Transition: mode d’emploi


Les faits sont têtus : l’empreinte écologique – mesure de justice globale – de la Suisse «est 2,9 fois plus grande que les prestations et ressources environnementales globales disponibles par personne» ce qui n’est aucunement conforme aux exigences de la durabilité : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs » et qui priorise les besoins des plus démunis, «à qui il convient d’accorder la plus grande priorité ». Aller vers ce facteur trois est donc l’objectif. Mais comment faire au mieux et au plus vite, voilà la question…

Devant cet enjeu, la communauté des acteurs de la transition oscille entre un rejet global du «système» et la mise en place d’actions très ponctuelles. Ce spectre large traduit certes la tension entre le local – lieu de l’action, et le global – raison d’être de celle-ci, mais aussi une certaine perplexité : quelle est la bonne analyse, quel est le meilleur levier, suis-je sur la bonne voie ou sur celle de la «bonne conscience» voire de l’illusion ? La durabilité, on peut aussi s’y perdre… Proposons donc quelques pistes pour y voir aussi clair que possible.

Changer de système, ou changer le système ?
S’il y a une chose qui fait consensus, c’est que pour changer la donne, le système économique doit profondément changer. Mais s’agit-il de changer de système, ou de changer le système ? Quoi qu’il en soit, il faut montrer concrètement comment s’y prendre, quoi revendiquer exactement, et agir vraiment au cœur du sujet.

L’époque exige une mutation du même ordre que le fut le passage, à travers le New Deal, le Fordisme et les 30 Glorieuses, du capitalisme de la pénurie à celui de l’abondance. Ce modèle est aujourd’hui à la fois grippé et pathogène, et doit être fondamentalement repensé.

La clé du nouveau paradigme est d’aligner les rentabilités financière, écologique et sociale : il ne doit plus être possible de créer de la valeur économique en détruisant de la valeur écologique et sociale. Pour ce faire, l’on doit intégrer dans les comptes des acteurs économiques et des territoires les services que la nature nous rend (services écosystémiques); remplacer le PIB par le calcul de l’empreinte écologique et sociale; rendre les décideurs économiques redevables de la rentabilité écologique et sociale de leurs activités ; imputer les externalités négatives à leurs auteurs et compenser financièrement les externalités positives insuffisamment rémunérées par le marché.

L’obsolescence organisée doit faire place à la sobriété et à la réparabilité, tout déchet étant une ressource au mauvais endroit. Plus fondamentalement, il s’agit de cesser de prendre pour illimitées les capacités de la nature à nous fournir en ressources et à digérer nos rejets. Enfin, le principe de précaution permettra de sélectionner ce qui parmi les innovations est réellement utile et bénéfique.

Au fil des dernières décennies, dans pratiquement toutes les branches d’activité, l’on a appris à produire et à consommer selon des critères écologiques et sociaux, avec de nombreux emplois pérennes et non délocalisables à l’appui. Des pratiques comme le commerce équitable, l’agroécologie, l’économie circulaire, l’économie sociale et solidaire en font la démonstration chaque jour et ne demandent qu’à être généralisées.

Pas de marché sans régulation mais pas de régulation sans marché

Une économie de la durabilité est une économie inclusive, de l’utilité et du bien commun – «une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources». Ceci à travers un nouveau cycle où les bénéfices financiers (plafonnés) seront le fruit d’activités écologiquement et socialement vertueuses – car ces activités auront trouvé leur public et donc leur rentabilité (raisonnable).

Pour y parvenir, un verrou doit sauter et il est politique: la croyance en l’autorégulation de l’économie. Cette croyance ne veut pas voir que les prix sont faussés au quotidien par la non-prise en compte des externalités. C’est elle qui plombe, qui paralyse le politique, qui délégitime aux yeux de ses adeptes toute correction en profondeur. Il est temps de rappeler une vérité première : depuis la nuit des temps, il n’y a pas de marché sans régulation, tout comme il n’y a pas de régulation sans marché !

Pour que les bonnes pratiques deviennent la loi de tous, il faut que la vision politique change, et pour qu’elle change, il faut que citoyens et citoyennes se mobilisent. Chacun.e peut se mettre en mouvement, mettre en mouvement d’autres. Chacun.e peut et doit faire quelque chose, en prenant plaisir à le faire, et utiliser son pouvoir d’achat dans la bonne direction. Ceci, surtout, sans attendre que les «autres« le fassent – car c’est se mettre sous leur coupe, se laisser dicter son rythme par ceux qui ne font pas ce qu’ils devraient faire.

