Lettre ouverte de Diane Lou à Philippe Nantermod, Conseiller National PLR

C’est avec une totale stupéfaction et une profonde affliction que j’ai découvert le 21 juin la tribune de Philippe Nantermod dans Le Temps, intitulée “Les enfants gâtés de la grève du climat ont tué la vague verte“. Papa d’une jeune fille militante pour le climat, j’ai évidemment immédiatement partagé ce texte avec elle. Après sa lecture, Diane Lou a souhaité réagir directement sur la page Facebook de Monsieur Nantermod. Avec son autorisation, je reproduis ici le commentaire qu’elle lui a adressé.

 

Monsieur le Conseiller National.

J’ai lu avec attention votre tribune sur le site du Temps. Ceux et celles que vous appelez les “mouvements radicaux de l’écologie” sont simplement des jeunes terrorisé·es par l’avenir que vous leur laissez. Comme vous devriez l’être vous aussi.

Je fais partie de ces jeunes et j’ai manifesté mon inquiétude, d’une manière pacifique comme la plupart d’entre nous. Des gens comme vous se sont moqués de moi lorsque des journalistes m’ont invitée à exprimer publiquement cette inquiétude. Je n’ai pas compris pourquoi. Je ne manquais pas l’école, j’en appelais simplement à l’action de celles et ceux qui, comme vous et contrairement à moi, en avaient le pouvoir.

Vous nous accusez de nous être démobilisé·es depuis. Comment croyez-vous que nous aurions pu maintenir intacte la vivacité de notre engagement, alors que nous tentions déjà seulement de respirer sous nos masques, voire de suivre nos cours à distance ? Parce que oui : nous n’étions pas menacés par la pandémie mais nous, nous avons accepté de restreindre notre confort pour protéger une autre génération que la nôtre.

Vous vous moquez de notre “bastringue du vendredi”. Vous nous accusez du rejet de la loi CO2. Vous nous tournez en ridicule. Mais quel autre moyen avons-nous pour attirer l’attention sur NOTRE avenir ? Si vous ne faites rien, laissez-nous au moins le droit d’avoir peur et de pleurer. De pleurer ces peuples, ces espèces animales et ces glaciers qui se meurent pendant que vous nous accusez de vos propres échecs.

Avez-vous des enfants, Monsieur ? Car c’est de leur avenir que nous nous préoccupons, autant que du nôtre. Et heureusement pour eux, en dépit de vos prophéties, notre mouvement est loin d’avoir disparu.

Diane Lou Pellaud-Eastes
Présidente de l’association Bec et Plumes.

 

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Richard-Emmanuel Eastes

Responsable du Service d'Appui et de Développement Académique et Professionnel (SADAP) de la Haute Ecole spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO, Delémont)   //   Membre associé du Laboratoire d'Etude des Sciences et des Techniques (STS Lab) de la Faculté des Sciences Sociales et Politiques de l'Université de Lausanne (UNIL)   //   Consultant en Communication scientifique & Ingénierie cognitive, CEO de la société SEGALLIS (Sorvilier)   //   Partenaire académique de la société Creaholic (Bienne)   //   Président de l'association de médiation culturelle musicale Usinesonore (Tavannes)

29 réponses à “Lettre ouverte de Diane Lou à Philippe Nantermod, Conseiller National PLR

  1. «Le vote ne sert à rien.» Voilà l’une des phrases prononcées mot pour mot le lundi 31 mai par la défense des activistes climatiques membres d’Extinction Rebellion en procès à Fribourg. Ils ont été condamnés ce 18 juin en deuxième instance pour avoir bloqué un magasin lors du Black Friday en 2019. Dans le but de justifier cet acte de désobéissance civile au nom de la lutte «pour le climat», l’un des arguments de la défense est donc le suivant: Elire des représentants du peuple ne sert à rien car ils ne font pas leur travail. Il faut donc faire entendre sa voix autrement. Belle conception de la démocratie.

    «Il en va de la sauvegarde de l’Etat de droit de ne pas condamner ces jeunes»
    Rappelons que près de neuf Suisses sur dix n’ont pas voté pour Les Vert.e.s aux dernières élections fédérales. Les activistes climatiques de type Extinction Rebellion, au moins autant écolo que le parti vert, sont donc les représentants d’une frange ultra-minoritaire de la population – les images de foules lors de «grèves pour le climat» ne changeront rien à cette réalité. Le travail des parlementaires est à l’image des citoyens qui les ont élus sur la base de leur programme et de leurs convictions. Et si le peuple n’est pas content de leurs actions, il peut changer le casting quatre ans plus tard.

    Contourner le système «pour la bonne cause»
    Le système suisse est ainsi bâti que notre démocratie n’est pas seulement parlementaire, elle est aussi directe. Les outils de l’initiative populaire et du référendum permettent au peuple de s’exprimer directement sur un objet, en l’acceptant ou en le refusant. Comme une sorte de frein à l’exercice du pouvoir législatif. Mentionnons aussi le droit de pétition, permettant aux Helvètes d’adresser une requête écrite à l’Etat.

    Mais voilà, les initiatives écologistes n’ont pas vraiment de succès, la population suisse étant plutôt de droite. Et les consensus trouvés par les parlementaires sur les questions climatiques – ils s’en occupent, de ces questions, arrêtons d’affirmer le contraire! – ne sont pas du goût des écologistes d’extrême gauche. Alors, ceux-ci estiment qu’il faut contourner le système. Violer la loi et s’en remettre à la justice pour espérer qu’elle condamne les autres pouvoirs et fasse ainsi avancer la «cause». Quand on est de la «bonne» cause, tout devrait être permis, selon eux.

