Zemmour à Genève? Pas de tolérance pour l’intolérance

Paradoxe ou vaste tromperie ? L’extrême-droite aime s’en prendre à une prétendue «pensée unique» qui n’existe que dans ses fantasmes, et à des limitations qu’elle qualifie d’«abusives» de la liberté d’expression – alors que ces mêmes forces politiques passent leur temps à admirer les démocraties illibérales et corrompues de l’Est européen, et les régimes russes et chinois.

En Chine, plus de place pour la moindre différence ; quant à la Russie, elle se redirige à grands pas vers le parti unique. Dans ces pays, les récriminations de nos populistes qui s’estiment corsetés dans leur liberté de parole ne dureraient que quelques instants, avant de les conduire en prison pour de longues années. Quant aux démocraties illibérales, il s’agit de se couler dans le moule d’un mainstream ultraconservateur et gare aux homosexuels, cyclistes ou végans (pour reprendre l’amalgame fait par un responsable gouvernemental polonais), non conformes à l’image machiste dominante.

Il est totalement illogique et non crédible de prétendre que chez nous, « on ne peut pas tout dire » et de soutenir dans le même mouvement des régimes autoritaires, et d’admirer leur gouvernance, dans laquelle aucune divergence n’est tolérée ! A moins qu’en effet ce ne soit une stratégie visant à fidéliser un public autour de critiques abusives, pour ensuite mieux pouvoir saper notre conception de l’Etat et de la démocratie.

Toute liberté trouve sa limite dans la liberté d’autrui

Il n’est que juste qu’il y ait des choses qu’on n’a pas le droit de dire. Ainsi, on n’a pas le droit de diffamer ou de calomnier. On n’a pas le droit de proférer des insultes fondées sur l’apparence d’une personne, son orientation sexuelle ou son appartenance à une croyance, ou encore de nier les génocides. Ni moralement, ni juridiquement.

Ce sont les garde-fous que les dramatiques expériences du 20e siècle ont enseignées aux Etats démocratiques et de droit : pas de tolérance à l’intolérance, pas de liberté pour les ennemis de la liberté. Interdire de banaliser le racisme, de semer la haine entre communautés, d’excuser ou de nier les génocides est la moindre des choses, si nous ne voulons pas que cela recommence. Ce sont des barrières morales essentielles au vivre ensemble sur nos territoires.

Maintenir la cohésion sociale

La vie en société exige des règles, et aucune liberté n’est absolue. N’en déplaise aux anti-vax et aux complotistes de toutes sortes, qui érigent l’Etat de droit en ennemi et ne veulent obéir qu’à eux-mêmes. Elargissons cette attitude à la fiscalité, à la circulation routière, au port d’armes – ce serait le chaos garanti, qui ne peut qu’aboutir à la loi du plus fort.

La société a le droit, et même le devoir, de se défendre contre la destruction de ses valeurs constitutives; l’universalité des droits de l’Homme, de l’Etat de droit et de la démocratie doit être revendiquée avec force. Des personnages comme Salvini, Trump, Bannon ont suffisamment montré ce qui peut se passer quand on souffle sur les braises sulfureuses de la haine et stimule les réflexes du cerveau reptilien, quand on encourage les mauvais côtés de l’être humain. Tout cela matiné de son lot de pharisaïsme et d’hypocrisie dans l’affirmation de valeurs familiales et de probité dans les affaires, alors qu’on s’en moque éperdument dans sa vie personnelle.

Zemmour le faussaire

Zemmour est de la même veine, ne reculant devant aucune provocation pour se faire remarquer et semant lui aussi les ferments de la haine et de la division. Etre Juif et oser défendre le maréchal Pétain qui aurait sauvé les Juifs français en ne livrant aux nazis «que» les Juifs étrangers réfugiés en France ? Double honte, d’une part en déclinant jusqu’au bout de l’ignominie la «préférence nationale», d’autre part, en falsifiant l’histoire, car c’est bien tous les Juifs de France que Pétain a livré aux nazis…

Tout cela sur fond de complot  autour de la fable du «grand remplacement». Car si la France n’avait pas conquis, soumis et colonisé une bonne partie de l’Afrique du Nord puis de l’Afrique Noire, il n’y aurait en France de musulmans qu’essentiellement des convertis, ou, plus tard, des travailleurs dont la France avait bien besoin.

Mais là encore, vaste tromperie. On ne peut pas être nostalgique du passé colonial de la France, se revendiquer d’être né en Algérie «ex-française» et développer la haine de ce qui est différent, et en particulier celle de l’Islam. Haine irrémédiable car elle proclame l’identité de l’Islam et de l’Islamisme, en décrétant que tout musulman est un intégriste potentiel… et sape ainsi à la base toute possibilité d’intégration et d’interaction.

Vaste tromperie aussi, quand on est soi-même un produit du métissage tant abhorré, oui, Zemmour, ce n’est pas très «français» comme nom, alors de quel droit ce monsieur prône-t-il le contraire de ce qu’il est ? Son nom même et son parcours suffisent à démasquer son discours, ce n’est qu’un ridicule – mais fort dangereux – imposteur.

L’unité dans la diversité du genre humain

Il n’y a pas de «race pure« ni de race «supérieure». Il n’y a pas d’ethnie pure, toute ethnie est un produit culturel d’une histoire plus ou moins longue, un résultat évolutif des croisements multiples de l’espèce humaine entre ses divers représentants, donnant ce chatoiement de diversités, à l’image d’un kaléidoscope, dont est elle est faite. La génétique ne nous dit rien d’autre d’ailleurs.

Alors oui, Zemmour n’a rien à faire ni à Genève ni ailleurs. Car certaines idées sont pires encore que certains crimes. Quand des individus dévoyés commettent des crimes antisémites, racistes ou anti-musulmans, ce sont à ce stade des actes de personnes isolées.

Mais quand on répand et banalise les idées suprémacistes, racistes, anti-telle communauté ou anti-telle autre, et qu’on légitime peu ou prou le passage à l’acte sous prétexte d’»autodéfense» de l’»homme blanc», c’est tout le corps social qu’on infeste et infecte, c’est son immunité collective aux actes criminels qu’on sape, c’est le réveil des bas instincts qu’on orchestre. Et ce sont les bains de sang de demain qu’on prépare. L’Histoire nous le dit assez. Donc non aux mots qui banalisent le crime et qui préparent les crimes de demain. Pas de ça ni chez nous ni ailleurs ; trop de liberté tue la liberté.

