Six leçons de la guerre en Ukraine

Un mois que l’agression ignoble dure, un mois que le pays se vide de ses femmes et de ses enfants, un mois qu’il résiste les armes à la main. Et déjà se dessine sous nos yeux un monde nouveau, plein de périls pour ce qui nous tient à coeur, pour ce à quoi nous croyons. On a parlé de changement d’époque au sujet de la pandémie. Ce n’était qu’un prélude.
Six premiers enseignements me semblent s’imposer.

Un combat pour des valeurs

La première leçon est de l’ordre des valeurs. Ce 18 mars, le président Biden appelait son homologue chinois Xi Jinping. Ce dernier est resté évasif sur son soutien à la Russie mais son message n’en est que plus clair sur le fond: pour lui, le temps des démocraties est révolu, l’avenir appartient aux régimes autoritaires.

Désormais, il suffirait que Poutine et Xi Jinping décident de quitter l’ONU et ses engagements en matière de droits humains, de règlement pacifique des conflits, de concertation et de durabilité, pour créer une contre-ONU fédérant les pays dépendant d’eux ou qui sympathisent avec eux. Par détestation de l’Occident, Poutine est semble-t-il devenu un héros dans le monde arabe et africain. Xi Jinping quant à lui récolterait là les fruits des réseaux patiemment tissés par la Chine dans le monde, à travers ses achats massifs de terrains en Afrique et Amérique latine et les infrastructures construites dans de nombreux pays désormais endettés auprès d’elle.

Il suffirait que les républicains reprennent cet automne le contrôle du Congrès américain et que Trump revienne dans 3 ans pour que les Etats-Unis redeviennent cette puissance erratique, fascinée par les hommes forts et leurs pratiques, que Bolsonaro soit réélu au Brésil – pour que l’Europe se retrouve assez seule au monde comme garante des valeurs humanistes et de l’Etat de droit.

Europe : s’unir ou disparaître

Le second message en est la conséquence. Ce que l’agression contre l’Ukraine a su provoquer en Europe est un sursaut qui n’était pas évident mais qui a soudainement rappelé le continent à l’essentiel et la réaction à l’électrochoc a été la bonne: se recentrer sur nos valeurs communes. D’un coup, une évidence longtemps occultée, négligée s’est imposée, et qui est au coeur de la construction politique européenne: aucun pays, même pas la Grande-Bretagne qui s’est bercée de l’illusion de pouvoir s’en sortir toute seule, ne peut plus aspirer à être souverain seul.

Désormais, en Europe la souveraineté s’exerce en commun ou pas du tout. Une défense militaire européenne doit être une évidence, prête à succéder à une OTAN qu’une Amérique néo-trumpienne quittera sans doute sans états d’âme, Amérique qui aura quoi qu’il en soit fort à faire dans l’espace du Pacifique et qui devra tôt ou tard faire de l’Atlantique une priorité de second ordre.

La fin du libre échange insouciant

Le troisième message est la fin de la confiance béate dans les vertus du libre-échange illimité, irresponsable et globalisé. On sait depuis un demi-siècle qu’on grille la chandelle des capacités productives de la nature par les deux bouts, on sait depuis 30 ans qu’il faut pratiquer la sobriété énergétique et se fonder sur les ressources locales, renouvelables, nettement moins polluantes. Mais on n’a à ce jour pris que des mesures indolores qui n’ont pu changer les choses qu’à la marge.

Désormais une relocalisation solidaire, une économie circulaire, un meilleur degré d’autosuffisance alimentaire (y compris en termes d’intrants et de produits auxiliaires), doit redevenir un axe essentiel de la toute politique de sécurité, le socle de toute politique.

La crise sanitaire l’avait déjà laissé percevoir, l’agression contre l’Ukraine nous en livre la confirmation : le temps du libre échange insouciant, des batailles pour le moindre coût (financier, en négligeant généralement les aspects politiques, écologiques et sociaux) et des avantages comparatifs est révolu. L’activité économique doit s’inscrire dans un jeu géopolitique redevenu terriblement incertain.

Contrer la 5e colonne des dictateurs

Quatrième enseignement : depuis des années Poutine soutient tant qu’il le peut les mouvements populistes, souverainistes et d’extrême-droite en Europe. Ce n’est pas que par affinité naturelle entre ces formations et sa posture d’homme fort qu’elles prennent pour modèle. C’est avant tout pour saboter le projet d’unité politique de l’Europe, qui est désormais la clé de la survie de nos valeurs communes. Et les populistes sont définitivement démasqués comme la 5e colonne de la dictature.

