Combien coûte réellement la production d’un kWh ?

Le prix de la production d’électricité varie selon plusieurs critères et les coûts sont très variables. 1 kWh d’électricité ne coûte donc pas toujours le même prix à produire, en fonction de la technologie utilisée.

Découvrez dans ce top 10, le coût réel d’un kWh pour une centrale nucléaire, à charbon, hydraulique ou solaire !

 

Martin Reid-Jamond.

Romande Energie

Romande Energie

Energéticien de référence et premier fournisseur d'électricité en Suisse romande, Romande Energie propose de nombreuses solutions durables dans des domaines aussi variés que la distribution d’électricité, la production d’énergies renouvelables, les services énergétiques, l’efficience énergétique, ainsi que la mobilité électrique.

19 réponses à “Combien coûte réellement la production d’un kWh ?

  1. Merci de cette vidéo.

    Pourriez-vous évaluer les coûts en fonction du retour énergétique et des émissions de CO2?

    Ex. évaluer la rentabilité d’une éolienne dans un circuit 100% sans énergie fossile.

    J’ai l’impression qu’on ne pose pas bien le débat en considérant les prix de marché dans un monde actuel où les énergies fossiles représentent environ 80 de l’énergie mondiale (au-delà de l’électricité).

    Par ailleurs, il me semble qu’il est important pour le quidam de bien distinguer le coût de l’énergie et le coût de l’électricité. SI la chaîne pour produire de l’électricité ne tient pas compte de l’énergie de transport, d’extraction, de transformation, d’entretien et de démontage, etc., le calcul n’offre pas une base solide pour penser un avenir durable décarboné.

    1. Bonjour Monsieur,

      Merci pour votre intérêt.

      Comme vous le mettez en évidence à juste titre, la question peut être traitée de bien des façons. L’angle que vous proposez étant également très pertinent, nous tenterons de l’aborder sous cette forme à l’occasion d’un prochain partage.

  2. Je crois que tous vos chiffres ne sont pas corrects. Le prix du kWh des centrales à gaz est bien moins élevé que vous ne l’écrivez. Quelles sont vos sources ?
    Vérifiez ici, avec ce rapport exhaustif de l’AIE/AEN qui paraît tous les 5 ans :
    https://www.oecd-nea.org/ndd/pubs/2015/7057-proj-costs-electricity-2015.pdf
    Il va sortir prochainement une édition 2020 à trouver dans cette liste :
    http://www.oecd-nea.org/tools/publication?query=projected+costs&sector=&lang=English&period=100y&sort=date&filter=1

    1. Bonjour Monsieur,

      Merci pour votre intérêt.

      Les chiffres sont basés sur un rapport de l’OFEN paru en 2017, mais nous vous remercions pour cet apport d’information très intéressant.

  3. il faut surtout comprendre que le prix du kWh évolue dans le temps :
    – les centrales nucléaires de nouvelle génération (EPR) coutent bien plus cher que celles qui sont encore en activité
    – par contre le prix des panneaux photovoltaïques a considérablement chuté ces dix dernières années et une utilisation massive permettra aussi des économies d’échelle
    – les fossiles ne seront pas toujours disponibles et à long terme ils deviendront plus cher que le renouvelable …

  4. Très intéressante vidéo !

    Bien sur le cout est un élément essentiel mais il ne faudrait pas sous-estimer celui causé par les dysfonctionnement éventuels de l’installation concernée et leurs effets sur l’environnement….

  5. Bonjour,
    Très intéressant, mais je suis toujours étonné de voir le prix ridiculement bas du nucléaire.
    Est-ce que dans ce calcul le prix du stockage des millions de tonnes de déchets radioactifs pour une durée de 100’000 ans est prise en compte ? Pour rappel les pyramides ont 5’000 ans. Pour rappel le dôme qui entoure Tchernobyl et qui a coûté 1.5 milliards d’euro, est prévu pour tenir … 100 ans.
    Tous les calculs que j’ai vu jusqu’ici prennent en compte un stockage jusqu’en … 2050. Preuve en est de la vision à très court terme et de l’incompétence technique des décideurs ainsi de l’absurdité de ces coûts au kWh pour le nucléaire.

    1. Bonjour Monsieur,

      Comme le précise l’OFEN dont sont issues les informations, “l’étude sur laquelle nous nous basons n’englobe pas l’interaction entre les différentes technologies (aspects systémiques) ni les coûts externes (p. ex. coûts sanitaires résultant de la pollution de l’air, coûts non assurés en raison d’accidents potentiels). Les coûts de revient de l’électricité sont recensés par le biais de la méthode des levelized costs of electricity (LCOE). Pour ce faire, les coûts futurs sont actualisés et comprennent les éléments suivants : coûts de construction globaux, frais d’exploitation sur toute la durée de vie (coûts du combustible, frais d’exploitation et d’entretien fixes et variables), coûts de démantèlement à la fin de la durée de vie, coûts de capital (calculés uniformément avec des intérêts de 5%). Les coûts des émissions de CO2 et d’autres coûts externes ne sont pas pris en compte.”