René Longet

Licencié en lettres à l’Université de Genève, René Longet a mené en parallèle d’importants engagements, dans le domaine des ONG et du monde institutionnel, pour le vivre-ensemble ainsi qu'un développement durable. Passionné d’histoire et de géographie, il s’interroge sur l’étrange trajectoire de cette Humanité qui, capable du meilleur comme du pire, n’arrive pas encore bien à imaginer son destin commun.

46 réponses à “Zemmour à Genève? Pas de tolérance pour l’intolérance

  1. « ce sont les bains de sang de demain qu’on prépare »

    Vu l’esprit du temps et l’ambiance qui règne en ce moment dans les sociétés occidentales, je pense qu’on n’aura pas besoin de Zemmour pour en arriver là …

  2. Je pense que Zemmour exprime mal le problème. Il s’agit en tout premier de faire respecter nos lois par les nouveaux arrivants et non pas de les empêcher de venir chez nous. La vraie crise est l’inadéquation du système judiciaire, non l’arrivée des migrants. Qu’ils exercent leur religion, soit! mais qu’ils respectent le précepte “Tu ne tueras point”. Zemmour est le fils d’Abdessalam. Si un nouvel attentat tel que le Bataclan se produit d’ici les élections, il est Président de la République. Les Allemands ont eu des problèmes dus aux mariages consanguins. Ce genre de chose nous guette tous, européens comme maghrébins. Madame Merkel a réagi avec intelligence car elle a perçu que ses industriels manquaient de main d’œuvre. Quant au grand remplacement, au changement de civilisation, même les Chinois n’empêchent pas que des étrangers viennent vivre chez eux, que la science voire les mœurs américaine prévalent peu à peu! Ils n’y arrivent pas même s’ils surveillent de très près. Oui, c’est une concurrence embêtante pour les “indigènes” d’Europe. Pourtant, à vous lire, j’ai envie de retourner vers le grand Voltaire. “je ne suis pas de votre avis, mais je suis prêt à mourir pour que vous puissiez le dire”. Zemmour a la faiblesse de se limiter aux problèmes de migrants et, pour autant que je sache, de ne rien proposer de convaincant dans le domaine économique. La sagesse des électeurs fera le bon choix, ne censurez pas!

  3. Pour être clair et tout comme vous, je n’éprouve aucune sympathie pour ce monsieur et ses thèses.

    Je m’étonne toutefois, vous lisant parler d’état de droit, ne pas vous voir exiger l’interdiction de ses brûlots, pourtant disponibles dans toutes nos librairies. Serait-ce parce qu’il ne s’y trouve rien de répréhensible au sens de la loi ?

    Et, toujours en parlant d’état de droit, ce monsieur n’ayant encore commis aucun délit sur notre sol, est-il fondé de vouloir l’interdir de séjour (il n’a rien à faire ici) ou de parole, afin d’éviter qu’il en commette ? Et si oui, sur quelles bases juridiques ? On ne serait alors plus très loin d’une justice à la Minority Report où l’on condamne avant même la commission d’un crime.

    Je n’ai, je le répète, aucune espèce de respect pour le bonhomme et ses idées, par contre j’en ai pour nos lois et notre droit, dont la gauche n’est pas la dernière à nous rappeler qu’ils sont applicables mêmes au plus innommables crapules.

    Je comprends votre indignation, mais a dénier à des idées de s’exprimer sans qu’elles n’aient encore violé nos lois, c’est notre propre droit que vous reniez.

    Qu’il vienne et soit poursuivi si ses propos devaient contrevenir à celles-ci, ou reparte libre d’avoir partagé des idées qui, bien qu’inacceptables à vos yeux, n’en demeureraient pas moins légales.

    L’enjeu se trouve moins dans les idées de ce monsieur que dans notre liberté à tous face à l’arbitraire.

  4. Tout ce qui concerne la liberté, je suis d’accord avec vous, il faut la protéger.
    Dans un contexte mondial où la démocratie recule et les dictatures avancent sans complexes, nous sommes dans un nouveau paradigme, la défense de la démocratie. Cette défense, c’est face principalement à une Chine qui ne va pas hésiter dans un premier temps à annexer des îles sachant qu’il n’y aura aucune réaction des démocratie. JO Péking 2022 = JO Berlin 1936.

    Mais concernant Zemmour, vous avez tout faux. Il veut stopper la migration, expulser les délinquant, s’en prend aux personnes non intégrées, ce qui n’a rien d’illégitimes, c’est juste amorales pour certains citoyens. Si on regroupe ce courant, c’est avec MLP, 35% de la population.
    Or pourquoi ce succès, c’est la conséquence d’une élite française qui n’écoute pas son peuple.

    Zemmour n’est pas un danger, mais pour une gauche perdue sans boussole, ça lui permet d’exister, ce qui est navrant. C’est la raison des actions violentes. La gauche n’est plus en phase avec la population, notamment sur la problématique islamisme, intégration, immigration, expulsion. La violence remplace les idées qui devraient contrer celles de Zemmour. Or les idées du statu quo ne peut qu’engendrer plus de révoltes.

    Vous parler de Zemmour comme quelqu’un qui s’en prend à la liberté. Non, il reflète une partie de la population qui n’adhère pas au candidat Zemmour, mais à ce qu’il représente (les sondages montre une confiance très moyenne en tant que président).

    En réalité la gauche genevoise ne veut pas censurer Zemmour, mais un courant politique qui ne met pourtant pas en cause la démocratie, c’est cette gauche qui est antidémocratique.
    J’ajoutes, je n’ai jamais entendus ces mêmes politiciens se faire la voix contre le salafisme, les frères musulmans, qui eux ont une doctrine politique fasciste. La liberté, pour cette gauche, se conjugue en bon fascisme (islamisme, antifa) et en mauvais. Zemmour est bien sur dans une radicalité, mais n’est même pas fasciste.