Le mieux est l’ennemi du bien

Cinquième conclusion: il y a dans ce monde surtout le choix du moindre mal. On a pris l’habitude en Occident de «comprendre« la posture agressive de Poutine et de l’expliquer, en se culpabilisant, par des postures semblables prises par l’Occident en Afrique (pour la France) ou au Proche et Moyen Orient (pour l’Amérique). Mais on oublie là un élément essentiel : en Occident il est possible de contrer ces postures, elles sont loin de faire l’unanimité. La lassitude de l’opinion publique a forcé le gouvernement américain de mettre fin à la guerre du Vietnam et à se retirer, un demi-siècle plus tard d’Afghanistan. La France a pour sa part quitté le Mali (pour être aussitôt remplacée par la troupe sanguinaire de Wagner). L’immixtion durant des décennies des Etats-Unis dans leur « arrière-cour », généralement en faveur des dictateurs, n’a jamais fait l’unanimité en Amérique.

On peut aussi proposer des lois et légiférer pour inscrire les activités économiques dans une responsabilité écologique et sociale, en débattre, échanger sur ce qui est le mieux pour le bien commun. Il y a des élections, une alternative, par exemple entre Trump et Biden, Salvini et Draghi, et en France entre Macron et Le Pen (ou serait-ce au final Mélenchon ?)… S’il faut être sous l’ombrelle d’un « impérialisme », mieux vaut que ce soit celui qui nous a naguère débarrassé d’Hitler plutôt que celui qui l’a remplacé par Staline.

Essentiel : tenir ses promesses

Enfin, sixième enseignement. Les aspirants à la gouvernance autoritaire voire totalitaire du monde voient s’offrir un boulevard par les dirigeants du monde démocratique, dont ils sont entièrement responsables : ils ne réalisent que peu leurs promesses. Une immense défiance, une grande lassitude minent nos démocraties de l’intérieur, au point que beaucoup (le mouvement «antivax » par exemple) ne ressentent pas de vraie différence entre Etat de droit et dictature; ils ont tort mais c’est ainsi. On parle de démocratie, mais tolère une fracture sociale grandissante. On parle de changement climatique, mais ne fait quasiment rien qui fasse mal aux lobbies et réflexes dominants. On parle de créer des emplois, mais rien de significatif ne vient.

Les dictateurs, eux, réalisent en général leurs promesses, fussent-elles terrifiantes. Ainsi tous les crimes abominables dont Hitler s’est rendu coupable étaient détaillés dans ce fatras hystérique appelé Mein Kampf, écrit dix ans avant sa prise de pouvoir et appliqué ensuite à la lettre… La démocratie est un contrat entre un peuple et ses dirigeants et sa crédibilité est entièrement fonction de la mise en œuvre des promesses sur lesquelles les candi

René Longet

Licencié en lettres à l’Université de Genève, René Longet a mené en parallèle d’importants engagements, dans le domaine des ONG et du monde institutionnel, pour le vivre-ensemble ainsi qu'un développement durable. Passionné d’histoire et de géographie, il s’interroge sur l’étrange trajectoire de cette Humanité qui, capable du meilleur comme du pire, n’arrive pas encore bien à imaginer son destin commun.

24 réponses à “Six leçons de la guerre en Ukraine

  1. Il faut avoir vraiment beaucoup d’imagination pour parvenir à inclure l’écologie dans un exposé sur la guerre en Ukraine. La présentation que l’on donne de vous (en haut de page) se termine par : « René Longuet n’arrive pas encore bien à imaginer le destin commun de l’Humanité ». Pourquoi regarder si loin ? Vous avez déjà de la peine à comprendre comment l’humanité vit dans le présent. Le pot rempli de vos idées en or, au bout de l’arc-en-ciel, est un long chemin. La peau de banane sur laquelle vous glissez est beaucoup plus près, vous ne l’avez pas vue ?

    1. Cher Monsieur Dominic Vous avez très mal lu la phrase que vous citez. Cela m’explique aussi votre incompréhension sur les liens entre écologie (c’est-à-dire ici autonomie en matière de ressources) et guerre.