Mais ce qui distingue une action purement individuelle d’une action politique est son intention. Je peux me mettre en paix avec ma conscience en boycottant tout produit alimentaire contenant de l’huile de palme ou du soja industriel, le plastique non recyclé ou les voitures surmotorisées. Mais ces actions ne prennent leur dimension sociétale qu’une fois revendiquées comme telles et visibilisées sur une large échelle. Un peu à l’image de la célèbre marche du sel de Gandhi ! Manifester pour le climat est la première étape, boycotter collectivement ce qui est à la source du changement climatique est la seconde. Il faut restituer à l’action du consomm’acteur sa dimension politique.

Penser localement, agir globalement

Enfin, aucun enjeu global – la migration, l’évasion fiscale, la course aux armements, le commerce mondial, la gestion des océans, du climat ou de la biodiversité… ne peut être résolu dans un seul pays ; ces questions ne peuvent trouver de traitement que dans la reconnaissance de leur dimension géographique et de nos interdépendances. Pour ce faire, les plateformes internationales et supranationales de négociation, et le droit international, sont indispensables ; la mondialisation ne peut être régulée qu’au niveau mondial.

Le multilatéralisme, aujourd’hui menacé, est vital, si l’on veut avoir le moindre espoir de solutions qui tiennent la route. La durabilité est en tous points l’alternative à la double impasse d’une dérégulation sans foi ni loi et du repli irresponsable sur l’égoïsme national. La transition se révèle donc comme un choix politique majeur: la mobilisation de toutes les forces humanistes en vue d’une Planète vivable et viable. C’est aussi une des leçons majeures des récentes élections européennes.

René Longet

René Longet

Licencié en lettres à l’Université de Genève, René Longet a mené en parallèle d’importants engagements, dans le domaine des ONG et du monde institutionnel, pour le vivre-ensemble ainsi qu'un développement durable. Passionné d’histoire et de géographie, il s’interroge sur l’étrange trajectoire de cette Humanité qui, capable du meilleur comme du pire, n’arrive pas encore bien à imaginer son destin commun.

11 réponses à “Transition: mode d’emploi

  1. J’aime garder les pieds sur Terre et imaginer de façon raisonnable les solutions plausibles. Félicitation, votre texte permet enfin d’y voir plus clair.

  2. Vos papiers sont toujours excellents, cher René, mais m’autorisez-vous à vous dire que l’emploi de l'”italique” n’est pas optimal pour leur lecture.

    (Pas à publier)

  3. Papier propre et joli sur la forme, mais tout-à-fait à côté de la plaque sur le fond.
    Je m’explique, d’abord sur la forme:
    1. Le graphique d’en-tête est bien trop petit et donc, difficile à lire; mettre un lien direct menant au site de l’OFS serait souhaitable.
    2. “Aller vers ce facteur trois est donc l’objectif” Non! L’objectif est de réduire ce facteur autant que possible, et dès que possible! Sans oublier de réparer les conséquences néfastes et pour certaines, irréversibles de notre passé, ce qui correspond à la surface hachurée en rouge sur le tout petit graphique.
    3. “Mais s’agit-il changer de système, ou de changer le système ?” L’oubli du mot “de” n’est pas grave en soi, mais il peut prêter à confusion lors d’une lecture rapide, donnant l’impression de lire deux fois la même chose, i.e “changer le système”, ce qui est bien plus facile que de changer DE système.
    4.”Enfin” ne suit aucun autre marqueur organisant la hiérarchie du texte. Ce manque de structure dans l’article est, à mon avis, lié au fond plus qu’à la forme.
    Ensuite, sur la forme. Comme il y a beaucoup à dire, je m’en charge dans un second commentaire.