    Une partie de la gauche genevoise a montré son visage de la censure, logique après l’autocensure de la bien pensance. La réalité demande de mettre des mots sur des faits, pas des mots de novlang. Ignorer la délinquance parce que étrangère signe le succès des gens comme Zemmour.
    La ville de Genève devrait se jumeler avec une ville chinoise, histoire d’être conseillé en censure.

  5. Humberto Eco a un jour écrit (si mes souvenirs sont bons) : “Pour être tolérant, il faut avoir défini les limites de l’intolérable”.

  6. Votre article est une illustration parfaite de l’intolérance des intellectuels de Gauche, qu’ils soient Suisses ou Français.
    Zemmour ne défend pas le Maréchal Pétain. Il a discuté dans certains de ses livres et articles un point d’histoire sur le rôle du Maréchal et ce point n’est pas du tout repris dans son discours politique d’aujourd’hui pour aller vers la candidature à la présidence de la république française. Donc ce point n’est pas d’actualité et vous n’avez pas à l’invoquer pour le disqualifier (d’autant que, oui, Pétain a évité la déportation des juifs de nationalité française habitant en zone non-occupée jusqu’à la disparition de cette zone en 1942).
    Concernant le grand remplacement, quelle que soit la raison explicable par le passé colonial de la France, il est indéniable qu’une partie aujourd’hui très importante de sa population est d’origine africaine et musulmane et que le nombre de ces nouveaux venus est tel que sur de nombreux territoires du pays, la culture a changé. Comme ces populations font plus d’enfants que celle des Français de souche européenne, il y a bien là les prémices d’un grand remplacement.
    Enfin Zemmour ne condamne absolument pas le métissage racial. Il s’assume lui-même pleinement comme d’origine Berbère. Ce qu’il veut c’est que les gens qui comme lui ont une autre origine ethnique que les Français d’origine européenne, se fondent avec les autres, dans la même culture. Pour ce qui est de la religion, il ne demande pas la conversion des nouveaux venus à la religion chrétienne mais simplement l’abandon par les musulmans du principe de la suprématie de la charia sur la loi de la République et la conformité aux mœurs de l’ensemble de la population d’origine (en d’autres termes, l’« assimilation »).
    Je crois que vous connaissez bien mal les idées de Zemmour. Vous devriez revoir le sujet afin d’en parler honnêtement. Enfin je comprends mal qu’un Suisse, citoyen du pays de la Liberté (où même Lénine a pu séjourner !) s’oppose au dialogue avec quelqu’un qui ne partage pas ses idées. Si vous ne parlez qu’avec les gens qui pensent comme vous, vous n’êtes pas un démocrate.

  7. Merci René Longet pour ce texte qui replace dans la durée historique le personnage caricatural de Zemmour. Pour ceux qui craignent en toute légitimité une obstruction à la liberté d’expression, j’aimerais rappeler qu’Eric Zemmour ne cherche pas le dialogue. Son objectif est le pouvoir et pour cela il racole en faisant appel aux plus bas instincts de l’être humain. Ce n’est pas quelqu’un avec lequel on débat en respectant des avis divergents. Ne commettons pas l’erreur des éditorialistes des années trente du siècle passé. Ils aimaient comparer les «gouvernements démocratiques » (France, Royaume Uni, etc. ) et les « gouvernements dictatoriaux » (Allemagne, Italie, URSS) comme s’il s’agissait de deux systèmes avec leurs qualités et leurs défauts respectifs. On a vu un peu tard que Mussolini, Hitler et Staline n’avaient pas juste une opinion différente des démocrates. Ils construisaient un autre monde bâti sur le racisme, les chambres à gaz et le goulag. Dans son registre pitoyable, Zemmour n’arrivera pas à de tels extrêmes mais un homme qui veut réhabiliter Pétain ne peut rien amener de très réjouissant dans l’Europe d’aujourd’hui.

  8. Je vous propose un petit test rien que sur la semaine dernière.

    Quelle journaliste a été menacée de décapitation? Christine Kelly.

    Quel journaliste a été séquestré et menacé de mort ? Un stagiaire du média de droite livre noir.

    Quel journaliste a été menacé d’une balle dans la tête par un chef de parti national et jusqu’à récemment candidat à la présidentiel en France? Z.

    Où est l’intolérance?, la violence ? et la menace contre la démocratie ?

    Interdire Z à Genève est anticonstutionnel, contraire à la CEDH et aux différents pacte de l’ONU. Pour lutter contre le discours d’un homme politique d’extrême droite, faut-il s’affranchir des droits de l’homme universellement reconnus ? 🤔

    Suffit de voir le nombre de commentaires sur les blogs du Temps tenus par les hommes et femme de gauche versus de droite pour comprendre qui censure…

    Et arrêtez de nous dire de ne pas user de pseudos, pour ensuite plaider la limitation de nos droits humains !

  9. Votre blog prétend que M. Zemmour est raciste, xénophobe, homophobe, sexiste, etc….
    Ce monsieur aurait tous les tors. Il est facile d’accuser mais il faut aussi le démontrer. Si on n’y arrive pas c’est de la calomnie. J’attends des exemples concrets de votre part, si vous y arrivez.

  10. Voici un slogan que la gauche ne renie pas, Je vous conseille vivement de le méditer.
    “IL EST INTERDIT D’INTERDIRE”
    Ca se passe de tous commentaires.

  11. J’interroge les commentateurs : ne trouvez-vous pas étrange pour vous d’être du côté de ceux qui veulent interdire de parole un journaliste de confession juive ?

    N’était-ce pas le marqueur identitaire des fascistes ?

  12. Voici un commentaire de M. Ariti dans LT du 23. novembre qui mérite que nous tous reflechissons: “«La seule chose qui mérite d’être censurée, c’est la censure elle-même. Qu’il (Zemmour) vienne, déverse ses outrances et s’en retourne chez lui»
    Et dans quelques semaines ou mois plus personne n’en parlera….

  13. J’ai lu avec attention votre article et, si je peux me permettre, je pense que vous avez tout faux.

    D’une part, nous avons un Code pénal tout à fait remarquable dans notre ordre juridique qui s’applique à tout un chacun sur territoire suisse. Si ce monsieur souhaite, durant sa venue au bout du lac, s’essayer au révisionnisme historique ou appeler à la haine raciale, il sera jugé et, espérons-le, condamné. Il l’a déjà été deux fois en France d’ailleurs.