    2. Mr Longet a parfaitement raison de lier l’écologie à tous les phénomènes géopolitiques ( guerres ou autres dominations des régimes autoritaires ) . L’urgence écologique ( y compris biodiversité ) est telle qu’on est au bord d’une bascule irrévocable dans un monde inhospitalier ( le rapport dramatique du Giec est tombé au début de la guerre en Ukraine et personne n’en a parlé ) ; on ne peut s’en sortir que par une coopération bienveillante et maximale entre tous les “puissants” et toute cette géopolitique nous met à l’envers de cette coopération . Prenez en votre parti , le monde deviendra invivable . Avez-vous des enfants , Dominic ? Si oui , je les plains .

    3. Le rapport entre guerre (en Ukraine ou ailleurs) et environnement est tout sauf imaginaire. En voici un aperçu:

      “Les conflits armés sont source de catastrophes majeures pour l’environnement. Dans les années 60, la défoliation de la jungle vietnamienne par l’armée américaine a interpellé la conscience collective sur la protection de l’environnement en situation de conflit armé (Pearce, 2000). La guerre du Golfe de 1990-1991, avec l’utilisation des armes à l’uranium appauvri et l’incendie des puits de pétrole a fait de la protection de l’environnement lors des conflits armés une préoccupation internationale. Des dispositions juridiques et réglementaires du droit international interdisent et limitent les actions néfastes sur l’environnement en temps de guerre. Au nombre de ces dispositions, il y a la Convention ENMOD de 1976, le Protocole I de Genève de 1977 et les Directives de la Croix-Rouge pour la formation des forces armées (1996). La difficulté de mise en œuvre de ces instruments est l’une des causes principales de l’exacerbation et de la persistance des impacts environnementaux des conflits armés. Un bref aperçu des travaux effectués dans ce domaine montre que cette question est jusque-là abordée sous un angle purement théorique, empirique et descriptif (causes, manifestations et typologies des conflits). Et, contrairement aux autres domaines de connaissances (scientifiques, économistes, juristes, universitaires), les spécialistes de l’évaluation environnementale se sont à ce jour peu intéressés à cette question.
      […]
      De cette analyse, il ressort que l’Évaluation Environnementale a un grand rôle à jouer en situation de conflit armé, notamment en intervenant dans les actions de planification de la gouvernance, les opérations humanitaires, les actions de reconstruction post-conflit et surtout dans les actions en amont des conflits.”

      -Extrait de “Conflits armés et environnement – Cadre, modalités, méthodes et rôle de l’Évaluation environnementale”, par Al–Hamandou Dorsouma et Michel-André Bouchard (https://doi.org/10.4000/developpementdurable.3365 ).

      De Monsieur Longet et vous, lequel vit donc dans un monde imaginaire?

      “A vouloir passer pour écrivain, on finit le plus souvent aigri… vain” – Jean Guénot

  2. Merci pour cette mise en perspective claire et complète.
    Une prof d’histoire qui aime bien comprendre ce qui se passe et comment agir

  3. Attention l’enfer est pavé de bonnes volontés!
    “Une immense défiance, une grande lassitude minent nos démocraties de l’intérieur”
    Pourquoi?
    Pourquoi?
    Répondez à cette question sans langue de bois, svp.
    En tant que non-vacciné, j’ai ressenti à quel point tout peut basculer et comment l’Etat peut nous retirer du jour au lendemain tous nos droits (je ne parle pas de privilèges, mais de droits fondamentaux) – avec une simple décision absolument non-proportionnée, basée sur la peur et la contrainte.
    Ce n’est pas une imagination. De nombreuses personnes ont été gravement discriminées durant la pandémie. Et rien ne me dit que cela est terminé. Rien.
    Donc balayons devant notre porte, svp. il y a de quoi faire.

    1. @,Samjavvat (tiens encore un pseudo, pourquoi?): je n’utilise jamais la langue de bois, je dis ce que je pense. Sur les vaccins votre critique est totalement excessive: “on nous a retirés tous nos droits”!! En Chine, en Russie, en Iran,en Afghanistan, en Egypte et dans de très nombreux autres pays, les droits fondamentaux ont été supprimés, oui, et ce sont des années de prison pour juste avoir donné un point de vue qui ne plaît pas au pouvoir et zéro démocratie, ni votations ni élections. Alors une obligation de se vacciner, telle qu’elle existe sans aucune contestation pour se rendre dans pas mal de pays, où est le problème? Pas pire que d’imposer le respect des feux rouges ou des limitations de vitesse (qui elles aussi sauvent des vies). La raison de cette obligation était clairement affichée et dans l’intérêt public: il fallait décharger les hôpitaux (soins intensifs = 10’000.-/jour) et pouvoir lever les mesures de restriction sanitaires, donc permettre à la population de retrouver sa liberté de mouvement. Et je n’ai vu aucun anti-vax se battre contre les milliers de molécules chimiques qui se concentrent dans les tissus du vivant et donc aussi dans notre organisme. C’est une agression d’une toute autre ampleur que quelques piqûres anti-covid…