  4. Donc, pour en finir sur la forme:
    5. “Le multilatéralisme aujourd’hui menacé est vital” Quel est ici le sujet? Il peut être le multilatéralisme, oubien le multilatéralisme aujourd’hui menacé, ce qui change complètement le sens de cette phrase ambigüe. L’absence de virgule, ainsi que la confusion sur le fond (voir ci-dessous), ne permet à priori pas de connaître l’intention réelle de l’auteur.
    Malgré cette construction pour le moins maladroite, et en allant droit à l’essentiel tant il y a à critiquer sur le fond, voici les points les plus importants selon moi:
    1. “l’empreinte écologique – mesure de justice globale” Non, l’emprunte écologique mesure l’emprunte écologique et rien d’autre. De plus, le graphique faussement commenté ne donne que l’évolution temporelle d’une surface dans le temps, représentant simplifié de l’emprunte écologique, bien plus complexe à déterminer.
    2.”la communauté des acteurs de la transition” Pour l’heure, il n’existe pas plus de communauté des acteurs que de transition écologique, et ceci pour deux raisons. Tout-d’abord, comme indiqué plus bas dans le même paragraphe, parce qu’il n’existe pas d’analyse arrêtée des actions à mener, donc pas de base commune nécessaire à la formation d’une véritable communauté. Mais surtout, parce que de très nombreux indicateurs de l’activité humaine globale persistent à évoluer de manière destructrice, comme la production mondiale de dioxyde de carbone ou l’artificialisation des sols par exemple.
    3.”S’il y a une chose qui fait consensus, c’est que pour changer la donne, le système économique doit profondément changer.” D’accord sur la nécessité de changer le système économique, mais il n’y a pas de consensus à ce propos. De nombreux et grands pays (USA, Canada, Australie, Chine etc.) mènent ainsi une politique énergétique basée sur les énergies fossiles (gaz et pétroles non conventionnels, charbon). Il y a au mieux un désaccord entre les paroles et les actes.
    4. “la durabilité” La question n’est pas posée ici de savoir si la durabilité est encore possible ou non. Le reste de l’article suppose que oui. De nombreux indicateurs des conséquences des actions humaines montrent plutôt le contraire (perte de biodiversité en nombre d’espèces et d’individus par espèce, volume et surface des banquises polaires, acidification des océans, modifications des courants atmosphériques et océaniques etc.)
    Avant de continuer dans un prochain commentaire, si le courage m’en prend, je tiens à rebondir avec force sur ces deux derniers points, car c’est précisément ici que l’article pêche durement à “agir vraiment au cœur du sujet.” La question au coeur du sujet n’est pas le changement DE système économique, choisi ou imposé par la nature à ce stade de notre histoire, mais bien la relation d’ensemble que l’être humain entretien avec le reste de la nature. L’article donne ainsi l’illusion qu’à travers leur changement, les règles économiques prévalent aux lois de la physique. Je pense le contraire, i.e. qu’il faut recentrer l’écologie AVANT de repenser les règles économiques qui sont, elles, parfaitement négociables.

  5. Ce message s’adresse à la modération de ce blog et concerne tous les lecteurs.

    Mon second commentaire, posté ce matin vers 10h et à mon avis bien plus important que le premier car portant sur ce qu’il y a “vraiment au cœur du sujet”, n’a pas encore été publié. Il reste en attente de confirmation. Je voudrais en faire mon deuxième plutôt que mon second, ce qui nécessite qu’il soit accepté. N’y figure aucune vulgarité, ni insulte, ni diffamation, ni appel à la haine, à la violence ou à la discrimination de qui que ce soit. Il se concentre sur le fond du sujet et est dûment argumenté, dans les règles du débat rationnel et mesuré.

    Dans un débat justement, seules les idées et le Temps comptent. Quand sera-t-il enfin publié?

    1. Cher Monsieur Chapatte
      beaucoup de bruit pour rien… Vous prenez appui sur de petites fautes de frappe pour questionner un sens qui est clair. Alors allons-y,je résume pour vous: les acteurs de la transition ne sont ici pas les Etats mais la communauté de personnes physiques et morales (entreprises, ONG) qui s’engagent dans cette direction. Et leur point commun est bien sûr de repositionner l’économie en fonction des capacités de charge des systèmes naturels. Et l’on cherche à faire cela au mieux, avec des actions au meilleur levier, qui ne soient pas des alibis, qui soient concrètes, réalisables et néanmoins significatives, sans avoir ni certitudes ni la science infuse. Et oui, il faut pour cela un cadre national et supranational propice, qui soutienne ces actions de terrain, car l’environnement se moque des frontières. Ce n’est malheureusement pas la tendance globale aujourd’hui, à moins que vous pensiez que des Trump, Putine ou Bolsonaro fassent du bien à l’environnement global et local?

