cyclables pour se rendre à l’aéroport.

LES PETITS PARTIS N’ONT PAS DE TEMPS POUR LE LOGEMENT

De toute façon, ces histoires de logement, ça va pour les grands partis, quand on est petit (moins de 5% de suffrages), il vaut mieux coller à son étiquette et à sa raison sociale pour ne pas perdre de sièges, comme un bon produit de niche.

Avec leurs 4,6% de suffrages actuels, les vert’Libéraux (avec la minuscule au début et la majuscule au milieu) ne s’occupent pas de logement, font se rejoindre économie et écologie – « La relation entre l’économie et l’environnement est au cœur de notre politique » – et on y est pour l’Union européenne et contre l’isolationnisme (« le développement des accords bilatéraux représente une immense chance pour notre pays »), ratissant à gauche sur l’égalité homme-femme et le mariage civil pour tous.

Au Parti Bourgeois-Démocratique Suisse (PBD, 4,1% des suffrages actuels), pas de problème de logement évoqué. On précise qu’il n’y a « pas de stars de la politique au PBD » et qu’on pactise à droite à gauche pour « trouver des solutions consensuelles ». Le programme, assez éclectique, propose de retarder l’âge de la retraite sans se demander qui engagerait ces nouveaux travailleurs, et parle d’un « système de prévoyance-temps » pour les proches aidants méritants, de « tournant énergétique », de voie bilatérale et de non-exportation d’armes.

Le Parti évangélique suisse (PEV, 1,9% des suffrages en 2015) met forcément en avant ses valeurs chrétiennes qui « fondent notre politique pragmatique en faveur des familles, des personnes défavorisées ou des personnes avec handicap », mais ne prête aucune attention aux besoins de logements abordables de son électorat. En revanche, il pense à ses souffrances physiques et métaphysiques : ici, pas question d’EXIT, le parti s’engage pour « l’accès pour tous aux soins palliatifs comme alternative à l’assistance au suicide »

Pas non plus d’évocation du problème du logement pour La Lega dei Ticinesi (1% des suffrages) dont le programme est fastoche à résumer : c’est la même chose que l’UDC, à part une exigence de baisse de l’aide suisse à la Coopération pour payer l’AVS, un refus du démantèlement de l’armée, et une condamnation des « naturalisations faciles » (pas celles des riches, on vous rassure).

Le Parti suisse du Travail – Parti ouvrier et populaire (PST-POP, 0.4% des suffrages en 2015) reste dans une rhétorique très communiste années 60 avec ses « travailleuses et travailleurs », mais son programme, où le social se mêle d’anticapitalisme, ne mentionne nulle part un quelconque problème de logement.

Quant au petit dernier, le Mouvement Citoyens Genevois (MCG, 0.3% de suffrages en 2015), il s’intéresse surtout aux problèmes spécifiques à Genève, sans toutefois mentionner ses problèmes de manque de logement chronique. Pour le MCG, ce qui compte c’est l’économie liée à l’emploi « d’euro-frontaliers » selon ses termes. Tout comme l’UDC et La Lega, le MCG prône une préférence pour les travailleurs résidents sans se demander si l’économie genevoise peut se passer de personnel frontalier, dont beaucoup de Suisses qui résident en France voisine.

EN SUISSE, ON N’A PAS DE LOGEMENT ABORDABLE, MAIS ON A DES  SLOGANS (ET DES AGENCES DE PUBLICITÉ)

En résumé, si, pour ces élections du 20 octobre 2019, les partis politiques omettent complètement le problème du logement abordable dans leur programme électoral, ils investissent de très grosses sommes dans leur plans com, au style travaillé et à la rhétorique ciblée qui vend tout un programme – toute une posture ? – que chaque slogan sait résumer en s’adaptant au public-cible, comme par exemple

– le très « on-est-bien-chez-nous-entre-riches-c’est-mieux-qu’ailleurs-où-c’est-mal-habité-et-toc » du Pour une Suisse libre et sûre (UDC)

– le très « je-m’occupe-des-pauvres-même-si-mon-électorat-fait-partie-de-la-classe-moyenne-éduquée-et-friquée » du Pour toutes et tous, sans privilèges (PS)

– le très fédérateur « on-est-tous-ensemble-sur-le-même-bateau-ce-qui-compte-c’est-d’être-libre-même-si-c’est-moins-chouette-d’être-pauvre » du Avancer ensemble des Libéraux-Radiaux (PLR)

– le très typographique « on-est-au-centre-et-on-picore-de-droite-à-gauche-bien-au-contraire » du Liberté et solidarité. Nous sommes le trait d’union (Parti démocrate-chrétien, PDC)

– le très « on-se-met-au-vert-et-plus-vite-que-ça » du Ici et maintenant : votons pour le climat ! (Les Verts)

– le très « on-est-jeunes-battants-entrepreneurs-bobos-geeks-écolos » du Créateurs d’avenir (Parti vert’Libéral Suisse, PVL)

– le très « on-est-bourgeois-mais-on-a-aussi-nos-pauvres » du PBD. Le juste milieu (Parti Bourgeois-Démocratique de Suisse, PBD)

– le très « on-est-chrétien-évangélique-et-on-ne-veut-pas-que-les-gens-se-suicident » du Par passion pour l’humain et pour l’environnement. Pour la justice, la durabilité et la dignité humaine (Parti évangélique suisse, PEV)

– le très « y-en-a-marre-de-ces-étrangers-vive-l’armée-Patron-tu-m’en-reverses-un-pour-la-route » du Un mouvement pour le peuple (Lega dei Ticinesi, LdT)

– le très « à-mort-le-grand-capital-no-pasarán-vive-le-Che » du Nos vies valent mieux que leurs profits ! Nous défendons les grandes causes, surtout celles des petits ! du Parti suisse du Travail – Parti ouvrier et populaire,PST-POP)

– le très « Genève-über-alles » du Ni gauche ni droite, Genève d’abord ! (Mouvement Citoyens Genevois, MCG).

Bon, maintenant vous avez tous les éléments pour voter, alors un conseil :

COUP DE SAC ! FAITES PENCHER LA BALANCE !