      1. La liberté de mouvement est inscrite dans la Constitution suisse, comme la liberté de se réunir et de penser. Et comme le respect de l’intégrité physique.
        Quant aux vaccins à ARNm, et bien l’avenir nous dira s’ils sont aussi inoffensifs et bénins que vous le dites. D’ailleurs, quelles compétences avez-vous pour l’affirmer, alors que même les fabricants n’affirment rien sur le long terme?
        Pour l’heure des milliers de personnes ont déjà vécu des réaction indésirables graves en Suisse. C’est beaucoup de personnes (environ 1/1000).
        Enfin, personne n’a prouvé que j’ai mis la vie concrète de quelqu’un en danger en m’occupant de ma santé autrement que vous.

      2. Vous avez tort, cher monsieur Longuet, de minimiser la préoccupation relevée par cet internaute. Il est évident que l’on ne met pas les gens dans des goulags en Suisse. Mais ce qui s’est produit restera INOUBLIABLE et traumatisant. Entraînés par une folie déclenchée par les intérêts financiers de la pharma alliées aux médias, on a interdit à des familles de visiter lerus vieux dans des EMS. On a essaié de contraindre les gens à subir une injection d’un produit très dangereux dont la liste des effets secondaires létaux s’allonge chaque jour. On a menti officiellement en interdisant les traitements qui pouvaient sauver des vies, alors qu’en même temps on rendait obligatoire le vaccin qui peut tuer. On a supprimé les libertés fondamentales. On a diffamé les voix discordantes en les traitant de complotistes et d’hurluberlus. L’état d’urgence a été proclamé. Il est encore en vigueur, même si on a rétabli une liberté – mais conditionnelle. Le peuple intimidé, violé mentalement, a donné son consentement le pistolet sur la tempe. Le mensonge de la démocratie soit disant libérale a donc été exposé en plein jour. Comment voulez-vous que tous ces abus de pouvoirs dont les coupables sont dans l’impunité, même s’il n’y a pas eu camps de concentration, je vous le concède, ne laissent pas des traces profondes? C’est impossible. Le retour du boomerang est inévitable, CERTAIN. Demain, la méfiance envers la démocratie s’exprimera, et produira des conséquences qui vous épouvanteront. Vous serez là pour vous lamenter de ce phénomène, mais vous oublierez de dire que les politiques liberticides insensées, suivies pendant ces deux années – que vous avez soutenues – seront la cause de ce virage populiste autoritaire. Ce qui est renversant avec les vieux progressistes tournés antidémocrates comme vous, c’est l’incapacité de se remettre en question et voir ses propres erreurs.

        1. @Martin: êtes-vous conscient de l’énorme contradiction de ce que vous écrivez: “les politiques liberticides insensées, suivies pendant ces deux années – que vous avez soutenues – seront la cause de ce virage populiste autoritaire”. Votre position dans votre contribution est bien de vous plaindre de mesures “liberticides” ici qui étaient fort limitées et de défendre une dictature où être en désaccord avec une guerre d’agression peut valoir 15 ans de prison? Cela mérite pour le moins explication: début de schizophrénie? Tendance sado-maso? Baisse progressive du QI? Merci de nous rassurer si faire se peut

          1. Ce que Martin dit, et je suis entièrement d’accord avec lui, c’est que vous sousestimez complètement la gravité de ce qui s’est passé ces 2 dernières années.
            Dans quelques mois, ces mesures reviendront sans doute, même si elle ne marchent pas dans les faits, et c’est la porte ouverte à l’arbitraire et à des contraintes comme logique sociale.

          2. Des politiques liberticides ont été menées. Vous les avez soutenues, et vous les avez minimisées dans leur gravité, ce qui est une forme de soutien. Le public a ressenti les privations de liberté, la contrainte et les abus de pouvoir, même si en effet, pour le moment on n’en est pas à mettre les gens derrière des barbelés – heureusement.