    D’autre part, je déplore le peu de considération que vous semblez avoir pour la sagacité et l’esprit critique de nos concitoyens. Je reste convaincu que la très grande majorité d’entre nous sait distinguer un discours argumenté d’un pamphlet, une publication à caractère scientifique d’une théorie fumeuse, nauséabonde et sans fondement comme celle que propage ce personnage. Arrêtons avec cette vision d’un Etat paternaliste dont le rôle serait d’éduquer ses citoyens (et c’est un homme aux idées bien ancrées à gauche qui vous le dit, c’est un comble!).

    Par ailleurs, je tiens à rappeler à toutes fins utiles, puisque vous mentionnez les régimes dictatoriaux qui font saliver l’ultra-droite, que Genève s’est gaussée d’accueillir, sous les caméras du monde entier, un certain Vladimir Poutine il y a quelques mois de cela. Vous êtes-vous insurgé contre sa venue dans la cité du multilatéralisme et de l’humanitaire? Avez-vous lancé une pétition pour interdire cette rencontre diplomatique?

    Toutefois, ce qui me chagrine le plus dans votre discours est bien le passage où vous qualifiez son patronyme de “pas très français”. Excusez-moi, mais cette remarque est absolument inqualifiable et n’aurait pas dépareillé dans le discours dudit polémiste. En quoi le propos est-il plus ou moins crédible, qu’on s’appelle De Lesquen ou Zemmour?

    En somme, tous ensemble, donnons à ce personnage toute l’attention qu’il mérite, c’est-à-dire aucune. Qu’il vienne, présente son ouvrage et qu’il reparte dans l’indifférence générale. Utilisons notre temps et notre énergie au service de vraies causes (la crise climatique par exemple?) plutôt que de polémiquer sur un polémiste. Ces gens n’attendent que d’être mis au ban de la classe politique pour galvaniser leurs troupes. Ne leur rendons pas ce service.

    1. Poutine et tant, tant d’autres… La liste est longue et l’argent n’a pas eu d’odeur pendant très longtemps en cette bonne ville…

  14. Même si je ne partage pas l’opinion de M. Longet, et que je vois surtout à travers son billet la détresse d’une “élite” de gauche totalement démunie face à la montée du populisme, je salue néanmoins son initiative d’avoir ouvert de ce débat dans son blog. Car dans nos médias suisses-romands d’aujourd’hui, il n’est plus autorisé de s’exprimer sur les sujets dits “tabous”.

    1. L’usage du mot “populisme” est péjoratif. Il s’agit de la “montée du discours patriotique”. Ce n’est pas honteux d’être très conservateur et d’avoir peur des changements.

      1. Vous avez raison, ce mot est généralement tourné de manière péjorative. Rien d’étonnant puisque c’est l’élite politique déconnectée de la réalité qui l’emploie le plus souvent dans le but de stigmatiser ceux du peuple qui ont une opinion divergente.
        Mais c’est bien le mot qu’il faut employer pour décrire l’opposition du peuple face à cette classe politique.

  15. Le balisage de la pensée socialiste est maintenant bien établi; sa prépondérance a envahi toutes les sphères d’influence, aussi bien politiques que médiatiques. Cette, pensée est maintenant bien établie. Mais voilà, une voix en dehors du radar de la pensée unique a été repérée. Grand danger dit Monsieur Longet; il faut interdire l’espace suisse à cet intrus qui ne pense pas correctement.
    En fait, c’est surtout que la gauche, gardienne des « valeurs », a tout simplement oublié ou n’a pas voulu aborder de front et dans sa réalité les problèmes de l’immigration, de l’islamisme, des zones de non-droit, de la sécurité etc. Aussi, elle se trouve tellement démunie qu’elle n’a d’autre argument que traiter Zemmour de fasciste.
    La gauche, n’aurait-elle plus de bons dialecticiens pour contrer valablement Zemmour. Oui, certainement; mais ils faudrait qu’ils se réveillent et cessent de se bercer dans les « valeurs ». Qu’ils reprennent le combat et empoignent la réalité, celle des gens, pas celle des intellectuels calfeutrés dans leurs douillettes certitudes.

  16. Le rôle de Zimmour est d’affaiblir la Droite patriotique pour permettre la reconduite automatique du Président à son poste en avril 2022. Mitterrand a utilisé ce même stratagème en ouvrant les autoroutes médiatiques à M. Le Pen pour diviser la Droite traditionnelle.

    1. Mach 2, vous répétez ce que l’ensemble de la presse chante en choeur, c’est pas vraiment la réalité historique, il y a eu l’Algérie, de Gaulle, etc. Par contre, c’est Mitterrand qui a eu l’idée de classer le Pen dans la case extrême droite, faut dire que le Jean-Marie a largement accepté l’invitation. Mais la réalité était plus pour diviser la gauche, que la droite, on en voit les conséquences aujourd’hui et ça Mitterrand l’avait compris, il ne manquait plus que la phrase de de Gaulle : “je vous ai compris” !!

      Pourquoi je vous dis ça, il y a deux raisons ;
      1. La droite a toujours été divisée, c’est même la devise de la droite depuis le second empire (pour la France), tandis que la gauche d’avant Mitterrand, certes avait un spectre large, mais sans réelle division, c’était une main devant et une main derrière, mais toujours unie par un corps unique.
      2. C’est Mitterrand qui a ouvert la brèche au sein de la gauche française, simplement, parce que comme staline, il a toujours plus craint ses amis que ses adversaires de la droite, d’ailleurs, il a dirigé la France comme un politique de droite avec une stature d’homme de droite et même avec un gouvernement de droite, justement pour prendre du terrain aux gaullistes, mais en divisant la gauche.

      Ce n’est pas chute du mur qui a explosé les socialistes et ces trompes l’oeil de soi-disant, divisions de la gauche, c’est Mitterrand, après Mitterrand, dites moi où sont les repères dans la gauche ?

      Néant, nada !

      Je ne pense pas que Zemmour, contrairement à ses déclarations affectionne de Gaulle, au contraire, je dirais plutôt qu’au niveau des idéologies, il se case beaucoup plus à gauche que le parti socialiste, comme cette gauche anticoloniale de la deuxième république, celle qui s’opposait à l’abolition de l’esclavage contre la majorité de Louis-Napoléon Bonaparte !