      1. Merci pour votre réponse ! Et désolé si je m’emporte un peu, mais le sujet est fascinant.

        Je ne comprends pas bien l’intérêt de tels calculs si on ne prends pas tout en compte ? Quelqu’un devra bien les payer ces coûts astronomiques. Pas juste nos enfants et nos petits enfants, mais les 4’000 prochaines générations. Cents millénaires c’est long !

        Idem pour les centrales à charbon ou autres producteurs massif de CO2. Demandez à n’importe quel réassureur de vous chiffrez le coût effectif de chaque tonne de CO2 dans l’atmosphère pour les 10, 100 ou 1’000 prochaines années d’un point de vue des catastrophes “naturelles”.

        Maintenant j’imagine que vous n’en prenez pas compte car au final ce n’est ni les producteurs d’énergie, ni même les consommateurs d’énergie qui vont payer la facture, mais la collectivité. Donc personne.

        1. Concernant les résidus nucléaires issus du combustible de nos 5 réacteurs, voici quelques chiffres pour la Suisse : la Suisse consomme chaque année 72 t d’Uranium enrichi à 4% en U235 (avec donc 96% d’U238), sous forme d’oxyde d’uranium, pour produire 24 TWh (milliards de kWh) par an. En 50 ans, cela fera 3’600 tonnes et 1’200 TWh. La densité de cet oxyde d’uranium est de 11 tonnes par mètre cubes. Cela fera 327 mètres cubes. Si on ne fait pas de retraitement, donc si on ne sépare pas l’uranium restant (94% d’U238 et encore 1% d’U235 non fissionné), le plutonium produit (1%) et les produits de fission (4%) — séparation que l’on devrait faire pour récupérer les 96% réutilisable ! –, mais que l’on vitrifie le tout dans une matrice de verre à environ 4% de dilution en volume, le volume total à gérer sera de quelque 8’000 mètres cubes environ, soit un cube de 20 m de côté, soit aussi l’équivalent d’une bouteille de 1 L par habitant en Suisse, cela après 50 ans de production nucléaire et, bien sûr, 1’200 TWh produits. Chacun de ces kWh a coûté environ 5 à 6 ct en moyenne, dans lesquels sont déjà compris les coûts de démantèlement et les coûts de gestion de ces résidus nucléaires, pour environ 1,5 ct, soit un total de 18 milliards de francs. Ces coûts seront étalés dans des dépenses sur les durées de démantèlement successives des centrales, la construction d’un dépôt en profondeur, à quelques centaines de mètres, et les premières dizaines d’années de surveillance active. Ces résidus seront alors strictement isolés de l’environnement et ne pourront jamais remonter à la surface, étant confinés dans des couches d’argile étanches et inertes qui sont là telles quelles depuis des millions d’années et qui ne vont pas bouger pour autant de millions d’années. Il n’en coûtera rien dans la suite d’avoir ce dépôt, passivement gardé par la seule géologie. Il faut donc bien garder devant soi ces chiffres de 1 L par personne et ces coûts déjà provisionnés dans le coût de production de chaque kWh nucléaire.

    2. Si toutes les sources proviennent du rapport de l ofen de 2017 ils ne sont plus pertinents !

      Pour le solaire, sujet que je connais particulièrement bien le prix de production intégré des grandes installations est bien moindre.

      Je dirai entre 6 et 10 cts / kWh HT selon les cas en Suisse. Sans subvention Prokilowatt vous pouvez ajouter 30% environ.

      Je trouve dommage qu’un “energeticien de référence ” spécialiste de la transition énergétique communique des chiffres aussi loin de la réalité. J espere que vous allez corriger

      1. Bonjour Monsieur,

        Merci pour votre intérêt dans cette thématique passionnante. Concernant la base utilisée, il est difficile à ce jour de trouver des données de coûts de production homogènes (en date et en périmètre inclus), aussi nous avons estimé que cette référence de l’OFEN restait représentative de la réalité. Il sera cependant très intéressant de comparer les valeurs une fois des nouvelles informations officielles publiées. L’exercice ne sera évidemment pas aisé en raison de l’évolution permanente et très rapide des technologies, mais nous ne manquerons pas l’occasion de traiter ce sujet à l’avenir.

  6. Jolie vidéo mais avec des chiffres pour le photovoltaïque qui ne sont plus du tout actuels, même en Suisse (pour de nouvelles installations), puisque le prix du kWh est déjà inférieur à 3 ct dans certaines parties du monde ! 2050 est déjà là !!