            Par conséquent, il y aura nécessairement un retour de manivelle, sous la forme de réactions que vous qualifierez de “populistes”. Généralement dans vos milieux, le populisme est considéré comme illibéral, autoritaire, etc. Vous en faites le thème de nombreux articles. Pour vous cette tendance, c’est le diable.

            Je dis donc tout simplement, et très logiquement, que par votre soutien à des mesures dont vous seriez ridicule de nier le caractère liberticide, vous avez, involontairement sans doute, fait le lit de la réaction inévitable à ce traumatisme, c’est à dire la montée d’un populisme illibéral et autoritaire.

            D’autre part, vous soutenez maintenant, au nom d’un argument moral, des sanctions contre la Russie contraires à toute logique rationnelle, contraires à la neutralité, et qui vont avoir un impact désastreux sur l’économie – sans pour autant apporter aucun avantage aux populations ukrainienes qui souffrent, tout au contraire. Ceci va aussi causer une paupérisation des classes moyennes en Suisse (et dans tous les pays). Or nous savons que la paupérisation des classes moyennes a toujours été le facteur causal de la montée des mouvements populistes, poujadistes, anti-système voire fascistes.

            Force est donc de constater que vous êtes sur une ligne absurde, car l’effet inévitable des politiques que vous soutenez ou préconisez, sera de susciter la montée du populisme que vous prétendez combattre.

            Cherchez l’erreur…

            Je vous suggère, au lieu de traiter les gens à tout hasard de “schizophrénie, tendance sado maso, baisse du QI” et autres amabilités, de raisonner rationnellement. Ne cédez pas à des réflexes de Pavlov idéologiques. En préconisant telle ou telle politique, pensez svp aux conséquences inévitables. Sinon c’est vous qui devriez être taxé de schizophrénie, et j’en passe…

          3. Je voudrais ajouter un autre aspect du problème que M. Longet oublie complètement dans son zèle bien-pensant: ces mesures, effectivement liberticides, de contrôle des population par QR Code etc., ainsi que les restrictions des libertés acceptées en votation populaire par un peuple terrorisé par la propagande, tout cela reste en place.

            Maintenant on a levé – conditionnellement et temporairement – certaines mesures. La laisse du chien, qui était de mètre, a été allongée à 10 mètres. OK. Mais le chien est toujours en laisse. Nous sommes en liberté, mais conditionnelle.

            Maintenant, si des mouvements populistes beaucoup plus radicaux que l’UDC, apparaissent à cause de la paupérisation générale (qu’on n’oublie pas que la prospérité suisse est trompeuse), et si ces mouvements parviennent au pouvoir en Suisse, ou dans d’autres pays, n’avez vous jamais pensé qu’ils pourraient choisir de se servir de cette infrastructure loiberticide qui reste en place et qui a été simplement mise un peu en sommeil ?

            Ce serait bien commode pour eux.

            De fait, avec la loi Covid un pouvoir fascistoïde disposerait de beaucoup plus de moyens de contrainte et de surveillance, que la Gestapo n’en a jamais eu à sa disposition.

            Cette politique liberticide a été voulue et approuvée par de vieux gauchistes soixante-huitards-écolo-euroturbos-anti-complotistes comme René Longet. Ces gens pourraient bien s’apercevoir un jour que les restrictions de liberté s’appliquent désormais à eux, par leur propre faute.

            Ce jour là on s’apercevait que les fiches papier de l’état fouineur des années 70 et 80, c’était gentil en comparaison.

        2. Vos propos confirment ce que M. Longet essaie de dire: à force de considérer la liberté de nos sociétés comme une liberté totale sans restriction aucune, de nombreux citoyens sont convaincus de bonne foi que la restriction temporaire de certaines libertés individuelles au profit de la collectivité est la preuve que nous sommes maintenant en dictature. La liberté de l’un s’arrête là où commence celle de l’autre. Vieille maxime mais qui n’a plus court dans le monde moderne du  « moi je ».
          Pour ce qui est de votre évaluation de la dangerosité des vaccins, je serais très intéressé par vos sources.