    Antigone VS Créon (spoiler: c’est Créon qui a raison)
    Cet enjeu était déjà présent chez les Anciens. Dans la tragédie Antigone de Sophocle, l’héroïne du même nom estime que la justice morale est supérieure à la justice humaine et qu’elle doit donc enterrer la dépouille de son frère en suivant ses principes, malgré l’interdiction du roi Créon. Antigone est la figure de l’adolescence et de la révolte. Créon, celle de l’âge d’adulte et du respect des lois. Tous deux sont des personnages tragiques. Perso, j’ai toujours eu un faible pour Créon, surtout si nous nous trouvons comme aujourd’hui dans un régime qui permet à chacun de s’engager et de participer au changement des lois.

    Entendons-nous. Oui, toute éthique, toute religion l’emporte par définition sur les normes politiques. Antigone a donc raison de considérer la «morale divine» au-dessus de la loi arbitraire de la Cité. Mais ce que nos démocraties libérales ont notamment hérité du christianisme, c’est que le royaume de Dieu n’est pas de ce monde. Rendons à César ce qui est à César, point final. La justice d’en-haut ne regarde pas nos tribunaux.

    Une tendance anti-démocratique plus générale
    Les activistes climatiques radicaux ne sont pas les seuls à se faire entendre ces temps-ci. Néo-féministes extrémistes, mouvements pro-palestiniens manichéens… rien dans leurs pratiques ne donne l’image d’une société ouverte. Le mot «respect» aux lèvres, ces groupes sèment le désordre dans les villes en gueulant contre des députés. Pour parler de tolérance, ils organisent des réunions non-mixtes. Quand ils entendent s’unir sous le mode de la «convergence des luttes» (plus on est de dominés différents, mieux c’est), c’est pour exclure les autres, surtout les hommes blancs cisgenres héréros occidentaux capitalistes – on connaît la chanson.

    Quand on s’attaque à la fiction, c’est le début du totalitarisme
    Toutefois, s’arrêter à ces fameuses minorités actives serait une erreur. Les juges qui leur donnent raison – ne songeons qu’au procès de Renens – sont aussi responsables qu’elles, sinon plus, de l’atteinte à nos institutions démocratiques. Le Tribunal fédéral a donné tort ce mois-ci à l’argumentaire de l’état de nécessité, mais il faut s’attendre à ce que les activistes ne s’arrêtent pas là et saisissent la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

    Il y a aussi les théoriciens de la démocratie participative, qui souvent voient dans la démocratie directe un système binaire fonctionnant avec des «oui» et des «non» et appellent à la création de décisions «citoyennes» – ils oublient généralement qu’il existe le vote blanc, permettant justement de dire qu’on n’est pas encore en mesure de pouvoir glisser un «oui» ou un «non» dans l’urne.

    Quant aux antisystèmes qui se multiplient depuis le Covid et développent des envies de référendums et d’initiatives populaires à n’en plus finir, il n’est pas sûr qu’ils servent tous la cause qu’ils brandissent. La démocratie, du moins la nôtre, c’est donner au peuple la tâche importante et solennelle de choisir ses représentants et de donner son avis sur les lois qu’ils ont eu la rude tâche de préparer. Ce n’est pas «rendre» le pouvoir au peuple. Ce n’est pas faire du dégagisme. Au fond, tout le monde se bat au nom de la démocratie. Seulement, ceux qui, dans les faits, la contournent ou, au contraire, la surexploitent, contribuent à sa dislocation.

    1. Excellent commentaire. Je trouve les tendances antidémocratiques actuelles venant des deux extrêmes bords politiques fort inquiétantes. Elle sont probablement le signe d’une exaspération face à une politique suisse perçue comme trop lente pour faire fasse aux changements rapides en cours ou faisant trop de compromis avec leurs cause préférée. En se sens la phrase “Elire des représentants du peuple ne sert à rien car ils ne font pas leur travail.” est révélatrice.

      Cependant, notre démocratie lente, imparfaite et frustrante reste le meilleur outil à notre disposition. Si l’histoire nous enseigne quelque chose, c’est bien que vouloir changer cet outil pour quelque chose de plus expéditif mène toujours à une vallée de larmes.

      Il n’en reste pas moins que la problématique des limites planétaires et de la stabilité du climat ne vont pas disparaître avec une votation qui remet le problème sous le tapis. Après tout, ce sont des problèmes de nature physiques, et ceux-ci réagissent à nos actions, et pas à nos paroles.

      Et en terme d’action, nous ne sommes collectivement pas à la hauteur du problème.

  2. Les jeunes ne vont pas se démobiliser de sitôt, ça m’étonnerait qu’ils regardent passivement sans rien faire ce monde partir en vrille à cause du changement climatique. Car l’avenir s’annonce funeste à relativement court terme si des technologies et des mesures appropriées ne sont pas mises en oeuvre rapidement au niveau mondial (et pas seulement de la Suisse) pour stopper la pollution anthropique par les GES. Tout espoir n’est pas perdu d’y parvenir, rien qu’au niveau de la France la seule utilisation des toits pour des panneaux solaires et thermiques pourrait fournir 364 GWc, soit 3 fois la production annuelle d’électricité de ce pays selon la p. 3 du document suivant : https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/fdr_solaire_32p_fr_web.pdf
    Il faut agir vite, car le réchauffement en cours commence à libérer en masse un GES bien plus puissant que le CO2 : le méthane des pergélisols (qui commencent à fondre) et des fonds marins (réchauffement des océans). Si ce dégazage d’origine naturelle s’amplifie pour devenir irréversible, il n’y aura plus grand-chose à faire et les systèmes climatiques de la Terre vont connaître à très court terme (d’ici déjà quelques décennies) une hausse considérable de température. Un réchauffement comparable par dégazage de méthane s’est déjà produit à l’Eocène, il y a 56 millions d’années, mais sur une durée bien plus longue sans que la science puisse encore en expliquer les raisons. La nature a résisté, mais le pourra-t-elle cette fois pour un réchauffement mille fois plus rapide? Espérons que cela ne se produise pas à cause de l’inconscience et de l’impéritie humaines, qui semblent bien avoir amorcé un tel processus désastreux. Les conséquences du changement climatique en cours sont réelles et concrètes, par exemple la taille des grêlons jusqu’à 5 cm que nous venons de nous prendre sur la figure ces derniers jours. Tout le monde peut ainsi facilement comprendre ce que ça représente, une prise de conscience aiguë par la confrontation à des phénomènes naturels spectaculaires qui se généralisent n’a guère besoin de manifestations ou d’actions illégales pour trouver son chemin !