    2. Il faut expliquer un peu plus, à la fin de mon précédent commentaire, je parle de cette gauche anticoloniale, je veux dire par là, cette infime faction de la gauche qui était anticoloniale mais néanmoins contre l’abolition de l’exclavage, les mêmes qui ont par la suite, créé le parti radical au début du 20ème siècle !

  17. Vous avez raison, pas de tolérance à l’intolérance, sauf si ce que combat Zemmour est l’intolérance, là le calcul voltairien s’inverse. Car ce que dénonce Zemmour, c’est aussi et surtout ce qui gangrène la culture française, nous parlons d’environs 1’000 zones contrôlées par des millions d’immigrés ou descendants d’immigrés, naturalisés français ou pas, avec ou sans permis de séjours, qui choisissent à hauteur de 70% de placer la charia au dessus des lois républicaines. Qui édictent des interdictions envers les femmes concernant leurs tenues, leurs morales et le reste, telles qu’elles sont édictées et à la lettre dans les hadiths et les sourates coraniques, je ne vais pas citer toutes les particularités qui opposent ces moeurs avec la culture occidentale, mais il faudrait quand-même avoué qu’il y a comme un problème !

    Alors disons que Zemmour est intolérant avec certaines formes d’intolérances !

    Sauf que vous-même, prônez l’intolérance à l’intolérance, il me semble que vous avez loupé une étape ?

  18. A vous lire, Messieurs les commentateurs (je n’ai pas vu de contributrice ?), la gauche n’aurait rien à répondre à Zemmour, pire, accepterait sans coup férir des zones de non droit ou de droit islamique, une immigration sans contrôle et serait indifférente aux enjeux de sécurité.
    C’est là un double mensonge. Non la gauche n’a à aucun moment accepté des situations où serait imposé un droit autre que le droit national ou où celui-ci ne serait pas respecté. La sécurité est un droit, assuré dans le respect de l’Etat de droit. Oui la gauche, et toutes les forces humanistes, ont un discours très clair à opposer à la tendance politique qu’incarne un Zemmour.

    D’une part, elle affirme la nécessité de la concertation internationale face au repli sur les intérêts nationaux. Les grands enjeux internationaux, de la concurrence fiscale au climat, de la migration à la pandémie, ne peuvent pas être réglés sans cela. D’autre part, elle défend avec force l’exigence de la démocratie, de l’Etat de droit fondé sur les droits humains (auxquels répondent des devoirs à l’égard de la collectivité), d’une gouvernance inclusive, d’un développement durable (et non prédateur). Au cœur de la durabilité : l’égalité de chances pour toutes et tous, le respect des capacités de charge du milieu naturel. C’est ainsi qu’on assure un avenir digne d’être vécu, et pas dans l’affrontement de tous contre tous ou le culte de « l’homme fort ».
    A l’opposé, le populisme cherche à diviser, à inventer une opposition entre villes et campagnes, peuple et élites, intellectuels et manuels, raison et émotion. Comme si les campagnes pouvaient vivre sans les villes, et vice-versa. Comme s’il y avait une entité compacte appelée « le peuple » et une autre appelée « l’élite », et que la première serait « saine » et la seconde pervertie et profiteuse. Comme si un travail manuel n’exigeait pas d’intelligence et qu’un « intellectuel » n’aurait aucune capacité pratique… Et comme si on pouvait vivre en opposant le cœur et la raison.
    Ce qui frappe le plus chez les leaders populistes est leur sans-gêne et leur hypocrisie. Ils attaquent la corruption et se révèlent les plus corrompus. Ils prônent les valeurs familiales et les trahissent aussitôt. Ils se prétendent éclairés et ne font que de la démagogie, ils prétendent rassembler le peuple et ne font que de le diviser. Ils ne font que miser sur les énergies négatives, mettre la faute sur d’autres ; il n’y a jamais aucune proposition positive, ou si peu. Ceux qui y ont cru ne peuvent qu’être trompés.
    C’est là que le discours sur la liberté sans limites (repris en masse par le mouvement anti-vax) interpelle et révèle la fourberie intrinsèque de ces douteux personnages. D’une part, parce qu’il est proféré par des admirateurs de la Russie et de la Chine, où il n’y a pas ou pratiquement pas de liberté d’expression. D’autre part parce qu’aucune liberté n’est sans limites.
    Que l’extrême-droite en vienne à invoquer le fameux slogan anarchiste de Mai 68 « Il est interdit d’interdire » – qui était une provocation plutôt qu’une revendication – est du même acabit. En fait il y a un projet très clair derrière la déstabilisation organisée par l’extrême-droite mondiale : la fin de la démocratie, la fin du multilatéralisme, la fin de l’humanisme. C’est un vrai combat autour de l’avenir que nous voulons pour l’humanité sur cette Terre.

    1. “En fait il y a un projet très clair derrière la déstabilisation organisée par l’extrême-droite mondiale”

      J’imagine que vous n’êtes pas non plus vacciné, à force de croire à des complots de l’extrême-droite imaginaires… 🤦‍♀️🤷‍♀️

      Vous croyez vraiment à l’existence d’un “projet mondial” de l’extrême droite ? 😅🤣🤣🤣🤣

    2. Contrairement à vous, le géographe Christophe Guilluy pense que les leaders populistes sont utilisés par les peuples pour se débarrasser des élites (et non l’inverse comme on le pense habituellement). Ils instrumentaliseraient les mouvements et les leaders populistes pour imposer leur vision plus traditionnelle de la société et se défaire des progressistes de pacotille qui ne s’intéressent plus à eux depuis plusieurs décennies déjà en leur préfèrent les minorités, les migrants et les enjeux sociétaux. La gauche a abandonné à leur sort les classes populaires, souvent en les méprisant et les considérant comme une masse de beaufs incultes et grossiers voués tôt au tard à disparaître de nos sociétés ouvertes et tolérantes.

      Que ce soit le Brexit triplement confirmé dans les urnes, l’élection de Trump ou de Bolsonaro, en ne faisant plus confiance aux médias et aux politiques, les classes populaires seraient en train d’inverser le cours de l’Histoire en évinçant petit à petit les « élites » et en considérant que la parole officielle n’est plus automatiquement perçue comme une vérité.