          1. La question n’est pas celle de libertés absolues. Mais des droits fondamentaux dont la protection est capitale à mes yeux pour notre vie en commun.
            Ce n’est donc pas l’individu contre le collectif, mais le socle de l’Etat de droit qui est en jeu. Si vous affaiblissez ce socle, vous affaiblissez tout l’édifice.
            Pour le reste, les données de swissmedic sont disponibles ici:
            https://www.swissmedic.ch/swissmedic/fr/home/news/coronavirus-covid-19/covid-19-vaccines-safety-update-13.html

  4. Chaque guerre est horrible et monstrueuse peu importe le lieu. Dommage que l’indignation du monde occidental (Europe et USA) ne soit pas aussi forte pour les enfants du Yémen qui sont affamés ou pour les gens du Donbas que les Ukrainiens massacraient sans scrupule depuis 8 ans. Il est effectivement regrettable que vos six leçons ne trouvent pas une réponse à chaque conflit. Ainsi va le monde.

    1. Les Ukrainiens n’ont massacré personne au Donbas. La preuve, l’armées russe y est combattue même par les russophones, comme c’est aussi le cas dans d’autres villes russophones.

    2. Propagande kremlinesque. S’ils étaient à ce point massacrés, pourquoi ne fuyaient ils pas en masse vers la Russie toute proche? Si vous n’êtes pas un troll, prenez un peu de distance avec les fables et la désinformation largement diffusée par Rt, sputnik et j’en passe. Les choses n’étaient pas roses, mais le narratif de M. Poutine reste un tissus d absurdités et de contres vérités.

      1. Je suis quelque peu étonné des propos de Stay Behind et Fridoux, Je ne prenais pas parti pour ou contre l’Ukraine ou la Russie. Je tenais simplement à démontrer que nos indignations et émotions sont souvent à géométrie variable. Pour votre information voir lien ci-dessous.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Donbass
        Pour les enfants du Yemen qui crèvent de faim, Est-ce aussi la propagande “kremlinesque” ???

  5. La politique folle consistant à mener une guerre économique contre la Russie a été choisie comme pis aller, car les pseudo démocraties de l’UE et de l’OTAN savent qu’elles sont dans l’incapacité d’opposer la force militaire à l’intervention russe. Cette politique, loin de susciter un sursaut pro européen que vous appelez de vos voeux, fait apparaître au contraire l’échec de l’UE et de l’OTAN, qui ont failli à leur tâche consistant à bâtir une architecture de sécurité, incluant la Russie, qui seule aurait pu garantir la pérennité de la démocratie et éviter des conflits armés comme celui au quel nous assistons. Mais il y a plus grave encore. Certes, la Russie subira des conséquences économiques du fait de cette politique. Le pouvoir d’achat des Russes baissera. Mais ce qu’on oublie c’est que la Russie s’est préparée et elle a d’autres options. Son économie est beaucoup plus autosuffisante que la nôtre et pourra se renforcer en devenant plus autarcique, et en développant ses échanges avec la Chine, l’Inde, le Brésil et tant d’autres pays qui ne sont pas disposés à s’aligner sur ces sanctions absurdes. Et puis, on sait que le peuple russe a prouvé maintes fois dans son histoire sa capacité à souffrir et tenir le coup dans l’adversité. Vous croyez que ces sacrifices vont transformer tous les Russes en gentils démocrates humanistes à la René Longuet… hahaha ! C’est le contraire qui se produira. Cette réaction là concernera une minorité de 10% de la population. La masse ressent déjà le départ des grands groupes économiques occidentaux, comme un acte hostile, non envers Poutine, mais envers le peuple russe lui-même. Cela va donc exacerber le nationalisme.

    Il est absolument impossible de comprendre la rationalité de ces pressions morales sur une entreprise comme Nestlé pour qu’elle cesse son activité en Russie. C’est le devoir d’une entreprise comme Nestlé de s’opposer fermemement à ces pressions honteuses. Car quelle serait la conséquence du départ de Nestlé ? Des pertes d’emploi pour les gens qui avaient trouvé du travail dans cette entreprise en Russie. La perte d’un marché pour Nestlé et donc des pertes d’emplois aussi en Suisse. Mais en aucun cas aucun effet positif en termes de démocratie ou de droits de l’homme. Tout au contraire. Et croyez-vous que ce soit vraiment un problème pour le consommateur russe de remplacer Nespresso, Nesquick, Nescafé et tant d’autres produits Nestlé par d’autres forunisseurs. C’est ridicule vraiment. Mais d’un autre côté, quelle aubaine pour les concurrents de Nestlé!