  3. Le fait que l’effet de serre ait été modifié de 2% par notre activité , une première depuis des millions d’années, ne doit pas terroriser la population , seulement lui faire prendre conscience que cette voie est sans issue et qu’il faut adopter d’autres méthodes , mais en gardant la tête froide et pas la jeter contre les murs …
    Maintenant que ce problème est reconnu, il faut trouver des solutions et pas se contenter de faire la grève. On ne corrigera pas l’effet de serre en quelques années, cela prendra plusieurs générations… jusqu’au siècle prochain …
    Doit-on arrêter de nourrir la population parce que les émissions de CO2 sont exagérées ? Doit-on cesser de se chauffer ? De se déplacer ?
    Les problèmes dus à la surpopulation sont nettement plus préoccupants , la surconsommation de produits jetables , de gadgets inutiles, …, le plastique dans les océans, les pesticides, …, la surpêche dépeuplant les mers, …
    On ne pourra pas nourrir encore plus d’humains très longtemps, la nature va s’appauvrir jusqu’à l’extinction des espèces qui nous font vivre !
    La transition énergétique seule ne suffira pas à résoudre les questions environnementales, la pression exercée par la présence humaine est déjà trop forte …

    1. Un article qui fait le point sur les relations entre population humaine et catastrophe climatique : https://medium.com/enquetes-ecosophiques/d%C3%A9mographie-et-climat-5a6ef5be37ed

      Ce n’est simple ni à comprendre, ni pour proposer des leviers d’actions. Par contre, une chose est certaine, ce n’est pas le mode de vie de la majorité des habitants de cette planète qui est en cause, mais celui d’une minorité dont bien entendu je fais partie.

  4. Je ne comprends pas l’attaque ad hominem du dernier paragraphe. Jusqu’à preuve du contraire, Philippe Nantermod fait partie du groupe PLR qui a fait campagne en faveur de la loi CO2. Et suite à l’échec du PLR, Petra Gössi a pris ses responsabilités en démissionnant.

    La moindre des choses serait que chacun se remette un peu question suite au refus de cette loi, notamment du côté des militants écolos dont une partie avait fait campagne contre la loi.

    1. Monsieur. Je vous remercie pour votre demande de clarification.
      Il s’agit bien de cela : non seulement la classe politique, dont M. Nantermod fait partie, échoue depuis avant ma naissance à nous protéger du péril climatique alors que les connaissances scientifiques sont claires depuis les années 1970, mais en outre, comme vous le dites, le PLR a fait campagne pour la loi CO2. Il a donc échoué à convaincre la population de la valider.
      A vous lire, on dirait qu’il faudrait les féliciter d’avoir soutenu la loi. Comme si ce n’était pas la moindre des choses ! Mais peut-être ne l’ont-ils pas fait autant qu’ils l’auraient pu…
      Au lieu d’admettre cet échec comme l’a fait Mme Gössi, M. Nantermod rejette sa responsabilité sur les jeunes militants pour le climat qui eux, n’ont aucun pouvoir politique, parfois même pas dans les urnes lorsque, comme moi, ils ne sont pas majeurs. Parvenez-vous à ne pas trouver cela parfaitement cynique et injuste ?

      1. Bonjour Madame, je vous remercie de votre réponse et de votre explication.
        Il est assez compliqué de juger le passé surtout avec les yeux et la morale d’aujourd’hui. N’ayant que 34 ans, je ne pourrais moi-même pas me permettre d’apporter un regard critique dans les années 1970, dont la préoccupation était surtout liée à la guerre froide et sa menace imminente d’une guerre nucléaire. Quant à la question du climat, si vous êtes contre l’énergie nucléaire, il est peut-être mieux que les partis ancêtres du PLR ne s’en soient pas préoccupés activement à une époque où les énergies renouvelables n’étaient pas du tout efficientes pour être développées à grande échelle.
        On peut également révéler les climatologues lanceurs d’alerte sur les pluies acides et les trous dans la couche d’ozone, deux phénomènes dont on ne parle plus du tout aujourd’hui, n’ont pas aidé à ce que la population les prenne au sérieux.

        Oui, effectivement le PLR a échoué sur la loi CO2. Ce parti qui a la réputation de représenter une base électorale plutôt âgée, c’est pourtant la tranche d’âge 18-49 ans qui a refusé cet objet, particulièrement les 18-34 ans avec seulement 42% de oui (selon le sondage Tamedia).

        N’est-il pas plausible de dire que les jeunes militants qui ne cessent de dire qu’ils représentent leur génération, n’ont en réalité pas su la représenter ?
        Il me semble que parmi les revendications communes de tous les groupes d’activistes, il y a celle de mettre en place des “assemblées citoyennes” où les “élus” représenteraient le plus large panel de la population selon certains critères définis, dont l’âge. Ainsi, soit l’âge est un critère déterminant pour représenter la population et donc c’est la faute des jeunes militants de ne pas avoir su convaincre sa génération de voter oui, soit l’âge n’est pas un critère déterminant ce qui remet directement en question la pertinence de créer des assemblées citoyennes.
        Dans les deux cas, il y a une remise en question.