      1. Salut Camarade,

        Pourquoi mentionner mon nom ainsi? Et avec une “faute de frappe”, une de plus. Ai-je émis le souhait que mon nom soit donné publiquement? Quelles sont les règles de déontologie du journalisme, de la charte de Münich? Y-en a-t-il une sur ce site?

        Mon nom est Pierre.

        De ta part et de celle de ta “communauté”, également beaucoup de bruit pour rien, depuis bien longtemps. Avec les résultats prévisibles et visibles maintenant de tous, i.e. presque rien sauf le bruit, déjà bon à prendre. La véritable prise de conscience est celle de la jeunesse de la Terre, qui ne lit pas vos revues ou vos journaux. La situation est bien trop grave pour continuer à se regarder le nombril et à s’auto-congratuler de congrès en congrès, de gala en gala. Il y a, en ce moment même, de fortes inquiétudes de la part d’acteurs de premier plan, des agriculteurs du monde entier, quant à l’approvisionnement en céréales à court et moyen termes (printemps pourri aux USA empêchant les semences, vers parasite dévorant le maïs et sécheresse à venir en Chine, sécheresse en Australie et au Canada, prévisions à long terme et canicules en Europe entre autres). Pendant ce temps, d’autres acteurs non moins importants de la communauté scientifique, guère plus une communauté que celle des entreprises, des ONG et des journalistes par ailleurs, observent avec stupéfaction l’agonie de l’Océan Arctique, et ne peuvent que proposer l’ingénierie planétaire pour y remédier (inclus dans les derniers rapports du GIEC si l’on veut tenir les objectifs fixés insuffisants et les ridicules moyens mis en oeuvre pour les atteindre). Nous en sommes à croiser les doigts.

        Pour résumer, les scientifiques proposent de jouer aux apprentis-sorciers, les entreprises font leurs comptes et cherchent des “opportunités”, les ONG et la presse tirent à tous vents sans savoir où est la cible, et tous nous regardons ce triste spectacle en se donnant bonne conscience, 8h/jour derrière nos écrans. Pendant ce temps encore, une fraction substantielle et sûrement, majoritaire de la population mondiale, s’inquiète AVANT TOUTE CHOSE de trouver sa place sur un marché du travail devenu concurrentiel à l’extrême, sans trop se soucier ou sans trop savoir son prix sur le marché de la nature, quand il ne s’agit pas simplement de survivre physiquement.

        Et toi, camarade, me reprendras-tu aussi sur mes fautes de frappe?

        Sur le multilatéralisme, Trump et les autres sont déplorables, absolument d’accord. Ils font bien plus partie du problème que des solutions. Mais ceux d’avant n’ont pas fait mieux et ont ainsi permis ce grand bond en arrière. Il me semble évident que la structure ne peut que reposer sur des niveaux locaux, nationaux et internationaux. Tout n’est pas à jeter, beaucoup reste à inventer, mais de nombreuses difficultés se présentent. Par exemple, comment concilier l’aspiration démocratique emprunte de souveraineté des peuples, véritablement atteignable pour la première fois de l’histoire GRACE aux technologies mais aussi cache-sexe de l’individualisme et du repli sur soi, avec l’institution d’une forme de gouvernance globalisée et centralisée – convergence par ailleurs nécessaire à l’organisation coordonnée des solutions face à des enjeux globaux – mais se donnant la sécurité ou la protection de la nature comme prétextes pour utiliser LES MEMES technologies afin d’espionner massivement les-dits peuples (Snowden), ceci de connivence avec les super-prédateurs du commerce mondial (Ziegler) dans le seul but de nous vendre leur camelote obsolète (Bihouix) et même, jusqu’à leurs guerres absurdes (Assange)?

        Pour le reste, je soutiens sincèrement toute action permettant de rassembler les âmes de bonne volonté. Seulement, le constat est globalement fort amer, le temps presse et les bonnes volontés, seules, n’y changeront pas grand chose. Il nous faut arrêter de nous mentir à nous mêmes. C’est tout le sens de mon intervention ici. Ma voix n’est qu’une parmi des millions, les vôtres portent loin mais servent mal (dans le sens de maladroitement). Cette critique, à moi-même me semble dure et peut-être bien, te concernant camarade, injuste, mais elle est sans doute nécessaire.

        Nous avons besoin d’un VRAI PLAN, pas d’un “mode d’emploi” boiteux ni d’une boîte à outil quelconque, à défaut de quoi nous aurons bientôt le bruit et la fureur.