    1. Comme le montre les nombreux commentaires et les réponses pertinentes de Romande Énergie, la vidéo ne dit pas tout, en omettant par exemple certains coûts (transport, stockage des déchets, effets sur la santé).
      Dès lors, quelle est la valeur ajoutée d’une telle vidéo ? Quel est son intérêt ?
      Pourquoi Le Temps participe-t-il à la diffusion d’un contenu peu étayé, sans mise en perspective, sur une question à la fois technique et politique ?
      D’après les commentaires, il semble que les lecteurs demandent un autre niveau d’analyse.

      1. Bonjour Monsieur,

        Comme vous le faites apparaître, résumer des données aussi techniques s’avère un exercice périlleux, d’autant plus que la proposition doit être compréhensible par un large panel de lecteurs. Nous estimons que cette vidéo offre une vision relativement représentative de la réalité, mais trouver un juste équilibre entre vulgarisation et expertise technique restera toujours un défi. Nous retiendrons cependant que la thématique mérite d’être traitée sous plusieurs angles.

  7. Mais à ces coûts de la seule production du photovoltaïque et de l’éolien, il faut ajouter ceux de l’inévitable stockage, ou de la redondance (backup) par d’autres systèmes (à gaz ?), pour assurer la consommation de nuit et en hiver lorsque ces sources d’énergie aléatoires et intermittentes ne donnent rien. Le stockage hydraulique par pompage-turbinage serait le meilleur, mais on peut vite calculer qu’il faudrait disposer de 5 à 6 Grandes-Dixence supplémentaires (la Grande-Dixence = 2 GW de puissance et 2 TWh d’énergie turbinés en 40 jours !). Pour un stockage en batterie, les futures batteries du type lithium-air seront les plus efficaces par la quantité d’énergie stockée par kg de lithium. On calcule aussi que ce stockage saisonnier demanderait de consommer plusieurs fois la totalité du marché annuel mondial du lithium pour les seules batteries en Suisse. En effet, stocker un seul TWh (= 1 milliard de kWh) demanderait, à raison d’un maximum possible théorique de 4 kWh/kg de lithium (mais on est encore loin de cette performance !), environ 250’000 tonnes de lithium. Le marché mondial annuel actuel est tout juste à 100’000 tonnes…

  8. Bonjour,
    merci beaucoup pour votre vidéo et votre commentaire; j’aimerais toutefois ajouter une ou 2 choses:
    1.Cette vidéo de Romande énergie ne tient pas compte de l’évolution des coûts, et n’est donc pas représentative de la réalité. Par exemple, elle laisse croire que l’éolien est moins cher aujourd’hui que le solaire en Suisse, ce qui est inexact, toutes les statistiques concordent à ce sujet.
    2. Un kWh, par exemple éolien qui arrive en période de surproduction ne peut être mis sur le même pied qu’un kWh hydraulique qui arrive sur demande. Cette représentation ne fait aucune différence entre le coût du kWh pilotable et celui qui provient d’énergie intermittente en sortie de machine, dont la valeur est beaucoup plus faible dans un système électrique où l’offre doit correspondre à la demande de consommation à tout instant. Compenser l’intermittence a toujours un coût important (réglage au gaz, baisse du facteur de charge et augmentation des contraintes sur les infrastructures hydrauliques, etc) *qui devrait apparaître quelque part*.
    3. Cette vidéo ne fait aucune mention non plus du CO2 vraiment économisé dans le contexte de notre mix électrique déjà décarboné: par exemple, les centrales à charbon et gaz allemandes tournent à fond quand il n’y a pas de vent, et au ralenti quand le vent souffle en Europe. Ajouter des éoliennes en Suisse n’économisera pas de CO2, car leur production arrivera au moment où l’offre d’énergie renouvelable bon marché est déjà surabondante, grâce à la priorité des éoliennes sur le réseau. Par contre cela créera de la concurrence entre énergies renouvelable à un coût non négligeable pour les contribuables.
    Conclusion: L’OFEN n’est pas neutre et choisit les chiffres qui l’arrangent; mais enfin, si vous voulez vous appuyer dessus, pourquoi n’avez-vous pas utilisé le rapport de monitoring de l’OFEN de fin 2019, plutôt que ces chiffres obsolètes ?
    Merci de votre réponse et bonne journée!

    1. Bonjour Monsieur,

      Nous vous remercions, ainsi que tous les lecteurs qui ont commenté cet article, pour ces nombreuses informations très complètes. Comme certains l’ont mentionné, l’essai de vulgarisation que nous avons fait dans cette vidéo est un exercice périlleux en ce sens que de nombreuses données peuvent être prises, ou non, en compte. Nous avons pris le parti de nous référer à la dernière étude de l’OFEN en date au moment de la production de la vidéo, mais il sera très intéressant de comparer ces valeurs avec des plus récentes. Un exercice passionnant auquel nous nous attellerons prochainement.

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