        Enfin, je ne suis pas d’accord de dire que les jeunes militants “n’ont aucun pouvoir politique”. Ceux qui se sont opposés à la loi CO2 se sont mobilisés, ont fait signer aux gens pour qu’il y ait un référendum, et ont été interviewés au téléjournal du 19h30 au dimanche des votations, pour exprimer leur satisfaction bien sûr. Si eux ont su se mobiliser, pourquoi ceux qui étaient pour la loi CO2 ne l’ont pas fait ? Ou y-a-t-il une division à l’interne entre les militants majeurs et mineurs ?

  5. L’UDC confirme; pour obtenir le pouvoir, il faut agiter la peur et stigmatiser.

    La somme des extrêmes prendront bientôt le pouvoir. Sauf si on recommence à inculquer à l’école la démocratie, l’esprit de tolérance et le vivre-ensemble. Battez-vous pour vos idées, pas contre des personnes minoritaires.

  6. Philippe Nantermod fait partie du groupe PLR qui défend uniquement ses propres intérêts financiers et ceux de ses thuriféraires qui tournoie autours des opportunités commerciales que leur offre tels ou tels votations ! Oui nous ne pouvons plus donner notre voix à des partis politiques ou à des politiciens qui se fichent de voir plus loin que leur temps de législature ! Toutes les votations au sein du parlement sont uniquement orientées en fonction des voix plus ou moins intéressées des lobbyistes ! Il n’y a qu’à le voir avec le refus d’interdire le Glyphosate ou le Roundup ! Pourquoi ? parce que des pleutres défendent les intérêts des grosses entreprises viticoles ou agricoles ! Pleutre car ils n’osent pas prendre de décision contre leurs petits copains. Que dire des Verts de Madame Thorens qui n’a visiblement pas de majorité et ne sais comment la construire pour contrer les agissements des petits copains de M. Nantermod. Au sein de note parlement, Copinage et Corporatisme fait plus que raison ….
    @Follonier, Oui « Elire des représentants du peuple de cet acabit ne sert à rien » ! La Suisse régresse à cause de certains de ces représentants ! La révolte gronde, vous devriez vous réveiller au fin fond de ce Valais si peu intéressé à la cause écologique !
    Vous écrivez « La justice d’en-haut ne regarde pas nos tribunaux ». Dois-je vous rappeler comment est exercé la justice en Valais ? Un de mes aïeux disait encore il n’y a pas si longtemps que la justice était décidée sur les bancs d’Econe et de certaines églises le samedi juste avant la partie de carte … D’ailleurs vous mettez en doute les facultés d’un juge de Renens de discerner les vraies valeurs qu’inculque votre parti ! Ne sentez-vous pas la poutre dans l’œil de votre parti PLR ?
    Je me délecte de cette petite phrase : « donner au peuple la tâche importante et solennelle de choisir ses représentants ». Un peu comme à Pully ou le PLR a perdu les coordonnées téléphonique et mail de sa « vient-ensuite » pour choisir son représentant bien opportunément à la place du peuple ? La poutre ne passe visiblement pas inaperçue.
    Oui nous devons respecter nos institutions, oui nous devons être non-violent, mais laisser au moins le peuple s’exprimer même lors de manifestations fait partie de la démocratie. C’est vrai que ce n’est pas l’histoire des grèves des années 20 qui montrait déjà que la Suisse n’avait pas intégrée toutes les notions de la démocratie puisque les militaires ont tiré sur les grévistes. Et comme on a pu le voir avec la Zad d’Holcim, les forces de l’ordres sont engagées avec une sensibilité toute démocratique par des élus du peuple ! Ceci pour rappeler aux bons souvenirs du peuple lors des prochaines élections….

  7. Petite précision, tous les politiciens ne sont bien entendu pas comme ce M. Nantermod. Il y a des personnalités de tous bords qui ont un sens de l’abnégation et du devoir civique sans limite. Mais ce n’est plus facile de trouver de vrais hommes ou femmes d’Etat puisque visiblement le peuple décide de niveler vers le bas les exigences sur les compétences de nos politiciens lors des élections. Que dire quand ces élus eux-mêmes choisissent nos plus hautes élites? Donc de temps en temps il en faut bien un qui dérape en écrivant une billevesée du style qui choque nos jeunes générations en les démotivant de toutes actions pour la défense du climat et de la nature. Par contre il semblerait que depuis la dernière votation sur la loi sur le terrorisme, nos enfants, militants, seront donc hors la loi si je ne me trompe. Car en effet ces groupements seront considérés par la police locale comme de dangereux groupes contre l’ordre étatique. (art 23 de cette loi).
    Voilà donc notre démocratie réduite à subir les excès juridiques de la junte politique au pouvoir, celle du PLR, UDC et autres partis soucieux de leurs prérogatives et privilèges.

  8. L’opposition la plus forte contre la loi, venait des jeunes.
    Parler des jeunes n’a aucun sens. En caricaturant, les étudiants étaient pour les autres contre.
    Le PLR avait raison sur un point, les jeunes ont aidé à couler la loi.
    Le militantisme minoritaire (on le sait maintenant) ne représente pas la jeunesse, mais qu’eux-mêmes.

    Les médias ont eu tort de croire à un mouvement de jeunesse, de les idéaliser.
    Si on veut que les choses changent, il faut écouter cette majorité qui vivent dans la vie réel, pas les écoliers qui vivent sans soucis chez papa/maman.