    Et surtout, il faut être très clair : la première victime de cette politique stupide, lâche, irresponsable, sera non la Russie, mais les économie européennes, qui vont s’effondrer, les consommateurs gilets jaunes en Europe qui ne s’en remettront pas et ceci causera l’arrivée au pouvoir de mouvements populistes durs. Et enfin, bien sûr, les pauvres des pays en développement qui vont connaître la famine à cause de la hausse vertigineuse du prix du pain. Quel sera l’avantage de toutes ces catastrophes ?

    Bref, de n’importe quelle façon que l’on retourne le problème, les conséquences seront désastreuses du point de vue préciséement de ce qui vous tient à coeur: c’est à dire le progrès d’une Europe unie, démocratique, prospère, sociale etc.

    Par idéologie pure on s’est lancé dans une politique aberrante et irrationnelle dont les résultats ne peuvent être que désastreux pour tout le monde.

    Ca fait pitié de voir le président de la confédération se ridiculiser en participant à des manifestations à la Greta Thunberg, pour une politique dont chacun voit qu’elle va revenir brutalement en pleine gueule du Suisse et de la Suissesse de base. Après deux ans de destruction de l’économie et de la vie normale, pour aucune raison valable, on n’avait vraiment pas besoin de ça.

    1. La hausse du prix du pain – et plus généralement, des céréales, est à imputer à M. Poutine ; si les ukrainiens sont dans les maquis au lieu d’être aux champs, c’est bien en raison de la guerre d’invasion. Idem pour les destructions sur la filière dans son ensemble.
      Votre constat sur l’économie de notre pays au sortir (?) de la pandémie ne semble pas coller avec la réalité (mais peut-être envisagez-vous un pan limité de l’économie, constitué des acteurs ayant souffert des restrictions et de la désertion de la clientèle, effectivement plus visible dans le quotidien de chacun que le gros de notre économie).
      Quand au pouvoir d’achat des classes les plus défavorisées et leur basculement politique vers les extrêmes, là je vous rejoins. Mais n’oubliez pas que c’est bien le Kremlin qui souffle sur ces braises depuis des années (ce qui n enlève rien à la réalité des difficultés financières), en finançant d’une part ces partis, et en orientant par ailleurs l’opinion via les réseaux dit “sociaux”.

    2. Tiens, pour une fois seriez-vous moins c… que vous le laissez accroire? On vous suit en effet bien plus volontiers ici que dans vos diatribes donquichottesques contre le vaccin anti-covid. Pour compléter le diagnostic assez juste que vous faite de ce qui serait sinon considéré sans doute comme l’aliénation poutinomaniaque – affection qui se soignait autrefois par camisole de force ou douches froides (ou combinaison des deux) -, vous auriez aussi pu mentionner que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a rappelé cette semaine sur CNN que ce n’est pas la Russie qui a rompu les accords de Minsk, mais l’Ukraine.

      Et pour être encore plus équitable, pourquoi ne pas avoir cité ce prêtre orthodoxe de la région de Kostroma, au nord-est de Moscou, qui a invoqué le cinquième commandement, “Tu ne tueras point”, dans son sermon dominical du 6 mars dernier? Dénoncé à la police par un paroissien, il a été puni d’une amende de 35’000 roubles (435 francs d’avant l’invasion du 24 février). Ou ces 7’500 membres de l’Université d’Etat de Moscou (Université Lomonossov), plus ancienne institution d’enseignement supérieur de Russie, qui ont signé une lettre ouverte dénonçant la guerre? Avec le décret signé cette semaine par Poutine, qui semble changer de lois comme de chemise, tous ces courageux contestataires risqueraient quinze ans de prison. Mais depuis quand, dans un pays civilisé, invoquer la paix constitue-t-il un crime contre l’Etat?

  6. Est-on vraiment décidé en Europe à vaincre Poutine par tous les moyens?
    Sommes-nous prêts à accepter le rationnement de l’essence par exemple?
    Sommes-nous convaincus que Poutine bluffe avec son chantage d’armes nucléaires?
    Si nous répondons non à ces trois questions c’est que nous préférons être les esclaves de ce fou dangereux.

    L’énergie et les matières premières se trouvent principalement dans des pays à régime autoritaire.
    Pour faire tourner son économie l’occident préfère se voiler la face et accepte le racket de ces pays.
    On préfère tolérer ce syndicat de racketteurs. Une sorte de Chicago planétaire en somme…

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