      « il y a un projet très clair derrière la déstabilisation organisée par l’extrême-droite mondiale : la fin de la démocratie, la fin du multilatéralisme, la fin de l’humanisme. »

      Disons que certains aspirent à la fin d’une certaine conception de la démocratie, du multilatéralisme et de l’humanisme qui, sous couvert de bonne conscience et de progressisme, sert les intérêts d’une minorité. Les populistes, qu’ils soient de droite ou de gauche, servent ces aspirations. Les dangers de dérapages sont énormes, mais pour des populations qui pensent ne plus avoir grand-chose à perdre cela pourrait être considéré comme un moindre risque.

      Pour faire court, les classes populaires reprennent à leur compte la phrase de Coluche : « ils ne veulent pas de nous ? Qu’ils se rassurent, nous ne voulons pas d’eux ! ».

      Votre texte démontre jusqu’à la caricature à quel point cette minorité, à laquelle vous appartenez, n’a rien compris aux enjeux et aux rapports de force en train de se mettre en place. Pire, à quel point elle ne comprend même pas ce qui lui est reproché.

      On n’est pas sorti de l’auberge.

  19. Cher Monsieur Caillet, et que proposez vous pour venir en aide à ces classes populaires que vous prétendez défendre? Parlons pouvoir d’achat, inégalités, working poor, logement à un prix abordable, coûts de la santé, création d’emplois décemment payés et socialement utiles, mitigation du changement climatique qui frappe d’abord les plus pauvres, pertes de temps dans les transports contraints par l’éloignement croissant entre emploi et domicile, alimentation saine et nutritive pour tous, soutien aux régions en déshérence, reconnaissance de la valeur du travail, salaires minimum et maximum, transition écologique juste, réparabilité des objets? Ne me dites pas que tout cela ne vous intéresse pas?

    1. L’Australie a fermé ses frontières pour se protéger de la Covid, les salaires augmentent.

      L’Angleterre s’est fermée à la libre circulation, les salaires augmentent.

      La gauche le comprenait jadis. L’immigration fait toujours pression pour de bas salaires. La prospérité de la Suisse a été de paire avec sa politique des trois cercles et sa fermeté en matière migratoire ! … depuis 15 ans, tout s’effondre et on dégringole dans les classements internationaux. Bravo la gôche !

      Donc:
      Il ne faut pas régulariser les clandestins; il faut les expulser de manière certaine et contingenter selon nos besoins les nouveaux arrivants.

      Quand aux réfugiés, il faut les intégrer dans un système de formation professionnelle et leur imposer via un internat la fréquentation de cours intensifs tant et aussi longtemps qu’ils n’ont pas atteint le niveau au moins du BAC suisse dans une langue nationale. Il faut cesser de les traiter comme les valets du grand capital !! Mieux vaut leur financer un internat pendant 4 à 6 ans que les laisser comme le souhaite la gauche errer dans nos rues …

        1. @sonja: intéressante vidéo en effet, où un cardinal d’origine africaine défend la culture occidentale qui lui a été inculquée, bel exemple d’acculturation, et vient dire à l’Europe de faire attention à ses racines chrétiennes… Non seulement l’Europe a existé bien avant la chrétienté, mais l’Afrique peut encore moins se réduire à sa christianisation, extrêmement récente à l’aune de ce qu’on appelle le “berceau de l’humanité”. Trève d’ironie: oui la migration est un pis-aller, quand il n’y a pas ni paix, ni travail, ni espoir chez soi, et des millions d’Européens l’ont pratiquée, au détriment des peuples autochtones d’autres continents, dans les grandes émigrations des 18-19e siècles. Et donc, aussi, il faut en effet se battre contre les causes de cette migration. C’est bien pourquoi ce qui se passe dans le monde nous concerne et qu’il faut agir pour la paix, la prévention des conflits, la bonne gouvernance et un développement durable sur place.

          1. Essayez d’imaginer ce que ressentent les femmes au quotidien dès qu’on a le malheur de passer dans certains quartiers:

            https://m.youtube.com/watch?v=0bxKMxIJKw8

            Vous vous rendez compte ? qu’on doit constamment réfléchir aux chemins, aux horaires et dépenser un fric fou dans les taxis parce qu’on ne peut plus rentrer à pied, surtout après 22h00…

            La solution est d’élargir les trottoirs ?

            Vous avez des filles ou des petites-filles ? Vous leur avez déjà demandé pourquoi elles préfèrent regarder netflix plutôt qu’une soirée ciné ? …

    2. Monsieur Longet, ce n’est pas en martelant les mêmes slogans que ça passe, normalement c’est le cas, mais là, on dirait que ça ne passe plus !

      C’est bien de répéter 1’000 fois les mêmes poncifs moralisateurs et comme l’écrivait La Fontaine ; “L’apologue est un don qui vient des immortels”, mais après 10’000 répétitions, c’est rappé !

      Vous écrivez ; “Oui la gauche, et toutes les forces humanistes”, ben voyons, attention la tête !

      La gauche chinoise, nord-coréenne et vénézuélienne, valeurs sûres !

      Drapeaux rouges, qui plus est, en musique camarade, en rangs par 2 !

      1. @corto: oui bien sûr, être de gauche c’est être d’accord avec la Chine, la Corée du Nord et le Vénézuéla,relisez mon texte et ce que je dis de la Chine, c’est exactement le contraire qui est vrai. Vos amalgames sont juste de la mauvaise foi ou, pire, expriment une volonté de nuire.

        1. Voulez-vous d’autres exemples passés ?

          Non, je ne le souhaite pas non plus, mais c’est une idéologie qui ouvre les portes aux pires comportements, j’en veux pour preuve les pays anciennement monarchies et spécialement celles des pays d’Afrique du nord et du Moyen-Orient, qui ont sombrées dans le socialisme progressiste et que vous devez certainement défendre, tels les partis baas, fln, Nasser etc.
          Expliquez-moi svp, pourquoi tous ces exemples ont toutes finies en eau de boudin, voir plus, trouvez-moi un exemple de régime socialiste qui n’ait finit en dictature autoritaire ?