    1. Je pense qu’avec 63% de non, le PLR devrait commencer par balayer devant sa porte en ce qui concerne la cause de cet échec.

      C’est d’autant plus remarquable que la loi est un pur produit PLR : responsabilité individuelle (pollueur-payeur) avec des taxes non-progressives et une redistribution d’une partie de l’argent à des entreprises.

      Les jeunes ont certainement contribué, peut être parce que la loi n’allait pas assez loin. Ce n’est sûrement pas le cas pour les membres du PLR de la fibre de Mr Nantermod.

      “Cette majorité qui vivent dans la vie réele…” n’a rien accompli de significatif pour le problème du réchauffement climatique en plus de 40 ans. 40 ans d’inactivisme et de passage de patate chaude c’est un accomplissement remarquable je trouve. Et on se permet de donner des leçons aux jeunes ?

      Quand on voit un parti régurgiter les excuses et mensonges conçus par les majors pétroliers dans les années 80 pour s’exculper, ça donne envie de vomir. On réalise ensuite l’ancien président de ce parti est président de SwissOil et la messe est dite. Ce même parti chantre de la souveraineté en tout point, sauf énergétique bien sûr.

      L’engagement des jeunes comme Diane est nécessaire parce que les générations précédentes ont démontré leur inaptitude à faire fasse au problème.

      1. Selon le sondage Tamedia, parmi les jeunes qui ont voté non à la loi CO2, seuls 2% ont indiqué que c’est parce que la loi n’allait pas assez loin.

        Il me semble que le PLR représente une base électorale plutôt âgée, non ? Et que les jeunes ont plutôt tendance à voter à gauche, non ? C’est en tout cas ce dont on a l’habitude d’entendre.

        1. Personnellement je pense que les étudiants sont plus à gauche et aussi beaucoup plus actifs au niveau politique et associatif. Cela ne signifie pas que les autres dans cette tranche d’âge le soit aussi.

          Il y a un certain biais de sélection à mon avis.

          Quand au PLR c’est un parti effectivement un parti qui devient vieux avec des idées somme toutes assez vielles aussi. Je ne suis pas outre surpris du résultat de ce côté, mais quand quelqu’un comme Mr. Nantermod vient donner des leçons au jeunes militants du climat alors que son parti vote 63% contre le projet qu’il défendait aux cotés de KKS, ça me fait rigoler.

          1. Je parle bien des jeunes qui votent, pas uniquement ceux qui sont actifs au niveau politique.

            Le projet porté par Simonetta Sommaruga (et non par KKS qui portait celui de la MPT) et soutenu par une partie des activistes, les Verts, le PS, les Verts libéraux, le PDC et le PLR n’a pas réussi à convaincre la majorité des jeunes. Peut-on réellement dire que c’est seulement la faute du PLR ?
            Que dire des propos du PS Roger Nordmann suite au refus populaire ? Il a directement tourné la page en disant qu’il n’aimait en fait pas cette loi CO2 car elle était trop libérale.

            Les jeunesses PS, Verts, PDC et de Verts Libéraux s’étaient unifiées pour soutenir la loi CO2, les jeunes UDC avaient appelé à voter contre et les jeunes PLR avaient laissé la liberté de vote. Est-ce qu’on en conclut que les jeunes UDC et jeunes PLR représentent dans les faits la majorité des jeunes ?

            Les jeunes militants du climat ont bénéficié d’une attention médiatique omniprésente ces deux dernière années, et qui est largement supérieure de celle que les médias accordent aux jeunesses de parti, toutes réunies (ceux qui utilisent les outils démocratiques). N’est-il pas naturel qu’en cas d’échec, ce sont ceux qui ont joui de la meilleure visibilité médiatique qui se font critiquer ? Je pense que oui.

            Vous dites que M. Nantermod n’est pas la bonne personne pour donner des leçons aux jeunes militants, ce que je veux bien comprendre. Qui serait selon vous la bonne personne ?

  9. “Mais quel autre moyen avons-nous pour attirer l’attention sur NOTRE avenir ?”

    1. User des voies démocratiques: initiatives populaires, pétitions, lobbyisme, fondation d’un parti politique…

    2. Etudier et vous engager pour développer des énergies propres, recycler nos matières premières..

    les alternatives à la violence sont toujours majoritaires. Mais elles demandent du courage, de l’abnégation et un vrai engagement citoyen.

    1. Monsieur. Je parlais des jeunes qui n’ont pas encore le droit de vote. Je m’emploie en revanche à exploiter les autres formes d’engagement dont vous parlez, ces petites miettes qui nous restent pour nous donner l’impression que nous pouvons influencer le cours des choses, bien tranquillement. Pour ce qui est des études, ne vous inquiétez pas, je m’y emploie. Et je n’ai personnellement jamais prôné le recours à la violence. Je m’élève simplement contre le fait que Monsieur Nantermod tourne en ridicule et dénonce les mobilisations pacifiques des jeunes en les amalgamant avec des actions de désobéissance civile violentes. J’espère que vous admettrez que défiler ou exprimer pacifiquement son avis dans la rue n’est pas contraire au droit démocratique. Sinon il va falloir interdire les Landsgemeinde.

      1. C’est dommage d’être aussi découragée de la démocratie. Dans un système démocratique, avoir peur, même à raison, ne suffit pas; il faut encore convaincre. C’est difficile, parfois, mais c’est si beau de convaincre de la justesse de son combat pacifiquement et en respectant la loi. 🙂

        J’étais convaincu par Greta, puis elle a joué sur la peur. La peur peut certes conduire au pouvoir, mais jamais par des moyens démocratiques…

        Sincèrement, avec le recul propre à mon âge, je vous invite à vous renseigner sur la violence des éco-terrorisme.