        Ainsi tu le vois bien, camarade, toi et moi sommes beaucoup plus proches que les apparences ne peuvent laisser croire. Il n’y a entre les cellules de notre même prison qu’une fine paroi molle et transparente, comme entre des bulles de savon. Réjouis-toi de la percer bientôt et de lutter ensemble! Nous pourrons alors nous répondre en s’appelant des frères. En attendant, merci simplement de permettre cet échange.

  6. Excellent article. L’auteur a dépensé une énergie folle en allongeant avec des paragraphes et des mots politiquement corrects, afin de contourner et ne pas dire clairement, le besoin vital pour l’humanité toute entière que la globalisation sauvage et la mondialisation de l’économie CESSENT enfin, pour permettre à l’humanité de repartir sur des bases saines. Tant que les élus seront propulsés par les différents acteurs économiques il ne faut pas espérer des changements massifs. Mettre en concurrence pour le marché local mon voisin qui produit des tomates à 500 mètres de chez moi avec un producteur de tomates d’un autre continent n’a aucun sens. OUI au retour des barrières douanières, OUI à la préférence des résidents chômeurs sur le marché du travail, OUI au renouveau de l’Europe sur de nouvelles bases. La seule chose dont la bande des dirigeants incompétents de l’Occident depuis 1981 ont réussi à faire, est de nous ramener l’extrême droite au devant de la scène politique, avec tous les dangers que cela représente.

    1. Bonjour
      Merci de vous défaire de l’idée que j’aurais “dépensé une énergie folle” pour faire du “politiquement correct”. J’ai tout simplement exposé mon point de vue sur la transition. Il ne suffit pas d’en parler, mais de définir clairement les objectifs qu’on se donne et de décrire les étapes pour y arriver. Ce n’est que comme cela qu’on cessera d’opposer les “Fins de mois de la Planète” et les “fins de mois des gens et des entreprises”. Négliger cet effort d’être concret c’est condamner la transition et les mouvements sociaux qui la portent à la marginalisation. Le reste est souvent une querelle de mots qui nous fait perdre de vues l’essentiel: quelle perspective attractive puis-je donner au commun des mortels au quotidien? Edgar Morin le disait très bien en ces mots: “il ne suffit plus de dénoncer, il nous faut désormais énoncer”.

  7. Mon dernier commentaire ici, maintenant. Ebauche d’un plan d’action spontané, court et synthétique.

    A. Principes fondamentaux:
    – compter le TEMPS et non l’argent (par ex. monnaie libre à la place de monnaie-dette)
    – libérer l’INFORMATION (sciences > médias > écoles et suppression de la publicité/hollywood etc.)
    – inclure la NATURE à la pensée (instaurer de grands sanctuaires/réserves, donner des droits à la Vie)
    – questionner le SENS de notre hyper-activité (réduction et partage du travail, regrouper les transports)
    – etc.

    B. Application (rendue possible si les principes sont respectés)
    – convaincre plutôt qu’imposer, faire preuve de patience mais INSISTER (démocratie)
    – réunir TOUTES les forces vives (dissoudre le conseil de sécurité et déclarer l’interdiction des armes)
    – hiérarchiser les BESOINS objectifs (fin des idéologies stériles, tout sur la table)
    – s’appeler par nos NOMS (reconstruire l’autorité par la nature et refuser les structures marchandes)
    – se fier à l’intelligence humaine (budgets militaires dans la RECHERCHE civile)
    – développer localement les arts, le sport, l’oisiveté, SE RETROUVER (mieux et moins utiliser nos écrans)
    – réfléchir et parler au FUTUR (démographie, confort de vie, relations)
    – fin de l’ère du “moi-je” et début de celle du “et NOUS?”
    – etc.

    Et tant encore. Ne pas craindre d’avoir peur, ne jamais baisser les bras.

  8. PS: En plus bref encore, je propose d’essayer de changer le système en faillite SCIENCE+ARGENT+DIVERTISSEMENT (consommation de gadgets > croissance > crise > guerre) par le système plus réaliste SCIENCE+TEMPS+ETHIQUE (partage des ressources > développement > stabilité > paix). Nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre éternellement une illusoire transition, que le marché nous sauve comme par enchantement. Il n’est qu’un outil parmi d’autres et s’utilise aujourd’hui, bien mal. Il faut une révolution d’une nouvelle sorte pour faire face à un danger nouveau. Je nous souhaite bonne chance!

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