          Monsieur Longet, j’ai toujours eu beaucoup de respect pour votre personne car je vous sais honnête dans vos convictions et je conçois très facilement que vous conceviez une forme de justice sociale entre les humains, mais est-ce que l’être humain est-il vraiment un “animal” social jusqu’à ce point, le besoin de social et de justice est-il partagé par tous. En édictant des règles, évitenons-nous vraiment des effets secondaires avec cette médecine pire que la maladie, troubles iatrogènes et autres complications fatales ?

          Les différentes formes de socialismes, concentrant tout sur un état ultra central et puissant n’est-il pas le pire danger qu’une société puisse confronter ?

          Certes, nous pourrions prendre exemple sur des sociétés dites primitives où la propriété autre que collective n’existe quasiment pas, mais ce sont des sociétés regroupant des petits nombres d’individus qui ont, avec le temps réussies à élaborer des paternes culturelles spécifiques à leurs écosystèmes. J’avais vécu lors des grandes années glorieuse de l’après 68 dans ce que l’on appelait “vivre en communauté”, vous avez certainement fréquenté ces modes de vie communautaire regroupant en moyenne, une dizaines d’individus. Il y avait toujours des petits malins qui trouvaient des combines pour ne pas faire la vaisselle, nettoyer les WC ou se soustraire de certaines obligations, c’était toujours les mêmes obstacles qui se répétaient semaine après semaine lors des assemblées hebdomadaires etc. etc.

          Je ne suis pas convaincu que des êtres appartenant à des cultures musulmanes ou chrétiennes puissent se convertir à ces paternes collectiviste, dans ces cultures ces exceptions appartiennent aux promesses paradisiaques !

          Je vis en Israel et j’ai également connu la vie en kibbutz, je me rappelle des années 60-70 où ça chantait l’internationale en hébreu et autres ritournelles accompagnées de thèmes musicaux fort mélodiques. Nous sommes en 2021 et pratiquement tous ces exemples de communismes et socialismes poussez aux extrêmes ont évolués vers des modes de vies, les plus capitalistes que vous puissiez imaginer, ces kibbutz qui étaient de gros patrimoines de terrains se sont pratiquement tous transformés en partenariats privés propriétaires d’empire financiers, tous les anciens membres de kibbutz et leur descendances qui étaient proches des centre urbains sont devenus des sortes de collectifs individuels dans lesquels beaucoup se détestent suite à des avantages mal dispersés et qui ont creusés des fossés infranchissables entre les anciens “camarade” coiffés de casquettes aux effigies de Trotski ou autre courant tout aussi emblématique. Je connais un de ces héritiers de ces ex-petits empire encore intact, sa parcelle est la seule qui n’est recouverte de building de 30 étages, il a 85 ans et jouit d’une santé à toute épreuve, il vit de sa retraite dans sa petite maison originelle de l’époque kibbutznique, il n’a pas changé et est arrière grand-père, voir arrière-arrière grand-père, sa famille l’apprécie car c’est un personnage impressionnant d’humour et de sagesse, mais en voyant ce que représente son terrain de 3 hectares presque au milieu d’une jungle urbane, relève du roman. Ses héritiers, sans du tout lui souhaiter mal, sont tous potentiellement multimillionaires, quoi qu’ils aient tous réussis dans leurs carrières ne peuvent que rire de cette situation, il faut le dire, particulièrement comique et lorsque l’on peut rire des conséquences du socialisme, c’est que tout n’est pas foutu !

          Maintenant, imaginez un peu ce que ça peut concentrer à un échelon national ?

          Bien à vous et bonne semaine

    3. Cher Monsieur,

      “que proposez vous pour venir en aide à ces classes populaires que vous prétendez défendre?”

      Je ne défends personne.
      Comme beaucoup, vous pensez que décrire une opinion, dans ce cas précis celle de Guilluy, c’est y adhérer.

      Je me contente simplement d’observer l’évolution des rapports de force, de tenter de les décrire et de les comprendre. J’essaie de porter autant que possible un regard de cynique (au sens grec, je crois que j’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet dans un autre commentaire de ce même blog).
      Le succès de Zemmour et des populistes, sujet de votre texte et indirectement de mon commentaire, est en partie explicable en suivant les hypothèses de Guilluy qui me paraissent offrir une grille d’analyse intéressante et pertinente.

      J’ai l’impression toutefois que vos propos sont ceux d’un somnambule qui ne voit pas ce qu’il se passe dans la société, qui reste bloqué dans une certaine vision très idéologique du monde. Comme vous l’aurez deviné sans peine, j’ai une sensibilité diamétralement opposée à la vôtre, mais j’aime qu’on me bouscule. Dans ce sens monsieur Pierre-Yves Maillard me paraît beaucoup plus convaincant que vous car il a parfaitement compris la logique de ses adversaires et l’utilise avec beaucoup de lucidité et d’intelligence politique. Il m’agace comme vous le faites (et j’aime beaucoup ça !) mais il a aussi cette capacité à semer le doute et à ouvrir des voies de réflexion, ce que je ne trouve pas chez vous. C’est dommage.

      Mais j’imagine que toutes ces différences de perceptions constituent la richesse des échanges qui enluminent les blogs du Temps.

      Bien à vous.

      1. @Olivier Caillet. Alors “somnambule”, je crois rêver, si ce n’était un mauvais jeu de mots…Je crois que je vois très clairement ce qui se passe, et je suis loin d’être dans l’idéologie. Je me soucie juste de la marche du monde, et vous? Dans quel monde voulez-vous vivre, quelles sont vos priorités pour le monde de demain? Et je me félicite que vous vous laissiez convaincre par les propos et propositions de M. Maillard, que j’apprécie également beaucoup. Bien cordialement.

        1. “Je me soucie juste de la marche du monde, et vous?”

          Pas vraiment. Je l’observe avec beaucoup d’intérêt mais j’ai l’humilité de croire que je ne peux pas y changer grand-chose.
          S’il y a un mot dont je me méfie profondément, c’est « volontarisme ».

          « Dans quel monde voulez-vous vivre, quelles sont vos priorités pour le monde de demain?”

          Dans un monde ou la liberté est la valeur suprême, bien au-dessus de l’égalité, et la mise en place des conditions de son exercice le but à atteindre. Pour en revenir au thème de votre billet, je pense donc que la liberté d’expression doit être la plus étendue possible et tant pis pour les susceptibilités (y compris la mienne).