        Les actes abjectes de cet homme ont p. ex. discrédité le mouvement écologique pour au moins une génération. Et, eux, disaient que la catastrophe nucléaire était imminent… que de gâchis et de vies détruites juste pour agiter des peurs….

        https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Marco_Camenisch

        Je ne vous connais pas et vous semblez très jeune. J’ai donc le plus grand respect pour votre courage de vous afficher et de répondre. Je vous invite respectueusement à conserver votre approche pacifique et de rester loin, très loin de ceux qui agitent la violence et la peur.

        Vous méritez un avenir magnifique; battez-vous au moyen de notre démocratie pour l’obtenir. Et fuyer la violence et les violents, même par mots.

        1. Cher Vic Demont
          Je suis une personne entre deux âges, qui n’a pas vocation à subir vos allusion condescendantes, et où si la jeunesse a raison de hurler c’est parce que non (la science nous le dit), elle n’aura pas “un avenir magnifique” à moins d’un “changement profond de nos manières de consommer et de produire” (rapport du conseil fédéral sur l’environnement 2018… pas des gauchistes). Le “business as usual” cher au PLR n’a pas sa place dans cette perspective, c’est peut-être pourquoi il se débat comme un beau diable dans l’assèchement du doute sur la réalité de la catastrophe, mais aussi de sa base électorale. La catastrophe est programmée, il faudra un gros effort pour – peut-être – pouvoir l’éviter. Lorsque l’ONU, le Conseil Fédéral, – le Pape même – nous pousse à mener la révolution nécessaire à la survie de notre espèce, on ne peut rester de marbre qu’au prix de se boucher les yeux et les oreilles pour éviter d’admettre qu’on s’est trompé en “discréditant le mouvement écologique”.

  10. Dommage que la prise de position de Monsieur Nantermod soit derrière un paywall. Il n’est pas possible de se faire une opinion.

    Le temps prévoit-il de relâcher sa politique de paywall devenue de plus en plus agressive.

  11. J’ai voté contre la loi CO2. Non pas parce que je nie l’urgence climatique, mais au contraire parce que c’est une loi faite par les bobos pour les bobos. La moralité contenue dans cette loi est la suivante: pour limiter les émissions de CO2, il faut faire une sélection par l’argent, argent qui, bien sûr ne serait pas perdu pour tout le monde. Non! Si nous acceptons de faire de l’écologie une cause de sélection sociale nous ne nous en sortirons pas. Notre planète est à terre et chaque émission de CO2 est un coup qu’on lui porte. Le gaspillage est criminel. C’est donc vers l’interdiction du gaspillage pour tous qu’il faut aller tout en mobilisant nos capacités en vue d’une décarbonisation totale. Cette voie est à la fois beaucoup plus rapide, plus efficace et la seule responsable.
    Alors bien sûr, je ne donne même pas la peine de citer Monsieur Nantermod, le PLR ou tout autre grand parti. A l’évidence, ils sont complètement décalés.

  12. À titre d’information, les conclusions du dernier rapport du GIEC (qui sera publié début 2022) viennent d’être rendues publiques : https://www.lefigaro.fr/sciences/l-humanite-a-l-aube-de-retombees-climatiques-cataclysmiques-20210623 Ce rapport révèle combien le décalage est abyssal entre les discussions politico-politiciennes et l’extrême urgence d’actions appropriées et efficaces pour contrer le changement climatique en cours.

    1. “d’actions appropriées et efficaces pour contrer le changement climatique en cours”

      Moi, c’est la société que vous souhaitez qui me fait peur… Concrètement, vous ferez comment pour imposer vos “actions” de manière efficace ? La police fr a éborgné combien de gilets jaunes pour une hausse de quelques centimes du prix de l’essence ? Les jeunes ont voté majoritairement non à la loi Co2 en Suisse…

      Alors, vous prévoyez quoi comme mesures contre ceux qui refuseront votre plan d’actions ??

      1. Monsieur. Hier soir, un orage violent a frappé notre région du Jura bernois. 20 cm d’eau dans notre village, des vagues d’un mètre sur certains murs. 5 camions n’ont pas suffi pour évacuer les montages de cailloux qui ont dévalé avec l’eau de la montagne. Nous avons passé la journée à déblayer 20 cm de boue à l’intérieur de notre habitation. Les sols de plusieurs pièces sont détruits. Jamais, de mémoire des personnes qui sont nées ici, il n’y avait eu de si violent orage. Demain, ce sera l’un de vos amis. Après-demain, ce sera vous.
        Le monde entier court à sa ruine, comme vient encore le rappeler le GIEC avec un rapport démoralisan (https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/06/23/dereglement-climatique-l-humanite-a-l-aube-de-retombees-cataclysmiques-alerte-le-giec_6085284_3244.html)…
        Mais vous, ce qui vous préoccupe, c’est votre petit confort. Votre angoisse la plus absolue, des régulations que vous voyez comme d’inadmissibles atteintes à votre petite liberté individuelle. Vous faites partie de ces gens qui préfère nier le changement climatique, ou la légitimité du GIEC, décrire les gens sérieux qui se préoccupent de ce qui arrive comme des gauchistes masqués, des “khmers verts”, faire de l’exemple d’un éco-terroriste isolé une généralité sur tout le mouvement écologiste.
        Et bien entendu, les orages existent de toute éternité, celui qui nous est tombé dessus n’a rien à voir avec le changement climatique, même si les climatologues nous prédisent depuis longtemps un accroissement de l’intensité et de la fréquence des événements extrêmes. C’est tellement pratique, tellement plus facile que de regarder la réalité en face.