          Andréas Gross a affirmé dans un dossier du Temps consacré à la notion de liberté : « Seul on ne peut pas être libre. On peut seulement désespérer ». Je pense exactement l’inverse : on ne peut être libre que seul. Plus on est libre et plus on est seul.

          Comme je n’ai jamais été attiré par les charmes discrets de la servitude volontaire, il est inutile que j’envisage quelque priorité que ce soit pour le futur étant donné que ma manière de penser n’est pas vraiment en odeur de sainteté dans cette période pré-totalitaire qui n’est, je pense, que l’avant-goût de ce qui nous attend.
          J’espère sincèrement me tromper.

          Bien à vous.

          1. Cher Monsieur Caillet
            Merci pour vos explications, c’est très clair et je vois bien nos différences de perspective. Vous ne connaissez probablement pas mon parcours, mais j’ai été en tout 16 ans (en deux périodes) membre du Grand Conseil genevois, 9 ans conseiller national et 12 ans membre de l’exécutif d’une ville suburbaine genevoise (Onex) et j’ai toujours été là pour apporter des contributions positives à la collectivité, en cherchant à harmoniser les trajectoires individuelles et celles collectives. Donc ce que je dis aujourd’hui, c’est vraiment issu de la pratique, et j’en ai vu des élu.e.s qui n’ont malheureusement pas valorisé leur potentiel dans ce sens. Et je peux dire sans fausse modestie que les personnes qui ont eu affaire à moi étaient très largement satisfaites de ma façon d’écouter et de décider pour le mieux de toutes et de tous. Sans illusion sur la nature humaine mais sans “cynisme” (je sais que ce terme est doté de plus d’un sens…) non plus, avec empathie et lucidité néanmoins…
            Cordialement

  20. @Sonja: quel est le lien entre la crainte des femmes et des filles dans les rues le soir, et mon article? Je suppose le soi-disant laxisme de la gauche devant les risques d’agression et les agressions? Je vous mets au défi de trouver la moindre déclaration, action ou inaction de représentants de gauche dans ce domaine. Et s’il y a un consensus entre féministes de “gauche” ou de “droite” c’est bien autour de ce droit à la sécurité (dans le respect de l’Etat de droit). Vous écrivez que ce mal frappe toute l’Europe, mais croyez-vous que c’est le seul continent où les femmes souffrent de difficultés ? C’est je crois un mal universel, qui s’exprime de manières diverses et contre lequel il faut, je vous rejoins tout à fait, s’élever et prendre des mesures effectives.

  21. @ René Longet,

    Vous avez écrit :

    “@Sonja: quel est le lien entre la crainte des femmes et des filles dans les rues le soir, et mon article? Je suppose le soi-disant laxisme de la gauche devant les risques d’agression et les agressions? ”

    Et bien, vous venez de confirmer que VOUS êtes ce lien que vous supposez “imaginaire”, je ne sais pas si vous avez une fille adolescente, si c’est le cas, envoyez la dans les banlieues de France, notamment celle de Perriers-Livron d’Annemasse, à moins de 2 km de la “frontière” genevoise !

    Si ce n’est la Lagardère qui vient à elle !!

    Rappelez-vous les drames ayant massacrés des jeunes femmes à Genève, les efforts policiers pour pallier à ces barbaries qui sortent de l’imagination, si c’est ça, la tolérance, non merci !!!

    Ainsi que les incidents quotidiens qui ne sont pas poursuivis et de plus en plus, très largement ignorés par les médias bien-pensants, c’est clair qu’avec ce genre de terreur, plus besoin de mettre en place des milices socialistes types KGB !

    1. @Corto: tout cela n’est que polémique et amalgame grossier. Comme déjà dit tout crime doit être puni, et toute attitude violente doit être prévenue. Que savez-vous des efforts qui sont faits sur ce domaine? Et il y en a encore à faire pour réhabiliter ces quartiers et assurer sécurité, respect et perspectives d’avenir. Ou avez-vous une autre recette? Je ne parle même pas de contrôle de l’immigration mais de gestion des personnes qui sont là, d’où qu’elles viennent. Il est facile de commenter, plus difficile de proposer.

  22. @ René Longet,

    Vous avez écrit :

    “@Sonja: quel est le lien entre la crainte des femmes et des filles dans les rues le soir, et mon article? Je suppose le soi-disant laxisme de la gauche devant les risques d’agression et les agressions? ”

    Et bien, vous venez de confirmer que VOUS êtes ce lien que vous supposez “imaginaire”, je ne sais pas si vous avez une fille adolescente, si c’est le cas, envoyez la dans les banlieues de France, notamment celle de Perriers-Livron d’Annemasse, à moins de 2 km de la “frontière” genevoise !

    Si ce n’est la Lagardère qui vient à elle !!

    Rappelez-vous les drames ayant massacrés des jeunes femmes à Genève, les efforts policiers pour pallier à ces barbaries qui sortent de l’imagination, si c’est ça, la tolérance, non merci !!!

    Ainsi que les incidents quotidiens qui ne sont pas poursuivis et de plus en plus, très largement ignorés par les médias bien-pensants, c’est clair qu’avec ce genre de terreur, plus besoin de mettre en place des milices socialistes types KGB !

    Vous semblez retissant pour publier ce commentaire, au minimum, expliquez svp, la raison, on est pas en Corée du Nord !!

    1. Il n’y a aucune réticence à publier ce commentaire mais le faire sur le champ n’est pas une nécessité. Il n’y aucun besoin d’évoquer à tout propos la Corée du Nord. Ce type de “raisonnement” donne juste envie de ne pas aller plus loin dans la discussion. Sur le fond, ma position est parfaitement claire: tout crime, tout délit doit être sanctionné quel qu’en soit l’auteur. Mais je n’accepte pas qu’on jette l’anathème sur des populations entières en suggérant qu’elles sont par nature violentes et donc non intégrables. C’est là où visiblement nous divergeons. Vous faites dans le procès d’intention, moi je suis sur les faits. Cela me fait revenir sur l’origine de ces échanges, la parole donnée à Zemmour. Vous lui donnez un chèque en blanc et moi je dénonce ses idées qui ne sont pas compatibles avec les valeurs démocratiques.

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