        1. Non.

          Je n’ai aucun petit confort.
          Je n’ai pas de famille (inconciliable avec mon horaire de travail, mes contraintes pro et le rejet de celles et ceux qui portent l’uniforme…), pas de voiture privée, pas de régime alimentaire carné, je n’ai pas vu mes parents depuis 7 ans car je ne prends pas l’avion… j’ai des heures supplémentaires non payées à gogo. mes dernières vacances remontent à 2004, j’avais pris le tgv… J’ai pris le covid deux fois, une première non certaine en février, en contrôlant des Italiens, et en septembre de manière certaine.

          Mais, moi, je serai l’un de celles et ceux qui devront faire face à la colère de la rue. Je serai en première ligne, pour appliquer et faire appliquer notre ordre démocratique lorsque vous l’aurez changé .

          Et je dis qu’une chose: de votre confort, certainement en télétravail, vous n’avez manifestement aucune idée de ce que vos propositions impliquent en matière d’ordre et de sécurité publiques. Surtout avec un programme zéro effet de serre pour 2025 !

          Les gilets jaunes sont montés à Paris pour quelques centimes le litre…

          Quel est le coût humain que vous estimez acceptable pour décarbonner notre société? Vous vivez dans le confort, manifestement, mais vos propositions impliquent des sacrifices. Les assumez-vous ?

          Moi, je regarde donc la réalité en face, car je la vis chaque jour. Et vous ?

          Vous réprimerez comment celles et ceux qui ne seront pas d’accord avec votre programme ?? Au nom du péril climatique, absolument réel, vous êtes prêt à quelles mesures concrètes ? Combien d’éborgnés?, de mains arrachées?, de veufs et veuves? d’orphelins? pour faire référence à quelques centimes en France…

          Ce message ne vous était pas adressé. Mais “alors, vous prévoyez quoi comme mesures contre ceux qui refuseront votre plan d’actions ??”

          Moi, de mon côté, je crois dans nos institutions démocratiques et la capacité de notre société de se réformer paisiblement et à son rythme. Je ne porte pas un message politique; je dis simplement que vous n’assumez pas les conséquences de vos propositions. Vous voyez des orages; moi des gens mourir dans des émeutes de la faim… je souffre d’un ptsd, sans doute…

          1. Monsieur. Je vous remercie pour votre réponse très intéressante. Je fais partie de ceux qui vous soutiennent et non, en effet, je ne sais pas de quoi votre quotidien est fait. Je sais que selon les endroits où l’on travaille, lorsque l’on représente les “forces de l’ordre” comme on dit, le travail peut être des plus éreintants. Je vous remercie pour votre engagement et je comprends vos inquiétudes face à des mesures qui pourraient engendrer des mécontentements car vous seriez en effet en première ligne.

            Mais notre désaccord commence ici. En premier lieu, 2 cts par litre d’essence en Suisse, cela me semble un peu plus facile à faire passer que 2 cts par litre en France où le pouvoir d’achat est plus faible et les transports en commun inexistants dans les zones rurales. Il ne me semble donc pas tout à fait convenable d’employer l’exemple comme repoussoir en Suisse.
            Mais surtout, et en second lieu, nous voulons la même chose : la paix sociale. Et ce que je sais, parce que la science est mon métier comme l’ordre est le vôtre, c’est que les changements climatiques nous mènent vers des troubles bien plus graves que ceux que vous craignez.
            Nos propositions impliquent des sacrifices ? Ne pas les suivre en impliquera de bien plus grands encore.
            Quel est le prix de la décarbonation de l’économie ? Mais quel est le prix de ne pas le faire ?

            Depuis des décennies, les coûts de l’inaction climatique sont chiffrés. Ils sont incommensurables au regard des mesures qu’il aurait été possible de prendre pour éviter l’augmentation de 2°C. Le dernier rapport du GIEC est catastrophique. L’orage chez moi n’est rien, lisez les actualités internationales : les catastrophes naturelles augmentent partout en fréquence et en intensité, comme les climatologues le prédisent depuis des années.

            S’il vous plaît, puisque nous prenons le temps de nous parler sereinement, essayer de lire plus loin. Essayer de croire que je ne cherche pas à imposer des mesures gauchistes sous couvert d’urgence climatique. Que je ne suis pas un “khmer vert”. Que je ne dramatise pas. Essayez d’admettre que si le GIEC produit des rapports qui s’adressent aux dirigeants de la planète, ce n’est pas pour autant une “officine politique”, un “lobby” comme un autre. Essayez de croire que je suis sincère, que je vous écris en connaissance de cause. Acceptez que je vous dise que depuis 25 ans, alors que je travaillais comme chercheur dans un laboratoire de sciences du climat, nous savions déjà ce qui se passait mais que personne ne nous écoutait.

            Essayez, s’il vous plaît, parce que lorsque ce qui se prépare arrivera, c’est encore à vous que l’on fera appel. Les émeutes de la faim d’aujourd’hui ne sont rien à côté de celles qui arrivent. L’orage ici ne remplit pas seulement ma maison de boue : il détruit aussi les récoltes de mes voisins paysans. La sécheresse là-bas ne tue pas que quelques têtes de bétail, elle assèche les fleuves et provoque l’exode de populations entières. Les incendies en Sibérie et en Australie l’an dernier, la tornade en République Tchèque aujourd’hui…

            Vous dites “vous n’assumez pas les conséquences de vos propositions”. Je vous réponds “vous n’assumez pas les conséquences de votre inaction”. Et je vous jure que ces conséquences-là sont incomparablement plus grave que celles que vous craignez.

            J’espère qu’à ce stade, vous n’aurez pas encore eu envie, comme c’est souvent le cas, de tourner en ridicule les scientifiques qui alertent de la situation, et que l’on regarde avec ironie comme des naïfs, des peureux. Nous avons l’habitude de cela et c’est ce qui a été notre plus grande surprise : alors que nous voyions avec certitude l’enfer arriver sur nous, que l’on ne nous croit pas… La tâche était immense si nous nous mettions ensemble mais divisés, nous n’y arriverons pas. J’ai des collègues qui ont pleuré face aux attaques indignes des climatosceptiques et des libertariens dans des conférences. Nous ne comprenons pas pourquoi vous ne comprenez pas.

            Si je ne vous ai pas perdu, acceptez de lire encore ceci. Il s’agit d’un résumé d’un article du Monde qui, cette semaine, se faisait l’écho du dernier rapport du GIEC. Essayez de le lire jusqu’au bout, s’il vous plaît. Et peut-être l’article aussi, si vous en avez le courage. Ce qui est écrit n’est pas le fait d’idéologues ou d’illuminés. C’est le reflet de la science ; de cette même science qui envoie des sondes sur Mars ou exploite l’énergie nucléaire, sonde le coeur des atomes, invente l’ordinateur quantique. Nous ne comprenons pas pourquoi vous faites confiance à celles-ci, et pas à celle-là.

            “Le dernier rapport du Giec, publié en 2014, était déjà particulièrement alarmant. Mais ce n’est rien à côté du dernier projet de rapport des experts du climat de l’ONU. Selon eux, quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les conséquences dévastatrices du réchauffement sur la nature et l’humanité qui en dépend vont s’accélérer et devenir douloureusement palpables bien avant 2050. La vie sur Terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes. L’humanité ne le peut pas, note ainsi le résumé technique de 137 pages, que l’AFP a pu consulter.
            Le projet de rapport rédigé par des centaines de scientifiques rattachés au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) oscille entre un ton apocalyptique et l’espoir offert aux humains de changer leur destin par des mesures immédiates et drastiques. Parmi ses conclusions les plus importantes, figure un abaissement du seuil au-delà duquel le réchauffement peut être considéré comme acceptable. Selon l’Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de +1,5 °C sur une année soit dépassé dès 2025 atteint déjà 40 %. « Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre », martèle le Giec, alors que la prise de conscience sur la crise climatique n’a jamais été aussi étendue.
            Des changements déjà irréversibles. Le climat a déjà changé. Alors que la hausse des températures moyennes depuis le milieu du XIXe siècle atteint 1,1 °C, les effets sont déjà graves et seront de plus en plus violents, même si les émissions de CO2 sont freinées. Et les êtres vivants – humains ou non – les moins à blâmer pour ces émissions sont, ironiquement, ceux qui en souffriront le plus. Pour certains animaux et variétés de plantes, il est peut-être même déjà trop tard. « Même à +1,5 °C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s’adapter », souligne le rapport. Il cite notamment les récifs coralliens , dont un demi-milliard de personnes dépendent. Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l’Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne. Sur place, des modes de vie ancestraux, de peuples vivant en lien étroit avec la glace pourraient aussi disparaître.
            L’humanité est mal préparée. Agriculture, élevage, pêche, aquaculture… « Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s’accroissent », observe aussi le rapport, et les aléas climatiques en sont le « principal moteur ». Or, l’humanité n’est à ce stade pas armée pour faire face à la dégradation certaine de la situation. « Les niveaux actuels d’adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques », prévient le Giec. Avec un réchauffement de seulement +2 °C, 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d’ici dix ans et 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d’ici à 2050.
            La technologie ne nous sauvera probablement pas, mais le kelp le pourrait peut-être en partie pour deux raisons: capteur de CO2 et une nourriture saine et riche.”

            https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/06/23/dereglement-climatique-l-humanite-a-l-aube-de-retombees-cataclysmiques-alerte-le-giec_6085284_3244.html

            Vous souffrez d’un ptsd ? Moi aussi. Mais chez moi, le p signifie “pré”, pas “post”.

            Non, modifier paisiblement la société n’est plus possible. Pas paisiblement. J’aimerais bien. On aurait pu le faire il y a 30 ans. Plus maintenant.

          2. Merci de votre longue réponse argumentée.

            Je crois fermement, au plus profond de mon coeur, à la démocratie, au vivre ensemble et à la pacification de la société par le droit. Je pense qu’on peut donc toujours trouver des solutions, même à ce qui paraît impossible, à condition de rejeter la violence. Vous l’a rejetée expressément; je vais donc continuer à vous lire en silence.

            NB: pour arriver à zéro effet de sphère dans les transports en 2025, il faudra plus qu’une taxe de 2ct./lt…

          3. Nous voilà donc quasiment d’accord sur tout. 🙂
            Je ne cautionne pas la violence. Ma fille non plus.
            Mais quand depuis des décennies les voies démocratiques ne fonctionnent pas pour résoudre un problème qui s’amplifie chaque année un peu plus, quand un problème devient une crise, puis une urgence, puis une catastrophe, il ne faut pas non plus s’étonner que la violence commence à s’exprimer. C’est ce qu’indiquait le philosophie Dominique Bourg dans une récente chronique : https://www.lenouvelliste.ch/articles/suisse/quand-la-justice-condamne-des-activistes-climatiques-cette-cecite-encourage-la-violence-1083366 (malheureusement derrière un paywall).
            Mais surtout, pour revenir à l’origine de mon texte, accuser les jeunes (dont beaucoup sont pacifiques) d’avoir coulé la loi CO2 continue à me paraître surréaliste.
            Surtout ne restez pas silencieux si par hasard vous en venez à relire l’un de mes textes. J’ai apprécié l’échange. Et puis on ne tient pas un blog si on veut penser tout seul dans son coin. 🙂

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